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Les acrobates de Tanger version contemporaine

17 janvier 2012

Après avoir tourné six ans à travers le monde avec la pièce Taoub mise en scène par Aurélien Bory, le groupe acrobatique de Tanger s’est produit la semaine passée au théâtre du Merlan, faisant salle comble. Leur dernière pièce, Chouf Ouchouf « Regarde et regarde encore », alliant tradition acrobatique et ouverture contemporaine, est née de la collaboration avec les artistes suisses Zimmermann et de Perrot. Depuis 2003, la directrice marocaine de la troupe, Sanae El Kamouni, œuvre pour donner perspective d’avenir et statut à ces jeunes acrobates découverts sur plage de Tanger. Rencontre durant le filage.


 

Art ancestral traditionnel, l’acrobatie rythme quotidiennement les plages de Tanger, au Maroc. Le groupe acrobatique de Tanger a été rassemblé par Sanae El Kamouni, en 2003, pour travailler avec des acrobates locaux autour de nouvelles écritures. L’idée était de les former mais très vite, le metteur en scène contemporain, Aurélien Bory, a construit un spectacle né de la rencontre entre son propre univers et la tradition marocaine de l’acrobatie. Afin d’encadrer cette aventure, Sanae El Kamouni a dû fonder l’association Scènes du Maroc Tanger : « au départ sur place, il n’y avait rien, on est parti de zéro. Taoub a été monté au Maroc à Tanger, sans co-producteur, avec des sponsors qu’on a trouvés sur place mais aussi avec la participation d’amis qui nous ont aidés et beaucoup de générosité humaine » a confié la directrice de la troupe acrobatique de Tanger. Par la suite, pour des « raisons d’immigration, d’autorisations de travail et de demandes de visas, on a été obligé d’avoir un employeur français ». Elle a finalement formé une structure jumelle, en France à Toulouse, Scènes du Maroc Toulouse, qui emploie l’ensemble de l’équipe. Aujourd’hui, douze acrobates la composent.

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Younes Hammich, acrobate de père en fils

La pratique de l’acrobatie a traversé les siècles. Constitués en grande famille d’artistes, les acrobates s’entraînent dès leur plus jeunes âges, comme Younes Hammich, un des membres de la plus ancienne lignée d’acrobates et chef de la troupe de Tanger : «  Dans ma famille, tout le monde est acrobate depuis sept générations, c’est la famille Hammich. J’ai commencé à apprendre à l’âge de deux ans et demi et j’ai travaillé à quatre ans. En 86, j’ai obtenu la médaille du plus jeune artiste au monde lors d’un festival au Japon. ». Mais malgré l’engouement des jeunes pour l’acrobatie au Maroc, vivre de cet art reste incertain. Interrogé, Younes Hammich déplore : « au Maroc, c’est contradictoire, c’est un art qu’on aime beaucoup mais qui n’est pas valorisé. Je ne vis pas vraiment de mon art au Maroc. Ça reste un domaine artistique très marginalisé. Comme il n’y a pas d’espace pour travailler, nous, acrobates, nous sommes confrontés aux difficultés techniques. »

« le combat de tous les artistes marocains »

Problèmes techniques, absences de débouchés et difficultés de financement, la directrice de la troupe évoque la difficulté de cette situation : « nous n’avons pas de soutiens financiers au Maroc. C’est très difficile car la question culturelle au Maroc n’est pas une priorité et c’est le combat de tous les artistes marocains. En terme de conditions de travail, il n’y a pas de théâtre à Tanger ». A l’inverse de la France, « au Maroc, il y a très peu de subventions et les sommes sont vraiment ridicules par rapport au budget dont on a besoin. Pour chaque création, nous travaillons sur cinq mois avec des équipes, des décors et tout cela a un coût. Il faut beaucoup d’énergie pour obtenir une subvention qui ne couvrira quasiment aucun frais ». Mais cette troupe a notamment pu voir le jour grâce aux soutiens financiers de la fondation BMCI, du côté marocain : « c’est plus parce qu’on est soutenu depuis cinq ans en France par la Fondation BNP-Paribas qui est intervenue auprès de la Fondation marocaine puisque c’est la même banque » explique la directrice.

Être artiste au Maroc reste compliqué expose Sanae El Kamouni : « c’est très difficile même si je ne nie pas qu’aujourd’hui, il existe une scène culturelle au Maroc qui est en plein mouvement. Pleins de choses se passent, que ce soit en danse contemporaine, en théâtre d’actions et en théâtre de mouvements. Il y a une vraie émergence d’artistes mais ça reste l’initiative d’associations et d’artistes qui se battent pour leurs conditions et leurs statuts. Bien souvent, ce sont des gens qui ont réussi à l’extérieur du Maroc sans aide locale ». D’ailleurs, à la recherche d’un lieu de répétition, la directrice en appelle de ses vœux. Malgré un succès international, Safinez El Hamouni tient à garder un encrage dans sa patrie d’origine : « on s’est donné le défi d’exister d’abord chez nous avant de partir en tournée dans le monde entier. A chaque fois, c’est une sacrée aventure où il faut trouver des lieux que l’on équipe, ça coûte une fortune, des fonds pour financer la location du lieu et l’aménagement technique. C’est toujours un challenge » avoue t-elle.

La formation a fait des petits, Younès Hammich, le chef du groupe des acrobates devient aussi metteur en scène et présentera bientôt sa propre création. Et pour l’évènement Marseille Provence 2013, la troupe concocte une nouveau spectacle avec Aurélien Bory. A très vite pour de nouvelles acrobaties !

 

 

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