Articles

Accueil > Actualités > Les habitants des quartiers parlent aux médias

 

Les habitants des quartiers parlent aux médias

11 juin 2011

Med’in Marseille avait déjà parlé du projet Agoramiroirs, dans un article daté du 18 avril (voir http://www.med-in-marseille.info). Le 20 mai dernier, l’équipe du projet présentait son travail à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. L’occasion de revenir sur le contenu du livret, mais aussi d’élargir le débat avec de nombreux invités, qu’ils soient journalistes, travailleurs sociaux, étudiants, sociologues ou habitants. Morceaux choisis du débat made in Lille.


 

JPEG - 78.4 ko
Noémie Coppin et Stéphane Gravier, journalistes auteurs de l’enquête, animateurs du débat. A insérer après le chapo de l’article

L’idée de cet après-midi : ne pas faire un débat sur les habitants et leur traitement médiatique mais avec eux. Le fil rouge, « passer de l’objet au sujet ». Alors que beaucoup de débats se focalisent sur l’hypocrite balancier positif/négatif, l’équipe d’Agoramiroirs rejette ce traitement de l’actualité en dents de scie. Au contraire, dans les quartiers, le journaliste se doit de travailler comme partout ailleurs : honnêtement, en convoquant des sources multiples, en se questionnant sur les enjeux du sujet, sur des questions de fond qui touchent au rapport même de la république avec sa précarité sociale. L’organisation de ce débat ne vise pas à désigner les journalistes comme boucs émissaires de tous les problèmes des banlieues, au contraire, en réunissant dans une même salle journalistes, habitants des quartiers, travailleurs sociaux et sociologues, il vise à créer une agora pour s’écouter et faire évoluer les pratiques. Pour décrypter les mécanismes de la production de l’information qui créent cette défiance omniprésente entre habitants des quartiers et journalistes. Même si la question dépasse en réalité la sphère médiatique, qui n’est qu’un des aspects d’un phénomène plus large de ghettoïsation que subissent les habitants des quartiers populaires français.

Première table ronde : « les quartiers populaires en images. Quelle fascination, quel rejet, quels enjeux ?

JPEG - 77.6 ko
De gauche a droite : Jacques Lemière, sociologue, Denise Cacheux, directrice du centre social de Lille Sud, Bruno Réguet, journaliste à Canal FM, Stéphanie Maurice, journaliste régionale pour Libération, et Fouad Barraz, fondateur du collectif Ethicité à Maubeuge

Nous avons encore tous en tête les images de flambée de violence des « émeutes » de 2005 qui ont embrasé tous les tubes cathodiques de France et de Navarre. La télévision, média le plus regardé en France et dans les quartiers, fascine autant qu’elle concentre les critiques. Souvent prise en étau entre logique marchande et agenda politique, la télévision est souvent accusée par les habitants de faire le choix du sensationnalisme. Par effet de réalité, elle impose une représentation dominante de ces quartiers qui forge les représentations de millions de français. « Espace sauvage à civiliser », « espace en guerre qu’il faut pacifier », elle légitime une certaine manière d’envisager ces espaces et de donner sens à leur contrôle.

Dans la région Nord-Pas de Calais, des expériences traumatisantes ont été vécues par des habitants, notamment à Maubeuge avec un reportage de l’équipe du 7 à 8 d’Harry Rozelmack, en novembre 2009, reportage qui avait choisi uniquement l’angle du trafic de drogue. Les habitants ont dénoncé la partialité du reportage, et le déséquilibre a été confirmé par le CSA, qui a appelé TF1 à « respecter une présentation honnête des questions prêtant à controverse et à respecter les différents points de vue ». Fouad Barraz, habitant membre du collectif « Ethicité », fondé à Maubeuge dans le quartier des Provinces Françaises après le reportage de TF1, revient sur le traumatisme qu’il a occasionné : « On nous a donné la parole mais Eléphant et cie, boite de production qui travaille pour 7 à 8 voulait faire un reportage à charge sur le quartier des provinces françaises. Lorsque les journalistes sont venus, ils nous ont dit qu’ils voulaient faire un reportage sur les relations personnes âgées/jeunes dans le quartier mais ce n’était pas du tout le cas. On a été instrumentalisés car le reportage a été fait pour faire peur. Tout de suite, un collectif est né pour défendre l’image du quartier et de la ville pus largement. Suite à ce reportage, tout n’est pas négatif, car il a au moins permis à la population de se réunir, de discuter de ce qui s’était passé. Différentes actions ont été menées dans le quartier, par exemple des jeunes se sont portés volontaires pour apporter leurs courses aux personnes âgées. Apres, pour nous, ça a été ressenti comme un viol car on nous a menti, on a utilisé notre image pour faire de l’audimat. Quand on a demandé des comptes à TF1, on a reçu une fin de non-recevoir. »

