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La Liberté Des Poissons Rouges, l’électro libre

3 novembre 2011

A Paris, le street marketing est partout. Impossible de battre le pavé sans piétiner des pochoirs de sites internet, sans être assailli de slogans en affiches ou de pubs en flyers. L’autre jour, je me baladais sur les quais de Seine, encore relativement épargnés par la pub, si bien sûr on ferme les yeux sur le George Clooney géant qui prend ses aises sur les échafaudages du Louvre. Je regardais les remous se briser tendrement contre les berges, et je me disais que j’avais encore oublié de prendre les restes de pain pour les canards. C’est alors que mon regard est attiré par une inscription étrange, fuyante, dégoulinant le long d’un escalier de pierres noircies, pour se déverser dans le fleuve. Je penche ma tête pour lire les lettres blanches, tracées d’une main enfantine à la craie : La Liberté Des Poissons Rouges. J’esquisse un sourire.


 

C’était un peu comme si j’avais découvert, au détour d’un recoin, blottie dans l’ombre, une sorte d’énigme, un petit trésor. La Liberté Des Poissons Rouges. La beauté de l’impossible. Un rêve, une vision, un appel à ouvrir sa fenêtre et crier. Comme un enfant qui éclate de rire. Comme une danse loufoque. Je divaguais joyeusement sur la route du retour, tout en croisant d’autres inscriptions similaires qui me firent penser à l’existence d’un collectif plutôt qu’aux errements poétiques d’un enfant. Porte claquée, je tape, impatiente, sur mon moteur de recherche, les cinq mots. Je clique sur le premier lien, une vidéo. Une voix clame le slogan des quais de seine. Puis la musique arrive, enveloppante comme une vague. La voix continue, dans toutes les langues, comme un ralliement mondial. Alors que la batterie s’agite et que le clavier enchaine ses boucles, le clip défile. Histoire délicieusement dingue d’un type ordinaire qui s’enfonce dans une situation extraordinaire. Clip ou contre-clip plutôt, où l’image est à imaginer, où n’est dévoilé que le génial scénario. Amusée, avide d’en savoir plus sur ce que je pense désormais être un groupe de musique, je retourne sur la page du moteur de recherche. Le second lien est un Myspace. Je clique, la page s’ouvre. Dix morceaux sont en ligne. « Electronique, chansons populaires mélodramatiques » annonce la catégorisation. Je souris. Label non signé, membre récent. Je file sur le « manifeste de La Liberté Des Poissons Rouges » pour avoir quelques réponses à mes nombreuses questions. La Liberté Des Poissons Rouges n’est pas une armée écologiste mais une idée musicaliste - Danse sinon Mort - Ici la politique et la poétique ne sont pas très éloignés - Art égale Liberté - Nous sommes tous des poissons rouges - Les poissons rouges ne sont pas tous rouges... Un peu abasourdie, je dérive sur la playlist. Je retrouve le titre éponyme de la vidéo. Je lis le second, « Fusion du cœur ». Une clameur, un son à dévaler les escaliers, un cri d’explosion d’amour atomique. J’adore. Le troisième, « Hey t’entends », un hymne hypnotique au grondement des révolutions arabes, un rythme à vous foutre des crampes à l’épaule. Des mélodies plus planantes et en anglais comme pour « You can love the rain », des mains tendues à la vie comme dans « la danse du faux pas », des textes drolatiques comme dans « Pourquoi ça se passe toujours mal avec les gens », et d’autres plus politiques comme pour « wash wash wash » à propos de l’intervention militaire française en côte d’ivoire. Et puis, aussi, un murmure d’amour qui se termine en cri de joie stratosphérique dans « I feel like a bomb ». La playlist se tait. Silence. Réflexion. Un son électro qui danse, un texte en français qui prend sens, qui fait rire ou réfléchir, qui met le doigt dans la prise, dans la crise. Une insolence amie, une bonne humeur sarcastique, une de ces pépites qui réconcilie l’électropunk et la chanson française politico-potache. Comme un mélange de Sexy Sushi et de Philippe Katerine, mais qui jouerait à une fête d’anniversaire. De l’électro qui pense nos plaies, qui les panse aussi.

