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Les homos (et les autres) marchent pour l’égalité

23 juin 2011

Dans un peu plus d’une semaine aura lieu la Lesbian & Gay Pride marseillaise, baptisée pour l’occasion Marche pour l’Egalité. Le slogan : « Pour l’égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote ». La manifestation sera suivie d’un apéritif géant et d’une soirée musicale au Dock. Mariage homosexuel, situation à Marseille, diversité,... Didier Garcia, régisseur de l’événement pour l’association Tous&go, a répondu à nos questions.


 

Le 2 juillet prochain, vous organisez à Marseille la Lesbian & Gay Pride rebaptisée Marche pour l’Egalité. Il y a quelques jours, les parlementaires français se sont prononcés en défaveur d’une légalisation du mariage homosexuel. De quoi est-ce le symptôme, selon vous ?

Je crois que c’est le symptôme d’une espèce de frilosité française sur ces sujets-là. A la fois je pense qu’il y a une certaine tolérance et une acceptation tacite des Français sur les questions d’homosexualité et sur l’égalité. Et en même temps comme on est sur des échéances électorales, je pense que les politiciens, en tous cas ceux qui sont aujourd’hui les plus majoritaires, n’osent pas prendre des positions qu’ils imaginent être un peu osées, ou un peu avant-gardistes vis-à vis de leurs électeurs.

Pourtant il y a des personnalités politiques de premier plan, y compris à droite, qui ont eux approuvé cette idée ?

Bien sûr et heureusement qu’il y a des gens comme ça qui poussent les mentalités, qui poussent le cadre législatif. Le problème en France, c’est que l’on a un cadre législatif, un cadre règlementaire qui est toujours à la traîne de ce qu’est la société, de ce qu’est le mode de vie des Français, que ce soit sur l’homosexualité ou sur n’importe quelle question. C’est toujours a posteriori que les choses sont recadrées ou redéfinies. Mais les Français n’attendent pas que les lois soient en place pour vivre ce qu’ils ont envie de vivre.

Pensez-vous, comme la ministre aux Solidarités Roselyne Bachelot, que l’on y viendra tôt ou tard, au mariage homosexuel ?

Ca me paraît incontournable. C’est une question d’égalité, de sécurité des couples, de transmission de patrimoine,... de choses tellement basiques qu’il me paraît inéluctable d’y passer.

Vous parliez d’échéances électorales tout à l’heure. Le slogan qui trônera en tête de cortège de cette Marche est « Pour l’égalité, en 2011 je marche, en 2012 je vote » : il s’agit de pousser les candidats à la présidentielle à prendre position sur la cause homosexuelle ou savez-vous déjà pour qui vous appellerez à voter ?

Non, nous n’appelons pas à voter pour untel ou unetelle. Nous voulons simplement que les candidats prennent position et soient clairs sur leurs engagements par rapport à ces questions-là. Il faut savoir que ce slogan que l’ensemble du milieu associatif marseillais a validé comme étant le mot d’ordre de la Marche de 2011 a été initié au départ par la Coordination InterPride France, qui a proposé ce slogan mais qui a dit qu’après, chacun pouvait l’adopter ou non. A Marseille, on l’a mis en débat lors de nos nombreuses réunions d’organisation qui précèdent la Gay Pride, où se sont retrouvées l’ensemble des associations LGBT du tissu marseillais. On a évoqué d’autres idées, d’autres slogans, mais finalement tout le monde était d’accord pour dire que c’était trop important par rapport à ce que l’on a envie de défendre, ce dont on veut faire prendre conscience. On s’est dit que cela donnerait plus de poids si on reprenait le mot d’ordre national. Nous, en tant qu’organisateurs de la Gay Pride, on n’est pas une entité politique. Ce que l’on veut, c’est dire : voilà ce que l’on propose, ensuite, chacun décide en son âme et conscience. En fonction de ce que chaque parti politique proposera dans son programme, de ses réponses à ces questions, chacun choisira.

Marseille est-elle une ville ouverte, où il fait bon vivre son homosexualité ? Est-il simple d’y être gay, peut-on s’y balader main dans la main librement ? On se souvient d’agressions homophobes qui avaient fait la une des journaux il y a quelques années...

