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Les jeunes ont « Envie d’Agir » ! Le gouvernement ne veut plus ?

1er octobre 2010 - Dernier ajout 3 octobre 2010

L’annonce de la suppression du programme « Envie d’Agir », le 12 août dernier, via une circulaire interne signée par le ministère de la Jeunesse et des solidarités actives, continue de faire des vagues. Une suppression qui s’inscrirait dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). L’incompréhension et la colère sont d’autant plus grandes que cette annonce a été faite le jour même du lancement de l’année internationale de la Jeunesse. Contradiction ou manque de rigueur, il n’en fallait pas plus pour provoquer l’indignation des jeunes qui ont bénéficié de ce dispositif ainsi que des agents partenaires, des associations d’éducation populaire, des collectivités, points d’appui de ce programme au niveau local. Depuis 1986 ce programme* populaire permettait à de nombreux jeunes d’obtenir une bourse pour réaliser leur projet. C’était ainsi l’occasion d’encourager, de soutenir et de valoriser la capacité d’initiative des jeunes de 11 à 30 ans dans tous les domaines : de la solidarité de proximité à l’animation sociale et culturelle en passant par le développement durable et la création d’entreprise. La mobilisation pour le maintien d’ « Envie d’Agir » ne cesse de grandir.


 

L’Etat porte le coup de grâce à un système qui a déjà fait ses preuves. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2009, prés de 2000 projets ont été soutenus par le programme « Envie d’Agir » ; depuis 1986 ce ne sont pas moins de 80 000 lauréats qui ont vu leur projet financé par ce dispositif. Ce sont autant de jeunes inactifs, au chômage ou des talents endormis que ce programme populaire a eu le mérite de mettre en valeur. En 2009, c’était aussi 8 540 jeunes bénéficiaires directs, dont 11% de jeunes lauréats ayant moins de 18 ans et 47% de jeunes femmes, chefs de projets. A ajouter à cela, les 361 créations d’activité économique en 2009. Autant de réalisations rendues possibles grâce au 3,6 millions d’euros consacrés au financement du programme par le ministère chargé de la jeunesse.

On peut donc comprendre la vague d’indignation qui sévit actuellement et en particulier sur le web, où circule notamment une pétition réclamant le maintien de ce programme dont la suppression effective est prévue pour janvier 2011. Sur le célèbre réseau social Facebook, un groupe de soutien « Sauvons Envie d’Agir » s’étant également constitué, donnant un aperçu de la place qu’occupe ce dispositif chez les jeunes. [...] « Je ne comprends pas pourquoi ce type de soutien pourrait être supprimé. Soutenir le mouvement, l’esprit d’initiative, la créativité, l’innovation, me semble plus que jamais actuel et nécessaire. Bien sur il est important de protéger ceux qui sont en difficulté mais il est tout autant vital d’accompagner ceux qui servent de moteurs à une société : les jeunes » explique Olivier.

Ce programme était une sorte de « passerelle et de passe droit à la concrétisation de projets dont l’organisation était avant tout « réservée » aux professionnels » souligne à son tour une internaute, ayant aussi bénéficié de ce dispositif afin de concrétiser la mise en place d’un festival étudiant à Angoulême. « Envie d’Agir » a contribué à asseoir notre position auprès de nos partenaires et sans sa contribution morale et financière, nous n’aurions pas été en mesure de proposer une programmation si conséquente, ni de laisser à l’association un projet qui tienne la route pour les années à venir » poursuit-elle. De nombreux marseillais ont également bénéficié de ce programme, à l’image de Mélissa et ses 3 amis de l’association « En visages ». Cette association é été créée en 2003, après avoir été lauréate « Envie d’Agir » dans la catégorie « Entreprenariat Social ». Aujourd’hui elle est installée à « L’équitable Café », sur le cours Julien et a pour objectif de sensibiliser le public à la notion et aux pratiques de l’économie solidaire et promouvoir les principes du développement local. Elle est aujourd’hui connue et reconnue par un grand nombre de marseillais. Mais elle n’aurait sans doute jamais vu le jour sans « Envie d’Agir ».

