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« Ils sont et font la France »

17 janvier 2013 - Dernier ajout 20 janvier 2013

Ils s’appellent Juan, Anna, Jian, sont Espagnols, Polonais, Chinois... Tous ont migré vers la France il y a dix, vingt, soixante ans. Par choix. Ou pas. La journaliste Nadia Hathroubi-Safsaf a recueilli leur histoire, leur sentiment pour ce pays où ils ont parfois réussi, mais qui ne les a pas toujours bien accueillis. Immigrations plurielles, témoignages singuliers leur donne la parole.


 

Politique, historique, Immigrations plurielles, témoignages singuliers l’est sans conteste. Davantage encore, l’ouvrage sans images se révèle sentimental. Rencontrés pour la plupart grâce au bouche à oreille, des immigrés de tous horizons, qui ne partagent parfois que leur aventure migratoire, se racontent librement, sous la plume de notre consœur Nadia Hathroubi-Safsaf. Jian, jeune Chinois à l’abnégation et la volonté sans faille qui veut se faire « l’enfant » de la France ; Fatéma, ethnologue et figure réputée de la gastronomie marocaine avec son restaurant de la Mansouria ; Guido, Italien prolixe à qui l’on doit le Musée de la poupée à Paris ; Alain, Ivoirien arrivé en France par « un concours de circonstances », qui pensait en repartir et s’y est finalement établi… Dix portraits et autant d’origines, de parcours, de souvenirs. Avec des réussites sociales, de grands moment de solitude, du courage, des déceptions, la soif d’un avenir meilleur. L’ouvrage prend le parti d’une progression chronologique, depuis la Seconde guerre mondiale jusqu’au début de notre siècle. Pas de photos, le texte seul doit suffire à imager tant d’années résumées, à dessiner le visage de ceux qu’on ne voit pas. Analyse critique de l’évolution politique des mesures et discours entourant la question de l’immigration, le recueil emprunte à l’histoire ses grandes figures françaises venues d’ailleurs. Et n’oublie pas de rappeler le rôle, la contribution d’immigrés - inconnus, eux - au bon fonctionnement du pays. Façon de rappeler qu’ils sont et font la France.

- L’auteur, Nadia Hathroubi-Safsaf s’est prêtée au jeu de l’intervieweuse interviewée. En filigrane, elle se raconte un peu aussi.

Med’in Marseille : Qu’est-ce qui a inspiré l’envie de faire ce livre ? Votre parcours, votre histoire personnelle ?

Nadia Hathroubi-Safsaf : Quand on est journaliste, on a envie d’écrire et cela faisait longtemps j’y pensais. J’ai commencé par écrire des romans : j’en ai commencé plusieurs qui sont… dans un tiroir ! Et puis je me suis dit qu’il était dommage qu’on ne parle jamais de tous ces parcours d’immigrés. Finalement, ils n’ont toujours pas leur place. J’ai donc commencé à écrire des portraits, dans l’idée de les publier sous la forme d’une série d’articles. Une amie journaliste m’a convaincue d’en faire un livre. Elle en a parlé à son éditeur, qui s’est montré intéressé.

Concernant mon parcours personnel, ce n’est qu’à la fac que j’ai compris que je n’étais pas une « vraie Française ». Jusque-là, je ne m’étais jamais perçue comme Maghrébine, ni posé la question d’où venaient mes parents ou de ma « différence ». J’ai été préservée et au collège, au lycée, je n’ai pas connu de racisme. Mais en arrivant à la fac de droit, dans une banlieue chic de Paris et en plein débats du temps de [Charles] Pasqua, j’ai été confrontée de façon très directe au racisme. Je me souviens que nous étions plusieurs rassemblés autour d’une affiche sur le droit du sol et le droit du sang : nous avons été bousculés par de nombreux élèves dont certains disaient «  rentrez chez vous ». En grandissant, j’ai éprouvé de l’empathie pour les gens, dont de nombreux immigrés, que je croisais dans le métro en partance pour le travail, à 6 heures du matin. Je repensais à mon père, qui partait tôt lui aussi pour travailler.

Et puis ensuite, lorsque que j’étais sollicitée par des rédactions en tant que pigiste, c’était pour être assignée à des sujets « banlieue », alors que je n’y avais jamais mis les pieds [Nadia a grandi dans un quartier « tranquille et bourgeois » de la capitale]. Petit à petit, par la force des choses je me suis intéressée à ces sujets, qui vont bien au-delà des clichés, de ce que l’on voit dans les médias…. D’ailleurs, je me retrouve en définitive rédactrice en chef du Courrier de l’Atlas, qui est le magazine des Maghrébins de France, ce n’est pas anodin. Mais je suis un caméléon, je me sens à l’aise partout.

L’introduction que vous donnez au livre semble éminemment politique…

Le déclic c’est aussi le ras-le-bol autour du débat sur l’identité nationale, que j’ai trouvé profondément injuste. Dans les médias comme dans les relais associatifs on ne parlait que d’identité nationale, ça en devenait anxiogène. J’ai eu beaucoup de mal avec cette stigmatisation, toujours tournée envers les mêmes et j’ai considéré violente la manière dont on s’attaquait à nos parents finalement : les miens ont travaillé toute leur vie et ma mère [qui a passé 30 ans en tant qu’assistante maternelle à la Mairie de Paris] par exemple, touche une retraite moindre que ses collègues françaises.

