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FIDMarseille : Objets Ciné non identifiés du 6 au 11 juillet 2011

24 juin 2011 - Dernier ajout 22 juillet 2011

Pour la 22ème année consécutive, le FIDMarseille, le Festival du documentaire de Marseille donne la parole à des cinéastes de tous les pays. Entre documentaires et fictions, ici s’écrit un nouveau langage cinématographique aussi varié que les films programmés. Bien loin des traditionnels reportages télévisuels, les documentaires sélectionnés au FIDM proposent un regard souvent plus large et plus juste sur le monde.


 

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Ce festival très pointu est devenu un rendez-vous pour les cinéphiles qui veulent voir un cinéma différent. Mais les amateurs non avertis peuvent aussi y trouver leur compte. Il suffit d’être ouvert et curieux et de se laisser bercer par autant de visions sur le monde que de cinéastes sélectionnés.

Approcher de nouveaux univers, découvrir ce qu’on ne cherchait pas, rencontrer un point de vue... Plus de 120 films sont proposés au spectateur marseillais, début juillet. Le mieux, si on a le temps, est de tout voir du festival, pour se faire une idée de ce nouveau type de cinéma, moins normé et plus personnel qui se crée sous nos yeux. Documentaires, pas documentaires, les frontières entre les formes fixes d’un cinéma différent sont ici de plus en plus floues. Et c’est pour notre plus grand bonheur.

Cinéma entre documentaire et fiction

Première marseillaise, les films français en compétition sont projetés en exclusivité au FIDM, les films internationaux, quant à eux, n’ont été pour la plupart vus qu’à une seule occasion dans leur pays, mais jamais à l’international. Car le FIDM Marseille c’est aussi une compétition nationale et internationale avec de nombreux prix qui aident les lauréats à mieux défendre leur création par la suite. Des fictions pures sont aussi à l’honneur comme dans les écrans parallèles sorte de programmation en plus de la compétition qui offre chaque année des petits bijoux filmiques, à travers des rétrospectives ou des choix audacieux, impossibles à voir ailleurs.

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De l’Afrique du sud au Brésil, bien loin des clichés

Avec plus de 17 pays participants, la diversité est à l’honneur. L’opus 2010 du festival nous avait donné, par exemple, l’excellent film La BM du Seigneur de Jean-Charles Hue. Cette fiction mettait en scène une communauté de gens du voyage du Nord de la France, par ailleurs bien connue du réalisateur. Le spectateur pouvait suivre la vie d’un jeune gitan mi-ange, mi-démon pris d’une soudaine révélation mystique. Nous ballotant entre trafic de voitures volées, et apparition d’un ange, à la vitesse d’une BM, le film nous conduisait bien loin des clichés.

Cette année d’autres réelles surprises nous attendent. Hors de France d’abord. Planté dans un quartier du Cap, en Afrique du sud, Gangster Project de Teboho Edkins

est un film de gangster joué par de « vrais » gangsters. Mais dernière la flamboyance de la vie des gangsters, se peint au fil du film une réalité moins reluisante : prison, deuil, survie, petits trafics…

Les laissés-pour-compte sont encore évoqués. Cette fois au Brésil, avec Just shot me de Cláudia Nunes, un film tourné par et avec les enfants des rues de Goiana. Vingt ans après son premier court-métrage Numéro zéro, la réalisatrice revient sur le sujet en dénombrant les morts et les vivants de cette communauté où grandir signifie souvent mourir.

Avec Sipo’hi, el Lugar del Manduré de l’Argentin Sebastián Lingiardi, le FiDM met le cap sur l’Argentine, dans le Shipo’hi, à la rencontre d’une communauté indienne, les Wichis et les Toba. Objectif : recueillir les récits de la mythologie de ce peuple.

Au pays du Tango toujours, Yatasto de Hermes Paralluelo se présente comme une chronique de trois adolescents chiffonniers des quartiers déshérités de Cordoba. Loin des reportages télévisuels, leur quotidien est traité avec respect et sobriété.

Notons aussi Moving up, de l’Iranien Loghman Khaledi, un portrait d’un éboueur du Kurdistan iranien, sorte de poète illuminé qui tente de s’évader de son quotidien par l’écriture.

Minorités toujours, avec Viking Land de l’espagnol Xurxo Chirro qui est un montage des vidéos réalisées par un travailleur immigré espagnol, Luis, employé sur un ferry, pendant quelques mois dans la glaciale mer Baltique, en hiver.

