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NOUVELLES d’un voyage au BRESIL #1

16 juin 2014 - Dernier ajout 23 juin 2014

Pour accompagner cette coupe du monde 2014, nous mettons en ligne des aujourd’hui, sous forme de feuilleton, le journal de voyage d’un de nos collaborateur, Gaël Assouma, qui se rendit sur place il y a deux ans. Pour des raisons de lignes éditoriales et d’actualité, nous n’avions pas, à l’époque publié l’ensemble des écrits. Mais ce récit trouve aujourd’hui toute sa place. Alors voici l’intégralité du journal, de Récif à Fortaleza !
Bonne lecture, bon voyage et bonne coupe du monde !


L’enregistrement des bagages est fait, mon vol est en attente. Après avoir mangé trois parts de tarte bio vendue au prix d’une cuisine équipée, dans un buffet de la salle d’embarquement, je suis venu m’installer dans un confortable fauteuil d’un petit salon aux couleurs pastel qui n’est pas sans rappeler une salle de jeux de maternelle.


 

J’ai du temps devant moi. J’en profite pour penser au voyage que j’entreprends, à ce pays que j’espère depuis longtemps, le Brésil. Un écrivain Noir Américain, dans la moitié du siècle dernier, était parti à la découverte de cette terre où, y disait-on, les Noirs étaient libres et heureux. Il se rendit vite compte que le racisme n’avait nullement épargné ce pays et qu’il y sévissait même durement. Mais il notait cependant qu’une part de la légende était vraie, il soufflait dans les villes et les campagnes une allégresse à nulle autre pareille. On pouvait être pauvre, exploité et Noir, sans perdre pour autant le goût de la vie et l’exprimer avec force.
Métisse, de mère Française et de père Béninois, capoeiriste depuis un peu plus de dix ans, le Brésil, à pour moi aussi, toujours revêtu un caractère particulier, une sorte de paradis pour métisse. Un pays ayant réussi, au cours de son histoire tumultueuse et violente, à marier, dans un équilibre certes douloureux, les différentes cultures qui le composent et à en tirer les meilleurs parts de chacune.
Une jeune Allemande, sur ma droite, plie son journal et dans un mouvement fluide se lève, prend sa petite valise et s’en va. Je vois s’éloigner une exquise chute de reins enserrer dans un jean moulant et battue par de longs cheveux châtains. Deux jolies fesses juchées sur une paire de jambes fines disparaissent bientôt de ma vue. Mon désir s’échauffe subitement, le Brésil est aussi synonyme de passion et d’amour charnel. Y aurait-il endroit plus indiqué pour s’épanouir ? Malgré la nécessaire distance à maintenir face aux clichés, il me reste des images indissociables de ce pays : liberté des corps et des sentiments, musique, danse, joie de vivre, mais aussi violence, passion… De la vie brute et brûlante.
Qu’en est-il réellement ? Qu’est ce qui fait les étonnantes particularités de ce géant ?

Tout en méditant à ces questions, une vague de sommeil vient doucement s’échouer à mes pieds, ses embruns me picotent les yeux. Dans quelques instants l’avion va décoller pour Francfort, puis Rio et enfin Recife, première destination de mon voyage.
Je pars en laissant sur place tout ce qui fait de moi un Européen moyen, comme le ressentiment face à ce passager américain qui m’offre le déplaisir de partager sa bruyante conversation téléphonique, deux rangs devant moi. Pour recevoir le maximum une fois sur place et comme pour tout voyage à l’étranger, il est bon de garder l’esprit le plus ouvert possible, de se délester d’une vision du monde forgée dans une culture différente de celle où l’on se rend. La colère, l’agacement, la gêne de l’autre n’ont de ce fait, pas leur place dans mes bagages. Je pars aussi vierge que possible, des sentiments qui m’animent dans un pays rongé d’angoisse et d’égoïsme. Là-bas le quotidien est autre. Je regarde s’éloigner la piste sous l’avion, la magie du décollage s’opère.

Rio de Janeiro, escale.
Je sors, dès la réception de mes bagages, inspirer une grande goulée d’air Brésilien. J’ai juste le temps avant la correspondance pour Recife. Le soleil se lève tout juste, le sommet des collines est baigné de lumière dorée. Une avalanche de degrés Celsius me saisi. L’air est épais, chargé de gaz carbonique, c’est une goulée râpeuse et lourde que j’inhale à plein poumon. Pas de doute, Rio est une mégapole ! L’agitation, malgré l’heure matinale, a déjà pris possession de l’aéroport. Toutes les couleurs de peaux se croisent, il est a peine 6 heures du matin, le hall est déjà plein. L’ambiance générale est bien différente de celle de Paris ou de Francfort, il n’y a quasiment que des tongs et des sandales, beaucoup de bermudas et de jupes courtes.
Une fois dans les airs je peux admirer la luxuriance de cette ville gigantesque et sa baie de légende, parsemée d’îles, certaines pas plus grosses qu’un rocher. Quelque part il y a celle que choisit Villegagnon pour y fonder la France Antarctique au XVIeme siècle, aujourd’hui interdite au public car propriété de l’armée. Vu du ciel, il est difficile de départager la jungle de la ville. La végétation bondie entre chaque habitation, dévale les pentes des montagnes, encercle les favelas et parvient à bien des endroits à rejoindre la mer.

Le vol se poursuit, bientôt débutera la véritable découverte avec Recife, capitale de l’état de Pernambouco. L’aventure commence !

 

 

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