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L’EPRA mis à bas ? La radio libre à deux doigts du trépas

12 mars 2012 - Dernier ajout 13 mars 2012

Le groupement d’intérêt public EPRA, qui fête vingt ans d’existence cette année, connaît une situation financière des plus délicate. Le programme d’échanges de productions radiophoniques permet aux quelque 170 radios associatives adhérentes (dix en PACA, trois dans les Bouches-du-Rhône) de vivre et de faire vivre la parole citoyenne. Mais sans président depuis la mi-2011, et sans budget depuis le début de l’année, la structure n’assume plus sa fonction.


 

Il y a de la friture sur les ondes. Depuis début 2012, le GIP EPRA ne répond plus à sa mission d’échanges et de productions radiophoniques, essence même qui a présidé à sa création il y a tout juste vingt ans et unique raison d’être du groupement d’intérêt public. La cause : un Conseil d’administration repoussé sine die depuis janvier, un budget en berne qui n’a pas encore été adopté, et une direction en roue libre depuis le mois de juillet dernier. Les ministères de tutelles n’ont que très partiellement répondu aux inquiétudes des partenaires, relayées par force courriers et quelques parlementaires : un CA devrait finalement se tenir le 15 mars prochain (voir mise à jour [1]). Réunion dont sont exclus les représentants des radios, réduits au simple statut d’observateurs.

L’idée de constituer une banque de données radiophoniques germe à la fin des années 90. Elle concorde avec « une conjonction d’intérêts entre des partenaires très différents (des partenaires publics, des radios associatives locales, Radio France Internationale et l’Institut du Monde Arabe) ». En novembre 1992, le projet d’agence sonore coordonné par le FAS (Fonds d’action sociale pour les travailleurs immigrés et leurs familles) se structure sous la forme associative. Un an plus tard, il sera mué en Groupement d’Intérêt Public. Son objet : produire autour de thématiques liées à l’intégration, l’immigration, l’égalité des chances, la lutte contre les discriminations et la Politique de la Ville.

EPRA - Cartographie

Parmi les membres fondateurs de l’EPRA, on retrouve le Ministère des Affaires Sociales de la Santé et de la Ville, le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère de la Culture et de la Communication, Radio France Internationale et l’Institut du Monde Arabe, la Confédération nationale des radios associatives (CNRA), mais également quatre radios locales. Au nombre desquelles la station marseillaise Radio Gazelle.

Situation de crise

Depuis les débuts, plus de 2 000 journalistes ont produit des émissions pour l’EPRA, qui dispose d’un fonds mémoriel de 10 000 heures de programmes radiophoniques, dont la moitié est numérisé, répertorié et archivé en ligne. Des arguments qu’ont dû récemment faire valoir les partenaires du GIP, par la voix du SNRL (Syndicat national des radios libres) et de la CNRA. Dans un courrier daté du 17 janvier envoyé aux ministères de tutelle, Luc Magrina (membre du bureau national de la CNRA) et Patrice Berger (délégué à la lutte contre les discriminations au sein du SNRL) attirent l’attention de Maurice Leroy, ministre de la Ville, et de Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, « sur la situation très grave » que connaît le GIP EPRA depuis le début 2012.

« Après avoir subi en 2011 une baisse de budget drastique qui a conduit au licenciement de plusieurs salariés du GIP, après que la réunion statutaire qui aurait dû adopter le budget prévisionnel du GIP pour l’exercice 2012 a été annulée et repoussée à une date ultérieure non déterminée, et constatant qu’à ce jour aucun président n’a été nommé suite au départ de Monsieur Richard Senghor, nous venons d’être informés par la direction du GIP de l’arrêt immédiat d’acquisition de nouveaux programmes ».

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Les trois radios marseillaises impactées : Grenouille, Galère et Gazelle.

La missive est alarmante. Pourtant, le 30 juin 2011 un arrêté interministériel portait « prolongation de la convention constitutive du Groupement d’Intérêt Public EPRA », la prorogeant jusqu’au 31 décembre 2012.

