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Les écolos rassemblés dans leur diversité en vue des Européennes

24 avril 2009 - Dernier ajout 5 juin 2009

Dans le sud-est, la liste du Rassemblement Europe Ecologie, en lice pour les élections européennes qui auront lieu le 7 juin prochain, est emmenée par Michèle Rivasi. Le mouvement qui a souhaité réunir largement autour de ses valeurs organise demain au CRDP une conférence « pour un nouveau partenariat euro-méditerranéen ». Objectif : « construire des ponts face aux murs de l’Europe forteresse »


 

Alors que le « Grenelle de la téléphonie », dit aussi « Grenelle des antennes » vient de s’ouvrir à Paris, impossible de joindre Michèle Rivasi, tête de liste du Rassemblement Europe Ecologie dans le sud-est pour les élections européennes à venir. Connue pour son engagement associatif et scientifique – elle est à l’initiative de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité qui a révélé en 1986 que le nuage radioactif lié à l’accident nucléaire survenu à la centrale de Tchernobyl ne s’est pas arrêté aux frontières alpines, comme le soutenaient les autorités françaises de l’époque) et plus récemment vice-présidente du Criirem (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques) – la native de Montélimar fait figure de spécialiste, notamment en ce qui concerne les effets réels ou supposés des antennes relais installées un peu partout sur les toits des immeubles par les opérateurs de téléphonie mobile et les connexions Wi-Fi qui pullulent, même au sein des hôpitaux.

En lieu et place de Michèle Rivasi, c’est donc Sébastien Barles, son directeur de campagne – dont l’engagement écolo dans notre région est également notoire – qui a accepté de répondre à nos questions. Il revient sur la large union opérée par le Rassemblement Europe Ecologie au niveau local (qui répond parfaitement à celui observé sur le plan national, puisqu’on y trouve en tête d’affiche, José Bové, Eva Joly, Yannick Jadot, Daniel Cohn-Bendit,…) ; sur la place qu’occupent les « candidats issus de la diversité » dans la liste qui se présente dans le sud-est ; et sur la conférence-débat organisée samedi 25 avril au Centre régional de documentation pédagogique de Marseille, sur le thème d’un renouvellement du partenariat euro-méditerranéen, et pour lequel sont annoncés le député Verts Noël Mamère, Moussa Kacem le fondateur d’Algérie Verte, Belkacem Lounès, président du Congrès mondial amazigh,... Le mot d’ordre : « Pour construire des ponts face aux murs de l’Europe forteresse, agissons ! »

Dans le sud-est comme au niveau national, vous avez souhaité « rassembler le peuple écologiste ». Comment avez-vous constitué votre liste ?
Nous avons désigné Michèle Rivasi comme tête de liste en décembre. Avec son passé de militante associative, mais aussi politique puisqu’elle a été députée de la Drôme, elle incarne parfaitement ce rassemblement écologique. En numéro 2, nous avons placé François Alfonsi, qui est Corse et qui dirige Régions et Peuples solidaires, avec qui nous avons passé un accord. Ce mouvement milite pour une Europe fédérale. Nous aussi sommes complètement fédéralistes : nous sommes pour une application stricte de la subsidiarité à l’échelle européenne. Il faut que les instances de décisions soient au plus proche des territoires, des gens. On est pour une régulation qui va bien au-delà des pouvoirs des Etats-Nations. Par exemple, en ce qui concerne la régulation des flux financiers, si l’échelon européen apparaît comme pertinent pour lutter contre les crises, au carrefour des crises, l’échelon régional est essentiel pour le maintien de la diversité culturelle, linguistique.

Divers courants écologiques, politiques et de pensée sont, on l’a compris, représentés au sein du Rassemblement Europe Ecologie. En est-il de même concernant les « candidats issus de la diversité » ?
En troisième position, il y a Malika Attou, une savoyarde spécialiste des questions euromediterranéennes et des droits de l’homme, qui sera d’ailleurs présente samedi. En cinquième position, vous retrouvez Aïcha Sif, metteur en scène et comédienne marseillaise, qui apportera notamment sur le volet culturel. Nous avons également un étudiant de Grenoble qui milite contre les réseaux de la Françafrique,… Pour nous, c’est une volonté de faire apparaître sur nos listes ces candidats. On le fait sans réfléchir, c’est spontané, contrairement à ce qu’il se passe dans d’autres formations politiques, où l’on met là des personnes de la diversité parce que ça peut appeler un vote communautaire. Pour nous, ce sont simplement des personnes qui apportent leur expertise, leurs compétences. Si Michèle Rivasi est élue elle aura besoin de personnes ressources comme elles.

