Articles

Accueil > Des Livres > « Le Monde est gueule de chèvre » par Joëlle Sambi

 

« Le Monde est gueule de chèvre » par Joëlle Sambi

14 novembre 2013

« Le Monde est gueule de chèvre » est le titre du premier roman coup de poing remarqué de Joëlle Sambi, une bruxello-congolaise. Il met en scène un enfant et un homme dans le Congo en guerre. Meurtres, cadavres en pleine rue, enfants soldats, camps de réfugiés… Son livre explore les faces sombres du conflit. Invitée par l’association Peuple et Culture, elle est à Marseille pour trois mois et conduit des ateliers d’écritures auprès d’un public divers. Rencontre avec une jeune femme dont l’écriture est traversée par la question cruciale de l’identité, et de l’ambivalence humaine.


 

« Ce sont les enfants de la guerre, les fils de la folie. Pour jouer, ils battent la mesure sur le bois de leurs Kalachs et font des colliers avec des douilles des leurs balles. (…) Mieux vaut apprendre à se défendre en ces temps de trouble. Leur apprendre à tirer les premiers, à surprendre l’ennemi dans son sommeil, à l’atteindre d’une seule balle. Pour eux, il n’y a de toute façon qu’un seul destin : la misère. C’est ainsi », ces quelques lignes sont extraites de « Le Monde est gueule de chèvre », de Joëlle Sambi édité chez biliki en 2007. Maniant la langue française avec brio, l’écrivaine a produit un premier roman bourré de trouvailles littéraires originales. « Le Monde est gueule de chèvre », revient sur un conflit sans fin où l’humanité est souvent enfouie derrière les atrocités que chacun est contraint d’exécuter pour survivre. Là où son livre trouve toute sa portée est qu’il questionne sur cette notion et décrit que, comme dans la vie, face au chaos, l’homme s’il est criminel est aussi à la fois victime. A Marseille, l’auteure mène, au cours des mois d’octobre, novembre et décembre, deux ateliers d’écriture intitulé « Musique et écritures hors piste » et « De nos agacements quotidiens ». Ces ateliers mélangent des étrangers en cours d’apprentissage de la langue française, des jeunes en réinsertion et des personnes habituées aux ateliers d’écritures. L’association Peuple et Culture chapeaute de front diverses actions autour de la langue et de l’image, de la littérature et du cinéma documentaire, basées sur les échanges interculturels. Projections de films suivies d’échanges, lectures-rencontres avec des écrivains invités, ateliers d’écriture, ciné-clubs documentaires, ateliers de réalisation cinéma, sont quelques unes de leurs activités.

C’est une première expérience de conduite d’atelier d’écriture pour vous ?
Joëlle Sambi : C’est une première pour moi. C’est plutôt enrichissant. J’apprends autant que les participants. J’ai participé à des ateliers d’écriture, mais je n’étais jamais de l’autre côté, celle qui doit donner des consignes. Je conduis deux ateliers, le second, qui s’appelle « De nos agacements quotidiens », est un atelier plus politique, sur la revendication. L’objet final de cet atelier sera d’écrire une revendication politique, de donner les raisons de sa colère. Qu’est-ce qui fait qu’au quotidien on peut être agacé et comment la révolte peut naître ? J’ai choisi ces deux thèmes, la musique, parce que j’écris beaucoup en musique, et le côté politique et revendication, parce que je crois qu’écrire, en tout cas pour moi, est une manière de sortir sa colère et sa révolte, de l’expulser. On s’en défait ainsi petit à petit. Même si je pense qu’il est important de rester en colère.

Justement la colère, est aussi le sujet de votre roman « Le monde est gueule de chèvre » qui a pu faire l’effet d’une bombe pour les Occidentaux qui ne connaissent pas la guerre ?
J. S : Autant ma première nouvelle je l’ai écrite avec l’innocence de la jeunesse, autant ce roman « Le monde est gueule de chèvre », je l’ai écrit avec l’arrogance que peut procurer la colère et il fallait le faire. C’est une histoire de guerre, il ya des choses qui sont plutôt personnelles, d’autres qui le sont nettement moins, et d’autres encore complètement fictionnelles. De dire, avec une fiction et une histoire ce qui se passe au Congo (RDC), parce que ça fait bien douze ans que c’est la guerre et que les femmes se font violées, tuées, les enfants sont enrôlés. C’est la guerre, dans tout ce que ça a d’ignoble et d’horrible. Même si, pour moi qui ai grandi à Kinshasa, j’étais très loin du front de la guerre. Mais on a eu les deux guerres civiles, le départ de Mobutu, l’arrivée de Kabila. Nous avons subi pas mal d’évènements qui m’ont fortement marquée et qui ont influencé mon besoin d’écrire ce roman-là.
Effectivement ce roman est peut-être une bombe. Je ne me suis pas dit cela en l’écrivant, je me suis surtout dit que maintenant il faut que ça sorte, et qu’après on pourra passer à autre chose.