Effets dévastateurs

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Plus de président depuis juillet 2011, pas de budget, et un Conseil d’administration qui attend le feu vert des détenteurs des maroquins ministériels précités pour être organisé… La situation de l’EPRA « est lourde de conséquences à plus d’un titre », interpellent les partenaires. Sur un budget moyen d’un peu moins de 1,2 millions d’euros alloué chaque année - en quasi-totalité par l’ACSé (Agence de cohésion sociale et pour l’égalité, passée sous la coupe de la DRJSCS) -, les deux tiers servent à acheter des programmes aux radios associatives adhérentes, soit 170 stations réparties sur tout le territoire (sur environ 650 radios associatives dites de catégorie A). Parmi elles, on trouve dix radios en région PACA et trois installées sur Marseille : Radio Grenouille, Radio Galère et Radio Gazelle.

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Or seul le premier tiers de la somme aurait été affecté pour 2012, et encore non officiellement, et ce afin de couvrir les uniques frais de fonctionnement - location du siège et rémunération des salariés du GIP. Les radios, elles, attendront.
En 2011 déjà, le financement attribué par l’ACSé avait été rogné de 25 %, pour n’atteindre que 730 k€.

De fait, l’arrêt sans coup férir de l’achat d’émissions à la centaine d’acteurs locaux de la bande FM plonge le monde de la radio libre dans le plus grand désarroi et fait craindre des suites dramatiques, quand les conséquences ne se font pas déjà sentir :

- Conséquences économiques :

  • La mise au chômage technique potentielle de plus de 200 journalistes-producteurs EPRA, dans l’impossibilité de vendre leurs émissions. L’impact pourrait se mesurer tant du point de vue des salariés que des bénévoles. Certaines radios ont déjà procédé à des licenciements
  • .

  • Une fragilisation de la situation économique globale des 170 radios concernées. En effet, les revenus engendrés par l’achat de programmes par l’EPRA entrent en ligne de compte dans le cadre de demandes de subventions, sollicitées par exemple au titre du FSER (Fonds de soutien à l’expression radiophonique).

  • La part autorisée de publicité diffusée, limitée et indexée au CA, pourrait également chuter, entraînant une baisse conséquente de cette source de financement extérieure.

  • - Une parole citoyenne et une expression populaire pluraliste « confisquées » :

  • Au plus près de la population française, depuis les centres-villes jusqu’aux quartiers populaires enclavés, les journalistes alimentant quotidiennement le fonds sonore de l’EPRA recueillent la parole des habitants. Un creuset d’Histoire(s) et de mémoires, un réservoir de savoirs, un bouillon de cultures et d’expériences, un tourbillon de vies, qui pourraient se tarir, tomber dans l’indifférence et l’oubli.

  • La circulation de l’information s’en trouverait entravée. L’un des principes fondateurs de l’EPRA réside dans la diffusion de ses productions. Un reportage réalisé dans le Sud de la France a vocation à être diffusé à Brest, à Lyon, à Strasbourg ou Paris... Si d’aventure des émissions devaient encore être produites au niveau local par les radios du cru, elles ne dépasseraient plus les frontières de leur zone de diffusion initiale.

  • - Une absence de visibilité des actions menées dans le cadre de la Politique de la Ville :

  • In fine, la situation dans laquelle est maintenu le groupement pourrait se retourner contre les autorités de tutelle, d’un point de vue de l’image : les événements et actions estampillés Politique de la Ville, habituellement couverts pour l’EPRA par les journalistes, ne le seront plus.

  • Flou gouvernemental

    Étant soumis à un devoir de réserve, l’actuel directeur de l’EPRA Joël Rakotomalala n’a pas souhaité réagir. Mais le gouvernement et les ministères ayant autorité sont clairement renvoyés à leurs responsabilités. Maurice Leroy, ministre de la Ville en tête. Le 18 janvier, le SNJ-CGT s’interrogeait « sur la volonté du gouvernement de vouloir maintenir l’existence de l’EPRA », faisant référence à un courrier signé du ministre en octobre 2011, dans lequel celui-ci confirmait que « le renforcement de la contrainte budgétaire en 2012 imposera malheureusement une nouvelle réduction du budget de l’EPRA ». « Mais de moindre ampleur » qu’en 2011, positivait alors le responsable politique.

