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Municipales : Fazia Hammiche se lance dans une première bataille électorale sur la liste d’Arlette Fructus

13 mars 2014

Issue de la société civile, Fazia Hammiche se présente sur la liste UMP-UDI, conduite par Arlette Fructus, dans le 15-16ème, en troisième position. Chef d’entreprise, elle connaît les problématiques de son quartier où elle possède et gère un restaurant, depuis 2006, avenue Roger Salengro dans le 15ème. Si elle partage depuis toujours les idées de droite, notamment sur l’économie, c’est une première, pour elle, de se lancer dans la bataille politique. Cette marseillaise charismatique d’origine Algérienne (kabyle), a grandi dans les quartiers Nord et voudrait améliorer le quotidien de ses habitants. Se refusant à être la caution diversité de la liste, elle estime représenter tous les Français. Son réalisme, sa connaissance du territoire, son dynamisme et sa bonne humeur, lui confèrent des atouts qui pourraient peser à l’heure du choix électoral.


 

Comment en êtes-vous venue à vous présenter aux élections ? Aviez-vous déjà un parcours politique ?

Fazia Hammiche : Non. Mais, en travaillant dans ce restaurant, je côtoie beaucoup de monde, et je connais les envies et les attentes de chacun. Je me suis toujours intéressée à la politique, mais de l’extérieur, et faute de temps et de moyen, je n’avais pas pu m’engager jusque là. Mais, j’ai baigné dans la politique très jeune, car j’ai eu un père maquisard, qui faisait partie du FLN. Tous les membres de ma famille ont toujours participé activement à la résistance. C’est une histoire de cœur. On a connu toutes les histoires de chacun, qui nous racontait leur parcours, leur souffrance, ce pourquoi ils se sont battus, quelle était l’histoire de l’Algérie. Je suis issue d’une fratrie de 6 enfants. Mon père tenait à ce que nous connaissions l’histoire de notre pays d’origine, même si tous ses enfants étaient nés en France. En famille, je participais activement à des débats, j’étais au courant de beaucoup de choses, comme la position de la France, le sort réservé aux immigrés ici…. Pour nos parents, il était important que nous fassions des études. En tant que Kabyle, chez nous la priorité c’est l’impartialité et la discrétion, nous sommes éduqués pour cela.

Avez-vous ressenti le racisme ?

F.H : Je n’ai pas senti un quelconque racisme pendant toute ma scolarité et mon cursus universitaire, ni lors de mes premières années d’activité professionnelle. J’ai commencé à le ressentir dès que j’ai été chef d’entreprise auprès des partenaires, comme les financiers, les fournisseurs…. Ceci d’autant plus que j’étais une femme. Il n’est pas facile de monter une entreprise quand on est une femme et d’origine maghrébine.

Comment avez-vous rencontré Arlette Fructus ?

F.H : Arlette est venue un jour déjeuner dans mon restaurant avec l’association Rosa. J’ai pu participer à leurs conversations et échanger avec Arlette et je pense que j’ai attiré son attention et qu’elle a entendu que je voulais que les choses changent dans le secteur. A cette occasion, je me suis faite un peu le porte-parole des commerçants que je côtoie au quotidien. J’ai parlé de la saleté dans le quartier, de l’insécurité, de la mairesse qui est ici, que nous n’avons jamais rencontrée, qui ne se soucie pas du bien-être de ces commerçants qui créent de l’emploi. Arlette Fructus m’a recontactée par la suite et a réussi à me persuader à me présenter sur les listes.

Etes-vous l’alibi diversité de la droite dans le secteur ?

F.H : Non, je ne suis pas l’alibi diversité de la droite dans le secteur. Arlette Fructus a été très claire dans sa position, dès le départ, elle ne souhaite pas du tout que je sois mise en avant ou affichée comme fille d’immigrés.
Mais, vous sentez-vous porteuse de quelque chose de différent des autres candidats, du fait d’être fille d’immigrés ?
F.H : J’ai envie d’apporter des idées nouvelles, de par mon parcours. Mais, je ne vais pas parler de communauté, je pense qu’il faut parler des Français, nous sommes tous concernés. Nous, enfants d’immigrés, nous sommes français, même si nous avons une culture qu’il ne faut pas renier, ce sont nos origines. Je parlerai toujours de mes origines, je ne vais pas les renier, même si je ne m’en servirai jamais.