Nassira El moaddem, étudiante à l’ESJ et Bondy-blogueuse, prend la parole. « C’est une question d’honnêteté intellectuelle. C’est vrai que sur le terrain, parfois on enjolive les demandes car on a quelque chose à récupérer, surtout pour la télé, on n’assume parfois pas la demande. Pour moi, il n’y a pas de différence entre journalistes localiers et nationaux, il suffit de voir un journal comme le Point, qui est sensé avoir un journaliste spécialiste des banlieues. On peut être « spécialiste » et écrire des torchons, comme lors de l’affaire Bintou, la soit disant femme de polygame fictive. Etre incapable de s’excuser. Ce sont des choses qui se passent aujourd’hui et ce n’est pas normal. »

A Lille sud, le sentiment qui domine est celui que la vérité ne passe plus. La police y est perçue comme la « première agence de presse des quartiers ». Et les affaires de bidonnage y sont une réalité, avec notamment, dans le livret Agoramiroirs, le témoignage de Salah Djebien, victime de la fausse barbe rajoutée à la palette graphique. Pour Samuel Thyrion, habitant de Roubaix, la question se pose à la justice : « La différenciation de la presse locale et nationale est un faux débat. La proximité n’est pas un gage d’honnêteté intellectuelle. Il suffit de regarder nos éditions locales ici. La question, c’est celle du manquement au droit. Il serait intéressant qu’un certain nombre de journalistes soient poussés dans leurs retranchements et sommés de s’excuser ou de faire face à la justice. A Maubeuge, un collectif s’est créé, très bien, mais avoir la possibilité de s’exprimer après-coup ne doit pas devenir une purge alors que certains points sont judiciairement condamnables. Les chroniques judiciaires par exemple, aujourd’hui, ne respectent pas la présomption d’innocence. Combien de noms sont communiqués avant que les procès soient tenus ? »

Stéphanie Maurice, journaliste pour Libération dans la région depuis une dizaine d’années, livre un regard sur sa pratique : « Je traite régulièrement la question des quartiers, puisqu’ici on ne peut pas parler de banlieue. Je suis régionale, mais je travaille pour un national, alors ma manière de travailler, c’est le décalage. Je regarde les sujets d’actu autrement que la presse régionale. J’ai des commandes de la rédaction nationale, sur de l’actualité « chaude », mais je vais aussi dans ces quartiers pour de l’actu « froide ». Les dérapages, la plupart du temps, se déroulent sur de l’actu chaude, quand il y a la télé, la radio, la presse écrite et des jeunes énervés. Mais il y a aussi des fois où l’on peut prendre le temps, celui de rencontrer les travailleurs sociaux, les élus. La qualité s’en ressent beaucoup. Même en cas d’actu chaude, j’essaie de trouver quelqu’un qui va m’emmener, je trouve la confiance comme ça. Prendre le temps, c’est la chose la plus difficile à gagner dans les rédactions, car cela coûte trop cher. J’ai écrit un des chapitres du livre de Stéphane Beaud, « la France invisible », qui mettait en vis à vis journalistes et sociologues. Mais je ne suis pas sociologue. En tant que journaliste, je raconte des instantanés de la vie. Nous journalistes, nous transportons les préjugés de la société française, et nous devons en permanence travailler là dessus ».