On dit souvent que les écrivains font toujours le même livre, et que les mêmes thèmes les tiennent, pour vous, quoi écrire après ce roman-là ?
La première nouvelle que j’ai écrite s’appelle, « Je ne sais pas rêver ». C’était un concours d’écriture et il fallait écrire quelque chose sur le rêve, je venais d’arriver à Bruxelles, froid, gris et pluvieux. Et j’avais troqué cette ville-là contre Kinshasa, pour le coup verte, chaude et ensoleillé. Je me souviens que dans l’avion qui m’amenait en Belgique j’ai écrit une phrase : « chez les assassins de mes pères, je m’en vais étudier »… J’ai écrit cette nouvelle en me disant qu’il était très difficile de rêver d’autres choses que de Kinshasa quand je suis à Bruxelles. La deuxième nouvelle s’appelait « Religion Ya Kitendi » et qui est un peu plus joyeuse, mais qui traite de la thématique de l’entre deux, c’est-à-dire de la question de l’identité qui traverse fortement mon écriture.

Votre nouvelle « Religion Ya Kitendi » est donc plus joyeuse ?
J.S : Kitendi, ça veut dire le tissu, Religion Ya Kitendi signifie la religion de l’étoffe. C’est l’histoire d’un jeune homme qui attrape une érection en regardant les sapeurs à la télé. Plus loin, on apprend qu’il a un but dans la vie, c’est d’arriver à Paris. Parce que Paris est le lieu de la SAP, Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes. Pour parvenir à ses fins, il va s’enticher d’une jeune femme, la question est de savoir s’il l’aime ou pas, s’il s’en sert ou pas, et elle se sert-elle de lui ? Est-il tout à fait horrible ou finalement comme tout le monde ?

La SAP, Société des Ambiancer et des personnes élégantes c’est un mouvement congolais au départ ?
J.S : C’est congolais, mais ça a commencé au Congo Brazzaville et c’est un mouvement qui a traversé le fleuve et les étudiants zaïrois de l’époque s’en sont emparés. Et l’on retrouve cela très fort dans la musique congolaise actuellement, avec ces chanteurs toujours habillés de marque.

Vous avez passé la plus grande partie de votre vie à Kinshasa, avant de vivre en Belgique ?
J.S : J’appartiens à deux mondes différents. J’ai grandi à Bruxelles, je suis née à Kinshasa, je vis à Bruxelles. Je suis retournée à Kinshasa à l’âge de cinq ans et j’y suis restée jusqu’à 22 ans. Finalement que je sois à Bruxelles ou à Kinshasa, je ne suis jamais vraiment chez moi. C’est un vrai questionnement. L’identité, le fait d’être d’ici et de nulle part, d’appartenance, ça traverse, de manière plus ou moins forte, mes écrits. Dans Le prochain roman sur lequel je travaille, il y a aussi cette question-là. Toujours avec la question de la norme et du bien et du mal. J’aime bien parler de la norme. Est-ce qu’on est tout à fait bon, tout à fait mauvais ? Dans le roman, « Le monde est gueule de chèvre », je m’interroge sur ce point. Les personnages sont-ils des bourreaux, méritent-ils la peine de mort ? Ou sont-ils des victimes de la guerre, même s’ils ont la kalash entre les mains, même s’ils ont tué, violé. Avaient-ils le choix ? Et s’ils l’avaient, entre quoi avaient-ils le choix. Entre la peste ou le choléra ? C’est toujours de genre de dilemme qui alimente mes réflexions.

