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Plus qu’un mois pour voir Basquiat

30 décembre 2010

Pour ceux qui envisageraient un détour par la capitale, nous ne pouvons que trop vous conseiller de vous rendre à la rétrospective consacrée au fulgurant Jean-Michel Basquiat. Visible au Musée d’Art Moderne de Paris, l’exposition qui présente une centaine d’œuvres majeures de l’artiste court jusqu’au 30 janvier prochain.


 

Il a brûlé sa vie par les deux bouts. Mort d’une overdose officiellement médicamenteuse à la mi-88, Jean-Michel Basquiat laisse derrière lui une œuvre abondante, avant-gardiste, urgente, violente, flippante parfois. Le Musée d’Art Moderne (MAM) de Paris a choisi de présenter, depuis le 15 octobre dernier et jusqu’au 30 janvier prochain, une rétrospective de quelques-unes de ses œuvres les plus significatives. En cette année 2010 finissante, J.-M. B. aurait eu cinquante ans.

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Jean-Michel Basquiat, un artiste hors norme qui a brûlé sa vie par les deux bouts.

De la rue à la toile, du graffiti à la peinture, de l’adolescence au jeune âge adulte, il sera au début des années 80 l’un des précurseurs de cette vision nouvelle et pressante de l’art, comme expiatoire d’un mode de vie insolent, d’une existence borderline. On peut percevoir dans son œuvre des gribouillages enfantins ; il n’en est rien, Basquiat maîtrise parfaitement le dessin. L’anatomie notamment, résurgence de l’enfance lorsque hospitalisé, sa mère – férue d’art et qui l’aura mené dans tous les plus grands musées new-yorkais – lui offre le Gray’s Anatomy (Henry Gray’s Anatomy of the Human Body ; Gray sera aussi le nom du groupe jazz qu’il co-fondera en 1979). Ses premières représentations de corps transparents, de squelettes vivants aux poumons offerts à la vue, aux entrailles et au sexe apparents traduisent cette influence du cadeau maternel.
Mais ce qui caractérise les débuts de Jean-Michel Basquiat,
ce sont avant tout les murs de Soho et Manhattan qu’il recouvre d’écritures avec son acolyte Al Diaz, signant Samo (Same Old Shit) et d’une couronne. De cette époque il conserve ce dernier élément qui surmontera longtemps ses personnages. Le passage à la toile se fait quasi instantanément. Basquiat dira d’ailleurs : « Mon travail n’a rien à voir avec les graffiti. C’est de la peinture, ça l’a toujours été ».

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"Untitled", 1981. Acrylique et pastel gras sur toile, 207 x 176 cm. The Eli and Edythe L. Broad Collection, Los Angeles. Photo : Douglas M. Parker Studio, Los Angeles. © The Estate of Jean-Michel Basquiat. © ADAGP, Paris 2010.

Très vite, avec l’exposition commune « New York/New Wave » il se fait un nom, impressionne, donne le ton à toute une génération. Il est repéré par la galeriste Annina Nosei, qui lui met à disposition un atelier sous sa galerie. Son art explose, sa cote aussi. Rares sont les artistes ayant de leur jeune vécu connu telle gloire. Basquiat est considéré par ses pairs, par la critique et par le public comme un génie, dont le travail sera impactant, influant de nombreux autres artistes.
L’agitateur et héraut de l’art à une haute conscience de son environnement, prend connaissance de sa négritude en même temps qu’il la peint, reproduit ses héros chanteurs, boxeurs, Noirs qui peuvent en ces seuls endroits rivaliser à égalité avec les Blancs, écrit en espagnol (il faut dire qu’il est de père haïtien et de mère portoricaine)…

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Le ring : le seul espace où Noirs et Blancs combattent à armes égales, avec les mêmes règles. "Cassius Clay", 1982. Acrylique et pastel gras sur toile sur palette de bois, 106 x 104 cm. Collection Bischofberger, Suisse. © The Estate of Jean-Michel Basquiat. © ADAGP, Paris 2010.

La période précédant sa mort paraît plus éteinte. Lui qui a recouvert tous supports – frigo, taule, portes, fenêtres, palettes de bois – a expérimenté différentes techniques, depuis l’acrylique et le pastel gras qui ont ses faveurs, jusqu’au papier collé, aux clous plantés, ne peint quasiment plus que sur toile. L’exercice est plus lisse, même si l’excellence émerge encore. On lui propose de collaborer avec son ami Andy Warhol : en résultent plusieurs tableaux cosignés, qui lors de leur exposition s’attireront des critiques peu élégantes. Basquiat en prend ombrage et perd de vue Warhol juste avant la mort de celui-ci en 1987.
Lui-même obsédé par la mortalité de l’homme, Jean-Michel Basquiat s’éteint dans son loft de Great Jone’s Street en août de l’année suivante, d’avoir trop abusé de substances qui ont d’autre part très certainement influencé son art.

 



 

 

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