Ihdir Achar, de l’association des mineurs marocains du Nord, prend la parole pour revenir sur un épisode de traitement médiatique détourné : « En 1987, on en était à deux mois de grève, et personne n’en avait vraiment parlé. Nous, mineurs marocains, on subissait un plan social, avec une forte discrimination. C’était la reconversion ou le retour direct au pays. Il n’y avait pas un journaliste. Au bout de deux mois donc, un journaliste local vient enfin. On a fait la première page du journal. Mais la photo ne nous montrait pas en train d’occuper la direction du Charbonnage de France. Elle donnait à voir des gens en train de faire la prière à l’intérieur du bâtiment. Ça nous a choqués. Au lieu de parler de nos problèmes de discrimination subie lors du plan social, par rapport aux camarades autochtones, la presse n’a montré que cette prière. Aujourd’hui, avec l’association des mineurs marocains du Nord, on vient de publier un roman noir, « Mauvaise mine : qui a tué les mineurs marocains ? ». En le lisant, on comprend la souffrance qu’on a subie. Dire qu’on a été obligés d’écrire un bouquin, une fiction, pour l’exprimer ! Il y a peu, la cour de Douai a officiellement reconnu qu’on avait été discriminés dans nos droits, ça a pris du temps ».

Jacques Lemière, sociologue à l’université Lille 1, réagit aux propos d’Ihdir Achar : « La question qui se pose depuis le début de ce débat, c’est celle de la différenciation entre travail du journaliste et de « l’intellectuel ». Quand Stéphanie Maurice dit que les journalistes portent les préjugés de la société française, je prends ça très au sérieux. Je pense sincèrement que le journalisme est du côté de l’opinion. Je suis platonicien : je crois en cette différence entre l’opinion, la doxa, et la pensée, qu’il pensait lui dans la philosophie, mais aussi dans la politique d’émancipation, dans le travail des artistes, des gens dont le travail artistique consiste à penser. Et aussi du côté de la science, et en particulier les sciences sociales. Il y a une immense fabrique de l’opinion. Nous sommes tous, les journalistes aussi, convoqués chaque jour à produire des opinions. La différence, c’est qu’ils le font par métier. Ce qui arrive aux mineurs marocains, en 1985, on peut le contextualiser politiquement. A cette époque, le gouvernement prend le chemin d’une post-industrialisation, d’un post-keynésianisme et tient un discours sur la société qui commence à interpréter de façon religieuse des identités sociales. Quand les mineurs marocains revendiquent l’égalité par rapport aux travailleurs français, ils disent « nous sommes des ouvriers de la mine, avec nos droits d’ouvriers de la mine », et on leur renvoie l’image qu’ils sont des étrangers, avec l’injonction au retour. On les identifie comme autres que ce qu’ils sont dans leur propre conscience. D’une certaine façon, il y a une sinistre logique au fait que le journaliste aille piquer ces images de prière dans l’occupation des Charbonnages, car au sommet de l’Etat, le ministre de l’Intérieur annonce que la grève sociale de 1983 chez Renault est le fait de « chiites », catégorie religieuse de surcroit inexacte, alors qu’il devrai parler d’ouvriers en grève. Le premier ministre de l’époque déclare que les grève de l’automobile contre les restructurations sont animées par des personnes étrangères aux réalités sociales de la France. Il y a un moment politique de la France et la fabrique générale des opinions s’ajuste sur ce phénomène. A ce moment là, on passe de la représentation des ouvriers en terme classiste, y compris des mobilisations sociales à une représentation en terme ethnico-religieux. Est en train de se créer là le « problème de l’immigration » qui a eu belle fortune depuis 40 ans. Les journalistes sont en position de cristalliser, ils sont une sorte de loupe. Aujourd’hui, le consensus mis en avant dit que l’Etat n’est plus celui de tous. Il travaille a la séparation entre les bons français et les autres, les bons territoires et les mauvais territoires, les zones de droit et de non droit, un travail de séparation quotidien, permanent. La classe politique fait ce travail. L’Etat n’est plus l’Etat de tous, il vient dire que la police est son cœur, il suffit pour s’en convaincre de lire le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy. Quand l’Etat c’est la police, le regard porté par les journalistes sur les quartiers est nécessairement médié par cela. Dire cela a des conséquences. J’ai beaucoup réfléchi sur le nom de ce travail « Agoramiroirs », qui me trouble. Les choses n’avancent pas quand on ne fait que répondre à l’image qu’on vous renvoie dans le miroir. Il faut déplacer les choses, créer du nouveau, de nouveaux mots, de nouvelles images, il faut casser le miroir. Les médias et les habitants en miroir, ce n’est pas suffisant. Bien sur, il faut résister, répondre, mais les réponses ne suffiront pas. Il faudra un passage par ailleurs, soit par des mobilisations politiques inédites, celle qui ne sont pas à l’agenda. Ou alors c’est l’art. Car comme la politique c’est une affaire de décision. Comment va-t-on représenter les gens ? Ce n’est pas la même chose de représenter les collégiens des quartiers populaires à travers la fiction « Entre les murs » de Cantet et Bégaudeau ou à travers « L’esquive » d’Abdellatif Kechiche avec des jeunes qui mettent en scène du Marivaux. « Entre les murs » fait de la concession au 20h. Il faut que de la politique s’en mêle et que de l’art s’en mêle. Sans sous-estimer la résistance individuelle, bien sûr les gens pensent, pas simplement les savants, les artistes et les militants politiques. Mais il faut de la médiation pour que la pensée des gens se structure en parole. Il y a plusieurs paroles spontanées dans les quartiers mais quel travail pour passer de l’objet au sujet ! Pour devenir le sujet d’une parole et non pas d’une opinion. »

