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« Quand une femme dit non, c’est non ! Ras le viol »

29 novembre 2011

Chaque 25 novembre et ce depuis 1999 sous l’impulsion de l’ONU, hommes et femmes se rallient dans le cadre de la journée internationale de lutte contre toutes les violences faites aux femmes, afin de sensibiliser l’opinion publique et les autorités. Douze années plus tard, la cause peine à s’améliorer avec des chiffres qui dénoncent une situation alarmante et un département acteur de ce fléau. A l’appel du collectif 13 Droits des femmes, les défendeurs de la cause se sont mobilisés, ce vendredi 25 novembre sur le Vieux-Port, pour faire entendre leurs revendications et combattre l’inégalité entre les sexes.


 

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Souvent physique, la violence peut aussi être verbale, psychologique, sexuelle, économique.

« En Europe, c’est la première cause de mortalité et d’invalidité chez les femmes âgées de 16 à 44 ans » rapporte Josette Gonzales, présidente de l’association SOS Femmes Marseille. Afin de combattre ces violences et en soutien à ces milliers de femmes trop souvent délaissées, le collectif 13 Droits des femmes réunissant des associations féministes, des syndicats et des partis politiques – de gauche –, a rassemblé 150 à 200 personnes lors de la manifestation. En France, une femme meurt tous les deux jours et demi de violences conjugales et 75 000 femmes sont violées chaque année. Le département des Bouches-du-Rhône est prépondérant en la matière avec « un taux de violences conjugales de 5 % plus important qu’au niveau national, soit 30% des faits de violences volontaires » pointe Esther Fouchier, présidente du collectif, avant de relier cette position « au machisme méditerranéen et à des points religieux sur les corps des femmes ». Au-delà des violences conjugales, les acteurs associatifs et les quelques politiques concernés œuvrent pour le combat de la ségrégation professionnelle à dominante féminine. Comme l’illustre Mireille Mavrides, trésorière du collectif et présidente de l’association Femmes Solidaires, « les femmes sont payées à 27 % de moins que les hommes. Il y a une véritable question du patriarcat, pas seulement économique ». La belle devise de la France commencerait-elle à rouiller ? Fort plausible. Le récent rapport mondial 2011 sur les disparités entre les sexes du Forum économique mondial positionne la France au 131e rang en matière d’écarts de salaire, sur 135 étudiés ! Des hommes également comme Jean-Claude Labranche, syndicaliste CGT, se sont déplacés pour soutenir la parité salariale « il existe des discriminations en entreprises avec des écarts de salaires, le temps partiel subi et le plafond de verre. On se bat pour qu’à travail égal, salaire égal ». L’Assemblée nationale ne doit pas l’entendre de cette voix là puisqu’elle s’est réunie mercredi 23 novembre 2011 et a rejeté par 272 voix la proposition visant à lutter contre la précarité professionnelles des femmes.

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Esther Fouchier et Josette Gonzales

Une telle situation, non seulement à l’échelle nationale mais à dimension européenne s’avère être un réel problème de santé publique. Malgré ce constat, les responsables politiques en place s’y intéressent de façon encore trop peu sommaire. Esther Fouchier regrette que « le gouvernement, c’est beaucoup de parlotes mais pas l’application de la loi de protection ». Le 9 juillet 2010, la dernière loi en date, relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, avait été promulguée grâce à la mobilisation des féministes et à leur acharnement. Les volets harcèlement psychologique et ordonnance de protection ont été considérés dans la loi, mais ont surtout été dénoncés à maintes reprises pour leur inefficacité puisque peu appliqués. L’initiateur de cette loi, le sénateur Roland Courteau (PS), qui s’est exprimé sur Public Sénat, regrette la désinvolture avec laquelle les administrations, les avocats et l’Etat répondent. La situation est pourtant réelle et le constat, regrettable. Mireille Mavrides tient à dire que « la question des droits des femmes ne doit pas être traitée comme un gadget électoral ! ».

Aujourd’hui, les revendications sont claires et les besoins, urgents. « Il y a un problème de sensibilisation et de formation. La loi prévoit pourtant que tous les acteurs soient formés car si l’on connaît bien le phénomène, c’est là où l’on pourra davantage agir » souligne Josette Gonzales, juge de métier. Le collectif 13 Droits des femmes réclame notamment une formation spécifique et obligatoire en matière de prévention et de prise en charge des violences faites aux femmes pour tous les professionnels concernés ; l’introduction de campagnes d’information et de sensibilisation auprès de tous les publics ; la mise en place d’un Observatoire national des violences ; la délivrance ou le renouvellement dans les plus brefs délais du titre de séjour pour les femmes étrangères victimes de violences conjugales ; l’application des lois ; des moyens financiers pour accueillir, orienter, héberger et protéger les femmes. Le volet financier constitue l’un des principaux nerfs de la guerre des associations, structures pourtant indispensables du paysage social et parfois lien unique avec des personnes en détresse. « Nous n’avons que 25 places d’hébergements, il en manque. On nous propose alors de mettre ces femmes dans des centres d’hébergements, comme celui de La Madrague, se désole Esther Fouchier. Ce n’est pas leur place ».

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Les violences concernent tous les milieux sociaux, sans « profil type » de l’agresseur

La lutte est menée, le combat engagé mais l’issue paraît encore trop éloignée, voire utopique selon les chiffres, considérant que seulement « 20 % des affaires sont connues » selon Josette Gonzales. Explications : Les associations évoquent la honte de parler, d’autres parlent d’une peur de se déraciner mais la communication n’est, pour sûr, pas assez engagée. Tant que le gouvernement ne fera pas de ce fléau l’une de ces priorités, plus de 150 femmes continueront à mourir chaque année. Tant que la victime et ses proches assimileront l’origine ethnique de l’agresseur à l’acte – démontré une fois de plus lors d’un témoignage à la manifestation -, les mentalités resteront figées.

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Violences faites aux femmes selon l’ONU

Selon la Déclaration des Nations Unies sur les violences à l’égard des femmes, la violence faite aux femmes se définit par « tout acte de violence fondé sur l’appartenance au sexe féminin, causant ou susceptible de causer aux femmes des dommages ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, et comprenant la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée ».

 



 

 

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