Un programme qui contribuait à réduire le chômage des jeunes

Cette décision est d’autant plus illogique qu’elle est prise au cours d’une période où le taux chômage des jeunes n’a jamais été aussi élevé, aggravé par la pénurie d’activité liée à la crise économique. Le 12 août dernier, à l’occasion de l’ouverture de l’Année internationale de la jeunesse, l’Organisation international du Travail (OIT) a publié son nouveau rapport indiquant que le chômage mondial des jeunes avait « atteint son plus haut niveau jamais enregistré et devrait continuer d’augmenter courant 2010 ». [...] « Sur les 620 millions de jeunes (15-24 ans) économiquement actifs, 81 millions étaient sans emploi fin 2009. C’est 7,8 millions de plus qu’en 2007. Le taux de chômage des jeunes est passé de 11,9 % en 2007 à 13 % en 2009 ».

En termes d’emploi les retombées d’un tel dispositif ne sont pas à négliger. C’est ce que Thomas Scuderi, adjoint PS au Maire de Metz en charge de la jeunesse et Ancien Lauréat « Envie d’Agir » souligne sur le mur du groupe de soutien crée sur le célèbre réseau social. « Il y a quatre ans, j’ai crée une activité économique sans but lucratif, un véritable parcours du combat dans cette société du chacun pour soi ! Envie d’Agir, c’est la bouffée d’oxygène dans cette jungle moderne, nous avons été soutenus, accompagnés, reconnus et cette mise en réseau nous a apporté une crédibilité indispensable. [ ...]. Sans ce dispositif, ce projet n’aurait pu voir le jour, alors qu’aujourd’hui, trois jeunes vivent de ce projet en travaillant à temps plein pour continuer à faire vivre notre engagement ». [...].

« Pour les jeunes des territoires les moins bien lotis en terme d’aides locales, c’est une terrible nouvelle ... »

La suppression du programme « Envie d’Agir » suscite l’émoi chez ceux qui en connaissent l’efficacité, notamment pour les jeunes issus des milieux défavorisés. « Ses longues années d’existences lui conféraient un excellent fonctionnement et beaucoup de cohérence. Mais c’était surtout le seul dispositif national sur lequel tous les jeunes pouvaient compter. Pour les jeunes des territoires les moins bien lotis en terme d’aides locales, c’est une terrible nouvelle » s’inquiète à son tour Pierre. Un avis qui inquiète également le syndicat Education Populaire (SEP), qui affirme que « dans les territoires où les collectivités territoriales n’ont pas de politique Jeunesse, une partie des jeunes sera exclue de moyens financiers et d’accompagnement ».

Et l’inquiétude est d’autant plus grande que le ministère a annoncé que sa politique d’autonomie se résumerait dorénavant au service civique. Ce qui n’est pas pour satisfaire le SEP, pour qui le service civique « n’est pas satisfaisant ». « Les futurs jeunes volontaires [...] seront ceux qui ne sont pas étudiants, travailleurs, ou chômeurs [...] Par ailleurs, cette décision exclura du soutien de l’Etat les initiatives de jeunes entre pairs, sans cadre institutionnel. Enfin, le service civique ne concerne pas uniquement et prioritairement la jeunesse, mais toutes les tranches d’âge de 16 à 77 ans » explique la première organisation syndicale des personnels de jeunesse et d’éducation populaire de l’Etat.

Le SEP demande donc au Ministre de la jeunesse de revenir sur sa décision. Car si « l’Éducation Populaire n’est pas la solution à tous les maux » [...] elle permet en tout cas, « d’agir au lieu de subir et œuvre pour une citoyenneté en acte ». C’est pourquoi le syndicat va jusqu’à remettre à l’ordre du jour les « 20 propositions pour une politique rénovée d’Education Populaire » qu’il avait déjà soumis aux partis politiques au moment des élections présidentielles et législatives de mai et juin 2007. Des propositions qui lui semblent indispensables « pour construire le monde de demain ».

Interrogé par Bakchich.info, le ministère de la jeunesse a affirmé que « l’aide aux jeunes était toujours une priorité du gouvernement ». Comment pourrait-on y croire lorsqu’un programme vieux de 20 ans ayant fait ses preuves, est balayé d’un revers de la main.

Les jeunes n’ont pas dit leur dernier mot. Un nouveau bras de fer commence !

*Le programme « Envie d’Agir » est un des partenaires de l’association ADIE.

 



 

 

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