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Fadila Mehal/MoDem : « Cette candidature est très importante. Je ne suis pas née européenne, je le suis devenue »

29 mai 2009 - Dernier ajout 5 juin 2009

Elections européennes 2009. Connue pour son combat pour la diversité et contre les discriminations au sein de l’association des Marianne de la Diversité qu’elle a fondée, Fadila Mehal occupe la troisième place de la liste MoDem emmenée par Marielle de Sarnez en Île de France. Engagée politiquement auprès de François Bayrou, candidate à Paris lors des dernières municipales, cette « européenne convaincue » retrace pour nous son parcours et parle du programme qu’elle défend. Récemment approchée par le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances Yazid Sabeg, elle a accepté de prendre la vice-présidence de la commission « Média et diversité ». Elle s’en explique également.


 

De quelle légitimité bénéficie le MoDem sur le plan européen ?
Comme mon parti je suis une européenne convaincue. Notre slogan c’est « Nous, l’Europe », parce que nous considérons que nous sommes finalement les héritiers de ceux qui ont fait l’Europe, qui ont créé l’Europe, pensé l’Europe. Je pense à Robert Schuman, à Jean Monet et à tant d’autres. Nous sommes des européanistes de longue date, parce que nous pensons que l’Europe, dans sa création en tout cas, a été une formidable chance de reconstruire la paix, de reconstruire la croissance, puisqu’elle s’est bâtie en priorité sur ces objectifs. Il ne fait pas de doute que nous sommes le parti le plus européen de toutes les listes proposées aux Français pour le prochain scrutin du 7 juin.

Pour vous plus particulièrement, que représente cette candidature ?
Elle est très importante. Je ne suis pas née européenne, je ne suis devenue européenne qu’en devenant française. Et cela représente beaucoup pour moi.

Comment analysez-vous l’étude sur la diversité en politique rendue publique il y a quelques jours par le Conseil représentatif des associations noires de France et qui n’est pas tendre envers une majorité de partis dont les listes constituées en vue des élections européennes offrent une représentativité très limitée des minorités ? Le MoDem ne présenterait par exemple aucun candidat « issu de l’immigration » en position éligible…
Je ne connais pas cette étude. Ce que je peux vous dire, c’est que dans la liste présentée en Île de France, nous sommes au moins six « issus de la diversité » à y apparaître. Donc là, il y a déjà quelque chose qui est un peu paradoxal, non ? On m’a souvent posé la question : « pourquoi n’êtes vous qu’à la troisième place ? ». En tant que présidente des Marianne de la diversité, j’ai été la première à défendre l’idée de la représentation, de la représentativité et de la visibilité des minorités. Pour autant, je considère aujourd’hui qu’elles ne doivent pas se faire au détriment de la compétence et je l’affirme avec force. Il y a devant moi notamment Marielle de Sarnez, à qui nous devons beaucoup au niveau du MoDem et de l’Europe. C’est elle notamment qui a mis en place le programme Erasmus. Il aurait été dérangeant que je lui conteste sa place sous prétexte que je suis « issue de la diversité ». Il faut se méfier et faire attention : le président de la République a choisi de prendre plutôt le chemin du symbole. Mais si le symbole ne repose sur aucun critère de compétence et d’efficacité, cela risque de retomber comme un soufflé. Me concernant, j’ai construit un parcours politique au sein du MoDem, je suis maintenant vice-présidente du parti à Paris et suis partisane de construire sa propre légitimité au sein des instances que sont les partis. Par contre je veillerai de façon très drastique à ce que mon parti ne soit pas parfois soumis à un regard négatif par rapport à certaines personnes en raison de leurs origines. Ça n’est jamais arrivé jusqu’ici, mais je serai très vigilante pour combattre toute discrimination négative. Vous savez, nous avons fait acte de candidature, et c’est une commission collégiale qui a décidé des listes qui ont été validées par une majorité de nos adhérents. Je pense que cette troisième place est importante, car nous avons deux députés sortants qui n’ont pas démérité. Et si les électeurs, tous les Franciliens se mobilisent, je pourrais être cette troisième députée que nous attendons et qui sera un marqueur pour le MoDem de sa progression.

