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Le dispositif CréaJeunes encourage les jeunes issus des quartiers défavorisés à créer leur entreprise

6 août 2010

Les jeunes des quartiers populaires sont bien souvent des entrepreneurs qui s’ignorent. Et si certains ont des projets, ils n’ont bien souvent pas les moyens financiers et techniques pour les mettre en œuvre. Pour pallier à ce cela, l’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) a mis en place le dispositif « CréaJeunes » réservé à tous les jeunes de 18 à 32 ans désirant se lancer dans la création de leur propre entreprise et remédier ainsi au chômage endémique et aux différentes discriminations dont ils sont parfois les victimes. Ce dispositif gratuit d’accompagnement « CréaJeunes » est aujourd’hui considéré comme étant une « voie d’insertion pertinente » pour les jeunes des quartiers populaires bien souvent exclus du crédit bancaire classique. Aujourd’hui, l’association est à la recherche de porteurs de projets mais aussi de bénévoles susceptibles d’apporter leurs expériences dans ce domaine. Entretien avec Monique Seignon, responsable du dispositif CréaJeunes à l’Adie.


 

Comment est née l’Adie et quelles sont ses actions ?

L’Adie (Association pour le Droit à l’Initiative Economique), est une association de micro crédit à la création d’entreprises qui existe depuis un peu plus de 20 ans maintenant et dont la présidente a travaillé avec Mohammed Yunus, le créateur du microcrédit dans les pays en voie de développement. Quand elle est rentrée en France elle a simplement voulu appliquer ce principe. Ça a fait ses preuves puisque le microcrédit s’est développé ces vingt dernières années. L’Adie est une association à but non lucratif, loi 1901 et reconnue d’utilité publique et elle s’adresse à un public qui n’a pas accès aux services bancaires classiques c’est-à-dire des personnes dont les revenus ne sont pas suffisamment probants pour donner confiance aux banques. Mais une personne qui peut avoir accès à un crédit sur une création d’activité auprès d’une banque ne pourra pas s’adresser à l’Adie, après il y a des personnes que les banques n’accepteraient pas de suivre et c’est là que l’Adie peut intervenir. Cela peut être des personnes issues des quartiers défavorisés ou tout simplement des personnes dans des situations modestes.

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Saïda Essafiry a crée la marque AMZAKEL (assise parmi les 4 jeunes femmes qui portent ses créations)

Les personnes issues des « quartiers défavorisés » sont aussi un axe du dispositif CréaJeunes ?

Les quartiers défavorisés, c’est un axe pour « CréaJeunes » qui est l’un des dispositifs gratuits d’accompagnement de l’Adie. Ça été en effet un parti pris dans le sens où le projet a commencé à naître fin 2006 à la suite des problèmes qui a eu lieu justement dans les quartiers défavorisés et Maria Nowak la présidente, a pensé que tous ces jeunes qui étaient dans la rue et qui manifestaient leur mécontentement, avaient certainement beaucoup d’énergie pour eux mêmes créer leur entreprise et trouver d’autres issues que la réinsertion par les soutiens classiques tels que le RSA ou les aides sociales.

Le dispositif « Créajeunes » a été ouvert en janvier 2008, cela fait donc deux ans que le dispositif existe. Il y’a environ une centaine de jeunes par an qui entre dans ce dispositif et qui sont accompagnés par CréaJeunes. Il ya 260 porteurs de projets qui sont passés par Créajeunes depuis le tout début du dispositif.

C’est de la réinsertion par l’économie. C’est tout simplement mettre la création d’activité à portée de tout le monde même s’il ne s’agit d’une activité énorme mais que ce soit une activité suffisante pour au moins aider la personne à être autonome grâce à sa propre activité. C’est un véritable dispositif gagnant/gagnant pour les porteurs de projets. On leur demande simplement de la rigueur dans le travail puisqu’ils travaillent pour eux-mêmes. Nos services sont gratuits, on a une équipe qui est réellement à portée des jeunes et qui met beaucoup d’efforts pour leur développement et à leur réussite.

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Jhona Vaz a créé la marque OZAS (puis ci-dessous mannequin défilant avec l’une de ses créations)

 

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Quels sont en général les types de projets qu’ils choisissent de développer ?

Nous n’avons pas de regard sur la nature des projets dans la mesure où ils restent légaux évidemment mais nous accompagnons indifféremment tous types de projets dans le sens où notre travail consiste à accompagner sur un métier de chef d’entreprise. Donc l’idée c’est qu’on va recevoir tous les projets qui sont réalisables, cela peut être du Snack, de la création de marque de vêtements ; après il y a des choses plus originales on a vu aussi des Disc Jockey (DJ) qui voulaient s’installer comme auto-entrepreneur ou un jeune qui faisait de la production de disques vinyles ou des électriciens, plombiers, maçons. Les projets sont assez divers et vont dépendre des porteurs de projets et il est vrai que si on reste sur un public de quartiers populaires, le projet star est le snack.

Quelles sont les conditions d’accès au microcrédit ?