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Satire des représentations habituelles de la banlieue

Côté réalisateurs français, plus léger et volontiers comique, 200 %, d’Olivier Bosson et Nicolas Boone est une satire presque théâtrale des représentations habituelles de la banlieue française, ici lyonnaise. A travers une succession de saynètes cocasses, les acteurs, tous habitants de la banlieue, endossent des rôles-clichés qui se succèdent sur le mode du jeu d’enfants « marabout de ficelle » qui fait avancer le scénario.

La Française Marie Voignier avec L’hypothèse du Moketé-Mbembé, interroge, quant à elle, les rapports Afrique-Occident. Cette traversée du Cameroun et la rencontre avec des pygmées, avec pour toile de fonds la colonisation, s’appréhendent comme la poursuite d’un rêve aussi chimérique que l’existence du Moketé-Mbembé, animal plus ou moins mythique, à la fois reptile, dinosaure et rhinocéros.

Davantage politique, Spectres de Sven Augustijnen de Belgique, nous offre une étrange recherche de la vérité sur l’exécution de Patrice Lumumba en 1961, figure décisive de l’indépendance du Congo. A travers l’enquête d’un haut fonctionnaire belge, en place à l’époque et intimement mêlé aux évènements, l’affaire semble porter trop de spectres et de fantômes pour être mise définitivement en lumière.

Un réalisateur Français, Eric Baudelaire s’empare aussi d’un sujet politique avec L’anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi et 27 années sans images ou les incroyables destinées du cinéaste et activiste japonais Masao Adachi, reclus aujourd’hui au Liban et de celle de Fusako Shigenobu, terroriste et membre d’un front révolutionnaire, celui de l’Armée Rouge japonaise Une vie qui les mènera du militantisme d’extrême gauche au Japon à la lutte pour l’émancipation des Palestiniens.

Un peu plus glamour et plus léger, Les trois disparitions de Soad Hosni de la Libanaise Rania Stephan explore une biographie d’un nouveau genre de la star égyptienne Soad Hosni. Exclusivement fabriqué à partir de montages des films dans lesquels elle a tourné, Les trois disparitions aborde au-delà de la biographie, une histoire de l’Egypte et des femmes de ce pays.

Révolutions arabes et mysticisme mexicain

Une sélection spéciale du FIDM Marseille offre à des films en chantiers, non encore achevés une tribune. A voir, dans ce contexte Plus jamais peur du Tunisien Mourad cheikh, film sur la chute de Ben Ali et Révolution-Work in Progress de Jean-François Hassoun. Ces projections se feront en présence des réalisateurs.

Détonante aussi, est la sélection des Ecrans parallèles sur le Mexique. Entre mysticisme passionné, révolution, et narcos trafiquants, un autre regard sur le Mexique et son histoire nous est proposé à travers huit films. Plus personnel et peut-être expérimental ou arty la session souffrance et cruauté offre des ovnis filmiques du XIXème siècle.

Le 6 juillet, Poussières d’Amérique d’Arnaud des Pallières ouvrira le festival. Ce montage d’après archives évoque l’imaginaire américain, de la conquête du territoire à la conquête spatiale. L’auteur de Disneyland – mon vieux pays natal le décrit comme « Un poème un peu long fait de morceaux d’autres films, de bout de phrases, de musiques et de sons d’un peu de tout. Ça parle d’Amérique. Donc de nous. Des morceaux de la vie de chacun. Un enfant, son père, sa mère, le lapin, le chien, les fleurs, votre enfance, la mienne, la nôtre. Les Indiens, Christophe Colomb, Apollo, la lune. Chaque personnage dis- je. C’est le journal intime de chacun. L’autobiographie de tout le monde… »

On ne se rend donc pas au FIDM, au centre ville de Marseille, entre le théâtre de la Criée, le cinéma les Variétés et la bibliothèque l’Alcazar, comme on se rend dans une salle de cinéma. Ici on glane, on découvre, on apprend, on s’indigne, on aime ou non, mais on ne ressort pas indifférent. Mélange de sujets traités, de formes cinématographiques nouvelles, de regards plus ou moins personnels, de tables rondes, le FIDM est un vrai festival de cinéma où le maître mot pour le spectateur est : découverte.

Projection gratuite en pleine air au théâtre Silvain

Vendredi 8 juillet 2011 à partir de 22 h

Le cameraman d’Edward sedgwick et Buster Keaton avec Buster Keaton avec Buster Keaton, Marcelin Day, Harold Goodwin (1928).Promenade Corniche Kennedy, 13007. Pont de la Fausse Monnaie.Bus 83, fluo bus 583

 

 

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