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Mariages autour de la Méditerranée

20 novembre 2008 - Dernier ajout 19 novembre 2008

Le pourtour méditerranéen est un carrefour de civilisations. Aujourd’hui, dans cet espace multiculturel, tradition et religion influencent le mariage. Si la religion y occupe une place prépondérante, la culture de chaque pays y est aussi pour beaucoup.


 

Dans la plupart des sociétés, le mariage est l’alliance d’un homme et d’une femme, dans le but de former une famille. Cependant, cette cérémonie existe sous de multiples formes sur la surface du globe, et dans un espace aussi multiculturel que le pourtour méditerranéen, cela ne fait pas exception.
La méditerranée est un carrefour de civilisations où se croisent de multiples religions. Mais qu’il s’agisse de catholiques, d’orthodoxes, de juifs, ou de musulmans, le mariage semble constituer un caractère universel pour l’être humain.
Cette cérémonie puise certains de ces fondements jusque dans l’antiquité romaine. En effet, Rome a légué à l’Occident trois conditions qui resteront indispensables à la validité du mariage tout au long de son histoire :

- Les époux doivent être pubères.

- Le mariage n’est pas incestueux, il est interdit entre parents proches.

- Le mariage est monogame.

L’histoire faisant, la christianisation de l’empire romain puis les invasions « barbares » vont modifier la plupart des pratiques en vigueur à l’époque de l’antiquité.

Aujourd’hui la religion influe beaucoup sur les traditions lors de la cérémonie de mariage :

Chez les catholiques

Le mariage y est considéré comme un sacrement. Même si aujourd’hui dans beaucoup de pays comme la France, le mariage civil est le seul reconnu par la loi, il existe un certains nombres de pays méditerranéens (Italie, Espagne, Portugal, etc) dans lesquels la cérémonie religieuse a une valeur juridique, au même titre qu’un mariage civil. Par exemple, dans la péninsule ibérique, les papiers civils sont signés à la fin de la cérémonie religieuse et c’est l’Eglise qui se charge de les envoyer aux autorités concernées.
Dans les pays catholiques, c’est le prêtre qui organise la préparation. Durant la messe a lieu l’échange des consentements et la bénédiction des alliances. Après la cérémonie, les époux signent le registre de mariage et reçoivent un livret de famille chrétien. A la sortie de l’église, il existe différentes coutumes :

- Les invités lancent parfois du riz sur les jeunes mariés, le riz symbolisant une nouvelle vie qui commence. Certains préféreront parfois joncher de pétales de roses le parvis de l’église, symbole de fécondité.

- Parfois, la mariée jette son bouquet en arrière, et la jeune fille qui attrape le bouquet sera selon la tradition la prochaine à se marier. Cette coutume n’existait pas au siècle dernier, elle s’est ancrée dans les habitudes grâce à l’influence française.

 

Par ailleurs, dans certains pays, le mariage peut engendrer des dépenses particulièrement importante ; c’est le cas au Portugal où la dépense moyenne en 2002 était d’environ 8200 euros.

Chez les orthodoxes

Les orthodoxes considèrent aussi le mariage comme un sacrement. Il nécessite de contacter le prêtre et de participer à quelques réunions. La célébration commence par les fiançailles au fond de l’église et se poursuit par le mariage devant l’autel. Le prêtre célèbre la messe « chantée », la musique instrumentale étant interdite. Le couronnement des époux pendant lequel les alliances sont bénies, est fait en souvenir des martyrs et des témoins du Christ ; la couronne symbolisant leur récompense future au paradis.
Par ailleurs, de vieilles traditions perdurent. Dans certaines régions de Grèce, la jeune mariée reçoit une dot de la part de sa mère, de sa tante, et de sa grand-mère, alors que père offre au couple une maison entièrement équipée. Le jour du mariage, la mariée est habillée par des femmes de son entourage, puis est cachée afin de ne pas être vue par son fiancé.

Chez les juifs

Le mariage y est considéré comme un devoir par la Tora (première partie de la Bible). Avant de se marier, il est nécessaire de contacter le rabbin trois mois avant la cérémonie. La fiancée doit assister à des réunions avec la femme du rabbin et sera purifiée avant le mariage par le Mikvé (bain rituel de purification au cours duquel la fiancée reçoit une attestation indispensable à la célébration du mariage). Pendant la cérémonie, le rabbin récite les deux bénédictions de Eroussin devant une coupe de vin que les futurs mariés doivent boire, ensuite, le rabbin lit le contrat de mariage puis le chant des Sept bénédictions devant une autre coupe de vin. A la fin de la cérémonie, un verre est alors cassé afin de rappeler la destruction du temple de Jérusalem et la fragilité du bonheur humain.

