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Faire la vie dure aux ordures

9 juin 2011 - Dernier ajout 12 juin 2011

Hier matin, sous l’œil des caméras, un collectif d’associations a lancé une opération solidaire de nettoyage du campement rrom de Plombières, à la Belle-de-Mai. Durant deux jours, habitants et voisins sont mis à contribution, afin de rendre le lieu un peu plus vivable. Et pendant que leurs parents relèvent leurs manches, les enfants - pour qui la culture reste souvent inaccessible - participent à des ateliers et assistent à un spectacle de pyro-jonglerie.


 

Une heure à peine après le lancement de l’action, les nombreux média locaux ayant répondu présent ont déserté le petit terrain frôlant la passerelle de Plombières. Seuls errent encore quelques confrères, routiniers de la question ou ignorant la contrainte de temps. Ce mercredi matin, plusieurs associations engagées à Marseille dans l’accompagnement des Rroms en situation précaire donnaient le coup d’envoi d’une action visant à désencombrer et nettoyer le campement qu’occupe une vingtaine de familles pour la plupart originaires de Roumanie. Le but de cette opération, impulsée par le Secours Catholique, Rencontres Tsiganes, l’Ampil, le Secours Populaire, la Fondation Abbé Pierre, Médecins du Monde et d’autres encore, était multiple : faire se rencontrer habitants de cette véritable favela à flanc de roche et voisinage ; communiquer à des fins pédagogiques sur les conditions de vie des Rroms installés et leur volonté de se fondre dans le paysage marseillais, travailler, scolariser les plus jeunes ; lancer un message aux institutions afin qu’elles prennent le relai ou viennent en soutien ; et bien sûr, rendre un semblant d’hygiène à l’endroit, asphyxié par les déchets.

Pour le volet sensibilisation, il s’agit « de faire comprendre aux gens que la saleté chez les Rroms ce n’est pas un choix, c’est subi, explique Audrey Valenta, volontaire au Secours Catholique. Et puis il y a un aspect très pratique qui est que les Rroms n’aiment pas vivre dans ces conditions-là. On essaye de les aider à en sortir ». Des sacs poubelles et des gants sont distribués. Avec l’aide de quelques bénévoles, tout le monde se met au travail. En tout, huit bennes devraient être remplies en deux jours. La location du matériel a été prise en charge par l’organisation. Dans un second temps, le collectif associatif entend « engager une action institutionnelle auprès de la mairie de Marseille ». « On compte mettre des conteneurs classiques, comme tout le monde a, et faire en sorte que ces déchets-là soient ramassés par la ville ce qui n’est pas le cas pour le moment », poursuit la jeune femme.

Bal poussière

La municipalité est invitée à réitérer l’opération (elle avait mis à disposition deux bennes, à la contenance certes insuffisante, il y a quelques temps, mais n’a jamais reconduit la procédure) et la communauté urbaine MPM à organiser la collecte. Les voisins, conviés à donner la main, se sont fait discrets. Au balcon d’une résidence élevée face au terrain, deux femmes scrutent de loin le manège des hommes qui descendent l’escalier escarpé, empoignant un sac rempli de détritus. Dans le quartier, la présence du campement incommode.

En marge de cette opération coup de poing, les associations poursuivent un travail de suivi au long cours. Aide à la scolarisation des enfants, à la régularisation de la situation administrative, à la recherche d’un modèle économique adapté au marché du travail dont les Rroms sont quasiment exclus... « Tout est très compliqué, concède Audrey Valenta. Administrativement, on se retrouve constamment face à des murs ». « Ce qu’on attend des pouvoirs publics ? Qu’on ne les laisse pas sans eau, sans électricité, sans le droit de travailler. Parce qu’ils sont travailleurs, complète Jean-Jacques Combier, délégué du Secours catholique à Marseille. On ne peut pas ne pas être là, sinon c’est de la non assistance à personne en danger ».
Florin observe un compagnon d’infortune assembler des planches de récup’, dans l’optique de construire une nouvelle cabane qui viendra s’adosser à d’autres. Il soutient que ce dernier exerçait auparavant dans le bâtiment, et qu’il serait tout a fait employable par des entreprises marseillaises du secteur. Arrivé en ville il y a tout juste quatre mois, Florin parle un français étonnamment fluide. Il l’a étudié à l’école, en Roumanie. Son pays qu’il a quitté faute de perspectives. Ici, il espère trouver un emploi, et conduire ses enfants « à l’école ».

Latcho minots

D’ailleurs, pendant que les adultes retroussent leurs manches, les plus jeunes participent à des ateliers de poterie et de dessin, organisés par l’Addap 13. Maryline, éducatrice spécialisée rappelle que le Conseil général a mandaté la structure pour établir « un diagnostic ». « Nous réalisons une évaluation générale, et dans le cadre de notre mission d’aide sociale à l’enfance, on intervient plus spécifiquement auprès du public des 11-21 ans ». Aujourd’hui, l’action réalisée grâce à un fonds d’urgence débloqué par la Région dévoile aussi son côté culturel.
Un spectacle donné par la compagnie Pamplemousse enflammé attend les minots sous la passerelle. Un cracheur de feu et un pyro-jongleur éclairent les pupilles. Tranquillement assis, une dizaine d’enfants apprécie, à l’image de Paola, la représentation. Une respiration ludique avant de retrouver le quotidien des maisonnettes de bric et de broc, dont ils pourraient bientôt être délogés. La municipalité examine la possibilité de prendre un arrêté de péril afin d’opérer l’évacuation du squat. Une procédure qui ne requiert pas l’accord des propriétaires. Le campement repoussera plus loin. Sans qu’aucune solution de relogement ne soit envisagée.

 

 

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