    Au mois de janvier, sans nouvelle de la tenue d’un Conseil d’Administration, la CNRA et le SNRL interpellent de nouveau Maurice Leroy, qui cette fois promet la tenue d’un conseil d’administration début mars, sans préciser plus avant la forme qu’elle prendra, ni l’ordre du jour exact :

    « Lors de la dernière réunion tenue le 20 janvier, il a été convenu de convoquer un conseil d’administration dans les tous premiers jours de mars afin de voter le budget 2012 et d’élire un président. Je puis vous assurer que le Groupement d’intérêt public EPRA disposera de moyens de fonctionnement suffisants pour l’année 2012. »

    Lettre de Maurice Leroy à propos de l’EPRA

    Depuis, c’est la course à l’information et bruits de couloirs. Contacté à plusieurs reprises et malgré un aval de principe, le ministre de la Ville s’est finalement soustrait à nos questions.

    A décision politique, réponse politique

    Pour nombre d’acteurs et partenaires de l’EPRA, qui perçoivent dans la situation l’ombre de décisions politiques, la main du gouvernement ne fait que peu de doutes. C’est donc sur le terrain politique que s’est en partie organisée la riposte, même si les syndicats assurent n’opposer a priori aucune volonté de « bras de fer » avec les autorités tutrices.

    La sénatrice de l’Isère Annie David (Groupe Communiste Républicain et Citoyen) a attiré le 6 février l’attention de Maurice Leroy « concernant la situation très préoccupante du Groupement d’Intérêt Public « Échanges de Productions Radiophoniques », dont le Conseil d’Administration est sans Président depuis 7 mois, empêchant ainsi tout vote du budget ». Le député socialiste Pierre Moscovici lui a emboîté le pas : le lendemain en effet paraissait sa question au Journal Officiel, à l’adresse cette fois de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale :

    « […] L’Epra semble aujourd’hui menacée de disparition. [...] Le GIP est soumis à des arbitrages ministériels, du ministère de la ville en particulier, qui ne prennent pas en compte les préoccupations et le travail des radios associatives sur le terrain ainsi que la pérennité du GIP. Cette forme de lien social entre le public et les personnes les plus précaires de notre pays est par conséquent menacée, comme les 200 emplois de journalistes que ces radios emploient partout en France. Il demande quelles initiatives le Gouvernement compte prendre pour mettre un terme aux difficultés de l’EPRA et, de facto, à celles des radios associatives qui en dépendent ».

    Ainsi en appelait le parlementaire à « prendre les mesures nécessaires au maintien de l’EPRA ».

    « Il faut sauver l’EPRA »

    Les syndicats, radios et journalistes ne semblent avoir d’autres choix que d’alerter élus et confrères quant à l’épée de Damoclès qui pèse lourdement au-dessus de leurs têtes, et qui risque, à terme, d’impacter profondément, durablement et peut-être irréversiblement l’univers de la radio libre. Un monde d’ondes qui a fêté ses trente ans en 2011 et pour qui « Il faut sauver l’EPRA », faute de quoi c’est son arrêt de mort que l’on signe.

    Les derniers échos paraissaient favorables. Les différents ministères associés s’étaient mis d’accord pour convoquer un Conseil d’administration vendredi 15 mars, en les locaux de l’ACSé. Quatre points devaient être mis à l’ordre du jour : l’élection du président, l’approbation du rapport financier 2011, l’approbation du projet de budget prévisionnel 2012, et enfin les questions diverses (Réunion finalement repoussée, avons-nous appris ce mardi 13 mars). Ce qui ne rassure pas totalement le président de la CNRA. Dans un courrier adressé à Maurice Leroy le 5 mars dernier, Hervé Dujardin s’inquiète de ce que «  les représentants des radios ne sont invités qu’en qualité d’observateurs ». Il fustige cette décision, qui constitue selon lui « une inégalité de traitement inadmissible » :

    « Cette disposition serait justifiée par l’expiration de leur mandat au 31 décembre 2011. Vous n’êtes pas sans savoir que la situation du GIP au cours des derniers mois ne permettait pas d’organiser l’élection de nouveaux représentants de radios au conseil d’administration. Néanmoins c’est dans ce contexte que seuls les représentants des ministères associés ont été prolongés dans leurs fonctions ».