Seconde table ronde : « L’expression populaire des quartiers et ses limites. Une parole qui fait peur ? »

JPEG - 73.4 ko
De gauche à droite : Jésus Bugalo-Vallès, éducateur au centre de prévention du Nouveau Mons, Nadia Bouferkas, réalisatrice de documentaires, Pierre Mathiot, directeur de Sciences Po Lille, Morad Echarkaoui, fondateur du collectif Article Premier à Mons-en-Baroeul, Saïd Bouamama, sociologue, et Nathalie Dollé, journaliste ayant participé à Sagacités sur France 3.

Le filtrage médiatique qui échelonne la légitimité de la parole, l’étouffement politique de la parole citoyenne, son cadrage par les structures sociales sont des questions récurrentes dans le travail d’Agoramiroirs. Alors que les associations dédiées à la citoyenneté dans les quartiers rament pour obtenir des subventions, des expériences citoyennes se multiplient dans la région. Dans le quartier du Nouveau Mons, des ateliers de réalisation ont été menés autour de projets de films documentaires et fiction, et un collectif contre les discriminations s’est monté.

Morad Echarkaoui, fondateur du collectif « Article premier » à Mons en Baroeul, revient sur cette démarche : « Le collectif a été fondé après les révoltes de 2005, à partir de tout un questionnement autour des problématiques des quartiers. Au sein de la MJC de la ville, on a eu des opportunités de discussion, des réunions avec les différents acteurs et le maire. Le collectif s’est saisi de la question des discriminations racistes. Je suis né au Maroc, je suis arrivé à Mons à 2 ans et demi, et depuis je vis une certaine réalité. Quand j’écoute les infos, je ne retrouve pas toutes les problématiques qui me semblent importantes. On ne veut pas nous écouter ? On a tout de même décidé de se faire entendre. On a organisé de nombreux débats sur les discriminations racistes. Les promesses politiques qui ont été faites après les révoltes ne sont restées que de l’ordre de l’annonce, sans moyens solides alloués derrière. Entre nous, on s’est réunis pour faire avancer les choses ».

Jésus Bugalo-Vallès, éducateur au centre de prévention du quartier du Nouveau Mons, où est né le collectif, prend le micro : « Article premier écrivait, dans son livre, « aucun soubresaut ne va secouer la conscience de la république et apporter une solution providentielle à la plus juste des revendications, être traité comme les autres, dans le respect des principes de la déclaration des droits de l’Homme ». Ce n’est pas la révolution ! C’est quelque chose finalement d’assez simple, mais on y est tout de même depuis plus de trente ans. J’ai mis en place dans le quartier des ateliers de réalisation vidéo, autour de projets de films, avec des réalisateurs professionnels. L’idée n’était pas juste de donner la parole aux habitants. C’était une nécessaire prise de parole, par des personnes singulières, irréductibles à tout discours en surplomb. La différence entre donner la parole et la prendre n’est pas de l’ordre de la nuance. C’est une différence de conception de l’usage qu’on fait de la parole d’autrui, surtout quand cet autrui réside dans un quartier populaire. L’usage est souvent instrumentalisé : on te donne la parole, on la sollicite, mais elle doit servir à celui qui te tend le micro, qui t’offre une tribune. Ta parole devient l’illustration d’un propos qui n’est pas le tien. C’est une réflexion qui traverse toutes nos expériences depuis 30 ans. Par exemple, la façon immuable dont on se félicite de ces dames qui savent si bien faire la cuisine, mais que jamais l’on n’interpelle sur la façon dont a été fabriqué le journal de 20h. Est-ce une forme de domination symbolique ? En tout cas, nous, on tente de créer un espace, une expérience précaire mais qui ouvre la possibilité d’une prise de parole individuelle et collective, d’élaboration avec des images, des paroles et du son, d’un point de vue d’auteur dans un quartier populaire. Exigence insoutenable pour un certain nombre d’interlocuteurs ! Mais les expériences sont précaires, jamais avec un minimum de stabilité nécessaire. Dans les quartiers dont nous parlons, l’idée que l’on puisse travailler à développer ces formes d’expression tend également à disparaitre. On peut se consoler en se disant que la parole populaire fait peur, mais pour qu’elle fasse peur encore faudrait-il qu’elle puisse réellement exister, et nous n’en sommes pas encore là. Pour sortir de l’extra-territorialité dans laquelle ont été enfermés les quartiers populaires, il est urgent de cesser de penser que les habitants voudraient parler aux habitants. Ce que les gens ont à dire pourrait bien interpeller la société toute entière, et surtout quand elle parle de ses bonnes intentions. Leur parole doit être portée hors du quartier. Ce qui est en jeu, c’est l’accès à l’agora, c’est-à-dire à l’espace public. Et vous savez que de l’agora, ce sont les métèques qui étaient exclus. »