Très bonne question... Je suis à Marseille depuis cinq-six ans maintenant. Avant, j’ai passé dix-sept ans à Paris. J’ai trouvé que Marseille était une ville particulièrement complexe, particulièrement originale au niveau de la visibilité homosexuelle. Il y a effectivement une population homosexuelle importante, sympathique, bigarrée, colorée. Simplement, je pense qu’il y a tout un poids de traditions, de mentalités qui font qu’il n’y a pas encore de visibilité, comme on peut en trouver dans d’autres villes comme Paris, ou encore des villes du nord de l’Europe. Je pense à Amsterdam, à Londres... On va dire qu’il y a quelque chose, une culture méditerranéenne qui rend cette visibilité plus difficile. Mais malgré tout il y a des gens, des associations...

Vous espérez que cette Lesbian & Gay Pride contribue à donner une autre représentation, une image de « normalité » des homosexuels à Marseille ?

C’est donner une image de « normalité », mais c’est aussi montrer ce qui est notre âme, notre état d’esprit : on est à la fois des gens concernés par la vie quotidienne, les problèmes du quotidien qu’on rencontre, la vie civile et civique... Et en même temps on a envie d’être légers, festifs. Effectivement on a une culture de la fête, on aime s’amuser, profiter de temps avec les amis. Et c’est aussi ce que montre la Gay Pride, cet espèce de décalage. On sait assez facilement se projeter.

Vous parlez d’égalité, de diversité dans cette Marche. Parfois, certaines voix se font entendre pointant le manque d’ouverture du milieu homosexuel : est-elle ouverte à tous et toutes, cette Gay Pride ?

Evidemment qu’elle est ouverte ! La Marche que l’on organise a pour but de montrer que à travers la revendication de l’égalité des droits des homosexuels on revendique l’égalité des droits pour tous, en fait. On essaye de se montrer le plus ouvert, le plus tolérant, le plus « intégrationnel » possible. C’est la deuxième année que je collabore à la Gay Pride, et j’ai été très étonné l’année dernière de voir beaucoup de personnes qui ne sont pas homosexuelles, participer à la Marche. Des amis d’amis, des enfants, des jeunes, des vieux...

Un peu comme à Paris où c’est finalement une manifestation culturelle comme les autres ?

Exactement. J’ai beaucoup d’amis qui ont participé à la Marche en disant « on veut être là, apporter notre soutien aux luttes que vous menez ». C’est assurément ouvert : on ne va pas demander leur orientation sexuelle aux gens avant des les autoriser à participer ! (rires). Tout ceux qui souhaitent revendiquer l’égalité des droits pour tous sont invités à s’associer à nous, à notre Marche et à tous les événements qu’il y a autour. Car à la suite de la manifestation on organise un apéritif géant sur la Place Bargemon, avec des animations, des jeux, des DJs : tout le monde y est invité. L’idée est de faire ensemble une fête participative. Ensuite il y aura une grande soirée dancefloor au Dock des Suds et encore une fois tous et toutes y sont conviés.

Vous attendez la présence du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin ?

On aimerait bien parce que c’est une figure importante à Marseille, qui nous soutient. On a édité un petit livret qui présente tout le programme des festivités et M. Gaudin nous a écrit un édito dans lequel il nous souhaite bonne chance et nous assure de son soutien. Il est tout à fait le bienvenu à l’ouverture, sur le parcours, à l’apéritif... Quand il le voudra !

Pour poursuivre sur la question de « diversité », est-il plus compliqué encore pour des personnes d’origine étrangère d’afficher leur homosexualité et de la vivre sereinement ?

Je pense que les choses évoluent. Sans dévoiler de secret, je peux dire qu’on aura à Marseille, pour la première fois, un représentant d’une association de musulmans homosexuels Français (http://www.homosexuels-musulmans.org) qui défilera avec nous. Je pense effectivement que c’est plus ou moins facile en fonction des origines des participants d’être présents, de vivre ça. Mais il y a une réelle volonté d’améliorer les choses, de vivre plus facilement ça pour tout le monde, en France et à Marseille. Dans nombre de pays c’est encore un crime d’être homosexuel. Il est de notre devoir en étant ici de profiter de notre liberté pour faire avancer les mentalités et montrer que nous sommes des citoyens à part entière.

Pour finir, la Lesbian & Gay Pride en quelques chiffres ?

L’année dernière, on a estimé à 12 000 le nombre de participants, avec le concours de la préfecture de police. Cette année on espère un peu plus, en ayant avancé la date de la Marche d’une semaine et en ayant fait des efforts de communication. Peut-être 15 000. On a des contacts avec des amis et des associations du sud de la France, à Nice, à Toulon, à Montpellier, qui enverront des représentants. L’apéro devrait drainer 5 000 personnes et le concert peut-être 3 000.


L’ensemble du programme de la manifestation se trouve ici http://www.tousego.fr ou
.

 

 

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