Qui se cache derrière La Liberté Des Poissons Rouges ? Un groupe, une personne ? La voix est masculine. Je dois rencontrer l’architecte de cette explosion de bocal. Une interview est décidée rapidement via facebook. La liberté des poissons rouges est très accessible. Le rendez-vous aura lieu sur les quais de Seine, à l’endroit même du graffiti éphémère, exquis coupable de ma découverte. Le lendemain, j’arrive à l’endroit dit, avec l’excitation d’un premier jour d’école. Il est là. Seul. Jean troué, chaussures rouges pétantes, les yeux pétillants et le sourire franc d’un pote de longue date. Il me tend une Leffe bien fraiche. L’interview peut commencer. Plongeon au cœur du renouveau de l’électro française.

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invitation poétique à la découverte musicale, saisie quelque part sur les quais de la Seine

La Liberté Des Poissons Rouges... Commençons par le pourquoi de ce nom à la fois drôle, puissant, et énigmatique.

Pour moi ça a été un des trucs le plus pénible à trouver, c’est peut-être pour ça que ça a fini par une blague. En tout cas, la liberté pour moi est la seule règle de l’art, et puis je voulais un nom sublime et en même temps profane et inaccessible. Un jour, tu es sur ton canapé, tu as fait passer à peu près tous les noms du dictionnaire à l’endroit et à l’envers, et là, à un moment, tu te dis, ce que j’ai envie de faire, c’est comme la liberté des poissons rouges. Tu te dis, mieux vaut garder ça qu’autre chose. Et puis Pink Floyd était déjà pris ! Et puis la réalité, c’est que quand tu parles de la liberté des poissons rouges aux gens, ils comprennent tout de suite quelque chose, ils ont tout de suite un avis, un scénario et surtout ils sourient et ça c’est chouette. Ils comprennent vite qu’il s’agit certainement de nous tous, ces poissons rouges.

Il y a liberté, il y a rouge. Serait-ce politique ?

Alors tout est politique. Et si tout est politique, rien n’est politique. Bref, oui, c’est forcément politique, même si je ne suis pas un mouvement marxiste musicaliste. Ce n’est pas un slogan, ni une armée écologiste. C’est une idée musicaliste tout au plus ! Après, est-ce qu’il y a rapport avec la révolution, oui certainement l’art réactionnaire n’est pas de l’art. Et puis la révolution, c’est inatteignable et beau comme la musique, c’est un truc qui me va bien.

Si tu devais définir ta tendance musicale, tu irais vers quoi ? Electropunk, chanson française, hippy psychédélique ? On sent quelque chose entre Sexy Sushi, Philippe Katerine, Didier Super, The Residents…

J’ai décidé de faire un projet qui colle le plus à moi. Souvent, quand on fait de la musique, au début, on a tendance à coller à des mouvements, à se dire qu’on a quelque chose à exprimer dans tel ou tel courant. J’ai fait beaucoup d’expérimental, de bruitisme puis du rock aussi. Et puis à un moment je me suis dit : je vais faire un projet qui me va à moi, complètement. Donc oui, il y a quelque chose de la performance artistique et drôlatique comme chez ceux que tu as cités parce que j’adore ça et que ça participe à une certaine désacralisation de l’art. Ça me touche.

C’est compliqué de se détacher de l’existant et des familles pour se trouver soi ?

Ce serait vachement présomptueux de dire que je me suis trouvé moi, en plus je ne tourne pas uniquement autour de moi. Mais simplement, si l’art est la liberté, il n’est pas vraiment compatible à mon avis avec l’idée de familles ou de styles musicaux préétablis. On doit partir à chaque fois d’une feuille blanche. Je produis mes morceaux comme ça, je peux commencer par un truc rock disco, guitare/voix et puis taper dans l’électro d’un seul coup. Je me laisse faire par la musique. C’est le sens qui dicte beaucoup de choses. Quand je veux parler d’une gamine de 16 ans qui prend de la coke quotidiennement, je raconte sa vie. Quand elle commence sa journée, elle est dans le pâté d’une guitare saturée par les vapeurs de la veille, puis c’est la rupture, elle touche son produit, et hop ça part dans quelque chose de beaucoup plus vivace et d’électro. J’en vis le sens. Mes morceaux sont comme de petits films que la musique illustre en quelque sorte, mais c’est surtout pour danser et s’agiter les neurones.

