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Katia Masselot : le monde dans la voix

23 septembre 2011 - Dernier ajout 28 septembre 2011

Elle chante en quinze langues des musiques traditionnelles de pays de la Méditerranée et d’ailleurs. Avec toujours cette envie de faire partager le monde. Rencontre avec une artiste particulière et sensible.




 

Il est des êtres qui respirent la paix et la plénitude. Katia Masserot est de ceux-là. De sa voix parlée posée et régulière, elle raconte doucement son parcours de chanteuse. Elle est venue à la chanson sur le tard, même si le chant a toujours été très présent chez elle. Car cette autodidacte chante depuis sa tendre enfance. Le monde, l’étranger, les sonorités d’ailleurs ont toujours été en elle, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. « Mon père avait été marin, et il n’hésitait pas à nous parler à la maison avec des expressions de tous les pays ». Son oreille, elle la forme en famille. « Avec mes sœurs, lorsque nous partions en famille en vacances, nous chantions en canon dans la voiture ». Puis c’est le collège où elle suit avec passion un atelier musique. Elle s’exerce sur une guitare folk à disposition dans l’atelier et s’essaie à la scène. Elle reprend les chansons de Cabrel, Moustaki et puis s’attaque aux « grandes voix » : Ella Fitzgerald, Barbara Streisand. Elle ne suit aucun cours, et pourtant ne cesse d’entraîner son oreille de plus en plus affutée. Mais ses compétences ne s’arrêtent pas au chant. Adolescente, elle pratique assidûment l’athlétisme, le basket. Sa spécialité sera le 100 m, elle ira même jusqu’au championnat de France. On le comprend, Katia est une passionnée. « Lorsque je fais quelque chose, je le fais à fond ».

Pour ses débuts dans la vie d’adulte, elle s’oriente vers un tout autre horizon que la chanson, vers la téléprospection, un métier qu’elle exercera presque toute sa vie. Elle construit sa vie de femme et d’adulte à Nîmes, puis en Guyane, en Guadeloupe. Maman de trois enfants, elle doit faire tourner la maison. Mais elle sera rattrapée par son talent. Revenue à Marseille depuis huit ans, elle devient assistante de direction dans une école maternelle et sa directrice, Fatia Fort, musicienne arabo-andalouse aussi, l’oriente vers une chorale multiculturelle, Ibn Zaydoun. Avec eux, elle a la chance de participer en avant-première du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence à un spectacle « Con fuego », qui réunit différents artistes sur le thème de la Clémence de Titus. Ces dernières années accélèrent son envie de vivre de ses chants. Elle multiplie les rencontres et les apparitions sur scène. Attention si l’art du chant paraît facile à Katia, elle est une grande travailleuse. « J’aime apprendre, j’aime me lancer sur de nouvelles choses ».

Découvrir d’autres cultures

Elle commence par chanter de l’arabo-andalou dans une formation musicale qui aborde le soufisme à travers des poèmes d’Omar Khayan. Côté apparition personnelle, depuis un an, elle s’entraîne et se produit avec une formation de quatre musiciens, oud, percussions, mandole, mandoline, violon. Et chaque fois, elle subjugue. Son créneau : les chants traditionnels « parce qu’ils sont simples, ils racontent la vie quotidienne des gens. » Elle construit son répertoire peu à peu. Cherche, découvre, écoute. On lui transmet souvent des chants de manière orale qu’elle reproduit à l’oreille. Elle a appris l’écriture phonétique pour mieux les recueillir et les assimiler. Berbère, arabo-andalou, afghan, occitan, corse, espagnol, portugais, celte, anglais, russe, arabe, arménien, grec, turc, farsi, hébreu, syriaque (dialecte de l’araméen), comorien… tout l’intéresse. « Je ne parle pas ces langues, mais je les chante, et généralement comme je mets beaucoup d’émotion dans mon interprétation, les gens du pays concerné comprennent et sont très enthousiastes. J’ai déjà chanté en farsi devant des Afghans, ils ont été très émus d’entendre leurs chants interprétés en France par une personne d’une toute autre nationalité ». Et les contrats commencent à être au rendez-vous. Des lieux lui ouvrent les portes, le Tabou, le Kawawatei, le Med’s, le Planète Mundo-café. Les concerts privés pour les anniversaires. Elle donne aussi des cours : « mon but est de faire découvrir leur voix à mes élèves. Je fais travailler la voix sous différentes formes ».

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La semaine prochaine, nous aurons la chance de l’entendre aux journées Portes ouvertes Consolat, dans le premier arrondissement de Marseille. Le 15 octobre, ce sera le festival Théatralia qui confronte artistes et programmateurs de salles de la région. Une occasion de faire repérer son talent. Le 1er novembre, on pourra l’écouter au Dôme dans le cadre de l’Aïd dans la Cité. Et sa toute dernière création, un spectacle-hommage à Jean Ferrat, sera dévoilée au théâtre Mazenod en mars 2012.

« Je ne suis pas une chanteuse uniquement orientale. Je chante en plus de 10 langues. Personne ne fait ça. C’est un voyage que je propose à chaque fois. Mes chants interpellent le public pour découvrir d’autres pays. Mon objectif est d’ouvrir les autres à des cultures qu’ils ne connaissent pas. A travers les chants traditionnels, on retrouve de la simplicité, de l’échange, ce sont des chants de la vie quotidienne, des reflets d’une société ». Sa pratique, elle l’aborde aussi comme une voie pour rapprocher les gens et les cultures : « J’habite dans une cité à Marseille dans le 3è, et je vois beaucoup de communautés différentes qui ne se fréquentent pas. Or avec tous les mélanges, on retrouve un peu de chacun en tous. Pour moi chanter des chants de différents pays me permet de voyager. Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de partir. Et je trouve très sympathique de découvrir des gens et des traditions par leurs chants ».

Aujourd’hui, poussant encore plus loin ses recherches, elle a écouté du chant de troubadour chinois et aimerait l’interpréter. Et elle a récemment découvert le finnois et lui trouve des sonorités très harmonieuses. On le voit, Katia, toute à sa passion et à son don aux autres ne s’arrêtera pas là. Sans cesse en quête de nouveautés, d’inconnu, de savoir, de cultures nouvelles, elle affine un répertoire unique et original et étend sa renommée.

- Pour tout contact : katia.masselot@sfr.fr

- Vidéos de Katia Masselot

 

par Claire Robert - Dans > Portraits



 

 

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