La RDC est-elle encore en guerre actuellement ?
J.S : Oui toujours. Le M23, qui est un mouvement de rébellion affirme vouloir libérer le pays de la dictature de Kabila. A l’est du Congo, les femmes sont systématiquement violées, passées à tabac et mises enceinte. Comme cela s’est passé en ex-Yougoslavie. C’est vraiment ce genre d’horreur-là. Malgré le mandat de l’ONU, ce conflit continue à perdurer, aussi parce qu’on a plutôt intérêt à ce que ce soit le chaos pour continuer à piller afin d’extraire du coltan pour nos GSM, des diamants, de l’or... C’est complexe et je ne prétends pas saisir tous les enjeux de ce conflit. Je remarque que ceux qui s’engraissaient continuent de s’engraisser et ceux qui crèvent sont toujours les mêmes. Pour les jeunes de ma génération (NDLR : l’auteure a 34 ans), on dit toujours qu’on est passé de la dictature, à une sorte de début de démocratie, à une nouvelle dictature puis à la guerre.

Vous sentez-vous exilée en Europe, pouvez-vous retourner à Kinshasa ou est-ce trop dangereux ?
J.S : J’y retourne de temps en temps. Kinshasa est la capitale, la difficulté est quand la guerre arrive, il n’y a pas d’échappatoire possible, il n’y a qu’une entrée dans la ville, sinon on doit traverser le fleuve à la nage pour se rendre à Brazzaville. Mais dans la capitale, les gens se débrouillent. Ma famille est là-bas. Je dis toujours que je me sens confortablement installée entre deux chaises. A Bruxelles, je me sens chez moi, je m’y sens aussi bien et aussi mal que quand je suis à Kinshasa. Mais pour moi, le luxe c’est de pouvoir voyager n’importe où de Bruxelles, ce que je n’ai pu faire quand j’étais au Congo. Là-bas, il n’y a pas de route et c’est très cher de se déplacer. Et en tant que femme seule, on manque de liberté. Kinshasa, c’est beau, c’est ensoleillé, mais c’est une prison. Du coup en arrivant à Bruxelles, j’ai beaucoup voyagé, pour le plaisir de monter dans l’avion et de me dire je vais où je veux et personne me dit quoi faire ni comment.

Pensez-vous qu’à Kinshasa les femmes ne sont pas libres ?
J.S : Je crois que les femmes congolaises sont très fortes, très libres dans leur tête, très volontaires. Mais la réalité est que quand on est femme, on attend de nous qu’on se marie avec un homme et qu’on fasse des enfants. Ce qui donne une reconnaissance dans la société. Il faut avoir cela au minimum, après les femmes peuvent faire ce qu’elles veulent. Moi, je suis issue de la petite classe moyenne, j’ai eu la possibilité de faire des études. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Le poids de la société est lourd.

Et le regard de la famille n’est-il pas pesant sur l’individu, et sur les femmes notamment ?
J.S : C’est vrai qu’à Kinshasa, quand j’étais adolescente je souffrais du fait que tout le monde dans la rue peut-être potentiellement ton parent. Potentiellement, il y a toujours une tante ou un oncle pour te surveiller, dire que ce que tu fais n’est pas honorable. Ceci d’autant plus que tout le monde vit dehors. Le poids de la famille, le regard de la famille est important. Notamment sur le mariage des femmes et l’enfantement.

Auriez-vous envie de retourner vivre au Congo ?
J.S : Je voudrais mourir au chaud ! Même si je meurs à Bruxelles, je voudrais être enterrée au Congo, au chaud ! C’est une boutade, mais c’est vrai que j’aimerais beaucoup retourner y vivre, même si j’ai très peur de l’enfermement. J’ai besoin d’être certaine que le jour où ça chauffe, je pourrais partir. Pour l’avoir déjà été une fois, je n’ai pas envie d’y rester.

Vous êtes sur quel projet en ce moment ?
J.S : Le titre provisoire de mon roman est pour l’instant, « Du sel sur nos blessures ». L’histoire n’est pas toute tracée dans ma tête, c’est plutôt des personnages qui évoluent et tissent des liens. Mon personnage principal est « l’homme moderne » qui se regarde dans la glace et décide de partir.

Que pensez-vous du climat raciste, notamment contre Christiane Taubira, qui pèse en France, en ce moment ?
J.S : Je crois que c’est un climat qui n’est pas propre à la France, même si on a tendance à être beaucoup plus choqué, parce que la France est la patrie des droits de l’homme. Maintenant la parole s’est libérée, c’est ce qu’on pensait tout bas et qu’on n‘osait pas dire. Je trouve cela dommage, ça fait plus de mal à la France qu’autre chose. Ca fait peur, ca sent mauvais. J’ai l’impression qu’on s’achemine plus vers une guerre, qui ne sera pas nucléaire, mais qu’on va revenir à des choses très sales et très systématiques, comme avec les juifs.