Pourquoi fais-tu de la musique ?

Dans ma vie, la musique et l’art prend toute la place mais on ne trouvera pas de clé dans mon histoire personnelle. Le projet suffit en lui-même, pas besoin de clés extérieures. Une de mes chansons commence par « quand je me lève, c’est toujours la même chose qui court dans ma tête, j’entends : pourquoi ?… » Quand ta vie te pousse à faire de l’art, tu te questionnes en permanence sur sa définition. Toute ma vie est tournée vers cette définition de l’art. Qui doit constamment évoluer. L’art est en mouvement par rapport à la société, qui n’a jamais été figée et ne le sera jamais, n’en déplaise aux Zemmours. Voilà la place de la musique dans ma vie, et pourquoi je fais ça, c’est pour définir mon art. Et l’art étant la liberté, j’expérimente cette liberté.

Comment construis-tu tes chansons, tes textes, tes sons ?

Je n’ai pas de technique. J’ai décidé de laisser libre cours à ma créativité. A l’époque où j’écrivais beaucoup de rock en anglais, je faisais de l’écriture automatique. Je prenais ma guitare, des sons sortaient, et d’un coup, un mot en anglais apparaissait. Aujourd’hui, je me lève le matin avec une mélodie dans la tête et je la rumine sous la douche. Puis j’allume mes instruments, et je joue avec, je développe pendant des heures jusqu’au petit matin. Pour le texte, le sens vient souvent en réaction à ce que je vois, à ce que je vis. Quand un ami m’apprend qu’il a voulu se foutre en l’air, je dois faire une chanson, il faut que je sorte, et ça donne « la danse du faux-pas ». Quand je suis tombé amoureux d’une fille magnifique, j’ai décrit ce qui s’est passé en moi dans « I feel like a bomb ». C’est l’histoire d’un mec qui se sent perdu, qui ne sent rien, comme un son qu’on n’a jamais entendu. Enfin, l’histoire de l’amour, comme d’habitude. Cette chanson, c’était pour lui plaire. Mais en fait, elle a préféré « fusion du cœur », qui est, c’est vrai, absolument géniale. Mon premier album s’intitule « Amour, guerre et autres drogues… », parce que c’est ce qui me préoccupe en ce moment et c’est l’état du monde que je constate.

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La Liberté des Poissons Rouges en concert au Bric à Brac bar, le 27 octobre dernier, à Paris

Beaucoup de chansons font écho à l’actualité. Intervention militaire en Côte d’ivoire, révolutions arabes, question du nucléaire, drogues… La musique a-t-elle pour toi une fonction critique, serait-ce un moyen d’impacter les mentalités ?

Ah, cette question du rôle… Avant, on se disait « à quoi ça sert l’art ? ». Maintenant, on sait que ça peut servir, et il faudrait qu’il y ait un rôle. Mais c’est aux artistes de définir ce rôle. Je sens derrière la question, ce que les gens peuvent se dire : « le rôle d’une chanson est de me divertir, je ne veux pas qu’on me fasse chier avec la Côte d’ivoire ». Mais chez moi, je suis seul la plupart du temps, j’ai les chaînes d’info allumées en permanence, je lis le journal dès que j’ai les ronds pour me l’acheter, je cherche à être au fait de l’actualité politique. Je me lève en pensant à ça, je veux savoir ce qu’il se passe. Après, je comprends très bien les gens qui font de la musique sans texte, j’en ai fait beaucoup, j’écoute beaucoup de chansons en anglais, où je ne comprends absolument rien, c’est exclusivement pour la beauté du geste. Contre quoi les mecs gueulent, j’avoue que la plupart du temps, je n’en sais rien. Mais en tout cas, mon moteur à moi, dans mes petites chansons, c’est le sens. Ça a toujours été central chez moi.

