Articles

Accueil > Actualités > Maison régionale de la Santé : projet de réduction des inégalités face aux (...)

 

Maison régionale de la Santé : projet de réduction des inégalités face aux soins

6 octobre 2010

Le Conseil Régional lance son projet de santé publique de proximité, axé sur la lutte contre les inégalités d’accès aux soins. Ces disparités peuvent être sociales ou territoriales. Les futures Maisons régionales de la Santé pourraient réunir en de mêmes lieux des professionnels médicaux et paramédicaux vers un objectif commun de santé publique. La collectivité locale escompte démarrer des expérimentations courant 2011.


 

JPEG - 52.2 ko
Mme Hautant et M. Polski présentent les futures Maisons régionales de la Santé.

Anne-Marie Hautant, vice-présidente de la Région déléguée à la santé et à l’alimentation, et Ladislas Polski, conseiller régional délégué aux Maisons régionales de la Santé ont dessiné, hier, les contours de ces nouvelles structures. Les 5 et 6 octobre se déroulent des auditions d’experts nationaux et régionaux afin de jeter les bases de ce programme sanitaire. Ces spécialistes de disciplines différentes partageront leurs expériences dans des domaines très larges, proposeront des diagnostics de territoires.

Un jury des auditions les 5 et 6 octobre

Cette réflexion vise à identifier en particulier les déserts médicaux, les différentes études sur les besoins des publics, sur la formation et l’émergence de nouveaux métiers. La procédure permettra au jury, coprésidé par Mme Hautant et M. Polski de fournir des axes de travail, et en corollaire de rédiger plus finement un cahier des charges. Puis, une charte sera rapidement élaborée pour ce projet.

Le jury des auditions (12 personnes) est de composition plurielle. Il est constitué notamment de trois élus régionaux, du Pr Jean-Robert Harle (CHU de Marseille), d’un journaliste de presse médicale, Jean-Pol Durand, le Dr Marc-André Guerville, président de la commission des Généralistes de l’URML (Union Régionale des Médecins Libéraux).

Constat critique

La décision de la Région résulte d’un contexte de crise de la démographie médicale et de disparité dans la répartition géographique de l’offre de soins. Selon Ladislas Polski, le projet est au cœur de la défense du modèle républicain, « le système de santé illustre les besoins criants, il est la blessure la plus importante » analyse l’élu. Il dresse un constat alarmant avec l’aggravation ces dernières années –par des mesures- des inégalités d’accès aux soins géographiques et sociales. Il dénonce notamment l’abus de franchises médicales, accentuant la problématique.

Par ailleurs, le dispositif de soins de premier recours, selon M. Polski, ne satisfait plus les attentes des professionnels, les besoins de santé de la population. Le système a quelque difficulté à répondre aux évolutions démographiques, épidémiologiques.

Face à ces inégalités, un champ de propositions émerge, « on voit un foisonnement d’initiatives (naître) telles les Maisons régionales de la Santé », observe-t-il. Il fait d’ailleurs remarquer que dans le cadre de la loi Bachelot HPST (Hôpital, patients, santé et territoires), des Maisons de santé pluridisciplinaires sont programmées.

Lutte contre les déserts médicaux

Le projet régional se propose de garantir l’amélioration de la médecine de premier recours et les conditions d’exercice des professionnels. Le dossier présente un volet particulier sur la prévention, relative à des actions médico-sociales et psychologiques. La Maison régionale de la Santé s’articule autour de trois aspects fondamentaux. Le premier est de lutter contre les déserts médicaux –quartiers urbains défavorisés et communes rurales. De fait, le regroupement pluridisciplinaire (généralistes, spécialistes, professions paramédicales) sur un même site devrait apporter une solution aux enjeux médicaux. Ces structures de demain permettront une meilleure coordination des soins, de la prévention, jusqu’au traitement et au suivi du patient.

Second objectif, la Maison régionale de la Santé peut se définir comme un terrain de stage. Elle pourrait devenir un lieu de formation professionnelle des futurs personnels de santé, y compris les médecins. Notons que la Région, depuis 2004 est chargée de la programmation et du financement des formations du sanitaire et du social. Enfin, dernier axe, le projet serait un laboratoire d’expérimentation de nouveaux modes de rémunération forfaitaires. Cette initiative résoudrait la problématique des dépassements d’honoraires, motivant davantage l’inégalité de l’accès aux soins.

Une démarche novatrice

« Jamais la Région ne s’est occupée de l’offre de soins directement » assure Ladislas Polski. « Nous sommes privés de cette clause de compétence générale (Santé). Nous tirons notre légitimité de la compétence de l’Aménagement du territoire » argumente le conseiller régional. Certes, depuis 1998, la collectivité locale a mis en œuvre une politique volontariste dans le domaine de la santé. Son action cependant se limite principalement à l’information, à la prévention des conduites à risques, à l’éducation pour la santé et à l’environnement, et à l’aide aux personnes les plus vulnérables.

