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Kader Bekkar : « Medcoop est devenu une référence en ce qui concerne la Méditerranée »

18 novembre 2009

Créée en 1999 et basée à Marseille, l’association Medcoop a des objectifs bien précis. Elle fédère l’ensemble des acteurs associatifs de cette coopération décentralisée dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’association s’attache en effet à identifier les acteurs impliqués dans la construction euro-méditerranéenne et à appuyer la constitution de réseaux au Nord et au Sud. Pour cela, elle constitue une plateforme d’échange et de travail entre acteurs de terrain puis informe et sensibilise les institutions nationales sur les enjeux de la coopération méditerranéenne. Medcoop vient de fêter ses 10 ans d’existence, l’occasion pour Kader Bekkar, directeur général de l’association, de nous en dire un peu plus sur le rôle et le bilan de l’association ainsi que sur les enjeux actuels autour de la méditerranée et les liens qu’elle construit avec l’Europe.


 

Pouvez-vous nous présenter Medcoop (Collectif pour le développement de la coopération décentralisée en Méditerranée), ses objectifs et ses priorités ?

Medcoop a été crée en décembre 1999 par des acteurs fortement impliqués dans la coopération en Méditerranée. Medcoop est un collectif d’associations et d’organismes engagés dans la coopération internationale et plus particulièrement en Méditerranée. C’est aussi ce que l’on appelle une tête de réseau régionale. Dans les principales régions françaises existent des « équivalents » Medcoop qui ont pour mission de rassembler les énergies et de développer les initiatives de coopération. L’une de nos particularités est d’avoir choisi la Méditerranée comme champ de coopération privilégié. A l’époque, personne n’avait une idée exacte de qui faisait quoi dans la région dans le domaine de la coopération.

Nous avons définis plusieurs axes de travail avec pour principaux objectifs : La promotion de la coopération décentralisée en Méditerranée et les actions de ses membres, l’élaboration de propositions fondées sur des pratiques de terrain. Et la constitution d’une plate-forme d’échanges d’expériences et d’informations entre ses membres, l’information d’un large public des initiatives de coopération.

A quelle occasion à été crée cette association ? Au moment du processus de Barcelone ?

L’élément déclencheur est sans nul doute le constat que le processus de Barcelone censé impulser une dynamique de croissance en Méditerranée était loin d’avoir atteint son but. En réalité, plus que l’échec relatif lié à la mobilisation de fonds et de leur utilisation, il nous a semblé absurde de vouloir construire une zone de paix et de prospérité en négligeant la participation de la société civile. Lors du forum civil de 2000 à Marseille, Medcoop a présenté un certain nombre de propositions en ce sens pour relancer le processus de Barcelone.

Combien d’association Medcoop fédère-t-elle ?

Nous n’avons pas loin d’une cinquantaine d’adhérents (que l’on peut consulter sur notre site) et les principaux opérateurs régionaux de la coopération nous ont rejoints. Ce qu’il faut retenir, c’est que nos adhérents travaillent dans le cadre du développement partagé et ce dans tous les domaines existants (économie, formation, santé, environnement, culture, social, etc.).

Qu’est-ce que la coopération décentralisée ?

D’un point de vue juridique, la coopération décentralisée se caractérise par la possibilité accordée aux collectivités locales d’engager et de financer des actions de partenariat avec des collectivités locales étrangères. Ces actions doivent s’inscrire dans le cadre de la signature d’une convention et respecter les engagements internationaux de la France. Il faut souligner que depuis la loi Thiollière de 2007 venue renforcer les dispositions existantes, l’action internationale est devenue une compétence à part entière des collectivités territoriales.

Mais la coopération décentralisée ne peut se concevoir sans les acteurs du territoire. Les collectivités territoriales font souvent appels aux associations pour renforcer leur coopération. C’est ainsi que beaucoup de nos adhérents travaillent en étroite collaboration avec nos collectivités.

Quel est le bilan des actions de cette association et quelles sont les difficultés rencontrées par cette dernière ?

Le premier bilan est la validation de l’utilité de ce type de réseau. Plus personne n’en conteste aujourd’hui le principe. Le foisonnement des initiatives ne permettait pas il y a quelques années de discerner la réalité et la finalité de la coopération. Medcoop est devenu une référence en ce qui concerne la Méditerranée. Medcoop est devenu à la fois une interface avec les institutions et un lieu d’échange entre les opérateurs.

Notre principale difficulté est de mettre en adéquation notre développement et nos moyens humains et financiers.

Medcoop édite une lettre trimestrielle ? Quels sont ses objectifs ?

De même que notre site internet http://www.medcoop.com, notre journal est un outil de communication qui a pour vocation d’être l’expression de la richesse du partenariat entre les divers acteurs de notre région et la Méditerranée.

Nous avons choisi une ligne éditoriale qui s’appuie sur l’analyse, la réflexion et l’information destinée à tous les publics. La crédibilité des actions de coopération passe aussi par une communication accessible au plus grand nombre. La lettre Medcoop.com est destinée aux opérateurs, aux responsables politiques et administratifs ainsi qu’à toute personne désireuse de s’informer. Nous avons pris le parti de mettre à disposition des informations utiles qui permettent de capitaliser les expériences et d’encourager les initiatives en Méditerranée. Enfin nous donnons la parole aux acteurs qui bien souvent ne disposent pas de tribune pour présenter le bilan de leurs actions ou le résultat de leur réflexion.