Nadia Bouferkas est réalisatrice. Elle a mené, avec son mari Memeth Arikan, les fameux ateliers de réalisation au centre de prévention du Nouveau Mons, durant 5 ans. Elle revient sur cette aventure : « Ce n’était pas une simple collecte de parole. On s’est retrouvés avec des personnes et on a décidé ensemble de réfléchir sur la construction d’un discours, sur la notion de se représenter aujourd’hui et peut être donner une sorte de réponse à discours médiatique qui stigmatise en permanence ces personnes. Se réappriorier une parole confisquée par un dispositif médiatique. Ce fut un travail de 5 années, pas sur des gens mais avec eux. Un cheminement, un processus par lequel nous, Memeth et Nadia, on avait besoin de se retrouver, de mettre sur la table un certain nombre de questions, celles qui sont fabriquées par le discours dominant. Serge Halimi disait « Les médias français se proclament de contre pouvoir mais la presse écrite et audiovisuelle est dominée par un groupe industriel et financier, par une pensée du marché ». Je pense que la question du journalisme aujourd’hui se pose d’abord là. Je ne suis pas journaliste, je suis documentariste. Je prends le temps de privilégier une relation avec les personnes avec qui je me retrouve, de cerner et délimiter un sujet avec ces personnes, de complexifier un propos et de sortir de ce coté événementiel traité par les journalistes et sortir d’une stigmatisation. C’est un travail avec des gens, où moi aussi j’apprends des choses. Qui nous permet de réfléchir « cinéma ». On est sur un propos qui va être porté par une forme. Comment mettre en scène un certain nombre de choses, sons, textes, images, réflexions pour pouvoir construire un discours qui a du sens. On fabrique des discours, on participe au façonnement de la société, on a tous une responsabilité par rapport à ça. Après, la question de la diffusion, c’est un cadre politique qui autorise à un moment qu’une parole soit vue et entendue. Par leur qualité, les films faits à Mons-en-Barœul ont pu exister autrement que dans un réseau alternatif, ils ont tourné dans des festivals de cinéma documentaire de type Fresnoy ».

Nathalie Dollé, elle, est journaliste. Elle a participé à l’aventure Sagacités, mise en place sur France 3 à partir de 1991 à 2002. Emission hebdomadaire sur une télé nationale, l’émission répondait à un impératif du cahier des charges des chaines publiques, sur le mode « les immigrés parlent aux immigrés ». La journaliste livre son regard, avec le recul : « J’ai travaillé en proposant mon regard le plus pertinent et le plus honnête possible sur une réalité. Et je suis passée de la technicienne de l’info à ce qu’on pourrait parler une responsabilité sociale. Passer de l’objet au sujet, ça a mis du temps. Ce qui revient tout le temps, c’est la nécessité de banaliser les quartiers. Je pense que par exemple, pour un sujet tel que le déremboursement d’un médicament, il serait bon d’aller mettre son nez dans un quartier populaire et d’interroger les gens sur l’impact de la mesure plutôt que de se ruer dans la pharmacie la plus proche de la télé. »

