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Les anciens abattoirs de Marseille : Sara Vidal leur redonne vie

11 novembre 2010

Sara Vidal vient de publier un livre-mémoire sur la vie qui animait ces vingt dernières années ce haut lieu du patrimoine industriel phocéen. L’ouvrage, « Les anciens abattoirs de Marseille, une aventure inédite » est conçu comme un reportage. Expériences artistiques, humaines ont fait vibrer ce site. L’auteure porte un regard sociologique, attendri sur l’histoire des abattoirs et des compagnies sur place.


 

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Comment ne pas effacer ces traces de vie de 1989 à nos jours ? Comment faire perdurer des ambiances, des moments forts, portés par des collectifs artistiques tels Générik Vapeur, Lézard Plastic, Sud Side,…Comment faire revivre cette aventure commune, disparue aujourd’hui ? Sara Vidal a eu envie de recueillir des paroles de témoins, d’immortaliser des souvenirs par un livre.

Flash-back. Dans les années 80, la compagnie de théâtre de rue, Générik Vapeur débarque à Marseille. Sara Vidal animait à l’époque des émissions sur le théâtre à Radio Gazelle. Elle mène plusieurs interviews auprès de Générik Vapeur, le courant passe. Au fil du temps, elle s’implique davantage, elle est aujourd’hui présidente de leur association. « J’ai vécu à travers eux, l’histoire des abattoirs ». Vingt ans durant, de nombreux artistes s’installent sur le site de St-Louis. Aujourd’hui, une page se tourne, « tout le monde doit partir. Une partie de l’endroit est dévolue à la Grande Mosquée, la Ville a récupéré le restant du terrain » dont elle est propriétaire. Générik Vapeur a rejoint d’autres compagnies aux Aygalades, à la Cité des Arts de la Rue.

Une nouvelle vie : radio, théâtre, écriture

Ecrivain depuis 1990, Sara Vidal était auparavant professeur de lettres. Née au Maroc en 1938 de parents français, elle quitte Casablanca pour Paris afin de poursuivre des études littéraires. Elle devient enseignante, après plusieurs mutations, elle s’installe à Marseille en 1969. Elle restera longtemps au lycée Edgar Quinet, et termine sa carrière à l’établissement de Marseilleveyre. En 1982, elle prend une retraite anticipée et commence à entreprendre des projets plus personnels comme la radio libre, le théâtre, les associations et en particulier l’écriture. Ainsi, en 1999, elle fonde une association de rencontres littéraires « Lectures du monde », trait d’union entre écrivains des pays du Sud et des lecteurs.

La compagnie de théâtre de rue l’avait déjà inspiré en 2000. Elle leur avait consacré un texte poétique, « Bivouac Générik Vapeur ». L’auteure avait suivi la troupe lors d’une tournée de son spectacle « Bivouac ». L’histoire récente des abattoirs est singulière. En 1989, l’établissement cesse son activité et rapidement, s’offre une seconde vie. Finie la vie ouvrière, bienvenue à la bohème. Une communauté artistique s’établit dans cette zone et vit en bonne intelligence. «  Il y avait une espèce d’effervescence, de création, de vie originale » nous dit Sara Vidal.

Beaucoup de témoignages

On ne peut s’empêcher d’établir des comparaisons avec la Friche La Belle de Mai. Pourtant, souligne l’écrivain, une grande différence distingue les abattoirs de la Friche : l’habitat. Sur le site de St-Louis, les artistes ont non seulement créé mais s’y sont posés pour y vivre. Ils avaient disposé ici et là des caravanes sur le terrain. Autre figure du quartier est la haute tour de l’horloge. Ce clocher au cadran énorme est symbolique. Cette partie de St-Louis était un repère pour le quartier. « Quand on est arrivé sur le site, l’horloge marchait. Quelques années plus tard, l’heure s’est arrêeté ». Le temps était suspendu.

Frédéric Raynaud (photographies) et Alexandre Tabakov (dessins) ont illustré le livre…tout naturellement. Les deux hommes sont associés à l’histoire des abattoirs. Au départ, Frédéric a trouvé refuge dans ces lieux. Très vite, il devient le photographe attitré de Générik Vapeur. « Il est un témoin de l’aventure au premier plan en tant qu’habitant et travailleur » précise Sara Vidal. Alexandre était aussi un « résident » des abattoirs. Il avait un atelier de peinture à l’aérographe, il travaillait beaucoup sur les carrosseries, les voitures destinées à des spectacles de Générik Vapeur. En marge, il donnait des cours de dessins à des jeunes de centres sociaux.

Sara a posé un regard personnel sur cette histoire de St-Louis, enrichi d’interviews de nombreuses personnes. Ces témoignages ont « nourri le fond de ma réflexion, permis de faire une analyse » souligne l’auteure.

Un regard subjectif, chargé d’émotion

Elle parvient à en dégager plusieurs problématiques. Ainsi, elle raconte « comment se passait la vie à l’intérieur : créer, habiter, faire des fêtes, la cantine et ses grandes tablées ». Le rapport avec le quartier était très complexe. Sentiments, ressentiments s’imbriquaient, « pour le CIQ, c’était un rejet total des artistes. Les commerçants : cette vie artistique leur plaisait bien ». Le secteur souffrait énormément du chômage pendant que les abattoirs étaient lieux de création, d’invention, de départ de tournées de spectacles. Ambiance de paradoxes : des liens d’amitié se sont noués, « en même temps, des vols se produisaient, signes d’intrusion violente pour se faire entendre » commente Sara.

Etonnante vie collective. Sara pose ces questions : « comment sans loi, on cohabite ? Comment le mode de voisinage s’établit ? ». On assiste après quelques essais d’organisation collective, à un mode de cohabitation spontané.

Depuis, la grande halle a été détruite. Les derniers bâtiments sont en ruine. Elle trouve assez incompréhensible qu’un tel patrimoine industriel n’ait pu être sauvé. « C’est un lieu magique » qui véhicule une histoire. Bien souvent, Sara parle de ces abattoirs au présent. Elle garde l’espoir que son livre soit un élément déclencheur de rencontres débats autour de « cette façon de vivre, de créer, de se placer dans une ville ».

«  Les anciens abattoirs de Marseille, une aventure inédite » de Sara Vidal, photographies de Frédéric Raynaud, dessins d’Alexandre Tabakov. Publié aux Editions Cris Ecrits

 



 

 

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