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Printemps des quartiers : débat sur les violences et les violences policières

13 février 2012

Pour l’heure, c’est l’angle des violences policières qui va être abordé. Emeutes de 2005, violence « d’être noir ou Arabe en France en 2012 » pour Mohamed Ben Saada et Houria Bouteldja, et violence policière et combat pour la justice avec Walid Klaï, porte-parole de la famille Ajimi, qui est venu témoigner de la barbarie policière dont a été victime Akim Ajimi, et des combats que la famille a dû mener contre la justice française.


 

Les émeutes de 2005 et la violence d’être noir, arabe ou musulman en 2012 en France
Mohamed Ben Saada
« En 2005, on s’est étonné au moment où il y a eu une insurrection partout en France , de constater que tout le monde tapaient sur le dos de ces jeunes-là, issus de nos quartiers, peu de combativité ou d’envie de défendre ces jeunes-là n’existait dans la classe politique, il y avait une espèce de consensus où tout le monde disait ce sont des jeunes complètement débiles, qui sortent et crament des voitures de leurs voisins, certes ces jeunes-là dans la région parisienne, il était dans l’impossibilité physique et quasi militaires d’aller voler une voiture sur les champs Elysée, sinon on envoyait la garde républicaine, c’est ça la vérité. Et cette vérité là est complètement occultée et on instrumentalise la peur du bon français moyen vis-à-vis de ces jeunes-là en les faisant passer pour des gens qui ne disaient absolument rien. Or ils disaient beaucoup de choses, ils exprimaient le fait qu’ils réclamaient une véritable justice sociale. Que sommes-nous à leurs yeux ? Chaque jour, le tryptique français liberté-égalité-fraternité est démenti partout. Est-ce que les quartiers populaires sont des territoires occupés ? Il faut que ça provoque le débat, que ça suscite un débat chez nous et chez les gens qui sont nos détracteurs. On nous considère nous et ces jeunes, comme particulièrement violents mais la violence, c’est quelque chose que l’on subit, est-ce qu’ils savent la violence que l’on reçoit à cause des discriminations, des contrôle au faciès, du fait d’être stigmatiser constamment dans la pratique de notre emploi, la violence que peut ressentir une de nos sœurs quand on lui demande d’ôter son voile pour rentrer dans un organisme ou lieu public, tout cela c’est d’une violence absolue et à un moment donné, il va falloir rétablir la réalité des relations, c’est une violence de réaction, ce n’est pas une violence gratuite. Ce n’est pas une violence comme dans le film Orange mécanique. La violence vient d’en haut, de la périphérie de nos quartiers populaires et nous en subissons dans tout ce que nous faisons, dans tous les actes de notre quotidien. C’est quelque chose qui nous réunit, en tout cas, aujourd’hui. En 2012, c’est extrêmement dur d’être arabe, musulmans, noirs en France. C’est une réalité, ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est une vérité, il ya une discrimination qui tend qui tend à devenir de plus en plus une ségrégation ».

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les révoltes de 2005 visaient le désarroi profond des populations qui vivent dans les quartiers populaires » Houria Bouteldja (image © Med In Marseille)

Pour Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République, les révoltes de 2005 « n’ont laissé aucune trace ». Six ans après, quel parti « qui a pignon sur rue », a exprimé une réponse politique envers ces quartiers populaires ? « On n’entend pas de réponse qui soit digne de ce nom [...] et depuis la révolte de 2005, il n’y a pas eu d’avancée positive mais je crois même qu’il y a eu une grosse régression ». Une régression et une dégradation des rapports sociaux illustrée par « des crimes policiers qui restent impunis ». Houria se demande « comment peut-on prétendre aujourd’hui être dans une société qui se dit universelle et sociétaire et qui n’est pas capable de juger ces institutions, qui n’est pas capable de dire que lorsqu’un crime policier est commis, il faut qu’il y ait justice ».

Violences policières : le combat pour la justice
Revenant sur les circonstances de la mort d’Akim, Walid et rappelant que "notre frère" est passé d’une résistance au début contre l’interpellation à une résistance pour survivre, à l’agonie » Walid Klaï a voulu, en s’adressant à la salle, démonter les rouages du système policier et judiciaire français.