Si vous êtes élue à la députation et que vous êtes amenée à siéger au parlement européen, quelles seraient les premières initiatives que vous voudriez soutenir ?
Nous avons un programme que nous avons élaboré au cours de 24 commissions, avec l’aide de centaines de bénévoles qui ont été des contributeurs très actifs. Je pense que la priorité c’est l’urgence sociale et l’urgence par rapport à la crise. Cela ne vous a pas échappé que l’Europe a été relativement peu offensive sur cette question. On attendait un grand plan fédérateur, avec un grand entrain, avec l’élaboration d’une politique d’harmonisation fiscale. Et puis nous avons abouti à vingt-sept plans qui ne sont bien souvent que des redéploiements. Il est urgent d’axer l’Europe sur un plan social. Bien sûr, beaucoup de gens estiment qu’il sera difficile d’harmoniser socialement l’Union, notamment du fait des différences qui existent d’avec les pays de l’Est, d’un point de vue acquis sociaux, et sur la question du salaire minimum qui diverge beaucoup selon les pays. Mais comme on l’a fait l’Euro, avec cette convergence financière et monétaire, il est possible de faire cette convergence sociale. Peut-être pas pour demain, mais tout du moins en tracer les étapes. Je suis de ceux qui pensent que quand il y a une volonté, il y a un chemin. Je considère également que l’Europe à un rôle moteur à jouer dans le rééquilibrage du monde, notamment dans le bassin méditerranéen et en Afrique.

Selon les derniers sondages, le MoDem arriverait en troisième position après l’UMP, et à quelques points seulement du PS, bien que talonné par le mouvement Europe Ecologie. D’autre part, François Bayrou est l’objet de nombreuses critiques de la part de ses adversaires politiques. C’est le signe que la percée de votre parti agace, à gauche comme à droite ?
On est extrêmement attaqués en ce moment, donc on considère qu’on est sur la bonne voix. Les premiers qui ont dégainé sont l’UMP. Le parti majoritaire a un vrai souci : son leader est le président de la république et le problème réside dans le fait que son programme se résume à célébrer la présidence française de l’Union. Alors, c’est vrai que c’est important cette présidence française, mais au final qu’en reste-t-il ? Le PS tire également à boulet rouge sur le MoDem. Pour autant, les socialistes ont peut-être un programme, mais même s’il y a eu un rabibochage de surface, ce qu’il lui manque, c’est un leader. Alors que nous, non seulement nous avons un leader, mais également un programme et des troupes ! C’est pour cela que l’on commence à faire peur.

En 2005, une majorité de Français avait choisi de dire « Non » au projet de constitution européenne. L’abstention pourrait bien jouer les premiers rôles lors du prochain scrutin. Qu’aimeriez-vous dire aux « nonistes » d’hier qui seront peut-être les abstentionnistes de demain ?
J’ai envie de leur dire d’abord, que l’Europe a fait des choses formidables. Dans les quartiers, beaucoup d’installations sont dus à l’Europe : des salles de sport, des médiathèques. L’Europe a permis avec l’Euro une certaine harmonie financière, de conserver une certaine stabilité. On voit qu’avec la crise, les pays hors zone Euro sont en train de vivre des moments très difficiles, tandis que la monnaie commune a servi d’amortisseur dans les pays qui l’ont choisie. Et puis j’ai envie de leur dire que l’Europe, c’est avant tout l’Europe du droit. Pour ceux qui connaissent des problèmes de stigmatisation, de discrimination, je pense aux femmes, je pense aux minorités, et bien c’est grâce à l’Europe, grâce notamment à sa politique et ses directives anti-discrimination prises à partir de 2000, que la France a fini par reconnaître – après un déni de plusieurs années – que ces discriminations directes et indirectes existaient. L’Europe est utile, c’est 70 % de notre législation qui dépend de ses instances. Il est possible d’en attendre quelque chose de positif,.mais pour cela je crois qu’il faut changer la majorité au parlement. Il faut que les nominations des membres de la commission et surtout de son président qui a fait la preuve de son inefficacité et de sa grande frilosité soient modifiées. Il faut changer les choses. Ceux qui pensent s’abstenir lors du prochain scrutin doivent regarder ce qui est à l’actif de l’Europe. Et pour changer ce qui est à son passif, ils doivent se mobilisent pour donner au MoDem des voix suffisantes pour peser sur les orientations à venir à la fois du parlement et de la commission européenne.

La diversité dans les média : un nouveau rôle pour Fadila Mehal

A la mi-avril, Fadila Mehal s’est vu confier la vice-présidence de la commission « Média et diversité » par Yazid Sabeg. Le commissaire à la diversité et à l’égalité des chances lui a donné pour mission de formuler des propositions d’ici septembre prochain, afin d’améliorer la représentation et la représentativité des minorités aux sein des organes de presse. Cette ancienne journaliste, déjà en charge du volet Culture pour l’Agence de cohésion sociale et pour l’égalité et très impliquée sur la question avec son association des Marianne de la Diversité, a accepté d’apporter sa contribution au débat et à l’action gouvernementale afin de servir « l’intérêt général » :

 

 

 

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