Articles

Accueil > Actualités > Paul Delvaux : La vie est un songe

 

Paul Delvaux : La vie est un songe

29 août 2014

L’exposition consacrée au peintre, Paul Delvaux, au musée Cantini, mérite amplement le détour et se tient jusqu’au 21 septembre à Marseille. Rarement exposé en France, ce peintre belge, décédé presque centenaire en 1994, connut la postérité en créant une peinture « métaphysique », proche des surréalistes. Femmes nues à l’expression songeuse, arrière-plans emplis de colonnes antiques, d’escaliers, de palais ancestraux, sont autant de propositions oniriques troublantes et édifiantes. Hymne à l’éternel féminin, au modèle d’une Antiquité sublimée, à l’intimité, son travail touche autant à la sexualité qu’à la solitude. Sans oublier sa série qui met en scène des squelettes dans des activités du quotidien, détournant le thème des Vanités, et de l’éphémère de l’existence et laissant le visiteur inquiet et bouleversé.


 

L’exposition consacrée à Paul Delvaux, immense artiste belge né en 1887 et mort en 1994 est un évènement qu’il ne faut pas rater, pour ceux qui n’ont pas encore eu le temps de s’y rendre, car c’est la première grande rétrospective proposée en France et réalisée en collaboration avec le Musée d’Ixelles à Bruxelles. Organisée en six grandes sections, elle met en en perspective les thèmes de prédilection de l’artiste : la femme, l’Antiquité, les relations intimes, les gares, les trains ou encore les squelettes, à travers une centaine d’œuvres.


L’Escalier, Paul Delvaux, 1946

Accomplissant une synthèse personnelle entre un Surréalisme figuratif et un Réalisme magique comme pouvait le faire le peintre Balthus, Paul Delvaux, en créant un univers à part, s’approche de la peinture métaphysique d’un Giorgio de Chirico. Mais ce que l’on sait moins est que Delvaux a eu une période réaliste. Surnommé, le « Peintre des gares », il n’avait de cesse, au début de sa carrière, de représenter, les voies ferrées, les trains et les gares qui ont peuplé son enfance et profondément marqué son imaginaire. Ainsi dans la première salle, on pourra découvrir les premières toiles du maître qui cherchait encore son style, mais qui faisait déjà preuve d’un immense talent et d’une maîtrise totale des techniques classiques de la peinture et du dessin acquises à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.

Au départ, proche de la mouvance postimpressionniste et ami du peintre Alfred Bastien, il brosse les paysages et la nature qui l’entourent. Ainsi livre-t-il, en 1921, une impressionnante toile, intitulée « Le source de l’empereur », représentant un sous-bois de la Forêt de Soignes, près de Bruxelles que ne renierait pas Monet lui-même. Puis, les sujets sur les gares, qu’ils soient à l’aquarelle ou à l’huile font peu à peu apparition dans son univers. Déjà son art de la lumière, que l’on retrouvera plus tard dans ses œuvres de chair, est prodigieux. La nouvelle gare du Luxembourg à Bruxelles, sera son sujet de prédilection. A travers croquis ou peintures plus imposantes comme « La gare », il peint sans relâche ces ambiances hivernales ferroviaires, tout en brun et gris, relayant les points de vue avec perspectives et ligne de rails s’étendant au lointain.


La solitude,1955, Paul Delvaux

Peu à peu, il glisse vers un univers surréaliste. La toile « Solitude », de 1955, peinture à l’huile avec un arrière-fond de gare aux couleurs froides grises et bleu, représentant une jeune fille vêtue de rouge et de dos sur le quai d’une gare est un appel à l’imaginaire et à la méditation. La pleine lune irradiant de sa lumière crue les bâtiments comme un clin d’œil au songe et à la force du subconscient, navigue déjà vers le surréalisme.



L’Acropole, Paul Delvaux, 1966

Dans la seconde salle de l’exposition, d’immenses toiles dialoguent entre elles, magie de la scénographie qui fait que là, la chair, répond au songe et frôle la mort. La toile « Jeune femme nue » de 1930, volontiers expressionniste, avec des coups de pinceaux noirs assez marqués révèle une femme en chair et fait face aux tableaux de squelettes. Le thème du squelette sera un sujet que Paul Delvaux travaillera dès 1934 et jusqu’à la fin des années 50. Pour lui, le squelette ne symbolise pas la mort, mais plutôt la vie. Ainsi, « Les Squelettes » datant de 1944, représente un café où deux squelettes à l’avant plan conversent comme le commun des mortels !