    Dans sa lettre, Hervé Dujardin demandait à être reçu de toute urgence. Pour l’instant, le gouvernement pratique la politique du silence radio. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? C’est ce qu’espèrent journalistes et représentants syndicaux.

    Témoignages :

    Stéphane Gravier, journaliste et producteur EPRA à Agora FM

    « Pour l’instant le GIP ne dispose d’aucune ligne budgétaire pour acheter des programmes. Les conséquences sont immédiates : l’EPRA ne fait que rediffuser des émissions de 2011 en direction des radios. On peut donc considérer qu’il y a potentiellement 211 producteurs au chômage technique. Alors bien sûr, il y a des producteurs qui sont salariés de la radio, et seront moins touchés, du moins directement. Mais on ressent déjà ce premier effet économique, financier : il y a des radios qui ont d’ores et déjà licencié. On voit mal comment une radio peut conserver un producteur si l’EPRA ne prend aucun programme. Toutes les radios ont une situation financière déjà très compliquée, exsangue.
    Ce qui est certain c’est que le budget alloué par l’EPRA constitue une aide directe pour les radios qui aujourd’hui fait défaut. Les radios sont en outre financées par le Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER) qui est en train d’étudier les subventions 2012 ; il utilise le critère EPRA comme un moyen de verser une bonification qui peut atteindre 10, 15 ou 20 000 € selon les cas.

    Le deuxième effet selon moi est beaucoup plus politique : en 20 ans, l’EPRA a prouvé être un moyen de communication et d’expression pour les associations, pour les habitants des quartiers populaires. Depuis le 9 janvier, il n’y a plus cette publicité faite sur toutes les initiatives, toutes les émissions réalisées par les radios EPRA. C’est ça le plus grave. On dit qu’il faut donner la parole aux habitants, donner une autre image des quartiers populaires, y compris accompagner la Politique de la Ville et la politique de l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU),… eh bien le seul outil du genre existant en Europe et au monde est complètement démantelé. Qui plus est dans un silence total.

    Pour moi l’EPRA est une structure fédératrice du travail des radios libres. En 2011 on a fêté les 30 ans des radios locales, et cette année les 20 ans d’un outil qui coûte si peu cher, en comparaison du budget de l’audiovisuel public ou même d’autres agences comme celle pour la promotion de la francophonie. Le budget de l’EPRA reste ridiculement bas, pour 170 radios. Combien mettent les ministères dans le pot commun ? Aujourd’hui, zéro. À sa décharge, le ministère de la Ville, à travers son agence l’ACSè finance l’EPRA. Mais c’est le seul quasiment à avoir financé la structure en 2011. En revanche, le ministère de la Culture, qui a un poids historique dans l’EPRA et en est le soutien revendiqué intervient pour une part minime dans le budget : donc Frédéric Mitterrand devrait s’engager un peu plus qu’il ne le fait aujourd’hui. On n’a pas beaucoup de moyens de pression : la seule possibilité que l’on a aujourd’hui c’est interpeller les parlementaires, c’est de bouger la presse. On avait évoqué au cours d’une réunion au mois de janvier à Lyon l’idée de mobiliser les auditeurs. sans grande illusion : on n’est pas dans la même logique par exemple que Skyrock qui mobilise quand son directeur est viré. J’ai le sentiment que de toute manière le gouvernement fait l’autruche, ne veut pas prendre ses responsabilités. On laisse pourrir la situation et puis le prochain gouvernement quel qu’il soit prendra les décisions.

