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Printemps syrien : la chasse aux idées reçues

3 octobre 2011 - Dernier ajout 4 octobre 2011

Après le vent de révolte tunisien et égyptien, le mouvement syrien tente de s’organiser, dès le 15 mars. Au départ, seules des réformes politiques, sociales, démocratiques sont en jeu. Mais face à la violence, à la brutalité de la répression, les revendications se durcissent. Les hommes de sécurité et les francs-tireurs visent les têtes, les poitrines des manifestants. Contre le peuple, le pouvoir lance l’armée, les chars, les hélicos, la flotte même. Bientôt, c’est la chute du régime que réclament les manifestants. Aujourd’hui, le bilan est lourd. 2 700 morts, autant de disparus. Et l’observatoire syrien des droits de l’Homme évalue à 15 000 le nombre de détenus peuplant les geôles du pays.

Plus de six mois après le début des soulèvements syriens, l’APCV (agence de promotion des cultures et du voyage) organisait jeudi un débat à la Bourse du travail de Saint-Denis, en présence d’artistes, d’intellectuels syriens et de membres du comité de soutien français à la révolution syrienne. L’occasion de mettre à mal quelques idées reçues.


 

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Khaled Roumo, le poète syrien

« La Syrie se réveille »

Khaled Roumo, auteur et poète syrien, grimace à l’évocation d’un « réveil » du monde arabe. Pour lui, la résistance y est en marche depuis plus d’un siècle. « Abdelkrim al-Khattabi au Maroc, contre qui l’Espagne a utilisé des armes chimiques, Abdelkader en Algérie ou Omar Al Mokhtar en Lybie : ce sont de grandes figures qui ont toujours inspiré les mouvements de résistance en Orient. Quand Abdelkrim al-Khattabi a été libéré de son exil, il est parti vivre en Egypte. Abdelkader a choisi la Syrie. C’est pour dire l’unité émotionnelle, intellectuelle, historique, culturelle entre ces deux parties du monde arabe, qui ne sont pas peuplées que d’arabes d’ailleurs, il faut le dire. Le Maghreb compte les Berbères, les Kabyles, les Touaregs, et l’Orient les Kurdes. Ces divisions ethniques n’ont connu d’effervescence et de tensions que lorsque le nationalisme arabe a été exacerbé. Vous avez encore un siècle pour devenir des démocrates, entend-t-on en France. On oublie trop souvent que la résistance de ces trois grandes figures au Maghreb, c’était une révolution, c’était un printemps. Lorsque les Lybiens ont voulu contrecarrer le dictateur Kadhafi, c’est le portrait d’Omar Al Mokhtar qu’ils ont brandi ». Selon le poète, les arabes se révoltent donc depuis la moitié du 19ème siècle. Soit contre un envahisseur étranger, soit contre leur régime instauré sur place. Le poète continue : « En Orient, la résistance a commencé avec la première guerre mondiale contre l’empire Ottoman, dont le despotisme avait atteint un degré insupportable. Les arabes d’Orient ont voulu leur indépendance et malheureusement n’ont trouvé comme alliés que les français et les anglais. Malheureusement car, une fois la guerre finie, ces deux puissances ont morcelé, ont divisé la région, qui encore aujourd’hui souffre des conséquences de ces divisions. Ne citons que la déclaration Balfour en 1917, à l’origine du drame palestinien ».
Et la Syrie dans tout ça ? Pour le poète, ce que se passe en Syrie a commencé en 58, à l’époque de Nasser et de l’unité avec l’Egypte. « Nasser, paix à son âme, je respecte son honnêteté et son dévouement, mais il a posé comme condition la dissolution des partis politiques. Il a instauré la réalité du leader et du parti unique. Mon père était gendarme. Il me racontait les confidences de son chef de poste, qui lui disait : mon ami, nous avons voté pour l’unité, nous l’avons voulue, mais dans l’exercice de ma fonction, j’ai dû escalader le mur d’une maison, de nuit, et avec deux de mes policiers. Nous avons trouvé la personne recherchée, un militant communiste, couché avec sa femme, dans la cour de sa maison car il faisait chaud. On l’a emmené, tel quel, dans son pyjama. C’est scandaleux, il n’y a plus de respect de la loi ». Les soulèvements qui secouent la Syrie depuis le mois de mars ne sont donc pas sortis de nulle part. Ils découlent d’un demi-siècle de répression, de manque de liberté, de manque de dignité. Aujourd’hui, amplifié par la crise économique, la vie chère et encouragé par un vent de révolte qui gonfle les cœurs, le cri explose les cages thoraciques. »

