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LaboFictions, laboratoire méditerranéen de vidéos de création

18 décembre 2012 - Dernier ajout 19 décembre 2012

Rencontres filmiques entre jeunes artistes originaires des bords de la mer du Milieu. Ou l’art vidéo méditerranéen avec pour écrin l’École d’art d’Aix-en-Provence et comme exutoire MP 2013.


 

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Le vidéaste François Lejault, enseignant à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence et initiateur du LaboFictions.

Projet mené sur le long terme, le Laboratoire des Fictions - ou LaboFictions - émane en 2011 de l’esprit de François Lejault, professeur de l’atelier vidéo au sein de l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence. « Je me suis rendu compte que les étudiants avaient peu de regard sur ce qui se passait dans le sud de la Méditerranée, qu’ils ne se sentaient pas vraiment concernés par les mouvements qui traversaient ces pays, aussi bien sur le plan artistique que sur le plan politique. J’ai donc voulu axer beaucoup plus les échanges vers cette aire géographique ». Pour pallier l’absence de regards croisés, l’enseignant et vidéaste va patiemment ressusciter et construire des ponts culturels entre les deux rives de la Mare Nostrum : « C’est vrai que nous sommes pas mal en relation avec des pays anglo-saxons et européens via Erasmus. Historiquement pourtant, l’École d’Art a eu des contacts assez forts avec les Beaux-arts d’Alger ou de Casablanca : ça c’est un peu délité après ».
Grâce à des bourses allouées par la Région, l’ESA ambitionne de faire venir en son sein des étudiants et artistes de tout le pourtour méditerranéen, pour des résidences de courte durée (1 mois) ou courant sur toute une année scolaire. Younès Rahmoun, professeur à l’école d’Art de Tétouan, au Maroc, inaugure ce nouveau dispositif. En 2012, l’artiste palestinien Salman Nawati lui succède. Entre-temps, l’Égyptienne Samar Elbarawy - étudiante et enseignante aux Beaux-arts d’Alexandrie recommandée par Le Zinc* - dispense neuf mois prolixes en Provence. La vidéo lui est alors inconnue ; elle clôturera sa résidence en feu d’artifice visuel, avec une expo solo à Vasarely. Au mois d’avril prochain, ses travaux seront de nouveau à l’honneur, en Egypte cette fois, avec le concours de l’Institut français local et de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Tandis que l’art vidéo fête son cinquantenaire en 2013 (les Instants Vidéo seront dignement célébrés à la Friche Belle de Mai en novembre prochain), l’utilisation de ce biais tend à se généraliser. La création n’a jamais été aussi dense, conjoncture d’avancées technologiques incessantes - numérique, caméra intégrée au téléphone, diffusion sur les réseaux internet - et d’un emparement sans précédent de l’outil par la jeune génération, doublé d’une volonté d’explorer de nouveaux horizons créatifs. « Il y a des courants très forts de jeunes artistes qui utilisent ce médium là parce qu’il leur permet aussi de sortir de certains carcans académiques, d’un enseignement parfois encore très contrôlé par les professeurs », observe François Lejault. L’ambition de LaboFictions : confronter les points de vue, les savoirs et manières de faire.

Un dessein qui se dessine sous les traits du projet Campus, mené dans le cadre de Marseille-Provence 2013. En juillet, douze étudiants d’écoles d’art du Maghreb et du Machrek se retrouveront pour un summer camp de douze jours en immersion à l’ESA, vidée de ses étudiants, consacré à la création de courtes vidéos. Une rencontre « sur un mode très ludique : on va beaucoup jouer sur des échanges de fichiers, des échanges d’images, des films fait très rapidement. On va inviter aussi des artistes, des réalisateurs, des théoriciens qui vont faire des interventions assez ponctuelles mais qui resteront pendant une journée ou deux pour regarder les travaux des étudiants et discuter avec eux. C’est vraiment une expérience collective ! » Les œuvres feront l’objet d’une projection à l’issue du festival et seront le prétexte à l’édition d’un DVD et d’un livret. Un appel à candidature est toujours en cours auprès des différents établissements d’art des pays bordant la Méditerranée.

- Pour tout savoir : Labofictions.org

* Centre de création « arts et cultures numériques » installé depuis dix ans à la Friche Belle de Mai, qui entretient des liens étroits avec les pays du sud de la Méditerranée.

 

 

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