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Pas de congés pour l’urgence sociale

4 août 2011

Alors que les traditionnels marronniers sur les sans-abris étaient méticuleusement rangés dans les tiroirs des rédactions depuis le début de l’été, la démission de Xavier Emmanuelli de la présidence du SAMU social a fait ressortir les hibernants de leur terrier. Président du SAMU qu’il a fondé en 1993, il a claqué la porte, suite à l’annonce de réductions drastiques des moyens alloués à l’hébergement d’urgence. Une question qui reste d’actualité toute l’année, l’urgence ne prenant pas de vacances pendant l’été. A Marseille, comme partout en France, si les budgets fondent de plus en plus, les besoins restent les mêmes et ce, quelle que soit la saison.


 

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Pas de mot d’ordre de grève, mardi, à Marseille pour le SAMU social, alors qu’à Paris, Lyon, ou Toulouse, les travailleurs sociaux ont battu le pavé afin de réclamer davantage de moyens. Et pour cause, Marseille est de ce point de vue atypique : elle est la seule ville en France à s’être dotée d’un SAMU Social municipal, afin de lutter contre la précarité et l’exclusion. 70 personnes travaillent au siège du SAMU social à Marseille, des agents de la ville, volontaires, qui prennent en charge plus de 45 000 personnes par an, en partenariat avec les bénévoles de la Croix-Rouge. Alors forcément quand des coupes budgétaires au sein des associations d’hébergement sont évoquées, cela signifie automatiquement une diminution des aides et solutions d’accueil pour les sans-abris.

Le directeur du SAMU social marseillais, René Giancarli, ne semble pourtant pas inquiet face à ces coupes budgétaires ou du moins, il ne le montre pas.... Au pire il les supporte, au mieux, il s’en accommode ! A Marseille, 80 % du financement du budget du SAMU social provient de la mairie :« Le SAMU est municipalisé, mais ça ne signifie pas non plus qu’on a tout ce qu’on veut », nuance René Giancarli. Ce dernier reconnaît aussi que son budget a été amputé : « ça baisse un peu tous les ans de quelques milliers d’euros ». Le SAMU social de Marseille n’a pas connu de baisse d’effectifs. La diminution des financements se traduit davantage au quotidien dans l’achat de matériel : « avant on achetait des couvertures de survie, par exemple, on avait un budget de 100 000 euros pour ça, maintenant, on fait appel aux dons, ça fait 100 000 euros d’économisés tous les ans. Autre exemple : on renouvelle moins le mobilier urbain, on apprend à être économe ! », confie le responsable. Son maître mot : la débrouillardise !

Des centres ouverts toute l’année

A Marseille, deux unités peuvent accueillir les SDF été comme hiver : l’Unité d’Hébergement d’Urgence (UHU) de la Madrague Ville, la première destination des transports effectués par le SAMU social et l’accueil de nuit à Saint Jean de Dieu, rue de Forbin, les deux centres vers lesquels sont orientées les personnes en difficulté quand elles composent le 115. En été, le dispositif est le même qu’en hiver, les centres d’accueil fonctionnent de la même façon, les horaires peuvent cependant changer. « Les agents du SAMU travaillent 365 jours par an », souligne René Giancarli.

Actuellement, le centre de la Madrague ville n’a pas atteint ses capacités maximales : «  il y a environ 220 personnes à la Madrague sur 329 places disponibles », explique Gilles Chalopin, directeur de l’UHU de la Madrague. L’hiver, le centre accueille en moyenne 300 à 320 personnes et peut enregistrer des pointes à 350 : « En hiver, on a beaucoup de personnes qui travaillent sur des chantiers, ce qu’on ne retrouve pas en été. Ce qu’on remarque cependant, c’est qu’on a beaucoup plus de femmes qui arrivent, on commence vraiment à ressentir une croissance importante du nombre de femmes en situation précaire. En général, on en a 25 à 28, là, on en accueille parfois une quarantaine qu’on réoriente vers le centre Jane Pannier, réservé aux femmes ». L’UHU se veut être une première marche, un premier pas vers la prise en charge de l’urgence et l’accueil des sans-abri, l’unité oriente ensuite les demandeurs vers d’autres structures selon leur condition et besoins.

« Des places en insertion qui font cruellement défauts »

« A Marseille, il y a certes des places de disponible pour tout ce qui est hébergement d’urgence, mais les sans-abri ne veulent plus y aller depuis longtemps », signale Thomas Scandellari, chef de service et coordinateur au Service d’accueil et d’orientation de Marseille. Malgré les rénovations récentes dont le centre a fait l’objet, il pointe du doigt des structures inadaptées. « Ce sont des dortoirs de six et les sans-papiers ne peuvent pas être accueillis et surtout ça ne peut pas être une solution. Ce qu’il manque cruellement à Marseille, ce sont des places en insertion pour essayer de trouver des solutions sur le long terme », reprend ce dernier. Pour cela, Marseille possède un Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS). Sa mission : accueillir, héberger et accompagner les personnes ou famille connaissant notamment de graves difficultés d’accès au logement. Projet professionnel et aide éducative sont notamment proposés aux arrivants, mais la première mission des CHRS reste l’hébergement. Des places en situation d’urgence peuvent aussi y être débloquées et un accueil sur la durée en fonction du projet des personnes peut être proposé.

« Marseille enregistre environ 4 000 demandes par mois, que ce soit au niveau des UHU ou CHRS, détaille Thomas Scandellari. Après, il y en a moins l’été car les gens composent moins le 115, on leur dit que ce n’est pas la peine d’appeler, qu’il n’y a pas de place en réinsertion dans les CHRS ! ». Le véritable souci, ce sont alors les familles qui se retrouvent sans toit : il faut 6 à 8 mois pour réaliser un projet et pour que les demandeurs se voient proposer un appartement ou une maison relais. En attendant, les familles sont en attente, sans solution. «  Pour l’instant, on n’a pas ressenti les coupures de l’État, cependant beaucoup de CHRS sont en déficit », souligne Thomas Scandellari. Les CHRS et UHU sont en effet financés pour moitié par la ville, dans le cadre d’une délégation de service public, et par l’État. La situation n’est guère mieux pour le centre de la Madrague, dont l’association gestionnaire a du déposer le bilan cet hiver. Résultat : si l’hébergement d’urgence est assuré (et encore, pas pour tout le monde....), le logement pérenne demeure encore, lui, plus qu’incertain. « A la Madrague on a des gens qui sont ici depuis 1994 », confie Gilles Chalopin. Comme quoi, la définition du mot « urgence » et « lieu de transit » peut être à géométrie très variable.

 

 

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