Revenons sur ce sens justement. Pourquoi « wash wash wash », cette chanson sur l’intervention française en Côte d’ivoire ?

Dans ce morceau, je ne dis pas qu’il ne fallait pas intercéder. Je me garderai bien de donner des leçons, je déteste ça. Le morceau commence par un journaliste qui dit que la force d’intervention passe d’une fonction de protection des civils à un dispositif offensif. Et juste après, il y a la voix de Sarkozy, qui annonce solidement que l’armée française n’est pas là pour intervenir dans les affaires des ivoiriens. S’entrechoquent deux réalités, on n’y comprend pas grand-chose. Et je me glisse dans ce choc, pour le questionner. Je pars dans le monde des morts, pour me « laver l’esprit », parce qu’il y a des morts dans cette histoire, et je pense à eux. Je pense à ça. En fait, La Liberté Des Poissons Rouges, c’est un truc pour faire la fête, mais intelligemment. Enfin c’est une bonne manière de perdre ses neurones !

Tu aimes te glisser dans des failles, des incohérences, des questionnements. Comme dans « Hey t’entends », la chanson qui aborde la question des révolutions arabes.

Dans celle-là, il y a un type qui bégaie, qui bug, en disant « J’ai pas la maladie pour oublier ça… T’entends, ça gronde ». Les révolutions arabes ont eu lieu, et en France, la ministre de la Défense a quand même proposé d’envoyer nos flics. Et puis, plus rien. Elle a sauté, mais après quoi ? On est en France, et on a quand même légèrement quelque chose à voir avec les dictatures, on les a légèrement cautionnées ! On est en guerre là. Tu vois là, on est au bord de la Seine, je vois des bateaux qui passent, c’est très joli, je comprends que les gens n’aient pas envie de se coltiner ce qu’il se passe en Syrie aujourd’hui, mais on passe complètement à côté de l’Histoire. Alors je raconte ça dans ce morceau, parce que c’est La Liberté Des Poissons Rouges que de se dire, à un moment donné, arrêtons de tourner dans le bocal et de regarder bêtement le temps passer. Sachons ce qu’il se passe, et parlons-en ! Pourquoi les gens ne parlent pas de ça ? Quand on se croise, on parle du beau temps, on se demande où on va partir en vacances, mais on s’en fout ! T’as vu les révolutions arabes, t’as vu ce qu’il se passe ? C’est nous la société française ! Après on va gueuler contre le président, mais ça nous concerne aussi nous, même si c’est toujours bien de gueuler contre ce président !

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en concert au Bric à Brac bar

Peu de chanteurs lancent des pavés dans la mare politique…

Tout dépend ce qu’on définit comme politique. « Toi + moi, et tous ceux qui sont seuls, allez, venez, et entrez dans la danse », le mec qui chante ça peut estimer que c’est politique. Mais bon, c’est vrai que globalement, aujourd’hui, les gens rêvent de gagner de l’argent et si possible d’être célèbre. Un type de 30 ans a été formaté pour se rêver sur un bateau, avec des putes et de la cocaïne. Alors la musique attire énormément de gens qui veulent vivre un rêve vendu dans les pubs. Aujourd’hui, quand on te vend une carte bancaire, on te vend ta métamorphose en star du rock. Ce qui est, avouons-le, relativement stérile et pas franchement épanouissant.

Tu ne parles jamais de toi dans tes chansons.

C’est vrai que je ne suis pas le guitariste folk qui ne parle que de lui dans ses petites balades. On est dans une société où les gens ne font que crier « Regarde-moi ! » ou « Ecoute-moi ! », alors la musique surfe la vague. Ce n’est pas le choix que j’ai fait. Après, ça ne m’empêche pas d’avoir des textes qui parlent d’évènements survenus dans ma vie. Je ne dis pas « Aimez-moi », je m’en fous, il faut d’abord que les gens aiment leur propre vie, et puis s’ils ont un peu de temps, ils n’ont qu’à aimer La Liberté Des Poissons Rouges pour faire la fête.

