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Pour le président de l’Espace Franco-Algérien, « le mouvement social est une chance pour l’Algérie de s’ouvrir à une nécessaire et vitale transition démocratique »

27 janvier 2011

L’Algérie emboîte le pas (révolutionnaire) à la Tunisie. Si la situation politique, sociale et économique des ces deux pays diffèrent à de nombreux points de vue, le mouvement social que connait le plus grand Etat bordant la Méditerranée signe un besoin pressant pour un peuple en souffrance de parvenir à vivre en paix, entre accès aux libertés et répartition juste des richesses. Le temps d’une interview, Akli Mellouli a délaissé sa casquette de maire adjoint PS de Bonneuil, pour endosser son rôle de président de l’Espace Franco-Algérien, qui réunit « toutes les tendances politiques », aussi bien en France que de l’autre côté de la Grande Bleue. Pour lui, le régime doit impérativement prendre la mesure de ce qui se joue et y apporter des réponses, afin d’éviter que « le chaos » ne s’instaure.


 

Dans une Lettre ouverte au Président de la République Algérienne, l’Espace Franco-Algérien interpelle Abdelaziz Bouteflika sur la situation du pays : « En une semaine, trente Algériens ont pris la terrible décision de s’immoler. Ils ont fait le choix de se donner la mort plutôt que de continuer à vivre la misère, la douleur, le malheur et l’impuissance dans une Algérie riche et indépendante », peut-on lire en préambule. Suit une série de propositions, allant du développement de « nouvelles politiques de l’emploi » à l’appui au « désir de citoyenneté », en passant par la conception d’une « politique d’aménagement du territoire harmonieuse » ou encore la mise en place d’« un système éducatif efficace qui tient ses promesses d’épanouissement par la connaissance ». Pour conclure que « l’heure est grave, il est temps de lancer le processus d’une nouvelle transition démocratique vitale pour impulser un nouvel élan dans notre pays et redonner de l’espoir à notre peuple ». Rédigée par Chafia Mentalecheta et Akli Mellouli, membres fondateurs de l’Espace Franco-Algérien, elle traduit la pensée de nombreux Algériens de France et Franco-Algériens, toutes tendances politiques confondues.

Akli Mellouli, président de la structure, nous a accordé un entretien :

Même si la situation en Algérie est très différente de celle en Tunisie, on sent un réel besoin de changement... Quel regard portez-vous sur la révolte sociale en cours, qui couve depuis plusieurs mois, voire plusieurs années ? Peut-on parler d’une « propagation » de la révolution tunisienne ?

On n’a pas affaire au même régime, donc c’est difficile de comparer. Ce que l’on peut faire c’est un constat : qu’il y a une jeunesse qui a un mal vivre, qu’il faut développer un certain nombre de choses,... Parce que à terme, si on ne fait rien, on risque d’aller dans le mur. On sait que rien n’est comparable et tout est relatif, mais je pense qu’il est temps de mettre en place des réformes. Aujourd’hui, nos jeunes ont une ouverture sur le monde avec internet. Cela ne veut pas dire qu’en Europe ils sont mieux, il y a aussi des souffrances, des heures difficiles. Mais ces éléments font que le pays a besoin d’emplois, d’activités culturelles, etc. Et ça tout le monde le sait. A partir du moment où une seule personne souffre, on peut le déplorer. Cependant c’est quelque chose de beaucoup plus large que ça ne peut paraître. Il faut pouvoir regarder les choses telles qu’elles sont. L’Algérie n’est pas la Tunisie : il y a en Algérie un certain nombre de richesses, des leviers qui peuvent être activés pour éviter de sombrer dans cette situation.

Pour vous, quelles sont les réponses à apporter ?

Le plus important aujourd’hui c’est de réduire les inégalités. Tout ce qui avait asphyxié la Tunisie, on pourrait effectivement, à terme si on ne fait rien, le retrouver en Algérie. Le monde bouge, il faut que nos pays bougent aussi. La vraie question pour l’Algérie, c’est la question de la transition démocratique. Parfois on a pu penser qu’il y avait des ouvertures,... C’est vrai que la presse est moins muselée qu’en Tunisie, qu’il y a quand même des leviers démocratiques qui existent, même s’ils ne sont pas suffisants. Je pense qu’il faut aller de l’avant, et il faut s’engager dans un vrai processus de transformation.

Ces changements peuvent-ils s’opérer sous la présidence de Bouteflika ?