Les ouvrages de Joëlle Sambi
« Le Paria Club », 2012 Edition Rhubarbe. Nouvelle
« Le Monde est Gueule de Chèvre », 2007 Editions Biliki (Belgique), Prix du jury gros sel en 2008
« Religion Ya Kitendi », Editions Mercure de France, Nouvelle (2005)
« Je ne Sais pas Rêver », Nouvelle. 2005 Publication en ligne (Belgique)
Blog de Joëlle Sambi

 



 

 

Autres articles Des Livres

 

Brèves Des Livres

  • 6 février

     

    Sortie du livre "L’IMPASSE POSTCOLONIALE", selon Philippe San Marco

    Philippe Sanmarco, président fondateur de Convention citoyenne, s’attaque à la question de la fracture coloniale avec ce livre : "Sortir de la question coloniale". Selon l’ancien député socialiste des Bouches-du-Rhône, il faudrait "déconstruire un discours de victimisation qui enferme, déresponsabilise et conduit à l’impasse". Rien que ça ! Donc si l’on comprend bien, les français issus des ex-colonies se victimisent. ils doivent certainement s’inventer des discriminations, des violences policières, des stigmatisations médiatiques et j’en passe. Nous sommes donc étonné de la thèse lancé par l’ancien socialiste, ancien alié de Gaudin en 2008, puis soutien de Pape Diouf lors des municipales 2014. Alors (...)

     

  • Juin 2016

     

    La France pays de race blanche... vraiment ?

    Gaston Kelman écrivain franco-bourguignon originaire du Cameroun vient de sortir un petit ouvrage jubilatoire : "La France pays de race blanche... vraiment - adresse à Nadine Morano" chez Archipel. Son thème, stop à la fragmentation de la société en une dimension colorielle ! Il est nécessaire de repenser notre société comme une véritable entité de valeurs et non de couleurs. Allez sur youscribe.com et vous trouverez quelques pages qui vous ferons vous précipitez chez votre libraire pour acquérir ce petit joyau.

     

  • Mai 2016

     

    Laurent Mucchielli appuie là où ça fait mal

    Avec sa co-auteur Emilie Raquet, le sociologue spécialiste de la délinquance vient de sortir « Délinquance, police, justice – Enquêtes à Marseille et en région PACA ». Un brulot. Il en profite pour faire l’enterrement en première classe de son Observatoire régional de la délinquance et des cotextes sociaux (ORDCS). Expérience qu’il a porté à bout de bras de 2011 à 2015 avec le soutien de la région PACA. Au début de sn ouvrage il explique sa difficile genèse et son caractère novateur dans le domaine des sciences sociales : constitution d’un réseau de chercheurs, programme de recherches, activité de diagnostic et d’évaluation des politiques publiques. Il rappelle l’état catastrophique de la recherche dans ce (...)

     

  • Avril 2016

     

    Monsieur Tir, un marchand de bien

    Le nom de Tir brille au soleil des voyous et pourrait devenir aussi célèbre que celui de Zampa il y a quelques années, retrouvé pendu dans sa cellule des Baumettes et décédé peu après, une affaire des plus troubles jamais vraiment élucidée. Mais Med In Marseille qui œuvre à la mémoire de l’immigration se devait d’évoquer la mémoire d’un M. Tir et j’ai sorti de nos archives le très bel ouvrage du Comité Mam’Ega à la mémoire du patriarche de cette famille M. Mahboubi Tir. Ce remarquable travail a été réalisé en 2003 par Karima Berriche (texte), Frédéric Pauvarel et Bernard Ribet (photos) et préfacé par le grand historien de l’immigration dans notre cité Emile Temime. Il a été publié grâce au soutien du Conseil (...)

     

  • Janvier 2016

     

    A lire : « Palmyre – L’irremplaçable trésor »

    Paul Veyne, 85 ans, historien, notre plus grand spécialiste de l’Antiquité gréco-romaine vient de sortir chez Albin Michel un magnifique petit ouvrage sur cette ville antique de Syrie : « Palmyre – L’irremplaçable trésor ». Avec la destruction de se site par Daech, il a vu son sujet d’étude voler en éclat et disparaître un pan de notre culture. Il est profondément marqué par ce saccage incompréhensible et en 140 pages il esquisse un portrait de ce que fut la splendeur de ce lieu qui n’existe plus que dans les livres. Il ranime le souvenir de la reine Zénobie, à la fois reine d’Orient et vraie romaine. Il nous prend par la main et nous emmène déambuler avec lui dans cette ville joyau. Nous y découvrons ses (...)