Il y a deux choses. Il y a d’un côté l’accompagnement CréaJeunes où nous faisons de l’accompagnement en amont de la création. C’est-à-dire qu’on n’a pas de lien obligatoire vers le crédit donc on peut recevoir des porteurs de projets qui par la suite seront financés soit en autofinancement, parce que certains ont les moyens ou leur projet est suffisamment léger pour qu’ils puissent le porter seul, certains seront financés par des banques ou certains se retourneront vers l’ADIE. Ça c’est dans le cadre du dispositif CréaJeunes.

Pour l’ADIE, le prêt peut aller jusqu’à 6000 euros et ça peut s’accompagner d’un prêt d’honneur qui va pousser le montant global à 10 000 euros. Les conditions vont dépendre réellement de chacun des dossiers. Un financement va être accepté à partir du moment où tout d’abord on s’assure que le créateur ne va pas entrer dans une situation de surendettement donc on fait d’abord un état des lieux de la situation du créateur. Ensuite on s’assure que le créateur va pouvoir continuer à subvenir à ses besoins, payer son loyer, assurer sa survie au quotidien tout en remboursant le prêt sans difficulté.

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Moustadira Adame a créé la marque CHEWO (accompagné ici d’une mannequin)

Comment se concrétise cet accompagnement à la création d’entreprise ?

L’Adie développe depuis 6 ans maintenant différents dispositifs d’accompagnement qui jusqu’à maintenant étaient réservés aux clients de l’ADIE. Donc une personne prenait un emprunt et avait à côté un accompagnement individualisé à disposition et selon la demande. CréaJeunes est un peu différent puisqu’on est uniquement en amont, donc ces personnes là ne seront pas forcément des clients de l’ADIE par la suite et comme cela s’adresse à un public plus jeune, moins expérimenté qui parfois n’a pas un bagage scolaire suffisant mais qui peut tout à fait faire preuve du système de système de débrouillardise par contre suffisant ; le dispositif se déroule en modules collectifs où on propose 85 heures de formation au cours desquelles des professionnels vont expliquer les différentes phases de la création de l’entreprise aux porteurs de projets. Cet accompagnement collectif se double d’un accompagnement individuel. Pendant trois mois les porteurs de projets ont un accompagnateur individuel qui est leur référent et qui va les aider dans l’établissement de leur dossier de création d’activités.

Les porteurs de projets qui font appel à ce dispositif évoquent-ils les raisons qui les ont poussés à créer leurs propres entreprises ?

Je reste relativement discrète sur leurs raisons de se réorienter et de faire de la création. Oui, en effet certains ou certaines parlent de discriminations mais de ce côté-là moi je suis plutôt sur l’avenir et ce qu’ils vont bâtir. Donc je ne mets pas d’accent sur leur passé, je ne pose pas de questions au porteur de projets dans ce sens là. On les amène à y réfléchir et à bien penser « le pourquoi » ils veulent créer leur entreprise. Soit, ils en ont marre d’avoir un patron, soit ils veulent leur indépendance, soit parce qu’ils subissent parfois des discriminations mais nous, on leur propose d’y réfléchir et de s’assurer qu’ils prennent les bonnes décisions pour les bonnes raisons. C’est un travail qu’on leur laisse faire avec les accompagnateurs.

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Fatou Gueye (avec le micro) et Echati Hadji (à droite) ont crée la marque VAYA CREYA (puis ci-dessous mannequin défilant avec l’une de leurs créations)

 

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L’Adie est-elle actuellement à la recherche de bénévoles ?

L’ADIE fonctionne beaucoup avec des bénévoles, le système d’accompagnement en général, ce sont soit des conseillers accompagnements qui sont salariés de l’ADIE, soit des bénévoles de l’association. En ce qui concerne CréaJeunes à Marseille il y a une équipe d’un peu plus de 20 bénévoles qui sont dans le milieu professionnel et entrepreneurial. On a trois experts comptables, on a d’anciens directeurs financiers, d’anciens directeurs commerciaux, d’anciens chefs d’entreprises, d’autres personnes qui ont un profil un peu plus généraliste mais l’intérêt que nous y trouvons c’est que ces personnes viennent partager leurs connaissances, leurs savoirs, leurs expériences avec des jeunes moins expérimentés et ce n’est pas que de la théorie. Nous recherchons actuellement des bénévoles pour étoffer notre équipe.

Peut-on dire que ce dispositif est un « remède » à la crise ?

Je ne sais pas s’il existe un remède à la crise par contre je pense qu’il existe des solutions. En effet s’enfermer dans le cercle des services sociaux et rester dans une dynamique de recherches pour des personnes qui sont peu qualifiées, c’est parfois difficile. Je pense que les personnes en difficulté ou en situation de précarité peuvent aussi se lancer dans l’expérience de l’entreprenariat et il me semble qu’en France c’est quelque chose qu’on ne développe pas beaucoup, qu’on encourage très peu alors que c’est entièrement faisable. Il y a beaucoup de difficultés administratives, des choses qui paraissent infranchissables ...

C’est donc peut être l’un des remèdes qui peuvent entrer dans les cocktails face à la crise.

Association pour le Droit à l’Initiative Economique (Adie)

NOUVELLE ADRESSE A PARTIR DU 1er SEPTEMBRE :

31, rue Mazenod

13002 Marseille

ADRESSE VALIDE JUSQU’AU 31 AOÛT :

Espace Liberté - 33 Boulevard de la liberté

13001 Marseille

http://www.adie.org

 



 

 

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