    Il y a clairement une volonté, qui est ancienne, qui serait de fermer l’EPRA, ce qui est une logique absurde et purement comptable. Pourtant, un sondage Médiamétrie publié en août dernier sur le site du SNRL montrait que les radios libres représentaient 3 millions d’auditeurs potentiels, ce qui n’est pas négligeable. Les radios adhérentes de l’EPRA produisent qui plus est l’équivalent de 3 heures de programmes par jour.
    Me concernant, c’est une part de mon activité qui s’arrête. Je crois que cette crise n’est pas la première que traverse l’EPRA et elle est quelque part positive, parce que ça permet aussi un dynamisme entre les radios, une mobilisation pour se serrer les coudes, se réveiller
     ».

    Jean-Louis Rioual, pigiste et producteur EPRA pour Radio Oxygène à Chambéry (radio membre du CA de l’EPRA)

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    «  Il y a des radios qui ont un fonctionnement avec une dizaine de salariés et d’autres qui n’ont pas de salariés. Je sais que pour certaines radios ce financement EPRA représente une part importante, parce que leur budget est indexé à leur chiffre d’affaires. Pour demander des subventions, cela compte aussi. Quelques radios font en outre de la publicité : c’est très réglementé par la loi, ça ne doit pas dépasser 20 % de leur chiffre d’affaires. Mais si ce dernier diminue, forcément le pourcentage de publicité sera moindre, donc ce sera autant de rentrées financières en moins.

    Moi je suis journaliste pigiste pour Radio Oxygène qui se situe près de Chambéry et qui fait partie du conseil d’administration de l’EPRA. Je suis salarié de cette structure et il y a également une secrétaire, un technicien et une autre journaliste. L’année dernière nous avons déjà du licencier un technicien. Et en ce qui me concerne, étant donné que je n’ai plus de rentrées financières, la radio va devoir me licencier dans quelques mois.

    Outre le licenciement sec dans certaines radios associatives et quelques radios web, il y aura une certaine inertie de l’ordre de quelques mois, voire d’une ou deux années suite à la baisse de ce budget. Les radios continueront de fonctionner peu ou prou, et l’impact de ressentira sur le long terme. Les intermittents du spectacle et les bénévoles qui jusqu’ici bénéficiaient de droits d’auteur reversés par la Scam ne pourront plus en recevoir si l’EPRA n’achète plus de programmes.

    Ça c’est pour le volet financier. Et puis il y a la problématique de donner la parole aux gens des quartiers qui n’ont pas forcément accès à l’expression médiatique ou seulement par le biais de ces radios associatives souvent basées dans le cœur du quartier, de la ville. Ce côté lien social que remplissent les radios associatives est perturbé.
    Aujourd’hui, on a du mal à couvrir des opérations, des événements parce qu’il y a des frais liés à la réalisation d’un reportage, et notamment aux déplacements, et qu’ils ne sont plus couverts. Du coup, on commence vraiment à réfléchir sur les lieux vers lesquels on va partir en reportage. Donc il y a certaines opérations qu’on a du mal à couvrir aujourd’hui pour ces raisons là.

    Il y a des arbitrages qui sont entrain de se faire aujourd’hui selon les échos que j’ai pu avoir. On est dans une période électorale : le ministère de la Ville aura des difficultés de ce point de vue-là… Il est parti pour refiler un bébé bien mal en point au successeur ! En revanche, il faut voir qu’il dispose d’un budget clairement impacté par la crise. Donc on est dans une logique pragmatique, capitalistique et très libérale : tous les ministères doivent faire des arbitrages draconiens où est privilégié le quantitatif. Typiquement, l’EPRA n’est pas une structure lucrative : c’est un travail de sensibilisation qui se fait dans le temps, dont les bénéfices ne se mesurent que sur des années et des années. On n’a pas d’autre levier que d’interpeller les gens qui croient en la mission de cette structure. Si on doit aussi faire une autocritique, je dirais que les radios n’ont jamais réussi à faire de la pub, de l’autopromotion. L’EPRA a beau faire un travail extraordinaire sur le terrain, même dans le domaine médiatique il reste peu connu. Même un spécialiste des discriminations ou de l’intégration ne connait pas... Quelque-part, on récolte les fruits de ce manque de communication.  ».

     

     

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