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Mettre un visage sur des chiffres

5 décembre 2011

De passage à Paris, le photojournaliste Bertrand Gaudillère présentait il y a quelques jours, à la librairie du Monte En L’Air, son livre « Des chiffres, un visage », un ouvrage reflétant la politique actuelle de la France en matière d’immigration. Le photographe a suivi le parcours de Guilherme, un sans-papier angolais de 45 ans, arrivé en France il y a neuf ans et qui a échappé à quatre tentatives d’expulsion, grâce à l’appui de nombreux voisins, militants ou simples citoyens. Le photographe, membre fondateur du collectif Item implanté à Lyon, a ainsi décidé de raconter l’histoire de Guilherme et de mettre en image cette mobilisation citoyenne à travers un reportage photographique. Rencontre avec un photographe militant.


 

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Med’In Marseille : Quelle est la signification de ce titre ?

Bertrand Gaudillère : J’ai choisi ce titre pour rebondir sur le premier volet de mon projet consacré aux sans-papiers, un travail entamé il y a quelques années et qui s’appelait « les chiffres ont un visage ». Ce slogan correspondait à une campagne de sensibilisation sur les sans-papiers orchestrée par Réseau Éducation Sans Frontières (RESF). Il signifiait en substance qu’il ne faut pas oublier que derrière les chiffres, se cachent des visages. Quand j’ai commencé à travailler sur cette question, ma préoccupation tournait autour du fait qu’aujourd’hui, quand on parle d’immigration, c’est uniquement en termes de chiffres, de pourcentages, en oubliant que derrière ces statistiques, il y a des gens avec des parcours de vie, avec de vraies motivations pour immigrer. Or, réduire l’immigration uniquement à des chiffres c’est déshumaniser : on parle en termes de dossiers et non en termes de personnes. L’immigration et la question des sans-papiers, c’est d’abord une vraie question humaine, un enjeu de société devenu malheureusement aujourd’hui un enjeu électoral.

Ce deuxième volet de mon travail, c’est ainsi un clin d’œil à ce premier slogan de RESF. Ce qui m’intéressait dans l’histoire de Guilherme, c’est qu’elle me permettait d’avoir deux portes d’entrée pour raconter la réalité des politiques migratoires aujourd’hui. Elle me donnait la possibilité de suivre le parcours juridique et administratif d’une personne sans-papier : à partir du moment où il était sous le coup d’une « Obligation à quitter le territoire français », Guulherme allait suivre le parcours classique d’un sans-papiers en France : Tribunal Administratif, Cour d’Appel, Tribunal d’Instance, centre de rétention, tentative d’expulsion, en somme, le cheminement traditionnel d’un sans-papier qui met tout en œuvre pour demeurer sur le territoire français.

La deuxième porte d’entrée s’est construite autour du constat suivant : le collectif de soutien de Guilherme, à un moment donné, s’est emparé de la question de l’immigration et l’a repolitisée en s’inscrivant ouvertement dans la désobéissance civile. Cela signifie qu’ils avaient beau savoir que la politique migratoire en France fonctionnait de telle manière, quand ils y ont été confrontés directement , ils ont refusé de l’accepter et se sont mobilisés ensemble. J’avais aussi envie de parler de cette prise de conscience citoyenne. Il y avait donc ces deux portes d’entrée : à la fois le parcours administratif et juridique et la question de ce combat citoyen, résultat d’une véritable indignation.

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Med’In Marseille : Comment avez-vous rencontré Guilherme ?

Bertrand Gaudillère : Quand on travaille à l’étranger, on travaille avec des fixeurs, des personnes qui permettent d’assurer la traduction, qui nous emmènent dans différents endroits et nous mettent en relation avec des interlocuteurs. Ces fixeurs ont une bonne connaissance du terrain sur lequel on veut travailler. Quand on est en France, on se débrouille tout seul, mais lorsque j’ai travaillé sur le premier volet de ce thème, j’ai eu la chance de faire une belle rencontre avec une personne militante du réseau RESF. Elle m’a permis d’avoir accès à des tas de gens, d’informations, je lui ai dit que je voulais travailler de telle manière, montrer tel aspect et un jour, alors que le réseau travaillait sur la question de l’hébergement, les militants m’ont appelé, en me disant que dans une école, commençait à se dessiner l’histoire d’un Angolais qui avait l’air d’être difficile d’un point de vue juridique, mais qui pouvait être très intéressante d’un point de vue humain car le collectif de soutien, qui était en train de se mettre en place, était vraiment prêt à se mobiliser jusqu’au bout, à tel point qu’ils ont décidé d’occuper l’école. Du coup, j’ai été faire des photos de cette occupation et ça m’a permis de montrer qu’il y a des gens qui vont jusque là pour se faire entendre.

Med’In Marseille : Qu’avez -vous découvert et appris en suivant ce collectif ?

Bertrand Gaudillère : Je connaissais déjà bien ces questions. De par mon métier de journaliste je m’intéresse, notamment, aux enjeux sociaux et politiques et l’immigration en fait partie. Je n’ai pas appris beaucoup de choses si ce n’est que le gouvernement est vraiment capable de mensonges éhontés et qu’à des fins politiques, il peut être capable de dépasser la question humaine. Même si je le savais déjà, là, j’y ai été confronté directement.

Med’In Marseille : Dans votre livre, vos photos sont présentées en noir et blanc, pourquoi avoir choisi ces couleurs ?

Bertrand Gaudillère : J’ai choisi le noir et blanc pour mettre toutes les images au même niveau.