Pourriez-vous, par exemple faire remonter des revendications sur les lieux de culte musulman, qui manquent à Marseille ?

F.H : Je ne suis pas fermée à la discussion, mais je ne me sens pas investie plus que cela. Cependant, je pense que les lieux de cultes décents ont leur importance, qu’on le veuille ou pas et qu’il en faut aussi.

La lutte politique dans le 15-16 est-elle difficile ?

Il est certain que pour moi mener une campagne, c’est une nouveauté ! Et c’est aussi un travail qui nous permet de rencontrer du monde, d’être à l’écoute, il est important d’écouter et d’échanger. Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile d’arriver sur le terrain dans ce secteur, en portant l’étiquette UMP-UDI. Ici, la droite est diabolisée, est associée au fascisme. Au départ, il y a de l’appréhension, mais une fois qu’il y a discussion et échange, on en ressort grandi. Je trouve cette campagne de plus en plus intéressante, surtout que la situation est alarmante ici. Les gens ont un ras-le-bol et attendent vraiment un changement. On sent énormément de déceptions. Je souhaite participer au changement. Si je suis élue, je compte me battre sur le logement, l’insécurité et la fiscalité pour toutes les entreprises

Vous vous présentez sur une liste de droite, pour quelles raisons ?

La droite représente des valeurs que je partage, j’ai toujours voté à droite. Selon moi, la droite combat l’assistanat social et c’est important. Car à force d’avoir un peuple d’assistés et de l’entretenir, les retombées que nous avons, sont négatives, et notamment sur l’éducation des enfants. Pour moi, la politique actuelle encourage les personnes à passer par le dispositif social avant de chercher du travail. Je pense que tout démarre de l’éducation. Je voudrais qu’on installe à nouveau des structures dans les quartiers, comme les centres sociaux en leur apportant une structure plus décente. Les jeunes ne sont pas assez entourés, ils sont complètement abandonnés, on leur donne des subventions, mais on les laisse gérer, on ne leur apporte pas les structures qu’il faut pour évoluer et attirer cette jeunesse qui est en perdition, qui se cherche. Car qu’on le veuille ou pas, les jeunes n’ont plus de repères dans les quartiers. Il est plus facile pour eux d’aller travailler pour un dealer que de s’intéresser à n’importe quelle activité, d’intégrer un système scolaire ou d’essayer de s’en sortir. Dans un second temps, il est nécessaire d’apporter un logement digne aux personnes qui vivent dans les cages à poule. Un travail sur la sécurité est également primordial Je ne prône pas la répression pour la répression. On se doit aussi apporter une réponse à travers tous les acteurs du milieu associatif ou éducatif présents, c’est avec eux qu’on doit travailler, car c’est eux qui sont en contact avec les habitants des cités. On a besoin de police de proximité. Sur l’aspect économique, j’en appelle à une baisse de la TVA et des charges, beaucoup trop lourdes pour les entreprises. A titre d’exemple, en tant que gérante d’un restaurant, je suis moi-même frappée par la crise depuis 2010, c’est très dur de pouvoir boucler ses fins de mois, les charges augmentent d’années en années. Avec le gouvernement de M. Hollande, nous n’avons vu aucune amélioration, bien au contraire. Sous Sarkozy, nous avons eu une baisse de la TVA, malheureusement que pendant 13 mois.

Quelle est la personnalité de droite que vous admirez ?

J’ai aimé Chirac pour son charisme et pour la politique qu’il a menée, le fait d’avoir affronté les Etats-Unis et d’avoir refusé catégoriquement d’intervenir en Irak. J’admire aussi François Baroin, et Rama Yade.

 



 

 

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