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Ilanga, un soleil arc-en-ciel à Marseille

7 avril 2011 - Dernier ajout 8 avril 2011

Ils sont cinq, venus d’horizons musicaux différents. Ensemble, ils forment Ilanga (« le soleil » en Xhosa), un groupe marseillais aux couleurs vocales et instrumentales magiques, dont vous risquez d’entendre parler dans les années qui viennent. Rencontre à la sortie d’une répèt’ avec la chanteuse sud-africaine Bongi et ses « partenaires de crime ».


 

On remballe ! La chanteuse et les musiciens d’Ilanga paraissent éprouvés, mais quelques minutes après avoir posé micro et instruments, il flotte comme un air de sérénité dans la salle. Nous retrouvons la petite troupe dans un immeuble du boulevard des Dames, à la fin d’une de leurs répétitions. Sibongilé Mbambo se prête timidement au jeu de l’interview : presque susurrées, les réponses de celle que l’on appelle simplement « Bongi » tranchent avec ses chants puissants et ronds, modulés à l’infini sur scène. Autour d’elle trois de ses complices s’affairent. Tous ont une histoire, un voyage musical aux influences multiples.

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Le groupe au complet, avec de g. à d. : Djamel Taouacht, Jérémy Demesmaeker, Sibongilé Mbambo, Hassan Tighidet et Mike Aubé. ©Keuj

Bongi pose ses valises à Marseille en 2002. La raison : « l’amour », glisse l’un des musiciens. Elle n’en dira pas plus, l’aventure relevant « du passé ». Plutôt que se souvenir, la Sud-Africaine préfère regarder l’avenir. Native de Cape Town, cette artiste aux talents protéiformes se fait d’abord connaître par sa peinture au style rappelant la simplicité des traits d’un Matisse, abandonnant cependant l’ascétisme monochrome du maître pour l’épicurisme d’aplats chatoyants. Son œuvre picturale comme son univers musical laissent transparaître ses origines Xhosa. Ilanga chante principalement dans le dialecte éponyme, caractérisé par des consonnes originales prononcées d’un claquement de la langue contre le palais - appelé « clic ». Le répertoire du groupe s’épanouit également en anglais et en français et signe ainsi des références éclectiques.

Si vous voulez savoir à quoi ça ressemble, le son d’Ilanga, écoutez ça :

Parmi ses maîtres à chanter, Bongi cite les divas Sud-Africaines Myriam Makeba, Brenda Fassie, Busi Mhlongo, Letta Mbulu,... Elle puise aussi son inspiration chez d’autres interprètes du continent, comme Angélique Kidjo. Et c’est à Marseille, au gré de ses rencontres avec des musiciens de tous horizons, que se forge son talent. Des rencontres qui l’aident à « évoluer, à avoir un peu confiance » en elle.

(Re)Naissance

Après avoir collaboré avec de grands noms de la scène musicale marseillaise - Ahamada Smis, Dobet Gnahoré pour ne citer qu’eux - elle s’entoure de musiciens dont le talent n’est plus à prouver. Le batteur et percussionniste Djamel Taouacht rencontre Sibongilé dès son arrivée en France : « elle était choriste dans un groupe où le chanteur était congolais. Ils répétaient à côté de chez moi et puis j’ai fait quelques dates avec eux ». Sans se perdre de vue, les deux amis font évoluer leur carrière en parallèle, avant de se retrouver au sein d’Ilanga. De son côté, Djamel Taouacht explore différents styles, qui viendront enrichir le sien : « musique des caraïbes, brésilienne, africaine, du Maghreb, occitane, jazz, chanson française... ».