Chez les musulmans

Dans l’islam, le mariage n’est pas un sacrement mais un contrat verbal ou écrit. Le mariage est basé sur l’amour donné par Dieu à l’homme et à la femme afin qu’il forment un coupe inséparable. L’imam doit être rencontré un mois avant la cérémonie qui peut avoir lieu à la mosquée ou au domicile de la mariée. Les fiançailles précédant le mariage peuvent durer entre 3 et 7 jours. Les femmes se passent les mains et les pieds au henné. En Tunisie, la tradition consiste à faire le henné durant trois nuits consécutives et lors du mariage, la robe de la mariée doit être blanche, symbolisant la pureté et la virginité. Le voile qui l’accompagne à généralement la même signification bien que la tradition soit plus ancienne. Le bouquet de fleurs de la mariée est un cadeau généralement offert à la future épouse par son fiancé (symbole de fécondité). A noter que dans l’islam, le mari doit être obligatoirement musulman mais la femme peut être issue d’une autre religion. Enfin, le mariage est scellé par le versement d’une dot sans laquelle il n’aurait pas lieu.

Au cours du temps, toutes ces traditions ont beaucoup évolué. Si le pourtour méditerranéen est influencé aujourd’hui essentiellement par quatre grandes religions, les nombreuses traditions découlant des vieilles civilisations ancestrales sont encore présentes. Chaque pays à sa propre culture, et c’est le mélange, au cours des siècles, de chacune d’entre elles qui est à l’origine de cette multiplicité des traditions autour de la méditerranée.

 

Pourquoi porte t’on l’alliance à la main gauche

La tradition veut que l’on porte l’alliance à l’annulaire de la main gauche. Cette tradition vient d’une croyance égyptienne transmise par les romains selon laquelle une veine relirait l’annulaire de la main gauche au cœur ( la « Vena Amoris » ). Selon les époques et les pays, on portera l’anneau de mariage à la main droite, à la main gauche, à l’annulaire et même au pouce. Dans la cérémonie du mariage juif, on place l’anneau à la main droite ; c’est aussi le cas dans les pays nordiques et en Russie où l’on continue encore aujourd’hui à porter son alliance à la main droite.
T.D.

 

Le voyage de noces : ses destinations à travers l’histoire…

Le voyage de noces est le premier moment d’intimité et de plaisir pour les jeunes mariés. Selon les traditions familiales et les ressources de chacun, le voyage de noces était un voyage à la campagne, un séjour dans une maison de famille ou à l’étranger. Au début du siècle, c’est l’Italie et ses lacs, ou l’Orient –Express avec ses luxueuses cabines qui étaient à la mode. Puis ce furent les premiers voyages transatlantiques vers l’Amérique. Aujourd’hui, avec la grande diversité de destinations, ce sont les rivages exotiques qui remportent la faveur des jeunes mariés.
T.D.

 

Une tradition franco-française : le pot de chambre

Cette tradition viendrait tout droit de la région aveyronnaise et aurait été reprise par de nombreuses autres régions depuis. Le jour du mariage, les mariés se promenaient sur une charrette tirée par un âne, en tenant le pot de chambre, annonçant ainsi la "cérémonie" aux villageois ( "La Danse de l’âne" ). Le lendemain matin, les jeunes se mettaient à la recherche des mariés, qui s’étaient éclipsés, pour leur apporter le pot de chambre : Il s’agit de la Course aux Mariés. Les recettes du pot de chambre varient en fonction des goûts et des régions. On y retrouve souvent des bananes, du chocolat, divers alcools, des épices, du pain…, parfois accompagné de papier toilette. Il servait à redonner vigueur aux mariés après leur nuit de noces.
T.D.

 

Le Saviez vous ?

-  L’expression " lune de miel " désigne le premier mois du mariage. Cette expression vient du proverbe arabe : "la première lune après le mariage est de miel, celles qui la suivent sont d’absinthe".

-  La jarretière, symbole de pouvoirs chamanistiques, pourrait remonter à l’époque paléolithique. Dans certaines peintures rupestres, on voit des danseuses qui portent des jarretières.

Citations

-  Le mariage est comme une forteresse assiégée : ceux qui sont dehors veulent y rentrer, ceux qui sont dedans veulent en sortir. (Ecrivain Chinois)

-  La femme pleure avant le mariage, l’homme pleure après.

Anecdotes par pays ou régions

Sicile : Deux jours avant le mariage, les mères des futurs mariés viennent faire leur lit et glissent quelques pièces de monnaies sous les taies d’oreillers en signe de chance et de prospérité.
Italie : Afin d’éloigner les mauvais esprits, le marié doit glisser une pièce en argent dans la poche de son costume.
Grèce : La mariée porte du lierre le jour de son mariage. Il symbolise l’attachement et l’amour éternel
France (Provence) : Deux frères ou deux sœurs ne se marient pas le même jour.
Maroc : Le henné évoque la séduction et la magie. Le jour du mariage, on applique du henné sur les cheveux de la mariée, puis on les tresse et on les insère dans un anneau d’argent, emblème de la pureté.
Grèce : Les invités au mariage jettent et cassent des assiettes sur la piste de danse, ce qui symbolise la joie et la constance dans le mariage.
Turquie : Comme le veut la tradition turque, les mariés se retrouvent uniquement pour le dernier jour du mariage et les femmes sont reléguées au second plan. Le rituel du henné est exercé sur la paume de la main du marié.
Syrie : Lors d’un mariage traditionnel syrien, les hommes et les femmes fêtent l’évènement chacun de leur côté.

 

 

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