Je ne sais pas si ça peut se faire sous tel ou tel, mais de toute façon il faudra qu’il y ait une transformation éclairée, quels que soient les hommes qui la mènent. Moi je ne suis engagé dans aucun parti politique en Algérie. Et en tant que président de l’Espace Franco-Algérien, où l’on fédère des gens de toutes convictions, que ce soit dans les partis politiques ici ou là-bas, je suis obligé de m’exprimer pour tout le monde. Pour nous ce n’est pas qu’une question de personne. Bien sûr, on voit bien les limites, on n’est pas naïfs non plus, on peut regarder les choses. Mais en même temps, si on n’en fait qu’une question d’homme, on s’en sort pas. C’est davantage une question de régime.

Le RCD, qui mène la contestation, ne semble pas faire l’unanimité auprès des Algériens, comme des Franco-Algériens ?

Les partis politiques en Algérie sont complètement disqualifiés. On est dans un mouvement de société civile. D’ailleurs les jeunes, quand Benhadj je crois [Ali Benhadj, ancien numéro 2 du Front islamique du Salut, ndlr] a voulu les récupérer, ils l’ont envoyé balader. Le plus grand succès de ce genre d’initiative c’est justement quand les manifestants ne sont pas instrumentalisés par un bord ou un autre. C’est une question de mal vie, la mal vie concerne tout les partis. Et bien ces partis, plutôt que d’être invités/associés, qu’ils proposent un programme. C’est ça ce que l’on dit. Si les partis sont capables d’apporter des alternatives, et bien les Algériens, qui sont des gens responsables, écouteront et regarderont. Ensuite les gens se définiront sur un programme. Aujourd’hui, on est effectivement incapables de voir quelles sont les perspectives que l’on essaie de tracer pour l’Algérie. Moi, je ne suis pas commentateur politique ni journaliste. Ce que l’on dit, et nous l’avons signifié dans notre courrier, c’est qu’il ne s’agit pas de disqualifier tel ou tel ou d’encenser tel ou tel. Pour nous il s’agit de dire les choses, de poser un constat. Il y a un contexte que tout le monde connaît très bien, cela fait vingt ans que l’on est sur une poudrière. Donc un moment donné, il faut se dire, on veut en sortir ou on ne veut pas en sortir.

Quel rôle pour les Algériens de France et Franco-Algériens ?

Si les gens veulent en sortir, nous on tend la main. On a des compétences, plein de gens qui ont des qualités. Les gens peuvent se réunir, commencer à travailler, si chacun veut commencer à assurer la transition. En revanche, il appartiendra aux Algériens et aux Algériennes de décider qui, eux, veulent à la tête du pays, avec quel projet et pour quoi faire. Nous il nous appartient d’accompagner le mouvement social pour que justement les Algériens ne souffrent plus au quotidien dans le pays.

En cas de soulèvement, le risque d’un retour aux années les plus sombres de l’Algérie plane-t-il ?

La difficulté que l’on a c’est que, à la fois la transition est obligatoire, et en même temps il ne faudrait pas précipiter le pays dans le chaos. Parce qu’on sait ce que l’Algérie a vécu il y a quelques années. C’est pour ça que les Algériens sont assez sceptiques. Nous, nous avons eu des débats en interne, je ne le cache pas. Aujourd’hui l’Algérie c’est un pays où il y a beaucoup de richesses. Ce qui fait qu’il y a beaucoup de gens qui aimeraient voir ce pays vendu à la découpe, pour en faire un futur Afghanistan, un futur Irak. Il y a des enjeux autres. C’est un pays qui a connu sa révolution, ça ne plait pas toujours. On ne pas faire fi de ce contexte ni de l’histoire de ce pays. C’est pourquoi nous en appelons à la transition démocratique et non pas au chaos. Vous avez vu ce que le pays a traversé avec les années noires, cette guerre fratricide. Donc les Algériens ont cette crainte de retomber là-dedans. Entre le chaos et rien, il y a cette possibilité de transition démocratique, nécessaire et vitale. Donc on n’est pas en train de mettre de l’huile sur le feu, au contraire, notre objectif est d’essayer de mettre de l’huile dans les rouages pour que les choses évoluent et avancent. Pour que soient entendus les Algériens, et que des réponses soient apportées à leurs revendications sociales. Il faut mesurer toutes les conséquences qu’appellerait une non réponse de la part du gouvernement à ce mouvement. Et le gouvernement serait bien inspiré de ne pas utiliser la force pour répondre à ces questionnements. Ce mouvement est une chance pour l’Algérie, qui interpelle le pouvoir sur les aspirations de la jeunesse, et c’est l’opportunité d’y répondre.

 

 

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