Combien de sièges espérez-vous obtenir, à l’issue du scrutin du 7 juin ?
Nous espérons obtenir deux sièges sur le sud-est.

Donc Malika Attou, qui est en troisième position, a peu de chances d’être élue et de siéger au parlement européen. Que sera alors son rôle ?
Effectivement, sauf si nous faisons un très bon score. Elle pourra être une personne relais, ou porte-parole sur le territoire. Peut-être attachée parlementaire sur des questions spécifiques.

Samedi, vous organisez une conférence « pour un nouveau partenariat méditerranéen »… Pour contrecarrer le projet d’Union pour la Méditerranée soutenu par le président de la République ?
On ne rejette pas foncièrement l’Union pour la Méditerranée, mais les visées secrètes de Sarkozy : pour lui, il s’agit d’un contre-plan pour éviter de parler de l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne. Pourtant c’est inévitable, et nous y sommes d’ailleurs plutôt favorables, avec bien sûr tous les préalables de reconnaissance du génocide arménien, de respect des minorités, kurdes notamment, et des droits humains. Mais on pense que c’est un processus qui doit suivre son cours. Il faut que l’Europe porte ce rêve du Bosphore.
Lors de cette conférence, nous présenterons notre vision des relations euro-méditerranéennes, qui ne doivent pas être tournées comme c’est le cas de l’Union pour la Méditerranée sur le tout sécuritaire. La politique voulue par Nicolas Sarkozy est une politique à très court terme et très onéreuse. On sait que la reconduite aux frontières d’un étranger coûte 70 000 euros. Soit beaucoup plus qu’un vrai projet de co-développement qui permettrait à un étudiant étranger de voir ses études en France financées et de retourner travailler dans son pays d’origine. Un programme sécuritaire coûte plus cher qu’un programme de co-développement, qui permettrait au contraire de réduire les flux migratoires « subis », liés à l’arrivée de réfugiés climatiques ou économiques.
Ce que l’on peut mettre au crédit de l’Union pour la Méditerranée c’est qu’au-delà des déclarations de principe, on va pouvoir financer des projets très concrets, comme la dépollution de la Méditerranée par exemple. Le problème est qu’il s’agit de projets interétatiques qui ne règlent pas les problèmes de fonds, en incluant par exemple les sociétés civiles des pays concernés. C’est ça qu’il faut développer.

En dehors de ces questions euro-méditerranéennes, quelles sont les visées du Rassemblement et comment vont-elles se concrétiser dans notre région ?
L’écologie repose en fait sur trois piliers : l’harmonie sociale, l’environnemental, et le culturel. Ce n’est pas nouveau pour nous d’investir sur le terrain social et d’avoir des idées innovantes sur le sujet : on a toujours milité pour un temps de travail abaissé, pour un partage du travail, pour un revenu garanti universel. Peut-être qu’aujourd’hui nous sommes plus audibles, du fait du contexte économique.

L’une des principales questions que nous posons est celle de la reconversion et de la relocalisation de la production. Nous souhaitons créer une économie du lien plus qu’une économie du bien marchandise. Nous sommes pour la défense des circuits courts, pour une activité au plus proche du consommateur. Comme par exemple avec les AMAP, système de relation directe entre producteurs et consommateurs et qui permet de garantir un revenu adapté au producteur, dont l’activité est en pleine expansion. Bien sûr, c’est plus compliqué en ce qui concerne l’activité industrielle, il faut pour cela mettre en place un grand programme de reconversion. Mais il y a des exemples probants, comme le site de Nestlé à St Menet à Marseille qui a été repris par des gens proches de nous d’ailleurs. La friche industrielle a été investie par une plateforme logistique de commerce équitable, qui fait travailler le port de Marseille sur un nouveau type d’activité. C’est un site reconverti exemplaire, avec 6 000 m² de panneaux photovoltaïques, une énergie qui, réinjectée dans le réseau, permet de financer des microprojets dans les pays du Sud. Voilà un projet qui est pour nous innovant, créateur d’emploi et écologiquement exemplaire, une illustration de la reconversion que l’on prône.

Conférence-débat « pour un nouveau partenariat euro-méditerranéen »
Samedi 25 avril 2009 de 13h45 à 18h
CRDP
31, bd d’Athènes
13001 Marseille

 

 

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