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Projet de développement durable de la MPM : tendre vers « un consensus, une logique de rattrapage »

14 octobre 2010

« Un centre-ville pour tous » invitait ce 11 octobre Patrick Magro, vice-président délégué à l’Aménagement de l’espace communautaire de MPM (Marseille Provence Métropole) à dresser un bilan du PADD (projet d’aménagement et de développement durable). Ce document stratégique, adopté le 28 juin en conseil communautaire est la deuxième phase du futur SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale). L’association phocéenne espère que le PLU (plan local d’urbanisme) de la Ville et le SCOT répondent aux objectifs en terme de transports, d’habitat et de développement économique.


 

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Les prospectives de la Communauté urbaine de Marseille (CUM) à l’horizon 2030 indiquent la création de 80 000 emplois, la réalisation de 80 000 logements, une croissance démographique de 80 à 100 000 habitants. Au regard de ces chiffres, dans quelle mesure le SCOT prendra en compte la cohérence du centre-ville marseillais ? Daniel Carrière, président d’ « Un centre-ville pour tous » s’interroge : « dans quel contexte se situe ce cadre règlementaire politique et économique ? Que peut-on attendre de ce document ? Les citoyens peuvent-ils contribuer à l’élaboration de l’avenir de l’urbanisme dans la ville et la communauté urbaine ? ».

La situation n’est pas facile pour l’élaboration d’un SCOT. Pour des raisons historiques, la CUM –créée en 2000- s’est construite « avec l’idée de ne pas toucher aux prérogatives des communes. Avant il était incongru de réfléchir sur leurs démarches » souligne Patrick Magro. Au départ, le Préfet avait proposé un territoire large, rencontrant des résistances de la part des communes dans les Bouches-du-Rhône. Selon lui, les territoires dans le département ne sont probablement « pas pertinents ». En outre, « nous avons un contexte marseillais particulier ». Il lui paraît par conséquent nécessaire de dépasser la réflexion des intérêts locaux pour construire de réelles alternatives.

Le PADD, une longue procédure codifiée

De fait, la MPM pense avoir mené une véritable concertation en direction des habitants, des communes membres et des différentes institutions concernées. Un Conseil de Développement de MPM est consulté à tous les stades du processus. Des associations agréées ont pu être associées à leur demande, au dispositif comme « Un centre-ville pour tous » -agrément d’Association Locale d’Usagers- « Vivre à Gémenos » ou « Colineo-Assenemce ».

La procédure est très codifiée. Aujourd’hui, le PADD définit les orientations générales d’aménagement et d’urbanisme en matière de développement économique, d’habitat, de déplacement, de protection de la nature. Ce document s’articule autour de quatre axes, harmonisant l’échelle territoriale et les problématiques transversales. Le PADD considère ainsi compétitivité et attractivité, modèle de ville et dynamique urbaine, cadre et qualité de vie. Des méthodologies ont été mises en œuvre pour s’approprier ces territoires. Ainsi, le travail avec l’INSEE a permis d’affiner les projections démographiques et d’établir une feuille de route pour les 20 prochaines années.

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Qu’est-ce que le territoire est en capacité d’accepter ?

De 80 à 100 000 habitants supplémentaires sont attendus sur l’aire de la CUM. Quels sont les logements nécessaires ? Combien de nouveaux emplois sont créés ? Autant de questions qui peuvent trouver une solution dans ce document. La MPM estime le nombre de nouveaux logements à 80 000. La moitié sera utilisée pour le maintien du niveau de population actuelle. Cette perspective indique que le rythme annuel de construction de logements doit être intensifié. De 1999 à 2006, il était environ de 3 500 logements par an. Il en faudrait 4 000, une tendance initiée ces dernières années. « On voulait être en adéquation avec le PLH (NDLR : programme local de l’habitat) » précise Cyril Blanc, notamment chargé du SCOT à la MPM. La stratégie de développement économique permet de déterminer une création de 80 000 emplois d’ici 2030, soit une cadence de 4 à 5 000 nouveaux postes/an.

A partir de ces données, il s’agit de prendre en considération l’approche métropolitaine et la question du développement durable. L’évolution métropolitaine repose sur le Grand Centre de Marseille, depuis « Capitaine Gèze » jusqu’au « Prado », avec en pilier central, « Euroméditerranée ». Le PADD s’appuie sur le poids de la ville centre, l’accent est mis sur le rapport à l’urbanisation. « L’espace agricole est de 3 % actuellement, en-deçà la pérennisation n’est plus possible. Donc le système est relativement figé. La tâche urbaine existante ne va pas s’étendre. Et la vallée de l’Huveaune garde un potentiel important » précise Cyril Blanc.

« Quel centre pour la métropole ? »

Le scénario fait des transports en commun, une priorité tout en organisant le stationnement. Le PADD doit assurer l’équilibre social des territoires. Au moins 20 à 30 % de logements sociaux seront réalisés dans l’ensemble des nouvelles opérations conséquentes d’aménagement et de renouvellement. Le PADD a pour but d’intégrer les territoires « en marge » : desserte en transports en commun, amélioration de l’habitat et des services, notamment dans les quartiers Nord –près d’ « Euroméditerranée ».

