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Kamel Khélif : les dessins de l’exil

2 avril 2009 - Dernier ajout 4 avril 2009

Cela fait une semaine que le festival de la BD d’Aix-en-Provence a ouvert ses portes. Les galeries d’art et les musées sont déjà investis par les bédéphiles qui découvrent une palette d’artistes aux styles et aux univers éclectiques. Dans la galerie Alain Paire, c’est Kamel Khélif qui expose ses œuvres. Le thème ? L’exil.


 

Sur son chemin, aucune école des Beaux arts, seulement son talent et sa force. Qualités indéniables d’un autodidacte en puissance, aujourd’hui reconnu par ses pairs et jouissant d’une certaine notoriété. Cet autodidacte, c’est Kamel Khélif. Un Algérien, débarqué à Marseille à l’âge de 5 ans et qui s’installera avec sa famille dans les quartiers nord de la ville, à la cité Bassens en 1964.

Un voyage temporel

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Un départ qui fera de lui un « déraciné » à la recherche d’un équilibre, d’un troisième pays. « Je crois que les gens qui sont « déplacés » sont obligés d’inventer un troisième pays, un troisième lieu fait de là-bas et d’ici » dit-il dans un entretien accordé au galeriste Alain Paire.
Un troisième pays qu’il construit en se nourrissant de ses souvenirs enfouis dans « sa mémoire vive », de la nostalgie de son pays d’origine et des traces de son passé marseillais. Naissent alors des dessins sombres qui poussent le visiteur à voyager à travers le temps. Un voyage en noir et blanc « plus riche que la couleur », pour évoquer l’exil. La nostalgie du « dessinateur- poète » transporte le visiteur aux portes des villes méditerranéennes. D’Alger à Marseille en passant par Lisbonne. Un passage dans les petites rues marseillaises, dans les lieux de transit, les ports : point de départ vers un ailleurs… Des paysages de passage où l’on croise « des visages fantomatiques de l’immigration » quittant les bidonvilles.
Comme l’illustre « Sur le chemin de la Madrague ville », un ouvrage regorgeant de témoignages de Marseillais y ayant vécu, des paroles illustrées par les dessins de Kamel Khélif qui « révèlent les couches du temps qui passe et qui de manière inéluctable perdure ». Ces empreintes et ces cicatrices sur les paysages urbains sont autant de photographies du passé « gravées » par le dessinateur à l’encre de Chine et au fusain. Une démarche graphique originale, peu conventionnelle et teintée d’humanité.

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Kamel Khélif dans son atelier. Crédit photo Alain Paire.

Histoire d’une naissance artistique

Ici, dans la galerie de son ami Alain Paire, Khélif expose également les dessins qui illustrent le livre du psychanalyste et de l’écrivain Nabile Farés : « La petite arabe qui aimait la chaise de Van Gogh ». Une histoire autobiographique, celle de son expérience personnelle, la découverte de la peinture à travers un petit livre « La vie exaltée de Vincent Van Gogh ».
L’histoire de « La petite arabe qui aimait la chaise de Van Gogh », se déroule dans un palais abandonné, parabole de l’Algérie, pays oublié et délaissé. « Un palais où se trouve une jeune femme qui se met à ramasser des papiers journaux, du bois, des feuilles, du charbon, des chiffons, puis se met à confectionner un tableau dans lequel elle va rentrer. Un tableau qui va lui servir de fenêtre vers un monde meilleur. » Soit, une démarche similaire au dessinateur pour illustrer son livre.

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Des dessins tragiques, voire dramatiques mais qui ne font pas de Kamel Khélif un pessimiste. C’est seulement une manière d’oublier son quotidien. De rêver et de retrouver cette ambiance de l’Algérie, entre plusieurs climats, plusieurs époques transposées au fil de ses traits noirs, de ces ombres et hachures. Un retour du passé comme pour marquer un silence, un moment de flottement, pour saisir le temps.

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Informations :
Kamel Khélif sera présent samedi 4 et dimanche 5 avril pour une séance dédicace à la Cité du Livre. Ses dessins sont exposés jusqu’au 24 avril à la Galerie Alain Paire.

Galerie Alain Paire
30 rue du Puits-Neuf
13100, Aix en Provence
Site : http://www.galerie-alain-paire.com

Kamel Khelif a également illustré :

Ce pays qui est le vôtre, (Amok, 2003(
Les Exilées (avec N. Farès, Amok, 2002)
Cité Bassens, Traverse de Mazout (Fremok, 2002)
Le Prophète (d’après Khalil Gibran, Z’éditions, 1999)
Homicide (avec Amine Medjdoub, Z’éditions, 1995)

 



 

  • Henriette Nhung Pertus : L’exil douloureux de la « Chinoise verte »

    une pensé a vous henriette !! j admire le courage que vous avez eux pour etre encore parmi nous apres avoir vecu les pires chose qu’il puisse exister !!toutes cette haine cette souffrance dont vous avez etait victime !!j’espere que vous avez trouvé une vie tranquille sens peur et sens crainte du lendemain je vous embrasse

    par langer le Mai 2014 à 20h06

 

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