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Med Peace Days ?

8 juillet 2008 - Dernier ajout 9 juillet 2008

Marseille, capitale économique de la paix dans le monde

L’Union pour la Méditerranée, côté échanges commerciaux, personne n’y trouve rien à redire, ou presque. Mais quid d’une Union des peuples, se sont notamment interrogés les acteurs économiques du sud de l’houleuse frontière ? Chacun louant la valeur d’exemple de « Marseille la cosmopolite », un vrai pas semble avoir été franchi en direction de la paix Med’in monnaie, avec la tenue d’un « rendez-vous moyen oriental », où se sont côtoyés entrepreneurs Egyptiens, Libanais, Libyens, Syriens, Iraniens, Palestiniens et Israëliens ! « L’économie, moteur de la Méditerranée »… Mais l’économie, vecteur de paix ? Make business, not war… (En vidéo).


 

La grande différence entre le projet d’Union pour la Méditerranée et le processus de Barcelone réside, selon ses partisans, dans une horizontalité plus équitable des relations nord-sud, devenues pourquoi pas « sud-nord ». Le nord ne serait plus seul à dispenser ses savoirs et techniques, et le « processus » (mot que n’apprécie que peu le commissaire européen Peter Mandelson, auquel il préfère l’expression « Agenda de Marseille » lancée par Laurence Parisot) en cours assurerait aux pays du sud de retirer au moins autant d’avantages de cette Union que leurs voisins européens.
La semaine passée, durant les Med Business Days – sous-titrés pour l’occasion « L’entreprise, moteur de la Méditerranée » – les échanges commerciaux étaient à l’honneur. Deux jours pour accoucher d’une déclaration commune, qui servira de document de travail lors de la réunion du 13 juillet à Paris. Mais c’est légitimement que le sujet de l’entente des peuples, comme préalable ou comme corollaire, s’est invité dans les débats. La question, essentiellement portée par des représentants du Maghreb ou du Proche et Moyen-Orient, a fait l’unanimité, enthousiasmant jusqu’à la boss du Medef, pour qui en substance échanges commerciaux et situation de paix sont intimement imbriqués, et qu’il ne peut y avoir l’un sans l’autre.

Et où mieux qu’à Marseille – cette ville citée en exemple à de nombreuses reprises, pour son « vivre ensemble », son « cosmopolitisme », son « métissage » (mais qui à l’usage se révèle être un gâteau aux parts parfois inégales, dont les quartiers sont dégustés à la cuiller tantôt en argent, tantôt en mauvais plastique) – pouvait-on réussir « l’exploit » de réunir présidents de patronats et chefs d’entreprises de pays officiellement en conflit, mais prêts à commercer ensemble malgré tout ? C’est ainsi que dans l’après-midi de jeudi, un rendez-vous un peu spécial était organisé : « Les entreprises du Proche et Moyen-Orient reçoivent (Libye, Egypte, Territoires Palestiniens, Liban, Syrie, Iran, Israël) ».
Alors l’économie, les liens de l’entreprenariat peuvent-ils agir comme levier pour asseoir les dirigeants Israéliens et Palestiniens à une même table ? Pour enterrer soixante ans de conflits meurtriers, afin d’avoir une vue commune/à côté, compatible avec les revendications de chacun, au bénéfice de tous ? Les échanges commerciaux changeront-ils la donne – tendue – entre l’Iran et le monde occidental ? Au mieux, on y croît vraiment, au pire on l’espère.

Discours et réactions des présidents des patronats palestinien et israélien, de la représentante du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi israélien et de Laurence Parisot.

 

 

 

 

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