Tu refuses de dire qui se cache derrière la liberté des poissons rouges. Comme toi, on pense à Daft Punk, ou plus récemment à Cascadeur. Cacher son identité, c’est porteur d’un vrai sens, ou c’est plutôt un concept marketing ?

Je n’ai pas de label, enfin si il y en a un qui veut m’aider on verra, mais là je suis auto-produit, tout seul, et je mets toute mon énergie à jouer et à diffuser ma musique. Mais ce que je fais, ce n’est pas de l’auto-promotion personnelle. Je n’essaie pas de me vendre moi-même comme dans la télé réalité. Je n’ai jamais voulu avoir mon nom en haut de l’affiche. Il me semble que plus on personnalise un projet, plus on en efface les motivations, et plus on rentre dans une espèce de schéma « idole des jeunes », où on connait tout des vacances de la femme de Johnny Halliday. Cascadeur, je ne connais pas ses motivations pour se cacher sous un casque, peut-être parce qu’il n’a rien d’autre à vendre. Moi, je fais des chansons qui sont très signifiantes, et je pense que ce n’est pas la peine de rajouter ma propre identité à ce projet. Et puis j’ai un certain goût pour l’anonymat dans la ville…

Où joues-tu en ce moment ?

J’ai joué début octobre à Amiens, dans une salle qui s’appelle Accueil Froid. Ce sont des gens géniaux qui montent une salle électro-punk, expérimental tendance bruitisme. On s‘est rencontré par internet. J’ai aussi joué au Bric à brac bar, rue Oberkampf, super sympa, et je vais y rejouer bientôt. Je vais jouer aussi au Panic Room, invité par le groupe « Salut, c’est cool ! ». Sinon il y a un excellent festival en Belgique, le Flesh factory festival, qui m’a branché sur la prochaine édition. J’adore leur esprit c’est exactement comme ça que je vois un festival. Et puis en décembre il y a le Be There à Paris, programmé par l’excellent label Zingy records qui produit le non moins excellentissime Costes. Sinon, le café du Crous de Poitiers m’a contacté, ainsi que plusieurs assos dans le Sud de la France, sur Montpellier ou Toulouse. C’est très divers, mais moi, je ne fais pas partie d’une famille musicale spécifique. En fait les familles me font un peu peur et j’aime particulièrement les gens ouverts sur d’autres trucs que ce qu’ils font, qui cherchent et se dépassent. Je ne vois pas pourquoi je ne ferai pas la première partie d’un gars comme Cali par exemple, je me sentirai aussi bien devant son public –même si je doute qu’il m’invite un jour. Je ne veux être le représentant d’aucune scène. Ça m’est égal, je peux même aller jouer devant des militaires. Au contraire, c’est même là-bas qu’il faut être.

Pas de public pré-défini alors. Tu joues pour tout le monde ?

Pour tout le monde oui. Pour ma mère, pour mon chien si j’en avais un. Il faut que tout le monde puisse m’écouter. Ceux qui aiment ma musique sont très différents, et ils l’apprécient tous pour des raisons différentes. Ils peuvent aimer le côté planant de « You can love the rain » ou le côté plus speed ou brutasse de « Hey t’entends ». Et les gens sont souvent là où on les attend le moins. Il y a pas mal de surprises. Moi j’aime bien écouter La Liberté des Poissons Rouges quand je fais le ménage ou du skate ou les courses.

A quand un concert pour les poissons du Vieux Port ?

Ah, j’aimerai beaucoup, si une salle peut accueillir La Liberté Des Poissons Rouges, pour un set de plus d’une heure vraiment pas cher, même gratos si les gens sont sympas et fauchés !

