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Mouvement des Indignés : à Marseille l’aïoli ne prend pas

17 juillet 2011

Timide, voire poussif, le mouvement des Indignés marseillais semble être sur la pente descendante. Pourtant premiers à se fédérer, à se solidariser et à savoir pousser des coups de gueule sur le front social, les Marseillais n’ont pas répondu présents à l’appel lancé par le collectif, en ce 14 juillet. Dans la cité phocéenne, le mouvement peine à trouver un écho significatif auprès du public comme dans la presse. Manque de clarté du mouvement, des citoyens déjà engagés sur d’autres fronts ? Retour sur une action qui ne séduit pas.


 

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Être mobilisé sur les réseaux sociaux ne suffit pas toujours. La preuve : une page Facebook, un blog, un site, un compte Twitter, mais rien à faire, à Marseille l’indignation reste cantonnée au niveau du chuchotement. Actifs, étudiants, jeunes et moins jeunes, les Indignés marseillais s’étaient donnés rendez-vous au Prado le 14 juillet dernier. Sur le terrain, quelques âmes seulement avaient fait le déplacement, une trentaine au total, originaires de Marseille mais aussi d’Aix, d’Avignon et de Nîmes. Installés du côté du Bateau Ivre, au menu de cet après-midi pour ces inconditionnels : pique nique, ateliers récréatifs, groupes de réflexion.

Mais le constat est sans appel : le navire tangue. Les plus cyniques diront que les Marseillais ont préféré aller à la plage, les plus moraux ou utopistes, c’est selon, diront que l’appel patriote du défilé du 14 juillet sur le Vieux-Port aura eu raison de leur engagement. L’intention de départ était pourtant on ne peut plus louable : apporter un soutien aux Indignados espagnols de la Puerta Del Sol, rassemblés dans le mouvement "Démocratie réelle". Dès le mois de mai à Marseille, une poignée de jeunes s’est ainsi mobilisée régulièrement devant la préfecture, sensibilisant les passants à la situation espagnole. Mais petit à petit le mouvement s’est essoufflé : d’un rassemblement quotidien au Cours Estienne d’Orves, les Indignés en sont désormais à une rencontre hebdomadaire sur le Plateau.

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Un mouvement par intermittence, la faute à qui ?

Si au niveau national, on invoque globalement une organisation insuffisante, une situation économique moins grave que dans le reste de l’Europe et une pression policière, à Marseille, les raisons de cette désaffection sont bien différentes. Marseille est assimilée à une ville pauvre, où les gens ont d’autres préoccupations et priorités, soulignent certains ; en cause aussi : un fort tissu associatif mobilisant déjà beaucoup de bonnes volontés. Pour d’autres enfin, à l’image de Baptiste, jeune indigné, la faute revient à un mouvement « sans dogme, sans clarté et sans règle ». Thomas, impliqué depuis la première heure, ajoute : « Les gens sont prêts à se mobiliser pour quelque chose de tangible, mais une mobilisation pour clamer son indignation épisodiquement, c’est pas évident.... A Marseille, on est de plus face à un public à l’écoute difficile ».

Mais alors, qu’est-ce qui anime encore ces irréductibles rassemblés en ce 14 juillet ? « Le 14 juillet, ce n’est pas juste un défilé, c’est aussi une fête citoyenne non marchandisable, où on promeut la démocratie. Ce qu’on réclame, c’est que les citoyens soient associés aux décisions qui les concernent et pas que les élus prennent les décisions à leur place. L’indignation est la base de la réflexion, répond Frédéric, puis on voit ensuite comment les citoyens peuvent se réapproprier le processus de décision ». Les Indignés réclameraient-ils alors la fin de la démocratie représentative, pencheraient-ils plutôt vers l’instauration de jurys populaires comme le souhaitait Ségolène Royal, ou encore prôneraient-ils la démocratie directe par le net, à l’instar des blogueurs tunisiens ? Rien de tout cela ! Les revendications sont floues, la ligne directrice difficile à suivre.

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Une journée « test » et l’heure du bilan

Frédéric explique que « le système a été dévoyé de ses aspirations initiales ». Pour celui-ci, « il faut une réappropriation de la volonté politique ». Baptiste, de son côté, résume : «  il faut instaurer une prise de décision par le citoyen », une des seules revendications qui semble faire l’unanimité sur toutes les lèvres. Plus concret, Thomas remet en cause, lui, le mode d’élection. Il souhaite notamment la prise en compte des votes blancs et l’entrée en vigueur du référendum d’initiative populaire.

Invité par les Indignés, difficile cependant de saisir la présence du collectif anti-nucléaire 13, bien loin de ces revendications électives. Christine Guérin, représentant ce collectif, tente une explication : « Nous sommes une des régions les plus nucléarisées du monde, avec les centrales de Tricastin, Marcoule et Cadarache, qu’on appelle le ’triangle de la mort’. Il y a une omerta en France sur le nucléaire, notre parole est détournée par les écologistes. Et ce mouvement des Indignés permet de redonner la parole à ceux qui ne sont pas bien écoutés. La lutte anti-nucléaire est indissociable d’un nouveau projet de société qui peut être construit par les Indignés ».

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Cette journée était davantage l’occasion pour les militants de se réunir afin de mieux se connaître et de prendre des contacts. « Cela permet de faire un recensement, de se mettre au courant, de se retrouver à côtoyer des gens qu’on n’a pas l’habitude de côtoyer et de construire une réflexion », explique Thomas. « On souhaiterait d’ailleurs que le mouvement devienne plus hétéroclite, avoir des points de vue culturels ou religieux plus différents », conclut ce dernier. Un vœu pour l’instant resté pieux, l’essentiel étant encore pour ce mouvement d’arriver à mieux s’organiser et à mobiliser massivement. Si le découragement n’a pas encore entaché leur motivation, ces inconditionnels restent cependant lucides sur la suite du mouvement. Mais qu’importe, l’essentiel demeure pour eux d’échanger, de philosopher et d’essayer de proposer un meilleur système de gouvernance et n’est-ce pas là après tout la forme la plus aboutie pour l’instant de démocratie réelle ? Réponse, le 15 octobre prochain, prochaine date de rassemblement des Indignés.

 



 

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    On ne dit pas Algériens de France ou en France car ils sont français.

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  • 3es rencontres nationales des luttes de l’immigration (1/4) Saïd Bouamama : « L’impérialisme existe encore »

    Faire des conférences c’est bien mais...
    S Bouamama, un sociologue engagé ? quand on tape son nom sur internet et qu’on voit le nombre de fois qu’il s’est "engagé" en étant.... payé, c’est impressionant. beaucoup de ses travaux sont des réponses à des commandes publiques
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    par Hakim le Janvier 2015 à 10h09
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    bjr il suffit de venir au parc kalliste voir dans quel l’etas sont les appartement de marseille ,ils les laisse se dégrader ,ils n’ont méme pas pris la peinne de fermer les volets de certain d’entre eux sachant qu’ils risque de tombé a tous moment surtou quand le vent souffle ,puis apres c’est facile de demander de classé le batiment en carence !!!!mdr !!!

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