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G7 : les peuples d’abord, la finance dégage !

11 septembre 2011

Alors que les grandes puissances étaient réunies à Marseille, cette fin de semaine, pour un G7 consacré à la finance mondiale, prés d’un millier de manifestants ont investi les quais du Vieux-Port, samedi, avec la ferme intention de se faire entendre. Au son des percussions d’une batucada, les militants ont défilé dans le centre-ville, redoublant d’efforts et d’imagination pour alpaguer les passants sur ce G-Rien ! Un écho qui a probablement résonné jusqu’aux oreilles des argentiers de la finance réunis non loin de là, au palais du Pharo. Alors que ces derniers cherchaient à envoyer des messages de confiance aux marchés financiers, sur toutes les lèvres des protestataires se dessinait une réponse simple : la fin des paradis fiscaux et un audit sur la dette.


 

« Chers concitoyens, chers contribuables, stop au vol des puissants ! » hurle le mégaphone. Réunis sur le Vieux Port derrière la bannière du collectif « Les peuples d’abord pas la finance », partis politiques à gauche de la gauche, collectifs, syndicats et associations, tous affichaient un seul mot d’ordre : « sonner les oreilles » des puissants argentiers du G7 rassemblés à quelques pas de là, au Palais du Pharo.

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Et le collectif, composé d’une quarantaine d’associations, n’avait pas lésiné sur les moyens. Stands, musique, batucada, déguisements, ils ont consciencieusement exploité tous les symboles de la rue, en commençant par rebaptiser l’artère de la République, « rue de la spéculation ». Pas de baguettes distribuées cette fois, mais une technologie de pointe en matière d’arsenal anti G7 ! Au rythme de la batucada Mulêketù, les militants ont déambulé dans les rues du centre-ville, remontant d’abord la Canebière, avant de s’ arrêter devant la banque CIC, où ils ont entonné sur un air de Brassens la « Chanson du maudit bankster », avant de se diriger vers la chambre de commerce et le centre Bourse, symboles de cette finance gangrénée.

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L’air est bon enfant mais les militants ne décolèrent pas. Michel Touzet, membre du NPA 13, dénonce une prise de décision unilatérale par un petit nombre de pays et de présidents : « On en a assez de payer, c’est au peuple de décider, le peuple d’abord », clame ce dernier. « Cette dette de la France et des autres pays est illégitime, elle est faite par ceux qui nous gouvernent. Ce n’est pas au peuple de payer. On réclame a minima un moratoire ou un audit sur cette dette, sans parler des dettes des pays du sud qui sont une infamie », reprend le militant. Aux côtés du collectif et non loin d’un avion spéculateur piquant du nez et d’une poule aux œufs d’or alimentant les cordons de la bourse de Wall-street, le thé de l’Eléphant des Fralib de Géménos coulait à flot, afin d’appeler la population à boycotter la marque : « On occupe notre usine depuis début septembre pour sauver nos emplois. C’est le capitalisme qui nous tue, il s’agit de licenciements boursiers, l’usine est rentable c’est pour ça qu’on est là », indique Gérard Cazorla, secrétaire CGT à l’usine Fralib.

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De Tarascon à Aubagne, en passant par Aix-en-Provence, militants et citoyens ont voulu dénoncer « la dictature des marchés financiers et les plans d’austérité ». Dans un climat de « ras-le-bol » général, en plus d’une provocation, ce sommet réunissant les puissances financières mondiales est perçu comme un moyen de renforcer les acteurs et mécanismes à l’origine de la crise. Certaines réunions ont déjà sérieusement marqué les esprits, mais avec la crise économique, ce G7-Finance prend une saveur encore plus amère pour les manifestants qui jugent ces symposiums tout simplement illégitimes : « Le continent africain n’est même pas représenté. Seuls les banquiers, les institutions de Bretton-Woods sont présents. La crise financière a entrainé une crise économique et sociale et les gouvernements ont spéculé sur les dettes publiques. Les promesses de réguler la finance n’ont pas été tenues. Nous refusons de payer pour les banques », scandent les militants.

Les paradis fiscaux dans le collimateur

Un engrenage et une crise structurelle, dont ils aimeraient bien sortir, avec pour commencer le rapatriement des capitaux vers leurs véritables destinataires. Pour symboliser cette fuite des billets vers les territoires à faible taux d’imposition, palmiers, transat et sable fin, figurant un paradis fiscal, ont été installés sur les quais. Une mise en scène satirique et burlesque orchestrée par l’ONG CCFD-Terre solidaire, suggérant aux passants de se faire prendre en photo avec M. Argent pour l’aider à quitter ces paradis fiscaux. « Avec cette campagne, on dénonce le transit d’argent vers ces paradis, comme Maurice, les Bahamas, ou Monaco. Cet argent devrait aller aux pays en développement. Les paradis fiscaux privent les pays du Sud de 800 milliards d’euros de ressources fiscales », explique Marie-Ange, de Terre-Solidaire. « Il y a deux ans, à Londres, des promesses avaient été faites, annonçant que le secret bancaire serait levé. Or, l’opacité financière se porte bien », dénonce le collectif.

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L’après-midi s’est refermée par un hakka altermondialiste contre les paradis fiscaux, clin d’œil à la coupe du monde de rugby et métaphore du vol opéré par ces territoires. Un premier coup d’essai et une chorégraphie qui resservira probablement en novembre prochain, lors du sommet du G20 prévu à Cannes.

 

 

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