Une révolution ne peut se faire pacifiquement

C’est le piège que tend le régime aux manifestants. La commission de la révolution syrienne le déclare de façon très claire : « Notre révolution est pacifique. Elle est pacifique par choix. Il est vrai qu’il y a des frustrations, une colère, une indignation qui est à son comble, face aux opérations criminelles du régime contre des villes et des villages entiers. Mais la détermination de nos frères et sœurs en Syrie est intacte. Le peuple syrien maintient le cap et garde sa ligne de conduite pacifique. C’est un choix douloureux, mais c’est un choix assumé, un choix muri et réfléchi pour ne pas tomber dans le piège du régime, qui tente par sa propagande grotesque, de nous faire basculer dans le chaos d’une guerre civile. Par notre pacifisme, nous avons fait le choix du courage face à la lâcheté. Le choix de l’humanité face à la cruauté. Brave et digne, celui qui affronte les fusils et les chars avec pour seule arme sa poitrine nue et une rose. La rose est tachée de sang, mais nous n’avons pas d’autre solution pour l’avenir. Pour garantir la paix et transmettre à nos enfants et aux générations futures le respect des valeurs humaines, des valeurs essentielles, ce que veut dire la dignité de l’Homme. Oui, mes amis, le choix du pacifisme est amer. Tant de pertes : des milliers de morts sans parler des dizaines de milliers de disparus et de détenus. Des destructions massives et systématiques des villes révoltées. Mais il reste au fond pour nous le choix le moins couteux. Moins couteux que la guerre civile. C’est le chemin pour nous le plus sûr pour la victoire finale, car le peuple syrien, désarmé, ne pourra rien face à une armée du régime et des forces de sécurité impitoyables ».

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le collectif de soutien français à la révolution syrienne

Le conflit va dégénérer en guerre civile

La Syrie compte près de 70% de musulmans sunnites, 10% de minorités religieuses chiite, druze et chrétienne et 10% de communauté kurde, en conflit de longue date avec le pouvoir. La famille Al-Assad, au pouvoir depuis 1971, est issue de la communauté alaouite, majoritaire chez les chiites. Le père de Bachar el-Assad avait permis aux Alaouites d’occuper les plus importants postes politiques et militaires. Si le fils se veut moins exclusif, il continue à entretenir les privilèges de sa famille, plaçant son frère à la tête de la garde présidentielle et son beau-frère à la tête des renseignements militaires. Samar Yazbek, écrivain, journaliste et opposante syrienne, décrypte : « En réalité, le pouvoir en Syrie est dans les mains d’un clan familial. Les Assad agissent comme une famille royale, comme si les syriens étaient tous leurs sujets. C’est la première république héréditaire du monde arabe. Le pouvoir y est réellement dynastique. Sa famille détient plus de 60% de l’économie nationale ».

Les tensions entre Alaouites et sunnites, mais aussi entre Arabes et Kurdes sont palpables, engendrées par les pratiques discriminatoires d’un régime porté au pouvoir par un clientélisme tribal. C’est ce même pouvoir qui a soufflé sur les braises des tensions communautaires qui taxe aujourd’hui les manifestants de menace à l’unité nationale. Aujourd’hui, nombreux sont les militants d’opposition issus de la communauté alaouite, et scandant haut et fort leur opposition au régime et à ses exactions. Pas d’amalgames, crient-ils, entre les dirigeants syriens et les membres de leur groupe religieux.
Khaled Roumo, le poète, revient sur l’importance de la laïcité chez les révolutionnaires : « Alors que les syriens cherchent la démocratie, la liberté, la dignité, ils fouillent leur histoire. Ils ont trouvé il y a peu de temps un article de journal datant de 1925, alors que la Syrie était sous mandat français depuis 4 ans. L’article fait part de la réaction de l’intelligentsia syrienne à la décision du Haut-Commissaire français de mettre un homme de religion, Taj al-Din al-Hasani, à la tête de l’Etat. Les intellectuels refusent, arguant son manque d’expérience : on ne peut pas demander à un homme de religion de conduire une armée, ni même de construire un pont, écrivent-ils, avant d’ironiser sur l’échec total des enseignements confiés aux hommes de religion à la faculté de droit syrienne ». Une preuve, s’il en est, que l’idée de laïcité a accompagné, depuis le départ, l’idée de l’indépendance et la nécessité de mettre le colonisateur dehors.