     

  • Janvier 2016

     

    A lire : « Sociologie d’une crise religieuse – Qui est Charlie »

    Essai ambitieux d’Emmanuel Todd sur le mal français. Dans le doute et avec méthodologie en 242 pages il dissèque la société française pour commencer une explication plausible et audible par le commun des mortels des événements terribles que nous venons de subir. Il utilise tous les outils des sciences sociales et se risque sur les chemins de l’analyse psychanalytique de groupe pour démonter ce mécanisme apocalyptique. Deux passages que j’ai relevé, un dans l’introduction, l’autre dans sa conclusion traduisent pour moi un résumé symbolique de l’ouvrage. « La focalisation sur l’islam révèle en réalité un besoin pathologique des couches moyennes et supérieures de détester quelque chose ou quelqu’un, et non pas (...)

     

  • Décembre 2015

     

    A lire bientôt : "La Fabrique du Monstre de Philippe Pujol"

    Les ouvrages sur Marseille sont nombreux : de l’éloge au dégoût, ils sont rarement de bonne qualité et les quatrièmes de couverture nous annoncent des révélations souvent fantaisistes parfois mensongères. Marseille c’est le sujet qui peut rapporter gros et vendre tous médias confondus, comme l’Olympique de Marseille et pire comme le navet sans fin « Plus belle la vie » qui nous décrit un Marseille de pacotilles pour les ménagères de plus de cinquante ans. Mais début janvier Philippe Pujol, ancien de la rédaction de La Marseillaise et Prix Albert Londres 2014 du meilleur « Grand Reporter de la presse écrite » sort aux éditions Les Arènes « La fabrique du monstre – 10 ans d’immersion dans les quartiers nord (...)

     

  • Décembre 2015

     

    A lire

    Nouvel ouvrage de Gilles Kepel avec Antoine Jardin : « Terreur dans l’hexagone –genèse du djihad français » chez Gallimard. Avec son titre accrocheur et sa couverture au lettrage bleu, blanc, rouge sur fond noir, avons-nous droit à la énième explication sur les raisons qui poussent de jeunes français à mourir pour le jihad ? Sommes-nous devant l’ouvrage savant qui va remettre du rationalisme dans nos peurs ? Avons-nous un patchwork de théories collées les unes aux autres qui dans le feu des événements et sous la pression éditoriale de réaliser un livre à chaud risque encore plus de perdre les néophytes ? A la première lecture, je dirais les trois mon général. Le prologue « De la marche des Beurs à Charlie (...)

     

  • Décembre 2015

     

    Karim vote à gauche et son voisin FN

    « Depuis plusieurs décennies, on s’interroge à chaque élection sur la manière dont ont voté les électeurs en fonction de leur genre, de leur âge, de leur profession et, évidemment, de leur religion. Pendant longtemps, l’enjeu consistait à mesurer le vote “catholique” ou le vote “juif”. Aujourd’hui, ­l’enjeu c’est aussi le vote “musulman”. Ce dernier a suscité de nombreux commentaires après les dernières élections municipales. Des socialistes battus, expliquant que leur défaite tenait à l’abandon de l’électorat musulman, conséquence du mariage pour tous. Des leaders des ­Républicains, se réjouissant d’avoir récupéré le vote musulman. Enfin, quelques obser­vateurs en mal de sensationnel sont allés jusqu’à annoncer le (...)

     

  • Novembre 2015

     

    La discrimination coûte dix milliards d’euros par an à la France

    Le constat des auteures de l’ouvrage (une étude du Think Tank Different) dont nous publions ci-dessous deux extraits est sans appel : la discrimination coûte cher à la société française. Dix milliards d’euros de manque à gagner chaque année car l’État investit et forme une jeunesse qui faute d’embauche, ne contribue pas ensuite à produire la richesse du pays. Faute d’embauche en grande partie due à une discrimination généralisée… Dans leur ouvrage les deux chercheuses écrivent qu’il faut inventer de nouvelles perspectives pour cette jeunesse éduquée mais larguée, et cela passe par la collecte de données sur les origines des individus pour pouvoir renforcer les sanctions contre les discriminations. Lire la (...)

     

Articles récents

Articles au hasard