Lorsque l’on travaille en couleurs sur des reportages sur le long terme, il est certain qu’on va être confronté à des conditions de lumière qui vont être différentes à un moment donné et formellement, des images vont ressortir plus que d’autres. Tous les éléments vont être réunis pour faire une belle image couleurs, ce qui fait que cette image va peut être davantage attirer votre regard et que vous allez plus retenir cette photo là, alors que dans la narration, elle n’ aura pas plus d’importance. Avec le noir et blanc, toutes les images sont égales et ça permet de se concentrer sur le fil narratif.

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Med’In Marseille : Est-ce un livre qu’on peut qualifier de politique ?

Bertrand Gaudillère : J’avais surtout envie de rendre compte de ce mouvement impulsé par le collectif, de dire à un moment donné : regardez, il y a des gens qui peuvent faire quelque chose ensemble et aller jusqu’au bout. Ça peut être intéressant de réfléchir à nouveau au sens du collectif et pas uniquement dans le cadre d’un soutien à des personnes sans-papiers.

Ce sujet est forcément politique et mon travail est forcément dirigé par rapport à des questionnements personnels. Ces questions de société, cette stigmatisation d’une partie de la population sont de vrais problèmes. Plus largement, ce que j’ai envie d’interroger aujourd’hui, c’est le fait qu’on peut être mis de plus en plus facilement en marge de la société. La norme devient de plus en plus étroite car on standardise les choses et par conséquent, ça devient très facile de rendre responsable une partie de la population de biens des maux. A la base, il s’agissait aussi de revenir sur les chiffres de l’immigration que les politiques brandissent sans cesse comme une menace : on estime que le solde migratoire en France se situe autour de 75 000 migrants par an, un chiffre démonté par les chercheurs du CNRS qui rappellent que ne sont pas pris en compte les jeunes diplômes français qui partent trois ou cinq ans à l’étranger, pour eux, ce chiffre est bien plus bas. Ce chiffre officiel en tous cas, ne change pas depuis dix ans, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire.

Et ce qu’on constate dans le discours mediatico-politique ambiant, c’est qu’on s’empare de cette question de l’immigration et des sans papiers pour en faire un argumentaire politique, or si on s’en tient aux chiffres, le solde migratoire ne change pas, donc on se rend compte que c’est une mise en scène qui mène à la stigmatisation de toute une population. Je crois qu’à un moment donné, il faut tout simplement faire son travail de journaliste et rassembler des informations, ce que je donne à voir, dans un seul et même support. C’est plus facile d’ailleurs de suivre une seule et même personne, ça permet d’avoir une visibilité claire, linaire et chronologique et j’ai l’impression que mon travail, c’est aussi ça : trouver des manières de faire passer l’information pour qu’elle soit suffisamment claire et qu’on puisse y avoir accès. Et j’ai l’impression qu’en tant que citoyen, il est difficile d’avoir une information suffisante et suffisamment claire pour pouvoir se positionner autour de l’immigration. Et en lisant ce livre, à la fin, les gens en penseront ce qu’ils veulent, mais au moins, ils pourront se faire une idée de cette réalité. Aujourd’hui, Guilherme en est au même point que dans la dernière photo du livre : il n’est ni régularisé, ni expulsé, il est toujours sur le territoire français, ce qui pour lui, est déjà une victoire, car ça signifie qu’il peut vivre sa vie de famille, il a en effet deux enfants nés en France.

Med’In Marseille : Vous avez été sélectionné pour participer cet été au festival Visa pour l’image qui se déroule chaque année, à Perpignan. Vous avez pu présenter votre travail à travers une exposition. Cela représente une belle médiatisation pour vous et pour ce sujet, qu’est ce que ça signifie pour vous ?

Bertrand Gaudillère : C’est toujours important d’avoir des relais pour faire passer des informations, on existe car des gens nous soutiennent. Le festival était une belle vitrine pour lancer le livre et c’est important que les éditeurs comprennent aussi les problématiques qu’on aborde. Après l’enjeu est de savoir quand est-ce qu’on médiatise et jusqu’où, ça devient un combat stratégique car il y a, derrière des enjeux électoraux. Quelque part, avec ce cas emblématique de Guilherme, il y a une personnnification de l’information et c’est aussi quelque chose contre laquelle je lutte car aujourd’hui, on ne demande pas un programme à un politique, mais on demande à quelqu’un d’incarner une image, c’est quelque chose que je critique et par ailleurs que je reproduits quelque part.

Je me pose constamment la question de la pertinence de la médiatisation. Et en même temps, à un moment donné, je me rends compte que ça peut être nécessaire aussi, que les gens qui verront ce visage auront peut être un déclic, ça peut être une porte d’entrée pour qu’ils prennent conscience d’une situation et un premier pas pour qu’après, on puisse leur parler de plusieurs visages différents. Il ne faut pas pour autant traiter l’information uniquement de cette manière car à un moment donné une personne devient emblématique, une icône et ça peut devenir assez réducteur. C’est toute la question de savoir si c’est pertinent d’aborder cette problématique par le biais d’une histoire en particulier ou pas.

C’était en tous cas important pour moi de montrer comment les prises de conscience s’opèrent, à tel point que des personnes décident de s’inscrire, à un moment donné, dans une démarche de désobéissance civile. C’est quand même la première fois qu’on est obligé d’en arriver là depuis 50 ans, c’est une forme de résistance face à ces discours sur l’immigration, l’insécurité et la peur de l’autre. Je crois que ce sont des gens qui, au delà des familles qu’ils soutiennent, travaillent sur une vision de la société, que je trouve plus intéressante que la vision proposée par les gouvernements successifs de ces 20 dernières années. Ils défendent une idée de la société dans laquelle beaucoup de gens se retrouvent car elle est perçue comme juste et du coté de l’humain, sans être misérabiliste.

« Des Chiffres, un visage » de Bertrand Gaudillère a été publié en juillet dernier aux éditions Lyon, Libel.

 

 

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