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Linda Senoussaoui, graine de Talents des Cités

20 juillet 2011 - Dernier ajout 21 juillet 2011

Qui aurait imaginé que cette jeune femme, originaire de Paris, serait lauréate de la 10e édition du concours Talents des Cités en Provence-Alpes-Côte d’Azur ? Sûrement pas elle. Après avoir vogué de petits boulots en petits contrats de travail, en quelques mois, sa vie a basculé et ses projets ont commencé à se concrétiser. Aujourd’hui, elle est prête à s’adonner pleinement dans son projet et à transmettre du mieux qu’elle peut son savoir-faire.


 

Depuis 2002, sur l’initiative du Ministère de la Ville et du Sénat, Talents des Cités a déjà récompensé 299 créateurs d’entreprise. Organisé par l’association Concours Talents et le réseau des Banques de Gestion Ensemble (BGE), ce concours récompense les porteurs de projets dynamiques dans des quartiers prioritaires de la ville ou en zone franche. Cette année, c’est une Marseillaise d’adoption, qui a séduit le jury régional à travers son projet d’Accueil de Loisirs Sans Hébergement (ALSH), dans la catégorie « Emergence », pour les porteurs de projet.

Attirée par l’enseignement dès son plus jeune âge, Linda s’oriente vers une université à Paris pour obtenir une licence d’Administration Économique et Sociale. « Je me suis rendue compte que ce cursus ne me correspondait pas. Je pense que je n’avais pas la maturité nécessaire pour être suffisamment assidue », glisse-t-elle. Alors titulaire d’un Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur (BAFA), elle jongle entre colonies, classes de neige et centres de loisirs. Ces expériences au contact de la jeunesse lui permettent de confirmer son orientation professionnelle. Puis pour son vingtième anniversaire elle décide de marquer cette étape comme il se doit, et ainsi faire une escale dans le sud de la France, avec ses amies. La ville de Marseille s’avère un bon choix pour le week-end. « Lorsque nous sommes remontées sur Paris, c’était la déprime. Marseille a été un véritable coup de cœur, affirme la lauréate. Avec l’une des mes amies, nous avons convenu de prendre un logement à Marseille. Nous sommes parties à l’aventure, nous disant que si ça ne marchait pas nous reviendrions sur nos pas ».

En 2001, elles débarquent toutes deux dans la cité phocéenne et cumulent des « boulots alimentaires » pour joindre les deux bouts. Mais le secteur de l’animation a vite rattrapé Linda. Elle prévoit de s’investir pleinement dans cette branche et, pour cela, d’accéder aux épreuves de sélection du Brevet d’État d’Animateur Technicien de l’Éducation Populaire (BEATEP). Un secteur qui se professionnalise de plus en plus. D’où l’importance des diplômes afin d’occuper un poste de directeur de centre de loisirs. En 2005, elle est diplômée mais ce n’est pas pour autant qu’elle est satisfaite de sa situation. Elle déplore « qu’à Marseille, il soit aussi compliqué de décrocher un CDI après l’obtention du brevet. Il y a une réelle précarité ! ». Elle a donc dû alterner les emplois dans la vente et dans l’animation pour réussir « à se projeter dans la vie ».

Tout vient à point à qui sait attendre

En 2008, la vie de Linda prend un nouveau tournant. Elle accède enfin au poste tant convoité : directrice du centre de loisirs de La Rouguière (11e), avec le type de contrat désiré, le CDI ! Durant un an et demi, elle s’investit aussi bien personnellement que professionnellement dans un centre « en plein bouleversement. L’ancien conseil d’administration était parti et la majorité de l’équipe avait suivi, les locaux étaient même désaffectés » se rappelle-t-elle. Des conditions de travail pénibles qui l’ont conduite à quitter le centre. Forte de caractère et ambitieuse, cette jeune franco-algérienne de 29 ans est prête à rebondir et repartir, seule. Avec les outils qu’elle a acquis, elle projette d’ouvrir son propre centre d’animation associatif – avec Sabrina Brindicci qui l’ a beaucoup épaulée -, qui sera alors le premier centre d’Accueil de Loisirs Sans Hébergement (ALSH) interentreprises de France. « Ca fait des années que les crèches interentreprises ont prouvé leur intérêt. Pourquoi ne pas développer cela pour les plus de 3 ans ? » Elle se tourne alors vers divers organismes susceptibles de l’orienter tels qu’« Uniformation », qui est l’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé) acteur de la formation professionnelle, et les CEMEA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active) qu’elle connaît puisqu’elle y est devenue formatrice - après son BEATEP - grâce à Sandrine Van Malleghem, responsable de la formation « qui l’a toujours soutenue dans ce projet ». Ces investigations, c’est également l’occasion de se créer des contacts comme à la Maison Départementale de la Jeunesse et des Sports (MDJS) où elle rencontre le responsable, Eric Vanechop qui, convaincu par son idée et sa détermination, lui propose un futur partenariat. Une rencontre en engendrant une autre, elle croise Guillaume Seze, directeur de l’association Profession Sport 13, qui l’informe du concours Talents des Cités. La clôture des candidatures est fixée au 31 mai. Il lui reste donc deux mois pour s’inscrire et se préparer. « Finalement, ce n’était pas si court ; ce projet est parfaitement structuré, j’en connais tous les tenants et les aboutissants ! »

Ni une, ni deux, elle s’inscrit sur internet, présente son business plan et, deux mois plus tard, on l’informe de sa sélection et de la date de présentation à l’oral. « Ce concours a vraiment pris de l’ampleur lorsque j’ai vu la publicité du lauréat de l’année passée ! ». L’examen s’est déroulé à la Cité des Métiers, devant un jury de dix personnes quelque peu «  impressionnant mais accueillant malgré tout ». Le week-end passé, elle reçoit l’appel tant attendu qui lui confirme qu’elle est la grande gagnante du concours régional et que son projet allait maintenant concourir nationalement. Elle apprend qu’elle sera accompagnée tout au long de cette aventure par l’ESIA, financeur solidaire pour l’emploi. A quand la récompense au Sénat ?

Concrètement, le projet

L’Accueil de Loisirs Sans Hébergement interentreprises sera aménagé dans un quartier en pleine mutation, La Joliette (2e). Afin de créer une mixité sociale sans exclusion, le dispositif sera également accessible aux habitants du quartier. En parallèle, différentes activités seront mises en place. L’association proposera un dispositif d’accueil périscolaire avec des activités ludiques, une aide à la fonction parentale qui sera un espace de réflexion autour des questions liées à l’enfance, avec des spécialistes intervenants. Pendant la semaine (entre 12h et 14h), un espace de loisirs et de sports sera mis à disposition du salarié afin d’améliorer son bien-être.

 

par Sarah Lehaye - Dans > Portraits



 

 

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