Christian de Leusse, membre du Bureau d’ « Un centre-ville pour tous » aborde la réalité sociale dans le centre-ville. « Quel centre pour la métropole ? Ce vieux centre-ville est périmé, complètement dégradé. Il n’a pas tellement d’avenir » commente-t-il. Selon lui, la politique sociale est peut-être trop décalée avec l’orientation du SCOT, « vous parlez de mixité sociale oui, mais sans aller trop loin ». Il s’interroge sur le modèle de participation voulu avec les habitants, « comment vous organisez cette concertation, en sachant que les délais sont serrés ? ». Il fait allusion à la contribution de l’association, remise en juin à la MPM au même moment de l’adoption du PADD.

« On essaiera de mieux communiquer »

Le vice-président de la CUM répond « on essaiera de faire mieux. De mieux communiquer » tout en faisant remarquer que les réunions publiques n’attirent pas forcément du monde. Il a le sentiment que les citoyens doivent « penser que les rencontres ne servent pas à grand-chose, que l’affaire est déjà pliée ». Daniel Carrière reproche que le projet du centre-ville/Vieux Port ne prenne pas en compte la problématique du logement posée par « Un centre-ville pour tous », « la délibération est passée sous silence, on ne parle que de piétonisation ». Plus globalement, « on ne voit pas dans le SCOT, l’habitant au cœur du projet ».

Tout n’est pas si simple, se défend M. Magro, « il y a un tel maquis de contraintes. Il a été compliqué d’avoir des réflexions coordonnées sur cet espace. Nous essayons d’avoir un consensus, une logique de rattrapage ». Jean-Marc Bonino, directeur de l’Urbanisme et du Foncier à la MPM est conscient qu’ « on ne pourra pas répondre à toutes les questions car les réponses seront dans le PLU (Plan Local d’Urbanisme) ou le PLH ». Ces deux plans relèvent des compétences des communes. Le PLH arrive à terme en 2011, le PLU n’est pas complètement débattu. Quant au futur parc national des calanques, le dispositif est de rang supérieur au SCOT et échappe, donc, à ces directives.

« A deux ans des Municipales, le SCOT ne sera pas approuvé »

M. Bonino signale que le SCOT représente un outil dans la logique de mise en commun des territoires, « un emboîtement des projets doit s’effectuer. Mais la vie continue à avancer. On tient compte des réalités ». Néanmoins, le SCOT peut s’inscrire dans une dynamique de renfort. Par exemple, « les préconisations du SCOT ont été retenues dans le projet du Vieux-Port ».

Pour sa part, M. Magro est conscient « des défauts du SCOT, nous sommes assez indulgents. Nous mesurons l’ampleur de la tâche, des retards. La situation est complexe ». Elle l’est aussi en terme politique, « il n’y a pas de majorité, mais une gouvernance partagée » (depuis les Municipales de 2008). A Marseille, « nous avons d’autres difficultés en plus du logement social. Il faudrait raser des immeubles, nous avons des monuments classés. C’est très compliqué » avoue M. Bonino. Pour M. Blanc, « la grosse difficulté du SCOT est sa temporalité et surtout sur Marseille, on a tellement de rattrapage à faire » tout en étant dans l’anticipation.

Actuellement, la MPM entre dans la troisième et dernière phase de sa procédure avec le DOG (Document d’Orientations Générales). Jean-Marc Bonino avertit, « la fenêtre de tir (pour l’adoption du SCOT) est mi-2012. Après nous avons 2013 (capitale européenne de la Culture) et les Municipales ». Cyril Blanc renchérit, « après 2012, à deux ans des élections, le SCOT ne sera pas approuvé ».

C’est vrai que ce SCOT est d’une complexité…

Le document complet du PADD, disponsible sur http://www.marseille-provence.fr

*Le SCOT en bref :

Ce document d’urbanisme est constitué d’un rapport de présentation (diagnostic), d’un PADD et d’un DOG. Le PADD fixe les objectifs des politiques publiques d’urbanisme en matière d’habitat, de développement économique, de loisirs, de déplacements des personnes et des marchandises. Il trouve sa déclinaison dans le DOG. Le DOG définira les principes et les règles d’urbanisme qui s’appliqueront aux PLU et aux documents sectoriels comme le PLH, le PDU (plan de Déplacements Urbains) et le Plan Climat Territorial.

Le SCOT est élaboré dans un large partenariat entre MPM et ses 18 communes membres. L’Etat, les Chambres consulaires, les Conseils Général et Régional, les collectivités riveraines et les grands acteurs territoriaux (Euroméditerranée, Grand Port Maritime de Marseille, le futur Parc National des Calanques) sont associés à cette démarche. Le Conseil de Développement de MPM est consulté.

En France, le SCOT a été instauré par la loi SRU (Solidarité et Renouvellement urbains) du 13 décembre 2000.

« Un centre-ville pour tous » organise une nouvelle rencontre information-formation, lundi 25 octobre de 18h à 20h, à la Cité des associations, 93 La Canebière, 13001 Marseille. La thématique : « La place de la centralité dans une métropole » avec Jacques Boulesteix, président du Conseil de Développement de MPM. Site : http://www.centrevillepourtous.asso.fr

 



 

 

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