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« Le Contact Club : béquille pour le centre-ville et levier pour les jeunes »

21 août 2011 - Dernier ajout 22 août 2011

Si les structures de quartiers doivent redoubler d’ingéniosité l’été afin d’occuper au mieux les jeunes, les centres d’accueil et de loisirs du centre-ville ne sont pas reste. Face à un hyper-centre grouillant de tentations, ils doivent souvent faire preuve d’ingéniosité pour séduire des adolescents et éviter qu’ils ne tombent dans l’économie parallèle. Depuis plus de 50 ans, le Contact Club propose aux jeunes loisirs et activités sportives. Loin de relâcher ses efforts durant la période estivale, considérée comme risquée pour les adolescents, l’association met tout en œuvre pour organiser manifestations et séjours spécifiques. L’occasion d’occuper les esprits et de sonder les problèmes.


 

Considéré comme un pilier de l’hyper-centre-ville, chaque jour, une trentaine de jeunes franchit les portes des centres de loisirs du Contact club, une association créée en 1959 qui se donne comme objectif la prévention de la délinquance. Située rue des Carmelins, l’association s’adresse aux jeunes de 12 à 25 ans, des 1er et 2e arrondissements de Marseille, proposant loisirs et écoute. Cette structure aussi atypique que marginale accueille environ 300 jeunes par an. Rencontre avec son directeur, Slimane Boughanemi.

Med’In Marseille : Que signifie prévenir la délinquance, quelles sont les missions de l’association ?

Slimane Boughanemi : Notre but est de suivre un jeune au quotidien, dans son environnement. Il arrive souvent à 12, 13 ans et reste jusque 16, 17 ans. On travaille avec les collèges, les familles, on les oriente et on accompagne ceux qui sont le plus à la marge. On peut les prendre en charge quand ils sont renvoyés de l’école ou quand ils ne trouvent pas d’établissement pour les accueillir. L’avantage de l’association est qu’on possède une grosse amplitude d’ouverture, on est ouvert le soir, après les cours, les jeunes peuvent venir jusque 20h30. On possède une équipe d’une vingtaine d’éducateurs et d’animateurs qui sont des professionnels et qui ont une capacité de diagnostic.

Le travail le plus important est ensuite de créer des liens et d’activer un levier pour cette jeunesse. La prévention de la délinquance passe par l’accueil, l’accompagnement, la prise en charge, le suivi scolaire, il s’agit de travailler avec les collèges et lycées, tout comme de proposer des animations culturelles, sportives ou sociales. Tous les mercredis, on organise des matchs de foot avec des jeunes de tous les quartiers, ils se retrouvent dans le centre pour un mini-championnat, ils s’auto-arbitrent, on observe, on accompagne. On travaille aussi sur différents projets pour que les jeunes s’impliquent sur des missions. On a des jeunes qui ont travaillé dans une maison de retraite de Belsunce par exemple. On se greffe également sur différents évènements, comme la Fête du vélo ou autre, on est toujours preneurs ! Après on met en place des activités telles qu’un labo photos, du théâtre.... en somme : des animations de rue, des loisirs et de la culture pour éviter les déviances !

Les défis sont-ils les mêmes l’été ?

Toute l’année, le Contact Club offre tout un panel d’activités. L’été elles se poursuivent et on organise en plus des séjours, des évènements pour sortir les jeunes du quartier. Dès que les vacances arrivent, dès qu’il y a du temps de libre, c’est un moment fragile pour les ados, donc il n’y a pas de relâche, ce sont les périodes les plus intenses pour nous. On possède trois clubs de prévention qui deviennent des centres de loisirs : un rue des Convalescents, près de la gare, un autre à l’espace Velten, Porte d’Aix et un dernier espace Trinquet, boulevard des Dames. Cet été on a aussi mis en place des camps de vacances. Quatre séjours ont été organisés, dans les Hautes-Alpes, dans les Pyrénées Orientales, en Allemagne, dans le cadre d’un échange.... L’été c’est un peu comme un challenge : on voit si ce qu’on a entrepris toute l’année, si tout cet investissement est pertinent. On a la réponse en observant le comportement des jeunes dans un camping ou autre, c’est un défi, on voit si on a un retour. Un des soucis, ce sont aussi les périodes de ramadan, où les gamins se privent sans connaissances de la religion et sans informations sur les autres piliers. Certains se privent de plage, restent en ville et on craint certaines dérives ou récupérations.

Quelle différence pouvez-vous établir entre votre association installée en centre-ville et les structures de loisirs et d’accueil situées en périphérie ?

La particularité du centre-ville de Marseille est qu’il est lui même constitué de quartiers : Noailles, la Porte d’Aix, la Joliette, sur lesquels on se focalise. Le centre-ville est bien sûr aussi un pôle économique, c’est un enjeu de tous les instants car il offre beaucoup de tentations. Le véritable challenge est de savoir comment motiver ces adolescents et éviter qu’ils ne tombent dans l’économie parallèle. Il faut arriver à fidéliser un public très volatile, qui bouge beaucoup. Ici, à la différence des centres sociaux, les jeunes viennent d’eux mêmes, le fonctionnement de l’association repose sur la libre adhésion. Il y a, de plus, peu de structures en centre-ville : pas de stades, de piscines,... au niveau infrastructures, c’est maigre ! L’été, les contrats aidés de 20h qui travaillent à l’association passent à 45h, sans que leur contrat ne change. C’est sûr qu’on doit faire preuve de professionnalisme mais aussi, je pense, d’un certain militantisme ; parfois certains animateurs ouvrent le dimanche ! On est vraiment différent des lieux d’accueil comme les maisons pour tous ou les centres sociaux, l’état d’esprit n’est pas le même, ici c’est plus familial, on est plus petit. Mais il manque peu de choses pour que nous soyons considérés comme un centre social. La différence est qu’un centre social doit prendre en compte toute la population, il doit être un lieu d’accueil parents-enfants, nous, nous travaillons sur ce territoire auprès des jeunes et non auprès de toute la famille. L’association est ici comme une béquille pour le territoire sur lequel on travaille.

On a d’ailleurs également développé un volet insertion. On a pu en effet remarquer une évolution parmi les jeunes de 16 à 20 ans qui se retrouvent de plus en plus souvent largués au lycée, après une mauvaise orientation au collège. C’est souvent au lycée que ça capote et ils arrêtent les cours. On a donc décidé de continuer avec les jeunes plus longtemps, de les accompagner jusque 25 ans. On a également noté l’apparition ces dernières années d’une pauvreté endémique et sociale, les jeunes vivent de plus en plus dans des économies de survie. Quand on rentre en lien avec les familles, on découvre qu’il y a un mille-feuilles de problèmes, d’où l’importance d’un travail à réaliser en partenariat avec les Maisons de la Solidarité, les Points d’Animation Prioritaires Emploi Jeunes ou les services sociaux, sinon on risque de perdre ces jeunes. Souvent les partenaires associatifs, la Ville, les lycées jouent heureusement le jeu. Sans réseau, il serait difficile de faire face à cette kyrielle de problèmes dans lesquels baignent ces jeunes.

Contact Club

1 rue des Carmelins

Mail : contact-club.marseille@fondation-auteuil.org

 

 

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