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Festival dans les cités contre Table Ronde à la préfecture

11 septembre 2013

Samedi dernier, se tenait une table ronde en préfecture avec seize élus de la ville (dont Jean-Noël Guérini et Sylvie Andrieux), Manuel Valls et les préfets de police et de région. Un peu plus tard dans l’après-midi, au Nord de la ville, dans la cité de la Busserine, le festival Paroles de Galères rassemblait militants, curieux, travailleurs sociaux et habitants pour redonner un peu de dignité aux quartiers oubliés et gangrénés par la violence. Deux évènements à Marseille, qui ont été différemment traités par les médias. L’un, archi couvert médiatiquement (TV, grands médias locaux et nationaux pour la table ronde), l’autre qui ne bénéficiait que de la présence de médias alternatifs … Retour sur le Festival de Galère à la Busserine, cité qui n’avait pas connu de fête depuis Sept ans.


 

Samedi 7 septembre, le même jour dans la cité phocéenne deux évènements assez éloignés se déroulaient. Côté face, une table ronde organisée en préfecture avec tous les officiels (même ceux mis en examen ou condamné à la prison !) pour trouver « une solution » pour Marseille.

Côté pile, le Festival Parole de galère qui, en autofinancement, tentait de recréer un lien social dans les quartiers et faire émerger des paroles et des solutions tout en proposant animations et loisirs.
Côté face, la réunion en préfecture a été archi couverte médiatiquement, j’ai pu même voir des journalistes de TF1 pour 7 à 8. Au final, Manuel Valls, via le préfet, « a confirmé que d’ici la fin de l’année des renforts supplémentaires seront accordés ». On parle de 200 policiers nationaux. Devant les journalistes présents samedi, certains élus de gauche ou de droite ont tout de même relevé l’incongruité de la présence d’élus mis en examen ou condamné à cette table ronde. Des propos relayés par la presse ce week-end.

Côté pile, le festival Paroles de Galère au Nord de la ville avec un silence
médiatique assourdissant. A ce jour, hormis un article sur le site de Zibeline, et le blog de Médiapart, le responsable de la communication du festival, Marius, n’a pas été averti de la présence d’autres médias. « Je suis un peu étonné, dans les éditions précédentes, des journalistes de la Provence et de la Marseillaise se déplaçaient, là aucun ne s’est présenté à moi ». Pourtant, ce qui se passait à la Busserine était aussi emblématique de la cité phocéenne, mais peut-être moins vendeur ….

Car en effet, le festival Paroles de Galère s’est bien déroulé, malgré un début un peu bousculé avec l’annulation de la soirée de vendredi, suite à la mort d’un jeune homme à la Cité des Flamants. Durant le week-end en tout cas, en plein cœur de la cité Busserine, sur la pelouse Picon, aucun incident n’a été à déplorer. Des membres de l’équipe du festival m’ont confié qu’ils avaient évidemment fait un travail de préparation sur le terrain et n’étaient pas arrivés bille en tête dans la cité. Ils ont même discuté avec les dealers qui n’étaient pas contre ce festival et ont promis de ne pas faire obstacle. « Radio Galère travaille avec la Busserine depuis de très nombreuses années, il y a une émission hebdomadaire sur les antennes de Galère qui s’appelle « Les échos de la Busserine ». Et pour le festival, on a mobilisé tous les centres sociaux, celui des flamants, l’Agora et toutes les associations du quartier, depuis plus d’un an, avec des réunions régulières puisque notre volonté est d’associer les habitants. On a été voir l’imam, on a été voir les dealers. Nous sommes parvenus à trouver un compromis bienveillant, même si, ici, il ya des facteurs de tensions. Les Frères Musulmans sont très présents, on a discuté donc pour savoir si on mettait de l’alcool, par exemple », relate Max, l’un des administrateurs de Festival.

Samedi après-midi, on pouvait donc rencontrer « le public alternatif » que l’on retrouve souvent dans les festivals et rencontres, des travailleurs sociaux et de nombreux jeunes gens et enfants venus regarder les leurs monter sur le podium de la scène ouverte. Des mamans de la cité ont également fait un petit tour, notamment dimanche, sur les différents stands. Cela faisait en fait sept années qu’aucune fête ou évènement n’avait eu lieu à la Busserine. Le succès a été, en tout cas, au rendez-vous pour les scènes ouvertes, les projections et les concerts.

En ce qui concerne les débats, les habitants se sont moins pressés. Les organisateurs déplorent que « La population hésite un peu à venir. Par exemple, on ne voit pas trop les femmes voilées dans les débats, mais la moitié des bénévoles sont des gens du quartier », explique Max. Constat similaire pour le chargé de communication : « On attendait plus de monde, les gens ne sont pas descendus de chez eux, on a surtout eu un public très jeune ou des mamans. Par contre des gens du quartier ont été nombreux à nous dire qu’ils étaient contents. » De son côté, Max tient à saluer « le réseau de gens jeunes qui ont pris en main l’organisation de ce festival et qui sont très bons dans l’organisation et la logistique des concerts. Ils sont aussi très lucides, d’un point de vue politique sur la nécessité de s’engager. Ils travaillent avec beaucoup de générosité et ça, c’est un signal d’espoir, qui relance le projet de radio Galère qui est de redonner la parole à ceux qui ne l’ont pas »

Avec ce festival, un premier pas a donc été franchi. « C’est la première année, il y a des liens qui se sont noués, des liens de confiance », note Max. Au lendemain du festival, l’équipe s’interroge sur la manière de communiquer afin d’accroître la présence d’habitants de la cité, pour la prochaine édition, qui se fera vraisemblablement dans le même lieu. Elle a également la volonté d’organiser des plateaux radio mensuels avec les habitants, dans la cité de la Busserine, pendant toute l’année. Une façon de relier les habitants au festival.

 



 

 

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