Articles

Accueil > Actualités > Quand la Provence retrouve la mémoire, par la création !

 

Quand la Provence retrouve la mémoire, par la création !

22 février 2014

Mercredi dernier, se tenait à l’espace Julien une présentation de l’ouvrage Nouveaux Regards Identités, Parcours, et Mémoire. En présence des artistes et des institutionnels, comme Marie Lajus, préfète déléguée pour l’égalité des chances BDR, Denis Louche, directeur régional des affaires culturelles PACA, Jacques Cartiaux, directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale. Cette rétrospective de douze années de production artistique hétéroclite, puisée dans les thématiques liées à l’immigration et à la mémoire des habitants revient sur les divers projets réalisés dans le cadre d’un soutien de la Drac, et la DRJSCS. Elle met en lumière les différentes créations artistiques impulsées grâce à ce dispositif, que ce soit du théâtre, de la danse, des installations, des documentaires, des photos, des écrits….


 

Edité par le Bec en l’air, le livre « Nouveaux Regards, Identité Parcours Mémoire », qui compte près de 200 pages, restitue différentes créations contemporaines artistiques menées dans la région sur la question de la mémoire des origines culturelles et les parcours migratoires. « Les œuvres soutenues par Identités Parcours et Mémoire sont des condensés d’histoires vécues qui réconcilient les acteurs avec leur parcours. Elles renouent le fil rompu entre passé et futur, entre là-bas et ici, et agissent comme révélateur d’une mémoire commune, socle des transmissions intergénérationnelles ».

L’ouvrage reprend certaines des créations impulsées dans le cadre de ce dispositif pionnier en France et porté par l’ACSE et la DRAC depuis 2001. On le sait, la question de la mémoire des populations diverses peut-être l’un des clefs du mieux vivre ensemble, à Marseille ou ailleurs dans nos territoires. Les institutions en sont conscientes et semblent en faire un pan important de la nouvelle politique de la ville, comme l’a confirmé la préfète déléguée à l’égalité des chances Marie Lajus. Cette dernière, a, en effet, estimé que « Ce projet nous semble particulièrement porteur d’une perspective d’avenir pour demain et est la suite à la fois de la politique d’insertion et de la politique de la ville que nous avons menées dans ce pays. Ce projet, sa richesse et sa puissance repose sur la liberté laissée aux créateurs dans les formes de création, allant du récit, à la photographie, la vidéo, théâtre ou les arts plastiques. Le point commun, est une histoire d’appropriation, celle de l’identité et du partage. L’appropriation est quelque chose de très important pour les habitants des quartiers populaires. Nous ne pouvons y parvenir si les choses ne sont pas dites, pas posées. L’expression artistique est un des moyens, c’est celle du vécu, de la perception personnelle et du sensible. Par cette perception, les artistes ouvrent des possibilités de partage, qui ne sont pas possibles tant que les choses n’ont pas été dites. Pour les populations, c’est une possibilité de se tenir debout, en pleine possession de sa vie et de son histoire et d’aller vers l’insertion, l’intégration. Cette initiative va demain, dans la nouvelle politique de la ville apparaître comme la préfiguration de nouveaux projets. »

Ces expériences artistiques, portées par l’ACSE et la DRAC ont été réalisées sous la houlette de l’association Teknicité, Culture et Développement, au Café Julien, avec à sa tête Patrice Angosto à Marseille et coordonné par Sonia Kurdian. « Dès le départ, à l’espace Julien nous avons travaillé avec les diasporas, les communautés, et nous avons monté beaucoup d’opérations avec le FAS, Le Fasil, la Drac. En 2001, nous avons lancé l’idée d’impulser de la création artistique sur les thèmes de la mémoire et de l’identité, les institutions l’ont reprise. C’était courageux pour les institutions de travailler sur des questions d’immigrations, d’identité et de mémoire, au moment où le débat était très chaud », se souvient Patrice Angosto, particulièrement fier de cet ouvrage « Nouveaux Regards » qui ponctue douze années de travail mal connu du grand public. « Avec ce livre, c’est la première fois qu’on révèle ce travail. 900 exemplaires vont partir en France dans les librairies et nous allons en diffuser 600. ». Et il rajoute : « Je trouve remarquable de voir comment les artistes ont eu la confiance dans les quartiers, plus que tout le monde. En même temps, les artistes ne sont pas tombés dans le pathos, il y a une espèce d’élégance mémorielle qui est vraiment efficace. Nous avons soutenu des films qui ont terminé au musée de l’immigration de Sao Polo. De nombreuses productions ne sont pas dans le circuit commercial, mais partent partout. A Teknicité, nous travaillons à trouver des pistes de diffusion des œuvres, des financements, nous réalisons un travail d’accompagnement. »

Et de fait, dans ce cadre, la production est plurielle et a ouvert le champ pour consigner une mémoire d’habitants totalement passée sous silence dans les manuels scolaires et enfouie depuis trop longtemps. Pour Denis Louche, directeur de la DRAC : « Ce livre est aussi l’histoire d’un partenariat entre la DRAC et la DRJSCS qui ont mis en place un dispositif dès 2001 pour articuler la création et des enjeux culturels et sociaux. C’est un dispositif qui mobilise des fonds importants, il y a eu 116 projets, à hauteur de 1,4 millions. C’est quelque chose de significatif et auquel nous croyons, cela nous plonge évidement au plus profond de la définition de la culture dans son rôle de création du lien social. La culture sert à relier les hommes entre eux dans les différents espaces, et permettre à chacun de valoriser sa propre histoire, sa mémoire, la mémoire des quartiers. »

