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« L’Économie Sociale et Solidaire peut être un modèle alternatif »

21 novembre 2011

En ce mois de novembre, place à l’Économie sociale et solidaire (ESS) ! Un secteur qui a le vent en poupe car il permet de concevoir l’économie autrement, une alternative d’autant plus précieuse en cette période de crise. En PACA, ce secteur représentait en 2009 13,6 % de l’emploi privé réparti au sein de 43 586 entreprises. Pour cette 9ème édition, 40 manifestations sont organisées en PACA pour découvrir ces acteurs engagés « pour une autre économie ». Comment trouver un job utile, acheter responsable, épargner solidaire, ou encore se déplacer écolo, autant de questions auxquelles ces initiatives vont tenter de répondre. Entretien avec Jean-Louis Cabrespine, Président du Conseil National des Chambres Régionales de l’Économie Sociale et organisateur du Mois de l’ESS.


 

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Med’In Marseille : Comment définir l’Économie sociale et solidaire ? Qu’englobe aujourd’hui ce secteur ?

Jean-Louis Cabrespine : C’est un ensemble d’entreprises qui possèdent des statuts spécifiques : il peut s’agir de mutuelles, de coopératives, d’associations ou encore de fondations. Historiquement, seuls ces types de structures relevaient de l’ESS, mais depuis un an ou deux ans, il y a aussi des entreprises dites « sociales », qui ne sont pas estampillées ESS, mais qui se reconnaissent dans ces valeurs et les mettent en œuvre.

Trois critères doivent être appliqués au sein de l’entreprise pour qu’elles soient identifiées comme telles : ces entreprises doivent utiliser les modes de gouvernance de l’ESS, c’est à dire mettre en place une démocratie interne : un homme, une voix. En un mot : les salariés doivent avoir droit au chapitre sur les grandes orientations de l’organisation en question. Deuxièmement, les excédents de gestion ou les bénéfices doivent être réinvestis dans l’entreprise et ne doivent pas aller dans les poches des actionnaires. Ces entreprises sont également généralement toutes inscrites dans le développement local : elles sont très présentes et rayonnent dans les territoires où elles sont implantées et ne sont pas délocalisables. Enfin, l’ESS sous-entend avant tout la réunion d’un groupe de personnes autour d’un projet commun. Ces dernières doivent donc d’abord se mettre d’accord sur le type de gouvernance et sur la façon de réinvestir les bénéfices.

Il faut cependant désormais faire attention car il y a par exemple des entreprises lucratives qui viennent se positionner dans des secteurs de l’ESS assez précis, comme l’accompagnement à la personne ou l’ éducation. La question aujourd’hui est de savoir jusqu’où iront-elles dans leur démarche ? Les dirigeants d’Acadomia vont-ils par exemple accepter que les salariés aient droit au chapitre ? Aujourd’hui encore, les bénéfices de cette entreprise vont dans les mains des actionnaires, donc elle ne relève pas de l’ESS, même si elle se situe dans le secteur de l’éducation. Si une entreprise souhaite s’inscrire dans cette perspective, il existe des organismes qui peuvent l’ accompagner dans sa démarche comme les unions régionales, les coopératives ou les Chambres Régionales de l’Économie Sociale. Des dispositifs locaux d’accompagnement peuvent aussi être mis en place.

Med’In Marseille : Les entreprises appartenant à ce secteur semblent mieux résister à la crise. Comment l’expliquer ?

Jean-Louis Cabrespine : Dans l’ESS, on est obligé de conserver les excédents de gestions . Dans les grands groupes, quand les actionnaires touchent moins d’argent, en règle générale, on coupe dans la masse salariale car ça permet aux actionnaires de ne pas perdre une partie des dividendes. Dans l’ESS, on réinvestit les bénéfices dans l’entreprise : ils sont préservés pour atténuer les coûts. Le choix des entreprises, ces dernières années, a été d’utiliser les excédents de gestion pour conserver les salariés. Après ça ne peut pas durer trop longtemps non plus car ces excédents ne sont pas infinis.

Med’In Marseille : Est-ce un modèle d’avenir pour l’économie ? Comment l’ESS peut-elle gagner des parts de marché ?

Jean-Louis Cabrespine : Je pense que oui car c’est une véritable alternative aux sociétés capitalistes. Certains affirment d’ailleurs que plus qu’une alternative, elle représente une complémentarité. Il est incontestable qu’on ne peut pas supprimer toutes les entreprises du CAC 40, mais ce qu’on voit, c’est qu’une des grandes forces de l’ESS est d’être un modèle où chacun des citoyens est impliqué. J’ai tendance à penser que sur une modification économique, que sur une crise, ça peut être un modèle alternatif crédible.

Avant tout, ce secteur doit davantage se faire connaître car il répond réellement aux attentes de la population. Selon un dernier sondage effectué auprès des jeunes et relatif à leurs motivations pour entrer dans une entreprise, 70 % répondent qu’ils souhaitent d’abord que leur travail ait un sens et que leur entreprise respecte de vraies valeurs, avant d’évoquer le facteur rémunération. Donc on se dit saisissons cette opportunité, on est capable de répondre à cette demande ! Il faut aussi que les acteurs politiques considèrent que c’est un modèle faisable et vivable. Ils n’ont qu’une vision de l’économie libérale et capitaliste, ce système est le plus prégnant. C’est difficile pour l’ESS d’émerger si elle a des partenaires qui ne s’ouvrent pas à cette autre manière de travailler.

Med’In Marseille : Quelles sont selon vous les limites de ce modèle ?

Jean-Louis Cabrespine Il existe des limites à ce modèle, mais ce n’est, selon moi, ni une question de secteur ni de taille : l’ESS s’implante dans tous les secteurs, coopératif, industriel... Là où ça peut poser problème, c’est que ce sont souvent des associations, donc elles sont par définition très fragiles. Ce secteur souffre car il est soit en accompagnement, soit en substitution des politiques publiques comme dans le secteur de l’éducation ou du médico-social. On demande à ces associations d’effectuer les mêmes prestations qu’auparavant mais avec moins de moyens.

On se penche en ce moment beaucoup sur ces questions pour faire en sorte que les associations continuent à vivre dans les territoires. On s’entretient avec l’État et les collectivités pour leur dire stop, car s’il n’y a plus de moyens pour les associations, la population va en pâtir et on perdra cette notion de justice républicaine. Les associations représentent la plus grosse part de l’ESS et elles touchent à tout, y compris aux politiques d’insertion. On travaille, par exemple, beaucoup avec le réseau des radios associatives, c’est un haut parleur extraordinaire, on doit défendre ce vivier associatif. L’ESS aujourd’hui a vraiment beaucoup de sucés. Il nous faut maintenant trouver la capacité de pouvoir mener de vraies politiques territoriales et partenariales car la population commence à bien savoir et comprendre ce que représente ce secteur. Il faut encore miser davantage sur ce développement.

Pour découvrir le programme du mois de l’Economie Sociale et Solidaire en PACA : http://www.cresspaca.org

 

 

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