Et en bonus… Si La Liberté Des poissons rouges était…

Un lieu ? L’espace. Un moment de la journée ? L’apéro. Une époque ? Demain. Une forme ? Une vague. Une matière ? Une vague. Un son ? Celui d’une vague. Une sensation ? Celui d’une vague sur la peau. Mon premier rapport avec la drogue, c’est quand j’avais 6 ans, je vidais l’eau de la baignoire en fermant les yeux, et je sentais l’eau qui me vidait, et en fait c’est une sorte de caisson extra-sensoriel, un truc inventé après. Un goût ? Celui du sushi, j’adore les sushis, j’adore les poissons, j’aimerai bien être un poisson volant en fait, si je croyais en la réincarnation je choisirais ça. Un objet ? La liberté des poissons rouges ne pourra jamais être un objet, ou alors un disque peint à la main. Un rêve ? Ce serait un endroit où tout le monde se ressemble, mais on aurait tous des sons différents dans la bouche. Et pour se comprendre, on se mettrait en chaine en faisant une grande musique, et ça serait génial. Ou alors non, ce serait le rêve de quand on rêve qu’on se réveille…


Concerts 2011 La Liberté Des Poissons Rouges par viconted

Que ce soit à l’Accueil Froid, épicentre de la punkitude amiénoise, ou au Bric à Brac, dans l’Oberkampf du Paris branché, la liberté des poissons rouges plie les genoux et déride les visages. Le show relève autant de la performance que du concert traditionnel. Pas de scène, une proximité constante avec le public, un échange, presque une fête. C’est en scandant l’un des trois mots de l’album « Amour, guerre et autres drogues » que les joyeuses paires d’oreilles de l’assistance décident du déroulement du set. Nageant comme un poisson dans l’eau au milieu de percus zarbis, cymbales brinquebalantes, tambourin pailleté, cloche de vache ou grosse caisse made in Leroy Merlin, la liberté des poissons rouges s’agite, et nous agite. Entre deux vannes, l’artiste décalcomaniaque alpague les passants dans la rue et réinvente la carmagnole 2.0 entre deux blondes pression. Le bar serait plein de banderoles d’anniversaire et de chapeaux pointus qu’on ne serait même pas étonnés. On se sent bien, on lâche prise, on tombe les masques. Et là, on se dit qu’on a bien fait de venir découvrir ce drôle de poisson. On pense aux Pinkfloyd en se laissant happer dans un univers de bidouilles sonores déjantées, qui s’amuse à brouiller tous nos repères et à déjouer nos attentes. Un voyage musical aussi excitant qu’un premier pas crissant dans de la poudreuse toute fraiche.

- Plus d’infos, de morceaux et de dates sur http://www.myspace.com

 



 

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    Ils s’adressent à "tous les humanistes qui croient encore en l’action". Des figures politiques comme les maires PS de Paris et Lille, Anne Hidalgo et Martine Aubry, et l’ex-ministre de la justice Christiane Taubira, ainsi que des intellectuels et des artistes, parmi lesquels Yann Arthus-Bertrand ou Jacques Higelin, cosignent une tribune publiée dans Le Monde, mercredi 10 mai. Ils y annoncent le lancement d’un mouvement politique baptisé Dès demain." http://www.francetvinfo.fr/politique/anne-hidalgo-christiane-taubira-et-martine-aubry-lancent-un-mouvement-politique-des-demain_2184369.html#xtor=CS1-746

     

  • 5 mai

     

    CONSOLAT VS US BOULOGNE : L’affiche du prochain match à domicile ce samedi 6 mai à 15h

    Contacté par Rachid Tigilt, un des fervent supporter du GS CONSOLAT nous relayons volontiers l’affiche du prochain match contre l’US Boulogne. En effet, encore une fois le club Marseillais évoluant en National fait une remarquable saison : il est 6ème à 7 point du leader ! Aussi pour saluer encore une fois les exploits du staff et de l’équipe du président Mingalon nous vous informons qu’il s’agit de l’avant-dernier match de la saison à domicile ( Stade La Martine) se jouera ce samedi, à 15h, Venez nombreux ! et hou ha allez Consolat (...)

     

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