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Première commémoration du 14 Janvier : la société civile tunisienne immigrée tente de s’organiser

16 janvier 2012 - Dernier ajout 18 janvier 2012

Le 14 janvier 2011 restera une date historique dans le calendrier des commémorations tunisiennes. En effet, un an après, la fuite du dictateur déchu reste toujours gravée dans la mémoire des franco-tunisiens, qui ont décidé de commémorer cet évènement historique. Samedi dernier à Marseille, l’association « Pas de Nord Sans Sud » , le collectif Solidarité Maghreb, Radio Galère, Radio Kalima Tunisie et l’Association des Étudiants Tunisiens de Marseille ont souhaité donner la parole à la société civile tunisienne immigrée, notamment celle qui a toujours été dans l’opposition. Le débat a soulevé de nombreuses interrogations : Comment la société civile doit-elle s’organiser pour faire « aboutir cette révolution populaire ? » Quel rôle les associations historiques de l’immigration doivent-elles jouer dans l’accompagnement du processus démocratique et comment doivent-elles favoriser la représentativité des tunisiens de l’étranger » ? Le débat a réuni des acteurs de la vie associative marseillaise à l’image de Tarek Ben Hiba, Président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Lakhdar Ellala, Président de l’association des Tunisiens en France, Moncef Guedouar, Président de Younga Solidaire et Omeyya Seddik, chargé de mission auprès du ministère des affaires étrangères. Après qu’un reportage de Med’In Marseille sur la révolution ait servi de starter au débat, l’animation fut assurée par Layla Riahi et Tarek Klabi, présidente et vice-président de l’association « Pas de Nord, Sans Sud ».


 

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Moncef Guedouar, Tarek Ben Hiba, Layla Riahi et Lakhdar Ellala.

« Ce n’est pas encore l’heure de la réjouissance » lance en préambule Layla Riahi, présidente de l’association « Pas de Nord Sans Sud » et présidente de l’Instance Régionale Indépendante pour les Elections (IRIE) France 2. Un an après la fuite de Ben Ali, les interrogations restent encore nombreuses et l’organisation de la société civile peu développée. Une société civile qui doit redoubler de vigilance à un moment crucial pour l’avenir de son pays car tout reste à faire. « Est-il nécessaire de souligner que la Tunisie n’est pas encore une démocratie ? »

Pour Layla Riahi, « il est important de célébrer l’acquis de l’éveil citoyen », même si un bon nombre de citoyens se demandent : « quel rôle vont jouer les organisations associatives dans les politiques en cours ? » La réussite du scrutin du 23 octobre dernier, organisée par l’IRIE, reflète la volonté et la capacité des citoyens franco-tunisiens à faire aboutir cette révolution. Mais ne soyons pas naïfs, le travail est énorme et les traces de l’ancien régime restent encore bien imprégnées dans le système.

A l’image de « l’office des Tunisiens de l’Etranger » qui doit être nettoyé et être aux services des migrants » a souligné Tarek Ben Hiba, Président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR). Ce dernier, qui a notamment été emprisonné dans les années 70 sous la présidence de Bourguiba pour ses activités au sein de la gauche radicale, s’est battu pendant des années pour faire vivre en France la voix de l’opposition tunisienne. Les accords que la Tunisie a noués avec la France doivent également être revus, voire supprimés pour certains d’entre eux, car ils ne respectent en rien les droits des Tunisiens. Ou encore, revoir la place des associations d’immigrés Tunisien(ne)s et la nécessité de leur reconnaissance par les autorités consulaires tunisiennes.

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Tarek Klabi

Occuper le terrain vide

Pour permettre de telle transformations, il est nécessaire que la société civile prenne conscience qu’elle est la seule garante de ses droits. La nécessité est donc d’appeler les associations à se ressembler et à « créer des synergies pour contrer les divisions » a insisté à son tour Lakhdar Ellala, Président de l’association des Tunisiens en France (ATF). (Une association qui vient de fêter son 30ème anniversaire.) Sur quelles modes de collaboration faut-t-il agir ? Faut-il créer un « cadre de fédération associatif commun pour représenter tous le tunisiens de l’étranger » ? Les associations historiques qui ont résisté à la dictature, sont actuellement dans une phase de renouvellement de leur méthode de travail. Leur objectif est désormais de sensibiliser les citoyens en favorisant notamment un travail de terrain ; ce qui manque cruellement. Sur ces bases, il sera bien évidemment plus facile de gérer la question de la représentativité. Bien que se pose la question de savoir si les associations sont prêtes à s’allier et non pas à tirer les ficelles chacune de leur côté. Quant aux associations marseillaises franco-tunisiennes, elles restent encore trop peu nombreuses.