Les Squelettes, 1944, Paul Delvaux

Et dans la même salle, la chair éclate, les nus féminins prennent toute leur dimension universelle. Comme pour percer leur mystère, les femmes sont dénudées, mais si leur corps est représenté de façon réaliste, leur visage aux yeux surdimensionnés cherche à révéler le secret de leurs âmes intérieures.

L’univers est « l’empire d’une femme »

Pour l’écrivain surréaliste André Breton, Paul Delvaux « fait de l’univers l’empire d’une femme, toujours la même qui règne sur les grands faubourgs du Cœur ». La « Vénus endormie », de 1944 exhale une étrangeté troublante, corps féminin exposé au centre de la toile, comme exhibé. Entourée d’un squelette et de deux femmes dont l’une d’elles est vêtue et chapeautée de style début de siècle, elle est offerte aux regards dans un décor de temples antiques et de damiers au sol inscrivant des points de fuite, propres déjà à la peinture surréaliste.


La Vénus endormie , Paul Delvaux, 1944

La représentation du nu féminin évoluera au cours de la vie du peintre. Avec des débuts expressionnistes et des femmes tout en chair, dans les années 1940, elles explosent de sensualité et se désincarnent peu à peu dans les années 60-70. Et au fil des salles de l’exposition, nous pénétrons dans la phase surréaliste ou plus exactement métaphysique de son travail et devant des chefs d’œuvre qui ont fait l’admiration du monde entier. Il lie « un rêve d’antiquité », on sait Delvaux pétri de culture antique, à l’admiration pour les peintres surréalistes qu’il découvre et surtout pour Giorgio de Chirico, l’inlassable peintre métaphysique des places italiennes à l’architecture classique qui truffe ses toiles d’énigme et de méditation sur le temps.


Le dialogue, Paul Delvaux,1974

De « L ’Escalier », toile monumentale, de 1946 ouvertement énigmatique et tendant à faire apparaître une irréalité singulière, à « L’Acropole », de 1966, la référence à l’Antiquité sera une des clefs de sa peinture. Enfin, à Cantini, on aura l’immense privilège de contempler l’imposante toile, « Le dialogue », réalisée en 1974. Tous les ingrédients du génie de Paul Delvaux sont condensés ici, dans une toile très épurée. Lignes de fuite, colonnes antiques, fond bleuté, deux femmes nues, yeux rivés vers l’intérieur, ne se regardent pas, semblent mutiques, le peintre intitulant sa toile « Le dialogue », laissant là une énigme qui nous reste à déchiffrer.

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • 17 octobre

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • 16 octobre

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • 9 octobre

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • 6 octobre

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit d eretrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • 4 octobre

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • 4 octobre

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • 25 septembre

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

  • 25 septembre

     

    Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches".

    Réforme fiscale : "Les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les plus pauvres" note Oxfam Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches". L’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam publie lundi 25 septembre, un rapport critique sur le projet de loi de finances 2018, intitulé Réforme fiscale : les pauvres en paient l’impôt cassé. Selon le rapport, les ménages les 10 % plus riches bénéficieront "d’une hausse de revenus au moins 18 fois plus importante que les 10 % les plus pauvres", alors que les 10% les plus riches possèdent déjà "56% des richesses (...)

     

  • 20 septembre

     

    CONTRE LA SUPPRESSION BRUTALE DES CONTRATS AIDES, RASSEMBLEMENT unitaire DEVANT LA PREFECTURE LE MERCREDI 20 SEPTEMBRE A 13H.

    Depuis la rentrée, l’annonce par le gouvernement de la fin programmée de tous les emplois aidés a réactivé la colère dans l’éducation, premier employeur de ces contrats. Les associations de parents d’élève se sont jointes à l’intersyndicale 1er degré en cette rentrée car elles sont bien conscientes des difficultés tant sur le plan humain que dans la dégradation de l’accueil des familles dans les écoles où les AADE sont devenues indispensables au bon fonctionnement. Le second degré de l’éducation, touché aussi par ces suppressions se joindra aussi à notre action le mercredi 20 septembre à 13h devant la Préfecture, à Marseille et l’action s’élargit en interprofessionnel. L’intersyndicale a demandé à être (...)

     

  • 14 septembre

     

    Emmaüs Pointe Rouge lance une collecte de dons pour les migarnts

    La Collecte de dons alimentaires pour les migrants de la Vallée de La Roya, est ouverte. départ du camion lundi 16 octobre. Le camion d’Emmaüs partira le lundi 16 octobre. Voir sur le site emmaus-pointerouge.com

     

Articles récents

Articles au hasard