Vous écrivez votre livre à l’époque de la présidentielle opposant Nicolas Sarkozy et François Hollande. Vous espérez que ce dernier, s’il est élu, actera enfin une promesse vieille de 30 ans, du temps de Mitterrand : le droit de vote des étrangers extracommunautaires aux élections locales… Quel regard, portez-vous aujourd’hui sur les tergiversations gouvernementales à ce sujet ?

Un regard plein de colère. Ce sera le sujet de mon deuxième livre, sur lequel je travaille : 30 ans après la « Marche des Beurs », comment est-on passé d’une revendication politique à une revendication identitaire ? À l’époque on parlait de la Marche pour l’égalité des droits, et non pas pour les « Beurs ». Les revendications étaient essentiellement sociales : pouvoir étudier, accéder à un logement,... Le droit de vote pour nos parents, si Hollande ne le fait pas, qui le fera ? J’espère qu’il ne trahira pas l’« espoir » que les jeunes des quartiers populaires ont mis en lui. 30 ans plus tard, il serait temps de mettre à exécution cette promesse. Mais je crains que ça ne se fasse pas d’ici 2014, vu le cafouillage entre François Hollande, Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem qui doit en avaler, des couleuvres. Le droit de vote aux élections locales, ce n’est pas comme si c’était quelque chose de choquant. Ce sont des gens qui payent des impôts locaux ! Pouvoir donner sa voix aux élections locales, je pense que c’est le minimum.

Quelles relations avez-vous nouées avec les témoins rencontrés ?

Je dis souvent que, pour ce livre, j’ai beaucoup pleuré. C’était dur de faire face à des personnes âgées qui vous racontent qu’au final, elles se rendent compte qu’elles n’ont pas eu de reconnaissance. Quand Anna dans son petit appartement parisien sombre me dit qu’elle reçoit une toute petite pension, alors qu’elle a travaillé toute sa vie,… Je constate qu’on ne leur donne jamais la parole. J’ai passé du temps avec ces personnes, toujours dans leur environnement. Je ne suis pas venue une heure puis repartie. J’ai parlé de moi, de mon histoire, de mes parents qui ont traversé la Méditerranée, eux aussi en quête de mieux pour qu’ils soient en confiance. Juan, le réfugié espagnol est mort le 10 octobre dernier, date à laquelle le livre devait sortir. J’y ai vu un symbole. Il était l’un de ceux à qui je m’étais particulièrement attachée. Aucun n’a souhaité se rendre à la présentation du livre, à laquelle je les avais invités. Ils ont toujours été très discrets dans leur vie, et le restent. Il s’agissait pour moi de rester fidèle à leurs propos, qu’ils s’y reconnaissent et n’en éprouvent pas de gêne.

Vous couvrez différentes époques, différentes vagues migratoires. À dessein ?

Je ne voulais surtout pas faire un livre où on me reprocherait d’être « communautaire ». C’est ce que j’explique aux journalistes qui n’ont pas lu le livre et me demandent pourquoi je n’ai traité que de l’immigration maghrébine, ou veulent me voir parler d’islamophobie ! Je voulais montrer que justement, quelles que soient les vagues d’immigration, la question de « l’intégration » s’est toujours posée, et pour les parents et pour les enfants. Le « qui sommes-nous ? » est une question d’universelle que se pose également l’immigré breton quand il débarque à Paris.

Rappelons qu’un français sur cinq a au moins un grand-parent immigré. Il y a des gens qui sont rentrés dans le patrimoine français dont on se souvient pas ou peu : comme Romain Gary par exemple, qui a réussi à décrocher deux fois le Goncourt, ce qui correspond à la distinction la plus importante de la littérature française !

Un mot de cette préface venue d’ailleurs de la slameuse Tata Milouda ?

Je ne voulais pas quelque chose d’académique. J’ai d’abord sollicité Akhenaton, mais ça ne s’est pas fait. Je pense que ma démarche n’a peut-être pas été complètement cernée : ce n’est pas un livre pour faire de l’argent, il s’agissait de remettre de l’humain dans ce terme d’immigration, qui est aujourd’hui connoté négativement. Il fallait donc que je cherche quelqu’un qui soit légitime à mes yeux et aux yeux des gens qui se racontaient : je suis tombée sur Tata Milouda que je connaissais déjà et je me suis dit : « c’est elle qui me faut ». Elle m’a d’emblée déclamé un slam, qu’on a fusionné avec un texte qu’elle avait écrit dans la nuit précédant notre rendez-vous. Elle a une vie extraordinaire : elle est venue travailler toute seule en France, laissant ses enfants au Maroc. À 60 ans elle a appris à lire et a commencé à écumer les petites scènes libres. Puis elle a rencontré le slameur Grand corps malade, qui en a fait sa protégée. Il l’a même décorée de l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.

Vous concluez avec ces personnalités venues d’ailleurs, qui ont contribué à faire de la France ce qu’elle est aujourd’hui…

Quand on parle de patrimoine français, on oublie souvent que de grands noms sont venus d’ailleurs, comme Picasso, et tant d’autres. Ce n’est pas être dans la revendication, mais il est dommage de ne pas se souvenir que des immigrés sont et ont fait la France, ont tant apporté pour le rayonnement culturel français. Cette exception française dont on se targue, elle existe aussi parce qu’il y a autant de diversité en France.

-  Immigrations plurielles, témoignages singuliers, de Nadia Hathroubi-Safsaf, paru aux éditions Les Points sur les i en nov. 2012, 134 pp., 12 euros.

 

 

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