Quels sont les futurs projets de Medcoop dans les pays du Maghreb ?

Nous réfléchissons à l’ouverture d’antennes qui pourraient également être un relai pour les membres de notre réseau. Nous participerons sans doute davantage aux activités des réseaux implantés au Sud.

Pourquoi est-il important de fédérer les associations qui travaillent autour de la Méditerranée ?

Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, il y la question de la ressource financière qui a tendance à se réduire. Il est donc nécessaire de mutualiser nos moyens. Il y a ensuite la question de la lisibilité. Nous ne pouvons sensibiliser le grand public aux questions de solidarités internationales en nous présentant en ordre dispersé. Il est important de présenter un discours cohérent sur ces questions, faute de quoi beaucoup penseront encore que le financement des programmes de coopération est totalement inutile. Enfin nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres. La coopération est un champ complexe. On ne travaille pas de la même manière au Liban, au Maroc ou au Sénégal. Notre richesse réside dans cette capitalisation des expériences.

Les enjeux autour de la méditerranée et des pays du Sud sont trop-ils importants ? Êtes-vous optimistes pour l’avenir ?

Lorsque l’on entend les spécialistes nous présenter ce qui nous attend dans les vingt prochaines années, il y a de quoi avoir peur. Nous sont présentés des scénarios catastrophes dans les domaines économiques, environnementaux, sociaux, etc, qui pourraient décourager les plus volontaires. Mais nous n’avons pas d’autre choix que d’être optimistes.

On ne peut continuer à accepter le fait que le différentiel de développement entre les deux rives de la Méditerranée s’accroisse sans pour autant en ignorer les conséquences. Et si nous sommes toujours mobilisés, c’est que les actions de la société civile ont un impact certain et mesurable sur le développement des pays du Sud. Et de part et d’autre de la Méditerranée, il y a des femmes et des hommes qui travaillent ensemble pour réduire cette fracture qui nous sépare. Nous essayons à notre niveau de participer à la construction de cet espace méditerranéen.

L’Europe développe-t-elle des relations étroites avec les pays de la rive sud ?

Sans doute qu’elle le pense. En réalité, il y a une grande diversité de traitement entre l’Europe et les pays de la rive Sud. Les relations sont plus étroites avec certains pays comme le Maroc, la Turquie ou Israël et plus distendues avec les autres. Cela tient à plusieurs facteurs dont la perception que les pays du Sud ont du partenariat euro-méditerranéen. L’écart entre les attentes et les moyens attribués à ce partenariat ne sont pas un gage de réussite.

Il faudrait souligner aussi que l’Europe parle d’une seule voix tandis que les pays du Sud sont incapables de proposer une politique globale de partenariat. Il en résulte une forte impression de relations inégalitaires.

Quelle est la place de l’Europe dans ces projets ?

En ce qui concerne l’engagement de l’UE vis-à-vis de la société civile en Méditerranée, la situation est contrastée. L’UE est le principal bailleur de la solidarité internationale dans le monde et nombre de programmes importants de coopération existent grâce à l’engagement de l’Europe. Pour autant, nous souhaiterions une réflexion plus poussée de la part de l’UE concernant la coopération en Méditerranée.

Que pensez-vous de l’union pour la méditerranée ?

L’initiative de la France est venue au moment où le processus de Barcelone était en sommeil. Elle a permis de remettre en selle le partenariat euro-méditerranéen. Ne serait-ce que pour cette raison, l’UPM mérite que l’on s’y intéresse de plus près. Bien entendu, avec les réticences de nombreux pays, il en a résulté un programme d’actions aligné sur le minimum syndical. Quoi qu’il en soit, il faudra se mobiliser davantage et espérer que la présidence espagnole renforcera ce partenariat.

Medcoop organise des rencontres annuelles autour de problématiques particulières quelle sera la prochaine thématique pour cette année ?

Le 18 décembre, nous organisons nos IXèmes rencontres sur le thème « formation, coopération et développement économique ». Ces rencontres se dérouleront à l’auditorium des archives et bibliothèque départementales Gaston Defferre à Marseille. Nous avons choisi cette année de mettre l’accent sur la contribution de nos acteurs régionaux aux formations qui ont une incidence directe sur le développement économique. C’est une question éminemment stratégique dans le contexte actuel. Répondre aux défis de l’emploi et du développement, c’est aussi s’interroger sur la pertinence de notre partenariat dans ce domaine.

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Les relations entre les deux rives de la Méditerranée sont de moins en moins sujettes à des polémiques idéologiques. Aujourd’hui, on prend de plus en plus conscience de la nécessité d’organiser l’avenir et non de laisser la situation se dégrader. Même si les moyens ne sont pas à la hauteur des enjeux, il est incontestable qu’une vraie réflexion s’est engagée depuis quelques années. Il faut espérer que nos responsables politiques poursuivent leurs efforts et parviennent à établir des relations solides avec leurs homologues du Sud.

Pour plus d’informations :

Délégué Général :
Kader BEKKAR

Chargée de Mission :
Marianne Roux Bouzidi

Tél : 04.91.05.98.92

Mail : medcoop@wanadoo.fr

Bureau :
1, rue de la République
13002 MARSEILLE

 



 

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