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Sibongilé Mbambo, dit "Bongi", en concert. ©Laurent Marseye

Si Bongi est le dénominateur commun d’Ilanga, la formation se concrétise au fil de contacts parfois fortuits. « Avec Bongi, nous avions des amis communs, dont Ahamada Smis qui est un pote depuis cinq ou six ans, raconte Mike Aubé. On ne s’est pas tout rencontrés dans un cadre musical, mais plutôt autour d’apéros, de crémaillères ». La chanteuse demande au Canadien de travailler avec elle sur de nouvelles compos et des arrangements. Elle ne peut mieux tomber : débarqué il y a neuf ans de Montréal, le jeune bassiste à longtemps tourné avec Skyjuice notamment, un groupe soul pop renommé dans son pays et ailleurs. En deux temps trois mouvement, Mike s’acoquine avec celui qu’il appelle son « partenaire de crime », le Belge Jérémy Demesmaeker. Touche à tout, ce dernier manie aussi bien le saxo que les percus ou le kayanm (instrument réunionnais semblable à un cadre où sont juxtaposées des tiges de fleurs de canes remplies de graines, que l’on secoue horizontalement). Il deviendra l’un des artisans du succès d’Ilanga. « On travaille bien ensemble, résume Mike. Ca va très vite, c’est très intuitif ». A l’époque, Mike et Jérémy bossent ensemble sur le disque « Nationalité vagabonde » de la comédienne franco-roumaine Rona Hartner. Ils collaborent dans le même temps au Watcha Clan et fondent Bains Douches, station live multimédia où se mêlent musique électro dub et images.

Fusion musicale

Les amis souhaitent monter quelque chose «  rapidement ». « On sentait que l’on tenait quelque chose, une étincelle que l’on ne voulait pas laisser passer. Bongi chante très très très bien, c’est une perle rare ! », s’enthousiasme le bassiste et arrangeur. « Après avoir travaillé à un répertoire cohérent », et pour étoffer Ilanga, le trio s’attache le talent de Djamel Taouacht et d’Hassan Tighidet à la guitare. Jérémy est propulsé manager du groupe, en attendant de déléguer la fonction. Ilanga naît officiellement il y a deux ans.

Bongi chante a capella, just for you !

Le son produit par ces cinq personnalités si dissemblables et si complémentaires à la fois n’entre dans aucune case : « on dit qu’Ilanga parle le Xhosa, et jazz, soul et afro beat sont ses dialectes », synthétise Jérémy Demesmaeker. L’influence de l’âge d’or de la musique noire-américaine est prégnante, clairement assumée. Mike Aubé revendique à titre personnel « The Meters et Curtis Mayfield et ses arrangements de cuivres, de cordes, de basse, de guitare, de batterie et de voix » comme références. Ajoutez à cela des reprises de chants traditionnels sud-africains et vous obtenez ce que Bongi qualifie de « fusion », intense et unique. La jeune femme écrit elle-même ses textes. « Ca parle d’amour, de mort, de tout ce qui nous touche, des choses de la vie... ». En définitive, « c’est vraiment un mélange, marseillais, typiquement marseillais ! », s’exclame Jérémy.

Le Soleil n’est pas prêt de s’éteindre

Le résultat, que l’on retrouve dans un EP de quatre titres sorti fin 2010, illustre ces racines aux ramifications infinies. Un single promotionnel devrait bientôt voir le jour et tourner dans toutes les bonnes radios, et un album s’invitera sur vos platines courant 2012. La renommée n’a pas attendu : Ilanga a joué lors du Festival Rio Loco en juin dernier à Toulouse, et l’événement marseillais Africa Fête a donné un sacré coup de booster à la fine équipe qui recherche des partenaires pour « continuer de grandir ». Une tournée à la Réunion, Madagascar, puis en Afrique Australe attend le groupe. L’idée de peut-être se produire dans son pays natal, l’Afrique du Sud, procure « un grand plaisir » à Sibongilé, qui l’envisage comme « une chance ».

Ilanga vous fait vibrer près de chez vous :

- Le 23 avril 2011 au Mundo K’Fé
- Le 20 mai 2011 lors de la Belle Fête de Mai
- Et fin juin, durant le festival Africa Fête.

Toutes les infos sont sur le site d’Ilanga.

Logo : pochette de l’EP ©Mathieu Imbert

 



 

  • Henriette Nhung Pertus : L’exil douloureux de la « Chinoise verte »

    une pensé a vous henriette !! j admire le courage que vous avez eux pour etre encore parmi nous apres avoir vecu les pires chose qu’il puisse exister !!toutes cette haine cette souffrance dont vous avez etait victime !!j’espere que vous avez trouvé une vie tranquille sens peur et sens crainte du lendemain je vous embrasse

    par langer le Mai 2014 à 20h06

 

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