On ne peut citer ici la totalité des projets structurants et de grande qualité qui sont recueillis dans ce livre, mais seulement proposer quelques exemples de production, au fil du temps. Comme le documentaire de 2008, réalisé par Ramzi Tadros, d’Approche Culture et Territoires, « Pièce de Mémoires », qui propose des portraits d’artistes tels que Zohra Aït-abbas, Mohamed Adi, Akel Akian ou Kamel Boudjellal. De son côté, le travail de l’Olivier Bleu, intitulé « Tu peux être la personne que tu veux », Paroles et images de la Méditerranée, réalisé par la photographe Anne-Marie Camp, et Claudie Larrieu-Clerc, comportait des ateliers photos et d’écriture auprès des habitants du quartier des Aygalades, en 2009. Autre exemple, le documentaire du réalisateur Stéfan Sao Nélet, « Mères Méditerranée », est une enquête de 2009 sur l’égalité des sexes dans le monde, à partir de portraits de femmes et mères de trois pays différents (Maroc, Italie, Israël). Citons également « Frontières dedans-dehors-les spectateurs » de Lieux fictifs, un projet de création et de coopération entre la prison et la société, en 2011. Ou encore « Les racines du futur » du metteur en scène Yan Gild de la Compagnie « Mémoires Vives », en 2010. De son côté, le documentaire de 2005 « Reflet de mémoire » de Karim Achour de l’association d’animation sociale et culturelle « Anonymal » située à Jas de Bouffan ( Aix-en-Provence), recomposait le puzzle du transit de la population maghrébine et gitane arrivée dans les années 1960 à Aix, des bidonvilles au HLM actuels.

En 2013, c’est « Nous vivons des blessures sacrées, complainte sur l’immigration comorienne », de Salim Hatubau, une articulation entre écriture et théâtre. Salim Hatubou, conteur et écrivain franco-comorien est l’auteur de l’ouvrage paru en 2007 « Comores-Zanzibar ». Ce nouveau travail, dont nous avons eu quelques extraits mercredi soir, reprend les quatre tragédies collectives qu’ont connues les Comoriens, à savoir : les massacres de Zanzibar en 1964, les massacres de Majunga à Madagscar en 1976, le naufrage de Samson en 2004 et le crash de la Yémenia en 2009.

Autre création soutenue par le dispositif IPM : le magnifique ouvrage « Les Dames de l’exil », paru en novembre dernier qui offre d’exceptionnels portraits de Chibanias de Marseille. Porté par la Frachi, la Fédération régionale des acteurs intervenants auprès des vieux migrants, ce livre réunit des photos de l’artiste Kamar Idir et des récits de vie de ces femmes âgées immigrés en France, qui « font partie des populations les plus invisibles » de notre pays. L’ouvrage leur redonne une place, une mémoire et restitue leur histoire singulière et souvent extraordinaire.

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • 17 octobre

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • 16 octobre

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • 9 octobre

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • 6 octobre

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit d eretrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • 4 octobre

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • 4 octobre

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • 25 septembre

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

  • 25 septembre

     

    Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches".

    Réforme fiscale : "Les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les plus pauvres" note Oxfam Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches". L’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam publie lundi 25 septembre, un rapport critique sur le projet de loi de finances 2018, intitulé Réforme fiscale : les pauvres en paient l’impôt cassé. Selon le rapport, les ménages les 10 % plus riches bénéficieront "d’une hausse de revenus au moins 18 fois plus importante que les 10 % les plus pauvres", alors que les 10% les plus riches possèdent déjà "56% des richesses (...)

     

  • 20 septembre

     

    CONTRE LA SUPPRESSION BRUTALE DES CONTRATS AIDES, RASSEMBLEMENT unitaire DEVANT LA PREFECTURE LE MERCREDI 20 SEPTEMBRE A 13H.

    Depuis la rentrée, l’annonce par le gouvernement de la fin programmée de tous les emplois aidés a réactivé la colère dans l’éducation, premier employeur de ces contrats. Les associations de parents d’élève se sont jointes à l’intersyndicale 1er degré en cette rentrée car elles sont bien conscientes des difficultés tant sur le plan humain que dans la dégradation de l’accueil des familles dans les écoles où les AADE sont devenues indispensables au bon fonctionnement. Le second degré de l’éducation, touché aussi par ces suppressions se joindra aussi à notre action le mercredi 20 septembre à 13h devant la Préfecture, à Marseille et l’action s’élargit en interprofessionnel. L’intersyndicale a demandé à être (...)

     

  • 14 septembre

     

    Emmaüs Pointe Rouge lance une collecte de dons pour les migarnts

    La Collecte de dons alimentaires pour les migrants de la Vallée de La Roya, est ouverte. départ du camion lundi 16 octobre. Le camion d’Emmaüs partira le lundi 16 octobre. Voir sur le site emmaus-pointerouge.com

     

Articles récents

Articles au hasard