Sur Rue 89, en août dernier, Alice Michaux, une francophone de Damas racontait une manifestation d’intellectuels syriens du 13 juillet, à Midane, qui avait eu lieu sur le parvis de la mosquée Hassan : « Le choix du lieu était symbolique, puisqu’il visait à briser la glace entre laïcs et croyants, à adresser un message fort de solidarité à la rue, à s’inscrire en faux contre les spectres de la révolution islamiste et de la vengeance sunnite. Une trentaine d’artistes ont été arrêtés ce jour-là, dont une actrice très populaire, May Skaf, que cet épisode a hissée au rang de symbole de la révolution syrienne. Sa photo est brandie un peu partout dans tout le pays avec celles d’autres artistes appelés « les nobles ». On peut mesurer le succès de leur initiative quand on sait que, lors d’un sermon du vendredi, un cheikh a salué le courage des intellectuels parmi lesquels cette actrice mais aussi une scénariste dont le feuilleton, au Ramadan dernier, jugé trop licencieux, avait provoqué un tollé dans les milieux religieux ».

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la table ronde collective, avec le comité de soutien français à la révolution syrienne, le collectif "nous sommes tous des syriens", l’auteur compositeur Mohamed Bhar (tunisie), célèbre pour sa chanson "DEGAGE", et les musiciens Samir Hamsi (syrie) et Imad El Rayan (Tunisie)

Samar Yazbek, écrivain, journaliste et opposante syrienne, insistait lors d’un débat à la fête de l’humanité, en septembre, à la Courneuve, sur la question de l’unité : « Depuis 50 ans, la Syrie connait le parti Baas unique, et tous les opposants croupissent en prison ou sont tués. 50 ans d’absence politique ne facilitent pas les choses pour l’unification. La démarche pour créer un conseil syrien d’opposition n’a toujours pas abouti. Parmi les révolutionnaires, on trouve des nationalistes, des libéraux, des communistes, des islamistes. Tous souhaitent cependant la mise en place d’une convention nationale pour préparer la transition vers la démocratie, et à terme la mise en place d’une république démocratique, plurielle, séculaire, où tous les citoyens seraient égaux. La lutte sera longue, difficile, plus qu’en Egypte ou en Tunisie, des années de lutte et de sacrifice se profilent. Mais les jeunes protestataires syriens sont hors de tout cadre politique, ils se sont organisés dans la clandestinité, en petites coordinations locales afin de venir en aide aux familles des arrêtés ou des tués. Une nouvelle société civile s’est créée comme ça. C’est un peu le côté miraculeux, l’épopée de la révolution, face à la sauvagerie de la répression. Voir les gens qui descendent dans la rue au péril de leur vie pour défendre la liberté. C’est pour ça que je suis sûre qu’ils parviendront à battre ce régime ».