« Méfiez-vous de nous comme de tout Etat qui vous fait des promesses ».

L’idée des assises de l’immigration, lancée dès le mois de février 2011, allait dans ce sens. L’objectif était de regrouper le maximum d’associations, de mouvements, et de Tunisien-es de l’étranger afin de réfléchir à la rédaction d’un cahier de doléances qui serait remis aux autorités tunisiennes issues de la révolution. Le bilan de ses « Assises » se fera d’ailleurs le 21 janvier prochain à Aubervilliers.

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Omeyya Seddik

De son côté, Omeyya Seddik, chargé de mission auprès du ministère des affaires étrangères a affirmé que « ce dialogue est nécessaire pour gagner en efficacité et influencer le gouvernement afin qu’il reconnaisse la citoyenneté de ces tunisiens de l’Etranger. L’Etat a des devoirs et ne doit pas être totalement hégémoniques. Méfiez-vous de nous comme de tout Etat qui vous fait des promesses » a-t-il lancé. Selon lui, il faudrait d’abord trouver un moyen de rétablir la confiance. Omeyya Seddik est également chargé d’enquêter sur les migrants disparus et sur ceux qui ont atterri sur l’île italienne de Lampedusa. Si ces jeunes ont quitté leur pays après avoir fait la révolution, c’est aussi pour des raisons économiques ; bien qu’ils considèrent à juste titre, que « la liberté est aussi le droit de partir et d’aller voir ailleurs ». Autre fait nouveau : l’implication de l’Etat tunisien dans les affaires qui touchent la société civile tunisienne immigrée, est à mettre en avant. On pense notamment à l’affaire Hakim Ajimi du nom de ce jeune franco-tunisien décédé le 9 mai 2008 à Grasse, suite à son interpellation « musclée » par des agents de la BAC. L’Etat tunisien se « doit d’être présent de prendre en charge ces questions » a conclu ce chargé de mission auprès du ministère des affaires étrangères.

Dans le public, quelques questions concrètes ont alimenté le débat : quels projets proposent les associations pour réformer le système ? Et quelles procédures pour réformer la justice et les médias. Car « on ne peut rien attendre de l’Etat tunisien, les caisses sont vides ».
La dynamique citoyenne en France a également souhaité avoir des réponses concernant le droit de vote et d’éligibilité aux élections générales pour les tunisien(ne)s à l’étranger. En effet, à ce jour les tunisiens à l’étranger peuvent voter pour l’élection présidentielle mais pas pour les législatives. Ils ne peuvent également pas être éligible à la présidence de la République puisque l’actuel Code électoral tunisien établit des critères stricts : « avoir 40 ans au moins ; être musulman ; être de nationalité tunisienne depuis la naissance et avoir exclusivement cette nationalité ; être de père, de mère, de grands-pères paternel et maternel tunisiens demeurés tous de nationalité tunisienne sans discontinuité. Ce qui, de fait, exclut les double nationaux, les enfants de couples mixtes ainsi que les tunisiens d’une confession autre que musulmane ». C’est l’un des axes qui notamment a été pointé du doigt au cours des assises de l’immigration qui se sont déroulées en février dernier.

Construire des ponts entre le Nord et le Sud

« Retisser les liens entre les tunisiens locaux et les immigrés de la deuxième génération, intégrer les immigrés comme acteurs principaux de la vie économique et politique », pourraient passer par « la création de nouveaux dispositifs de coopération entre le Nord et le Sud ». C’est ce que suggère Moncef Guedouar, Président de Younga Solidaire : « Il faut changer de rapport entre les migrants et la Tunisie. Ils ont des devoirs mais aussi des droits. Le risque est que le lien se rompt entre la Tunisie et les franco-tunisiens. Pour éviter cela, des projets de coopération sont nécessaires entre les deux rives de la méditerranée. Les associations Pas de Nord Sans Sud et Younga Solidaire agissent dans ce sens et organisent du 7 au 14 juillet, une semaine de réflexion sur le développement régional équitable et durable de la ville de Mahres -(ville côtière tunisienne située à 30 kilomètres au sud de Sfax et à 300 kilomètres de Tunis). Ce genre d’initiatives est à multiplier dans tout le Maghreb » a conclu Tarek Klabi vice-président de l’association Pas de Nord sans Sud.

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Forum associatif réunissant : le collectif "Georges Ibrahim Abdallah" (GIA), l’association "Pas de Nord sans Sud", "Jeunesse sans frontières " (JSF), Les étudiants tunisiens de France, le Parti des Indigènes de la République (PIR) et l’association "Passe Muraille"
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