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Les salariés de Free en grève à Marseille : la Liberté a un coût salarial !

8 avril 2014

Depuis deux semaines, une centaine de salariés des centres de relations clients Free sont en grève. Travaillant dans la filiale de Free, Certicall, avenue Cantini, ils se mobilisent contre l’annualisation et la modulation du temps de travail exigée par leur direction. Cette réforme de leurs conditions de travail les mènerait à assurer des permanences téléphoniques le week-end, les jours fériés et plusieurs semaines d’affilées avec des horaires chargés sans pouvoir prendre de congé, sans contrepartie et cela en fonction des besoins de l’entreprise. Les salariés demandent de véritables compensations à la direction qui fait encore la sourde oreille et exerce des pressions sur les salariés grévistes. L’autre filiale de Bordeaux a rejoint le mouvement. Avec en filigrane, une crainte de la délocalisation…


 

DR Thierry Mennessier

La fameuse flexibilité du travail que réclament les employeurs a un coût pour les salariés et l’exemple de la grève qui se propage aujourd’hui chez Free montre que ce concept prôné par les Libéraux doit être manié avec précaution…. Car rarement à l’avantage des salariés.
L’idée de la direction de Free est l’annualisation, ce qui signifie que face à une recrudescence du travail à certaines périodes d’intense activité, l’entreprise mobilise ses salariés en les faisant travailler davantage sans recruter d’effectifs supplémentaires en intérim par exemple. Une refonte des conditions de travail que la direction souhaite imposer sans contrepartie.

Mais cette fois-ci, les 470 salariés de Free à Marseille que l’on a tenté de diviser tiennent bon et sont restés unis, ils se déclarent dans un sondage hostiles à 86% à l’annualisation sans compensations. Et ce malgré les tergiversations de la CFDT qui a, au départ, accepté de signer avec la direction mais, suite à un sondage réalisé auprès des salariés, s’est finalement ralliée aux autres syndicats, SUD, CGT, FO et a refusé de signer le nouvel accord. Ces derniers réclament un jour de repos compensatoire pour les semaines hautes travaillées (40 heures avec horaires jusqu’à 21h), une prime d’annualisation, la fixité horaire pour tous les services avec la possibilité de se positionner sur une rotation pour les salariés.

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DR Thierry Mennessier

Un salarié gréviste qui souhaite rester anonyme par crainte des représailles résume : « On s’inquiète pour les rémunérations. On veut obtenir un partage des richesses qui sont créées par l’entreprise, l’entreprise va bien. Et nous devons nous plier à de nouvelles conditions de travail en raison de l’annualisation. Or pour les personnes qui ont des enfants, l’organisation va être difficile et pour l’instant, sans contrepartie financière. Nous ne sommes pas contre l’annualisation, mais nous souhaitons, en contrepartie avoir des compensations. »
Chantage à la flexibilité contre crainte de la délocalisation ?
Dans une filière, où les conditions de travail sont de plus en plus dures, le stress, la pression rendant la tâche des salariés de plus en plus ingrate, ces derniers font face à cette fameuse mondialisation et sont indirectement en concurrence salariale avec des sous-traitants de Free, qui ont deux centres d’appel au Maroc et emploient 4000 personnes avec un contrat local marocain, les salariés marocains percevant un salaire d’environ 400 euros par mois. Même si l’entreprise Free dispose encore 5 centres d’appel en France, notamment à Marseille, Paris, en région parisienne et à Bordeaux. Le salaire médian des salariés de Certicall à Marseille est de 1200 euros net.

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DR Thierry Mennessier

Et cette crainte de la délocalisation qui pointe en arrière plan est partagée par les syndicats comme l’explique Gilles, du syndicat Sud : « On pense à notre avenir, on se dit que c’est bien beau de faire des offres Low coast, mais il faut savoir que nous ne sommes pas non plus des salariés Low coast. » Et de rajouter : « Aujourd’hui les conditions de travail à Certicall se durcissent, la direction en veut toujours plus, à moindre coût. Les charges de travail sont de plus en plus alourdies avec des objectifs de plus en plus contraignants. Une pression est mise au quotidien sur les salariés pour que le travail soit réalisé en temps et en heure, et parfois avec des objectifs irréalisables ». Pour conclure : « Le rythme de travail est devenu, humainement parlant, très difficile. Nous avons peur de craquer et de partir en maladie et dépression ». Et de fait à Marseille, un taux représentatif de personnes sont dans un mal psychologique, l’équilibre entre la vie privée et le travail est rompu, 6 % des salariés seraient en affection longue durée.

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DR Thierry Mennessier

Une salariée gréviste en poste depuis deux ans pour l’entreprise déplore, de la même façon, la dégradation des conditions de travail. « Au départ, nous avions une seul activité. Par la suite, la direction nous a rajouté le mobile, elle a diversifié nos activités sans contrepartie. Nous devons faire face à de plus en plus de travail. C’est très difficile de travailler chez Free, au niveau des relations humaines, il y a beaucoup de stress, beaucoup de pression. Parce que la direction nous impose de la productivité à effectuer. Nous sommes en permanence surveillés, nous devons nous justifier lorsque nous nous déplaçons, même pour aller aux toilettes. Par exemple, j’ai été malade et la direction m’a fait savoir que si je retombais malade, j’allais avoir des sanctions. Et on m’a suspecté de frauder sur mon arrêt de travail, ils ont envoyé le médecin du travail chez moi pour vérifier. Le climat est hostile, avec une infantilisation à l’extrême, des changements de place permanents pour casser les dynamiques. L’annualisation, c’est un peu comme si nous étions corvéables à merci. Nous souhaitons renégocier, ce que la direction refuse, tant que nous sommes en grève. »

Pour l’heure, la direction poursuit son bras de fer et compte faire passer en force les nouvelles conditions de travail. « Depuis hier, la direction est devenue agressive, elle organise des réunions, qu’on appelle les réunions de la peur. Ils font intervenir des responsables pour faire pression sur les salariés en grève et leur imposer des plannings de travail « punition », très défavorables. Ils marchent au chantage pour faire peur et intimider pour que les salariés acceptent finalement de signer » décrit une salarié de plus en plus inquiète. En attendant, la situation semble donc bloquer et la direction joue la guerre des nerfs avec son personnel…

 



 

 

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