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Michel Bonneli : "L’histoire est cruelle pour les faibles."

19 mars 2014

L’Union européenne a capitulé en rase campagne. La Crimée redevient russe. Le traité de 1994 qui moyennant l’abandon de son arsenal atomique garantissait au jeune état ses frontières est resté lettre morte. Nous sommes face à un déni de droit international. Soit, jouons à l’offusqué, l’envahissement du Vietnam du Sud par le Nord Vietnam était aussi contre le droit international, de même que le cas litigieux du Tibet, pourrait nous faire plancher des mois entiers sur les droits de la Chine sur cette contrée par rapport aux accord de ce pays avec la Grande-Bretagne avant la première guerre mondiale. Même l’Allemagne héritière du Saint Empire Romain Germanique pourrait nous demande des comptes pour notre annexion de Strasbourg. La liste est longue des violations, des spoliations en tout genre, je ne parlerai pas aux américains des traités passés avec les nations indiennes qui n’ont été jamais respecté et qui ont pourtant permis à cette grande nation de s’étendre de l’Atlantique au Pacifique. L’histoire est cruelle pour les faibles.


 

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Poutine qui se pense héritier de Staline et des tsars a joué la carte de la reconstruction de la Sainte Russie, il pense empire là où nous pensons droit. Cette Crimée prise aux tatares et aux turcs redevient russe ce qu’elle n’a jamais vraiment été. C’est le lot des provinces d’un empire. La Yakoutie n’a rien de russe, comme les marches Caucasiennes ou les confins sibériens conquis à coup d’expéditions cosaques. Même l’Ukraine de nos cartes actuelles n’est qu’une projection actuelle. C’est un morceau de terre qui fut polonaise et lithuanienne, qui fut volée aussi en partie à l’empire Austro-Hongrois qui l’avait dérobé d’un énième partage d’un des états de Pologne qui ont parsemé l’histoire millénaire de l’Europe centrale. L’Ukraine et surtout Kiev c’est l’antique coeur de la Russie orthodoxe héritière de Constantinople (une fille de l’empereur byzantin qui a succombé a l’invasion ottomane avait épousé une prince russe) et dernier rempart de l’Europe contre les attaques des mongols. Mais ici nous sommes aux confins de notre continent et tout s’entremêle, ce qui a été un temps, n’est plus aujourd’hui et ne sera peut-être demain. Le nationalisme et l’état nation n’ont pas touché la steppe. L’Ukraine qui a existé au vingtième siècle d’une façon éphémère n’a du sa liberté qu’à l’effondrement de sa jumelle la Russie : en 1918 lors de la révolution russe jusqu’en 1920 et ensuite en 1941 sous la botte allemande. Là ou les ukrainiens ont voulu tourné le dos au stalinisme et peut-être pas à la Russie. C’est la terreur stalinienne qui a réveillé un nationalisme ukrainien presque disparu et nous savons tous que l’Ukraine de 1918 c’est une création allemande qui après la défaite du Kaiser arrangeait les occidentaux qui souhaitaient un état tampon entre la Russie communiste et les peuples qui venaient de se libérer d’Europe centrale. L’Ukraine a toujours été voulue par l’Europe et niée par la Russie. L’Ukraine c’est la frontière, la marche de l’Empire russe face à l’Occident mais aussi la deuxième mère ou la soeur jumelle, peut importe notre métaphore parentale. Alors tant que le pouvoir pan-russe sera au Kremlin nous pouvons nous faire du souci, il est difficile de lutter contre le sens de l’histoire et Poutine le sait. Les baltes, les finlandais, les géorgiens et autres échappés de l’Union soviétique ont de nouveaux un grand frère pour les éteindre, un tsar pour les protéger. Surtout que les occidentaux ne pensent pas qu’avec un retrait de Poutine, son renversement ou une défaite aux élections, que les choses peuvent changer, il y aura toujours un petit père un brin incestueux qui voudra prendre soin d’enfants dont certains ne sont pas à lui...

 

 

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