Pour illustrer ce côté miraculeux de la solidarité syrienne, le comité de soutien français de la révolution syrienne nous fait parvenir la lettre d’un manifestant. Un jeune homme de Palmyre, vivant à Homs, blessé, ayant frôlé la mort, qui témoigne de l’unité du peuple syrien contre le régime : « Je vous écris aujourd’hui que mon état s’est nettement amélioré, après qu’on nous ait lancé une bombe à fragmentation lors d’une manifestation, dans le quartier des Inchaat, à Homs. La bombe a été lancée d’une voiture de police qui est allée par la suite se réfugier auprès des militaires et des Chabbihas. (…) Une fois que mes sens ont commencé à fonctionner de nouveau, peu à peu, j’ai réalisé qu’à côté de moi une cinquantaine de jeunes hommes gisaient. Soudain, les policiers ont commencé à tirer aléatoirement sur les manifestants. Ceux qui ont été épargnés par les balles ont commencé à porter secours aux blessés qui se trouvaient à côté d’eux. Je ne sentais plus ma jambe gauche. C’est là qu’un homme est venu, m’a pris par le bras et nous avons commencé à marcher en direction des immeubles. Lorsque nous sommes arrivés à hauteur du deuxième immeuble – le premier était déjà plein avec les blessés qui y ont afflué-, un jeune homme est sorti, m’a porté, sans me demander la moindre question, et m’a amené dans son appartement. Je saignais gravement, à tel point que ma chaussure était pleine de sang. A l’intérieur, une femme de l’âge de ma mère m’a accueilli. Elle m’a dit de ne pas avoir peur. Que j’étais chez moi ici, parmi les miens. Elle m’a pansé ma cuisse droite car j’y avais reçu un fragment de bombe et mon bras gauche. Je ne sentais rien sauf le son de la déflagration qui bourdonnait encore dans mes oreilles. Lorsqu’ils ont commencé à ouvrir les boutons de ma chemise, ils ont trouvé plusieurs fragments de bombe du côté gauche de ma taille. Tout le monde a commencé à réciter des prières, implorant Dieu de me garder sauf et insultant le régime. Quinze minutes plus tard, je commençais à réaliser que la banquette sur laquelle j’étais allongé était baignée de sang. Je me suis senti honteux et j’ai commencé à m’excuser. Mais la femme m’a réprimandé en me disant « Mon fils, tu as honoré notre maison ». « Le père de famille m’a ensuite emmené à l’hôpital. Nous sommes arrivés et on avait l’impression qu’il y avait un festival. La plupart des habitants du quartier étaient rassemblés autour de l’hôpital pour constituer un bouclier humain et empêcher l’attaque des policiers. A l’intérieur, il y a avait plus de 10 blessés qui étaient en train d’être soignés dans le hall, à même le sol. Le parterre était baigné de sang. Là, j’ai retrouvé mes amis qui ont couru vers moi pour me rassurer et me dire de ne pas avoir peur et qu’ils sacrifieraient leur âme pour moi. Le médecin est venu, il m’a souri et m’a dit de ne pas avoir peur et que j’allais bientôt retourner dans les rues pour organiser des manifestations. J’ai commencé à pleurer. J’ai dit au médecin que je n’avais plus de sang pour saigner et que je ne sentais plus mon corps. Trois infirmiers étaient en train d’extraire les fragments de bombe superficiels. J’ai perdu connaissance. Lorsque je suis revenu à moi, j’étais dans une ambulance du croissant rouge. On me transportait à un autre hôpital car les forces de sécurité étaient en train d’attaquer l’hôpital où j’étais. (…) Le son des balles était incessant tout au long de la route. A l’hôpital, j’ai appris qu’un fragment de bombe s’était installé dans mes côtes, tout près de mon cœur. Deux autres étaient dans mon torse. Un fragment dans mon genou et deux autres dans ma taille gauche, tout près de mon rein. L’opération d’extraction a duré jusqu’à 3h30 du matin. Le son des belles est devenu plus intense. On a été informés que les forces armées se dirigeaient vers l’hôpital pour forcer ses portes. Les secouristes du croissant rouge m’ont porté jusqu’à la maison d’un de mes proches pour que j’y passe la nuit. On était vendredi. Comme seul remède, j’avais la voix de mes amis qui me parvenait des rues. J’avais l’impression que ce jour-là, les manifestants étaient sortis pour moi et pour tous les blessés. Je dis avec fierté que tous ceux que j’ai rencontrés ont refusé de prendre le moindre argent. On m’a donné, plus d’une fois, gratuitement des médicaments. C’est ça la Syrie. Ils sont comme ça les Syriens. Alors de quelles divisions parlez-vous et de quels fantômes avez-vous encore peur ? Soyez sûrs mes frères que tout ce qui nous touche comme galère ne fait que renforcer notre amour du pays. Le soleil se lèvera demain, plus beau et plus radieux. Paix à l’âme de Hakam Derrak El Sibai qui m’a honoré de m’avoir porté à deux reprises sans ses bras et qui a été tué une semaine après mon accident, lors qu’il portait secours à un manifestant blessé. Que Dieu guérisse tous les blessés de mon pays et protège mon pays de la tyrannie de ce régime ».

La communauté internationale n’a pas à s’ingérer dans les affaires syriennes

Toujours dans Rue 89, Alice Michaux décrit le spectacle de la propagande à Damas, avec des caricatures qui s’affichent sur les administrations : un Satan américano-sioniste se partage le gâteau syrien avec des diablotins armés de longs glaives à l’effigie de la BBC, France 24, Al Arabiya ou Al Jazeera, chaînes qui diffusent les vidéos envoyées par les manifestants. Le pouvoir, par média interposé, continue à faire porter la responsabilité des crimes à des mystérieux « infiltrés », qui tireraient sur les manifestations anti-régime et sèmeraient la zizanie entre les Syriens au profit de l’étranger. Le ministre des affaires étrangères syrien, Walid al-Mouallem, a été très clair devant l’assemblée générale de l’ONU, le 26 septembre dernier : « Les Occidentaux essaient de semer le chaos total en Syrie en vue de démanteler le pays. Les manifestations sont devenues le prétexte à des interventions étrangères ».