A Condé-sur-L’escaut, des groupes de parole d’habitants ont été mis en place par le centre social, animés par le sociologue Said Bouamama. Y a été mené un travail de réflexion critique sur l’actualité, autour de reportages télévisuels, pour abattre les idées reçues. Saïd Bouamama livre sa réflexion sur cette question de l’expression populaire : « Je m’en fous de la façon dont les médias parlent des quartiers populaires. Ce n’est pas là que ça se joue. Les médias commenceront à transformer leur regard le jour où il y aura du rapport de force dans la société. Quand les milieux populaires par ailleurs auront construit des espaces dans lesquels ils prennent la parole, indépendamment des médias. Et que les médias seront contraints de le refléter. Les médias sont le résultat de notre société et des rapports de force qui y séjournent. Il faut faire attention aux mots produits par les dominants. Un exemple : 1983, séisme en France la marche pour l’égalité, 100 000 personnes à Paris. Le mot choisi « marche pour l’égalité », des heures et des heures de débat entre nous. Quelle trace médiatique ? Qu’on me montre un article de l’époque qui ne dise pas marche des beurs. Toute presse confondue. Et ça, il faut se questionner sur ce filtre médiatique. Comment les couches moyennes sont venues confisquer un mot produit par en bas pour le remplacer par leurs propres préoccupations. Les préoccupations de ceux qui marchaient, c’était « on veut une société égalitaire », celles de ceux qui regardaient, c’était « ils nous faut la paix sociale ». Il n’est pas possible de travailler en direction des quartiers populaires si on ne part pas de leur pensée, de leur parole, de leur analyse, de comment ils pensent leur propre réalité. Les quartiers populaires ne sont pas des déserts politiques. Il y a une parole diffuse, en bas des cages d’escaliers, pas dans les lieux où on s’attend à la voir. Ça nous pose une série de questions : est-on au clair sur pourquoi on veut que les milieux populaires s’expriment ? Est-ce que c’est un besoin face à une domination vécue ou est-ce que c’est pour nous auto-illusionner sur l’état de démocratie dans notre société ? Seconde question : pour qui voulons-nous que les milieux populaires s’expriment ? Est-ce pour convaincre ceux qui ne sont pas des milieux populaires que ceux-ci ne sont pas des sauvages, ou est-ce qu’on considère que les milieux populaires ont d’abord besoin de s’exprimer pour eux-mêmes, pour construire leur rapport au monde, leur propre explication des situations de domination vécues ? L’enjeu n’est pas le même. Ça peut expliquer, pour certains intervenants dans des groupes de parole, le silence auquel ils doivent faire face. Le silence est une résistance. Face à un groupe qui se tait, on peut se dire qu’ils ne savent pas parler, que la technique n’est pas la bonne, mais on peut aussi le penser en terme de résistance. Troisième question : sur quel aspect voulons-nous qu’ils s’expriment ? J’ai participé à plusieurs projets de groupes de parole avec des jeunes, à partir d’un programme de financement, on crée des groupes de parole sur l’écologie. Mais dans les quartiers, les jeunes s’en foutent, ils ont d’autres ordres de priorité. Si vous leur demandez d’intervenir sur le chômage, oui. Mais si on arrive avec des préoccupations plaquées, qui viennent d’ailleurs, ça ne marche pas. Ça pose la question de l’encadrement de la parole. Dernier aspect, quel type de parole : individuelle, collective ? Ça a également un impact. Pour moi, l’objectif de ces espaces-temps dans lesquels collectivement émerge une parole, c’est d’être vécu comme une manière pour les participants de comprendre leur propre existence et leur propre domination. Une utilité sociale interne. Du type : « j’y ai appris que ce n’était pas moi qui était responsable de mon chômage, qu’il y avait des mécanismes sociaux qui créaient un écart de richesse important dans la société, j’ai appris qu’il y avait des enjeux dans la manière de présenter dans les médias la crise économique mondiale ou les combats en Lybie ». La seconde dimension, c’est la création d’un « nous » dans un quartier populaire. Ceux qui ont participé ont l’impression d’avoir créé une culture commune. Après, i lfaut se méfier de l’émergence des « professionnels habitants ». Si une vraie expérience est mise en place, dans l’année, on peut assister, s’il n’y a pas de résistance de la personne en question, à une quasi-professionnalisation. Le voilà baladé à droite, à gauche. A chaque fois qu’une expérience peut inscrire une contestation dans la durée, on vient la chopper pour la professionnaliser. Pour moi, c’est une réaction systémique de la société pour venir étouffer toute parole qui pourrait devenir dangereuse. Pour revenir à la construction d’une parole collective, à chaque fois qu’on aborde ce type de questionnement, c’est bien la mise en commun d’une série de cerveaux, qui vivent une même réalité, qui produit du nouveau, de la théorie, de la compréhension. Pas l’intelligence d’un intervenant extérieur, ou la pertinence d’une méthodologie. Ce qui fonctionne, c’est la dynamique des personnes concernées. Pourquoi ? On ne va rien inventer, tout le mouvement pour l’égalité des noirs-américains, tout le mouvement féministe a mis en évidence la théorie du « point de vue situé ». Ce sont les personnes qui vivent les dominations qui les connaissent mieux que tout savant, tout sociologue, tout journaliste, quelque soit l’ampleur du travail qu’il a mené. Les premiers concernés, s’ils se mettent en situation de compréhension, sont des experts de leur domination ».

