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Lundi, le conseil municipal se muera (peut-être) en un forum sur la situation des Rroms

14 octobre 2011 - Dernier ajout 15 octobre 2011

La perspective d’une table ronde devant permettre à l’ensemble des institutions locales de se pencher sur des solutions concernant l’accueil de Rroms Roumains à Marseille et en région semble encore loin. Deux élus entendent évoquer la question lors du conseil municipal de lundi ; temps politique qui sera également marqué par une manifestation emmenée par un collectif d’associations sur le quai faisant face à l’hémicycle. Dans un autre registre, un concert de soutien à la scolarisation d’enfants rroms sera donné ce week-end en l’église de la Belle de Mai.


 

Lundi, le traditionnel conseil municipal qui doit réunir les décideurs politiques marseillais, verra la question de l’accueil des « gens du voyage » et des Tsiganes originaires d’Europe de l’Est dans notre ville, mise sur le tapis. Après des mois d’inertie politique côté majorité présidentielle - si l’on fait abstraction de la farouche intensification estivale des expulsions de bidonvilles – les élus de tous bords devraient se voir interpeller, au sein même de l’hémicycle cette fois, par des représentants communistes et Front de gauche, sur la situation des Rroms à Marseille.

Lors d’un point presse qui s’est tenu mercredi dans l’enceinte de l’Unité d’Hébergement d’Urgence de la Madrague, Christian Pellicani et Jean-Marc Coppola, tous deux conseillers municipaux, ont tenu à rappeler l’engagement pris par le maire de Marseille cet été, par la voix de son adjointe Mme Servant, d’organiser une table ronde réunissant l’ensemble des institutions locales et représentative de l’Etat, pour trouver une issue respectable à la question de l’accueil des Rroms sur le territoire. Jean-Marc Coppola tient à aborder le sujet sous un angle plus large : « Des inégalités qui existaient en 2006 lors de l’élaboration, confiée à la Région par l’Etat du Schéma d’aménagement et de développement durable du territoire, entre les plus pauvres et les plus riches se sont accrues. Ce qui est neuf et très grave, c’est que nous avons constaté à l’aide des derniers indicateurs, que sur 100 territoires recensés comme étant les plus pauvres en France il y en a 25 dans la région : 23 à Marseille et deux à Toulon. Autour de nous il y a des poches de pauvreté extrême ».

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Christian Pellicani précise : « En août, Mme Servant, au nom du maire, s’était engagée à ce qu’il y ait une table ronde avec les services de l’Etat, la municipalité, les associations, l’ensemble des travailleurs sociaux. Je note ce que l’on pourrait qualifier de déni de parole : on va rappeler sereinement au maire de Marseille que s’il n’a pas à endosser les responsabilités de l’Etat, il en a au moins une, celle de favoriser la collaboration entre les institutions. […] On ne découvre pas le problème et aujourd’hui, il y a urgence politique ». M. Coppola insiste : « Il y a des moments pour la bataille politique, lorsque l’on n’est pas d’accord sur la façon de voir la société. Mais là c’est un problème trop crucial. Nous sommes dans un état d’esprit constructif ».

Une question qui appelle des « solutions individuelles »

Si pour lui «  la République a failli », la situation complexe trouvera peut-être une issue dans la recherche de « solutions individuelles et adaptées », que seule une table ronde peut faire émerger, en fonction des compétences et moyens dévolus à chacune des parties prenantes.

Tandis que René Giancarli, directeur du Samu Social de Marseille acquiesce, le directeur de l’UHU de la Madrague défend le travail mené au quotidien et devant un impératif absolu auprès des quelques dizaines de personnes reçues au sein du centre, transformé de fait en « accueil de jour ». « Alors que le matin ils sont 20, ils peuvent être 50 le soir, indique Gilles Chalopin. Vous avez une population qui est libre. Nous essayons de respecter leur façon de vivre ». Il contourne l’imputation lancée par des associations selon laquelle le centre d’hébergement aurait été transformé en véritable succursale d’un centre de rétention (lors des dernières évacuations de terrain menées à Marseille, seules les personnes ayant accepté le principe d’un retour dans leur pays d’origine ont eu accès à des nuitées précédant leur départ) : « Nous ne choisissons pas du tout les personnes. […] Le Samu social c’est la mairie ; l’UHU c’est l’Armée du Salut. Et dans ce cadre nous ne mettons pas les gens dehors, en attendant qu’ils trouvent une solution autre, un appartement par exemple ». « Ce qui se passe à l’extérieur, on ne le maîtrise pas », concède-t-il, refusant de s’exprimer plus avant sur le sujet, un peu embarrassé. En attendant, le responsable et ses équipes mènent des actions en concertation avec des associations impliquées, comme des campagnes de vaccination avec Médecins du monde, ou encore l’accompagnement vers la scolarisation des enfants avec l’Ampil.

Et René Giancarli d’assurer que quelques Rroms bénéficient même d’un « accompagnement vers l’emploi ». La préfecture aurait-elle débloqué la situation de l’accès au travail pour les Rroms, relevant pour l’instant d’un régime transitoire appliqué aux ressortissants européens roumains et bulgares, extrêmement restrictif en terme d’accès au marché du travail ? Des permis de travail ont-ils été délivrés ? Des employeurs ont-ils accepté de s’acquitter de la taxe rendue obligatoire pour l’embauche de ces citoyens de l’Union ? « Vous avez dans ces populations-là des gens qui sont experts dans des métiers. Il y a des personnes qui ont des niveaux scolaires importants », rétorque le directeur du Samu.

Dans la perspective où, en début de semaine prochaine, « l’interpellation du maire et de l’Etat » ne produit pas l’effet escompté, « on remettra tous les jours notre ouvrage sur le métier », garantit Jean-Marc Coppola. « On ne veut pas seulement attendre et attendre, mais agir, jusqu’à obtenir gain de cause », complète Christian Pellicani. Un comité de suivi sera créé dans cet optique, si besoin est. Le cas échéant, une manifestation, qui aura lieu en face de l’Hôtel de ville le jour même à 11h30 et à l’appel du collectif Rroms de Marseille, rappellera les élus à leurs responsabilités et promesses.


- Samedi soir, un "Concert solidaire" au profit de la scolarisation des enfants rroms
Le 15 octobre 2011 à 19h30, en l’église de la Belle de Mai (place Placide Caffo, IIIe arrondissement), l’ensemble vocal Catanha interprètera un répertoire classique (Bach, Mozart, Haendel...) lors d’un "concert solidaire". La participation, libre, profitera directement à la scolarisation d’enfants rroms, en partenariat avec Rencontres Tsiganes, l’Ampil et Médecins du Monde.

 

 

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