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Malgré un bout de vie commune, Marseille boude la Turquie

26 juin 2008 - Dernier ajout 20 octobre 2008

Dossier relations franco-turques

Pour poursuivre notre tour des liens qu’entretiennent la France, et notre ville, avec le pays des Phocéens et d’Atatürk, dans la famille Salvetat nous avons pioché le fils, Stéphane. Le secrétaire général de la Chambre de commerce franco-turque, installée à Marseille, a répondu à nos questions.


 

Venant, au téléphone, de confondre Stéphane Salvetat avec son père, Jean-Pierre (président de l’Association méditerranéenne franco-turque). Moi : « Alors vous, vous êtes le président de la Chambre de commerce franco-turque, c’est ça ? ». Lui : « Non ! J’ai préféré en prendre le secrétariat général. La présidence, ça aurait fait un peu mafia ! », rigole-t-il d’emblée.
L’interview se déroule dans les tous nouveaux locaux de son entreprise – deuxième mondiale sur le marché du transit et de la logistique – où il a en charge l’ensemble de la région allant de l’Egypte à la Turquie. Les déménageurs déballent encore les cartons, mais les salariés sont déjà à pied d’œuvre.
L’entrevue qui commence sera pleine de surprises, d’apprentissages quant aux rapports que la Turquie, la France et surtout Marseille, ont depuis des temps antédiluviens maintenus. Nous savons tous peu ou prou que Massalia a été fondée par les Phocéens (même si bien des traces subsistent d’une occupation antérieure), venus de Phocée, ville grecque à l’époque et aujourd’hui en Turquie. Ce que l’on sait moins, c’est que la Turquie est « l’usine de l’Europe, lorsque la Chine est l’usine du monde », que les liens commerciaux et culturels que partagent les deux ex-empires furent particulièrement forts. Furent, parce que désormais ils se distendent…

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Stéphane Salvetat, le secrétaire général de la Chambre de commerce franco-turque sise à Marseille, regrette que les relations entre les deux pays s’émoussent.

Première entrée en matière, Stéphane Salvetat nous explique en quoi consiste cette Chambre de commerce franco-turque, à travers son histoire et sa vocation. Il en est membre depuis douze ans et en est le secrétaire général depuis quatre.

 

L’économie a depuis toujours rassemblé Français et Turcs. Echanges commerciaux longtemps « privilégiés » ; « deuxième destination » des marchandises quittant le port de Marseille… Et la Turquie, grande exportatrice de téléviseurs, de machines à laver, mais aussi en passe d’être en pointe concernant la technologie aéronautique…

 

La culture française, surtout celle des Lumières, est prégnante dans ce pays eurasien, où nombreux sont les « francophones et francophiles ». Cinq mille mots français en jalonnent la langue et onze écoles et universités tricolores y subsistent, « quand l’Allemagne ou les Etats-Unis n’en ont qu’une » !

 

C’est vrai, il y a la question non résolue de la reconnaissance du génocide arménien par le pouvoir turc. Et tout récemment encore, de nouveaux accrochages ont opposé armée turque et populations kurdes, dont l’un des principaux partis, l’indépendantiste PKK, est accusé de terrorisme par Ankara. Ces troubles semblent troubler « depuis une dizaine d’années » les relations entre la France, et en première instance Marseille, et son voisin européen (européen, du moins en ce qui concerne le football…). Stéphane Salvetat n’explique ce « revirement » politique – qui conditionne forcément les orientations économiques prises – que par des fins strictement « électoralistes ». Dommage, car la Turquie est un pays « d’avenir ».

 

Chambre de Commerce franco-turque : http://www.cci-france-turquie.com/.

 

 

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