Pierre Mathiot, directeur de Science Po Lille, s’empare de la question du vote : « Certaines analyses marxistes un peu poussées ont expliqué que l’invention des élections a été un moyen de pacifier le peuple en lui donnant un papier qui était le droit de vote, puis de le cadrer au travers d’organisations politiques. Comme on est encore en démocratie, le droit de vote reste le moyen de faire parler de soi, et mon constat aujourd’hui en tant que politiste et directeur d’une école située dans un quartier populaire, quand on voit que le taux d’abstention pour la dernière élection atteint 90%, les électeurs, jeunes ou pas, se sont tiré une balle dans le pied, ne s’approprient pas une possibilité de challenger le pouvoir et le menacer par l’arme du vote. On assiste à un « désencouragement » au vote, une difficulté de compréhension du monde politique et de l’alternance. Et depuis 2007 avec Sarkozy, on a pu assister à une ethnicisation de la question sociale. Longtemps le message d’émancipation de la classe ouvrière faisait abstraction de l’origine. Depuis la crise, il y a confusion dans l’analyse. C’est là-dessus que Nicolas Sarkozy a écrasé Le Pen, en achetant le vote des petits blancs des quartiers populaires. Et tant qu’on ne remettra pas la question sociale sur le devant de la scène, devant la question ethnique, on n’y arrivera pas. La crise du syndicalisme et de l’encadrement politique de la parole des milieux populaires a conduit à la difficulté, pour cette parole, de trouver de nouveaux modes pour son expression ».