Pas de doublon avec le CLS

Parmi le jury des auditions, on ne retrouve pas l’ARS (Agence régionale de Santé) –nouvelle organisation territoriale mise en place dans le cadre de la loi HPST. Pourtant, son rôle est primordial, elle est la coordinatrice incontournable du réseau sanitaire territorial. Cependant, selon le vice-président du jury, la Région est entrée en relation avec M. Deroubaix, directeur de l’ARS dès le début de sa démarche. Nathalie Massiot, de l’ARS est toutefois parmi les experts auditionnés.

Même constat parmi les personnes auditionnées. L’Hôpital Edouard Toulouse –établissement public départemental- possède un maillage du territoire très dense. Il est un acteur important du secteur psychiatrique, mais « on ne peut pas recevoir tout le monde aux auditions » reconnaît l’élu régional. La concertation mériterait peut-être d’être élargie.

On peut aussi s’interroger lorsqu’on sait que la Ville de Marseille a signé en juin dernier le CLS (Contrat Local de santé) avec l’Etat et l’ARS. M. Polski assure qu’ « il n’y aura pas de doublon avec le CLS. Si nous devons mener des initiatives communes avec la Ville, nous le ferons. Nous voulons simplement répondre aux besoins, compléter les actions et avoir une répartition harmonieuse des actions Santé sur le territoire ». En outre, la Région souhaite un partenariat avec l’ARS, qui a l’ambition de mettre en œuvre un PRS (projet régional de santé).

Des paramètres encore inconnus

Deux questions restent posées. Bâti ou non bâti ? Le concept sera à géométrie variable selon M. Polski. Par exemple, dans les Alpes-Maritimes, un bâtiment communal a connu une nouvelle affectation, il est aujourd’hui une structure médicale pluridisciplinaire. La Région compte encourager ce type de démarche tout en étoffant l’offre de soins proposée. Des lieux existants pourraient ainsi être labellisés « Maison régionale de la Santé ». Néanmoins, la Région ne s’interdit pas d’investir dans du bâti.

Les moyens financiers restent à affiner. Car le budget alloué reste modique. Les deux élus, pilotes du projet espèrent mobiliser les énergies des autres délégations régionales notamment celle de l’Aménagement des Territoires. Autre source de financement serait les fonds européens. La Région bénéficie d’aides européennes, pas toujours utilisées. « C’est une piste très encourageante pour financer le projet » souligne M. Polski.

La Maison régionale de la Santé attend le diagnostic territorial avant de franchir l’étape suivante. Le cahier des charges pourrait être élaboré en fin d’année, au plus tard premier semestre 2011. La phase suivante serait les premières expériences de terrain courant 2011. Les deux vice-présidents du jury espèrent même des expérimentations au premier semestre de l’année prochaine.

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • 17 octobre

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • 16 octobre

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • 9 octobre

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • 6 octobre

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit d eretrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • 4 octobre

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • 4 octobre

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • 25 septembre

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

  • 25 septembre

     

    Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches".

    Réforme fiscale : "Les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les plus pauvres" note Oxfam Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches". L’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam publie lundi 25 septembre, un rapport critique sur le projet de loi de finances 2018, intitulé Réforme fiscale : les pauvres en paient l’impôt cassé. Selon le rapport, les ménages les 10 % plus riches bénéficieront "d’une hausse de revenus au moins 18 fois plus importante que les 10 % les plus pauvres", alors que les 10% les plus riches possèdent déjà "56% des richesses (...)

     

  • 20 septembre

     

    CONTRE LA SUPPRESSION BRUTALE DES CONTRATS AIDES, RASSEMBLEMENT unitaire DEVANT LA PREFECTURE LE MERCREDI 20 SEPTEMBRE A 13H.

    Depuis la rentrée, l’annonce par le gouvernement de la fin programmée de tous les emplois aidés a réactivé la colère dans l’éducation, premier employeur de ces contrats. Les associations de parents d’élève se sont jointes à l’intersyndicale 1er degré en cette rentrée car elles sont bien conscientes des difficultés tant sur le plan humain que dans la dégradation de l’accueil des familles dans les écoles où les AADE sont devenues indispensables au bon fonctionnement. Le second degré de l’éducation, touché aussi par ces suppressions se joindra aussi à notre action le mercredi 20 septembre à 13h devant la Préfecture, à Marseille et l’action s’élargit en interprofessionnel. L’intersyndicale a demandé à être (...)

     

  • 14 septembre

     

    Emmaüs Pointe Rouge lance une collecte de dons pour les migarnts

    La Collecte de dons alimentaires pour les migrants de la Vallée de La Roya, est ouverte. départ du camion lundi 16 octobre. Le camion d’Emmaüs partira le lundi 16 octobre. Voir sur le site emmaus-pointerouge.com

     

Articles récents

Articles au hasard