On voit là se profiler le spectre de l’intervention militaire de l’OTAN en Lybie. Mais c’est plutôt son inaction que reproche la commission de la révolution syrienne à la communauté internationale : « Le pacifisme requiert la participation de tous. Il ne peut aboutir si la communauté internationale, par son inaction, donne carte blanche au régime syrien pour semer le chaos et tenter de mettre une chape de plomb sur nos aspirations. Le régime syrien est sur-armé. Il faut donc que la communauté internationale lui coupe les sources de son armement. Le régime syrien est profondément corrompu et possède des propriétés, des villas, de l’argent un peu partout dans le monde. Il faut donc couper ses circuits financiers, geler ses avoirs et coûte que coûte l’empêcher de s’alimenter en argent, donc en armes. Le régime syrien a aussi des alliés. Il faut donc que la communauté internationale redouble d’efforts pour les convaincre de mettre un terme à cet odieux soutien, ce soutien honteux des complices ».

Afin de réaliser ces objectifs, et venir en aide au peuple syrien, la commission de la révolution syrienne a formulé, il y a une semaine, une demande auprès du conseil national de sécurité des nations unies, pour qu’il prenne ses responsabilités. Si en droit international, tout Etat est responsable de la sécurité de son peuple et de l’intégrité physique de ces citoyens, c’est à la communauté internationale d’agir lorsque l’Etat n’est plus en mesure de garantir cette mission régalienne, cette sécurité pour tout un chacun. Huit mesures ont été demandées par les révolutionnaires syriens :

- L’arrêt immédiat et sans condition de toute attaque ou agression contre des civils

- La protection des civils

- L’interdiction des vols aériens en Syrie, à l’exception des vols acheminant de l’aide humanitaire

- L’interdiction totale des ventes d’armes, et l’organisation d’inspections des convois à destination de la Syrie, notamment dans les pays frontaliers, pour empêcher l’importation d’armement.

- Le gel de tous les avoirs du régime syrien, où qu’ils se trouvent, qu’ils soient directs ou indirects

- La présence sur place d’observateurs mandatés par les nations unies

- La libération immédiate de tous les détenus politiques et de tous les prisonniers de conscience

- La formation d’un comité des nations unies pour veiller à l’application de l’ensemble de ces mesures.

« La communauté internationale ne peut plus rester silencieuse et sourde à cet appel. Les pays opposés ou réticents à adopter une résolution sur la Syrie doivent revoir complètement leur position, sous peine de se placer eux-mêmes au ban de l’humanité », conclue la commission.

Mercredi dernier, les 15 pays du Conseil de sécurité de l’ONU ont échoué, après une demi-journée de discussions, à s’accorder sur un projet de résolution sur la Syrie. L’Union européenne et les Etats-Unis ont déjà imposé des sanctions au régime du président Bachar el-Assad, mais le conseil de sécurité subit le blocage de la Russie et de la Chine. Le ministre des affaires étrangères chinois, Yang Jiechi, n’a pas hésité à mettre en garde contre toute action internationale contre la Syrie : « La communauté internationale doit respecter la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie, agir et réagir avec prudence afin d’éviter de nouveaux bouleversements qui menaceraient la paix régionale ».

La commission de coordination de la révolution syrienne ne se décourage pas. Dans un communiqué, ils réitèrent leur foi en la victoire : « La Syrie est blessée, la Syrie est meurtrie dans sa chair, mais la Syrie est bien vivante. Notre peuple subit la pire des cruautés, la pire des répressions conjuguée au pire des cynismes. Mais notre peuple est debout et fier. Des milliers de martyrs sont tombés sur le chemin de la liberté. Et malheureusement d’autres tomberont encore. Mais nous avons la conviction chevillée au corps que nous y arriverons. Animés par cette formidable espérance, mais aussi par devoir après tous ces sacrifices, nous vaincrons. La Syrie se relève de nouveau, elle renait de ses cendres et tente de construire sur les décombres une nouvelle voie. Cette nouvelle voie, elle a un nom, la liberté. La Syrie demande sa liberté pour construire son avenir. Et sur les portes de notre avenir il est écrit, avec le sang des martyrs, Liberté, Démocratie, et Dignité. Sur les portes de notre avenir, il est écrit que les tyrans ne seront plus jamais les bienvenus. Sur les portes de notre avenir, il est écrit que les clés de la liberté sont entre les mains du peuple, des mains fortes, taillées par la souffrance, et forgées dans la solidarité ».

Mais recouvrant le sang de ces martyrs, écrasant ces mains taillées par la souffrance, le régime syrien continue d’afficher sur les murs de Damas ses propres slogans : « La liberté ne commence pas par des slogans, mais par le respect des lois. Elle ne commence pas par le chaos, mais par la responsabilité. Elle ne commence pas par la destruction des biens publics, mais par le travail ».

 



 

 

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