Axiom, rappeur et directeur de l'association Norside

Axiom est rappeur, originaire du quartier de Moulin-Belfort, à Lille. Il est le fondateur et directeur de l’association Norside, récemment créée (voir http://www.med-in-marseille.info) et le porte-parole d’ACLEFEU dans le 93. Il insiste sur la nécessité de création d’un rapport de force politique : « On en a marre des débats, des conférences. C’est du discours. Aujourd’hui, on refuse de plus en plus l’échange, pour être davantage dans l’action. ACLEFEU avait mené, en France, après l’affaire de Zied et Bouna, une démarche autour des cahiers de doléance, un tour des quartiers populaires avec toutes les propositions des habitants sur ce qu’il fallait changer. 200 propositions : et bien avant l’exclusion, le chômage, les inégalités, ce sont les contrôles d’identité qui sont ressortis. Aujourd’hui on s’inscrit, avec un réseau de 800 à 1200 associations, dans un rapport de force frontal. On ne va pas prendre les armes, c’est un rapport de force politique, et effectivement, c’est là que les médias se pointent. Car ça interroge non plus les habitants des quartiers populaires, mais toute la société. Pour nous, tous les soulèvements urbains sont partis de contrôles d’identité qui ont mal tourné. On se demande comment le contrôle d’identité peut encore exister en France sous la forme qu’on connait. Les médias ne veulent pas entendre cet argumentaire. On a eu beau expliquer, en 2005 : ce n’est pas une émeute, mais une révolte, les termes n’ont pas été repris. Seul le mot émeute ressort. Malgré 200 propositions de loi déposées au sénat, malgré 1200 assos partout en France. Alors si même un mot n’est pas repris, nos propositions de lois n’ont aucun avenir possible, on n’y croit plus, on ne rêve plus. On change de mode d’action. Il y a un conseil d’avocats international qui planche sur l’illégalité des contrôles d’identité au faciès en France. On monte un dossier pour porter plainte contre l’Etat. A partir des petits groupes de parole dans les quartiers, il y a des actions beaucoup plus larges qui en découlent, au plan européen et mondial. Avant les révoltes de 2005, c’est 40 ans d’immobilisme, de situation non réglée, de spirale. On a rencontré les politiques, droite et gauche, superbement intentionnés, tout le monde nous a expliqué ce qu’on devait être, ce qu’on devait faire, mais personne n’a porté nos propositions de lois. Ce qu’on a fait, c’est un recours constitutionnel républicain, on est les seuls citoyens dans l’affaire ! On a accepté de transformer l’énervement en discours. La prochaine étape, c’est le rapport de force direct. Il y a des échéances électorales, et on n’a pas d’autre choix pour être entendus. On a tout essayé. Lors de la dernière élection, il y a eu, dans les quartiers, 3,25 millions de personnes mobilisées en vote. On considère qu’on a fait un super boulot pour motiver les jeunes de quartier pour aller voter. Aucun politique n’en a jamais parlé. Après Zied et Bouna, il y a eu Villiers le bel, personne n’en a parlé non plus. Avec l’affaire du Point, un membre d’ACLEFEU qui s’est fait passer auprès de Décugis, journaliste du Point, pour une femme de polygame, on a vu le pouvoir d’un magazine intitulé « immigration, tout ce que l’on n’ose pas vous dire ». On a vu comment les ramifications de ces organes de presse vont loin, jusqu’aux gouvernements de nos pays d’origine. On a reçu des menaces ! La prochaine action va être terrible, mais qu’on ne s’étonne plus. Regardons tout ce qui est resté lettre morte depuis 1984. C’est terrible car rien n’a été réglé, et personne ne veut comprendre qu’on est dans une lutte de droit civique. »

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • 17 octobre

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • 16 octobre

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • 9 octobre

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • 6 octobre

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit d eretrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • 4 octobre

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • 4 octobre

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • 25 septembre

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

  • 25 septembre

     

    Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches".

    Réforme fiscale : "Les plus riches bénéficieront d’une hausse de revenus 18 fois plus importante que les plus pauvres" note Oxfam Selon la porte-parole de l’ONG Oxfam, Manon Aubry, avec les réformes fiscales engagées, "le gouvernement offre 24 milliards d’euros de cadeaux fiscaux aux plus riches". L’ONG de lutte contre la pauvreté Oxfam publie lundi 25 septembre, un rapport critique sur le projet de loi de finances 2018, intitulé Réforme fiscale : les pauvres en paient l’impôt cassé. Selon le rapport, les ménages les 10 % plus riches bénéficieront "d’une hausse de revenus au moins 18 fois plus importante que les 10 % les plus pauvres", alors que les 10% les plus riches possèdent déjà "56% des richesses (...)

     

  • 20 septembre

     

    CONTRE LA SUPPRESSION BRUTALE DES CONTRATS AIDES, RASSEMBLEMENT unitaire DEVANT LA PREFECTURE LE MERCREDI 20 SEPTEMBRE A 13H.

    Depuis la rentrée, l’annonce par le gouvernement de la fin programmée de tous les emplois aidés a réactivé la colère dans l’éducation, premier employeur de ces contrats. Les associations de parents d’élève se sont jointes à l’intersyndicale 1er degré en cette rentrée car elles sont bien conscientes des difficultés tant sur le plan humain que dans la dégradation de l’accueil des familles dans les écoles où les AADE sont devenues indispensables au bon fonctionnement. Le second degré de l’éducation, touché aussi par ces suppressions se joindra aussi à notre action le mercredi 20 septembre à 13h devant la Préfecture, à Marseille et l’action s’élargit en interprofessionnel. L’intersyndicale a demandé à être (...)

     

  • 14 septembre

     

    Emmaüs Pointe Rouge lance une collecte de dons pour les migarnts

    La Collecte de dons alimentaires pour les migrants de la Vallée de La Roya, est ouverte. départ du camion lundi 16 octobre. Le camion d’Emmaüs partira le lundi 16 octobre. Voir sur le site emmaus-pointerouge.com

     

Articles récents

Articles au hasard