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Walid Klaï (image © Med In Marseille)

Violences policières et combat contre la justice française
Il a rappelé le rôle crucial que les témoins de la scène ont joué. « Le lendemain, on se retrouve avec tous ces témoins-là complètement démontés, en larme en face de la famille de n’avoir pu intervenir, portant une culpabilité d’avoir assisté à sa mort. C’était vraiment touchant pour nous et en même temps ce sont eux qui nous ont apporté la réponse, ce n’est pas le commissariat de police qui nous a apporté la réponse. La police nous a appelé à 6 h 15 et on dit : voilà notre fils est décédé. Et le lendemain, nous sommes rendus là-bas et personne ne pouvait nous dire quoique ce soit. Ce sont les témoins qui nous ont apporté la réponse. »
« C’est ce qui est arrivé en France devant plus de 20 témoins. Et la plus grande violence qu’on a eu à subir, c’est qu’on a cru qu’on était dans un cadre, dans une institution, des droits de l’homme, du respect de la dignité humaine et en fait, on a été traité comme des moins que rien, la famille a été maltraitée pendant 4 ans. On a du mener un combat, non pas contre cet acharnement-là venant de la police, mais on a du mener un combat contre des juges d’instruction qui ont refusé de les mettre en examen. L es premiers qu’on du convaincre c’était l’ IGPN, Inspection Générale de la Police nationale. Le lendemain de la mort, on a pris les témoignages, les identités de ces personnes. Et on va voir l’inspecteur qui commence à dire : attention, méfiez-vous des témoignages des badauds !
« A partir de là, j’ai compris qu’il allait falloir être vraiment solides parce que c’était la police qui avait commis ce crime et parce que tout ce qui tourne autour de la police dans cette société représente un corpus qui est vraiment solide et que nous, en face, nous devions nous battre sinon ces policiers n’allaient rien avoir. Ces policiers n’ont pas été mis à pied, ils ont continué à travailler et à croiser le papa, les frères, les sœurs, et nous, on a du se battre, on a du manifester. »

Combat contre les médias
« On a du mener un combat auprès des médias, parce que les médias voulaient juste savoir où les poubelles allaient brûler, où la haine de cités allaient ressortir, sauf que là il n’y a pas eu d’images de voitures qui flambaient, ni de bus. On a du se battre avec les médias pour leur dire que le problème n’était pas les jeunes des quartiers mais la barbarie inutile de ces agents de police, c’était la mise à mort d’Akim. On a du se battre sur tous les plans. »

Combat politique
« Sur le plan politique, je note quand même que les verts pour le coup ont demandé à la CNS, Commission Nationale de déontologie et de sécurité qui a été supprimée par l’actuel gouvernement de mener une enquête. C’était pour simplement donner un avis sur le comportement de la police, un avis sur l’éthique de la police. Quand ils ont eu le dossier, c’est eux qui ont parlé de barbarie, de comportement inhumain, de méthodes inutiles et qui ont demandé des sanctions lourdes. »

Combat judiciaire
« On a eu aussi le courage d’un procureur de gauche. On peut refuser qu’on nous mette dans le même sac, mais on est obligé de refuser de mettre tout le monde dans le même sac. Pour le coup, ce procureur a été courageux, quand on est passé en appel à Aix-en-Provence. Pendant toute la durée de l’enquête les juges ont voulu protéger la police pour qu’elle ne comparaisse devant un tribunal. Et nous, notre combat a été de se battre pour qu’ils comparaissent devant un tribunal. Les chefs d’inculpation qu’on a obtenu pour qu’ils comparaissent n’étaient pas meurtre, c’était homicide involontaire et non assistance à personne en péril. En gros un voleur de vélo commet quelque chose de plus grave que ce qu’ils avaient fait ! Parce qu’eux, ils n’ont pas eu l’intention de le tuer ! On n’a donc pas eu de tribunal aux assises. »

En conclusion :
« Il ne faut pas dans ce pays avoir de problèmes avec la police, parce que vous allez vraiment vous retrouver isolé. Premièrement, ça fait peur, vous n’avez personne qui vous soutient, deuxièmement les petites associations qui existent ne font vraiment pas le poids (...) Amnesty international a fait un rapport sur les arrestations, sur l’augmentation des outrages à agent. Nous continuons à faire le lien avec d’autres dramatiques histoires qui se sont déroulées en France. »

 

 

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