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(Eux au moins) Les graffitis ne sont plus à la rue

1er décembre 2008 - Dernier ajout 13 décembre 2008

Pour la première fois en province, la maison Damien Leclere organisait, samedi 29 novembre, une vente aux enchères d’œuvres de graffiti artistes marseillais, parisiens,... mais aussi chinois. La veille, TheWayOf, l’exposition de 104 peintures avant leur adjudication a attiré une foule d’amateurs de ce « noble » art de rue. Vernissage en sons et images.


 

Des murs aux galeries, de la rue à la reconnaissance, de votre porte d’immeuble aux salons cossus des entreprises, il n’y a qu’un trottoir. Obstacle plus ou moins haut que viennent de franchir avec succès quelques graffiti artistes, soutenus par deux trois intrépides et visionnaires marseillais de l’art contemporain.
Vendredi dernier, dans l’attente de la vente du lendemain organisée à Marseille par le nouveau trublion des enchères Damien Leclere et sa Maison sise à la rue Vincent Courdouan dans le VIe arrondissement, le vernissage de l’expo a connu un succès plutôt impressionnant. A l’aune de ce que l’encan pense des tags et de leurs taggueurs d’auteurs, et de ce que la loi punit le graffiteur/fraudeur/dégradeur-de-biens-publics… Le contraire n’eût point étonné.

C’était sans compter le nez de Nicolas Leccia, à la tête de sa propre structure, à qui l’on doit la version marseillaise de… la Cow Parade ! Souvenez-vous ces vaches, assises, debout, allongées, colorées, déguisées, méconnaissables, drôles, poétiques, qui ont investi la ville en 2007…
De nouveau au cœur d’un partenariat avec la Safim (qui gère notamment la Foire de Marseille), Nicolas Leccia a cette fois jeté son dévolu sur le graff’, afin de créer l’événement culturel. Pour y parvenir, il s’est appuyé sur Timothé Leszczynski, Laouedj Wahid et Romain Lombardo. La commande : faire venir des graffiti artistes durant la foire 2008, leur faire réaliser des performances tout au long de la manifestation, exposer le résultat, puis mettre le tout aux enchères.

Tito, 22 ans, est lui-même « graffeur ». Pour monter le coup il s’est adressé à des « potes de potes de potes », des « collègues de collègues de collègues », tous issus de ce « petit monde, grande famille » que sont le graff’ et les arts de la rue, oups ! « arts urbains », comme on les appelle de façon plus consensuelle.
Quelques-uns comme Bom’K le parisien, Heng, Jaw, ou encore Tabas pour Marseille (qui s’est reconverti dans la com’ et enjaille désormais le festival MarsAttack), identifiés au-delà d’un cercle d’initiés, jouissent déjà d’une certaine légitimité sur le marché de l’art. D’autres exposent ou vendent leurs œuvres pour la première fois. C’est le cas de Julie, qui taggue sous le pseudo de Milka. Arrivée sur Marseille il y a une dizaine d’années, la toute jeune femme manie la bombe «  irrégulièrement » depuis environ cinq ans. Elle officie au sein du PM Crew, qui a des ramifications partout en France. Revert, lui comme beaucoup d’autres, sort de l’école des Beaux Arts. Un parcours qui l’a mené de la calligraphie au graffiti. Aujourd’hui, il déambule parmi les visiteurs, Posca à la main, posant un tag ici sur une chaise, là sur un scooter.
Le travail d’artistes chinois, qui n’avaient pas fait – on le comprend – le déplacement, était également mis à l’honneur.

Les prix se sont parfois envolés, samedi à 15 heures. Si la plupart des œuvres ont été vendues entre 200 et 1000 euros, plus d’une trentaine d’entre elles ont trouvé acquéreur pour des sommes assez conséquentes. Ainsi, une toile signée Li Jiang est partie pour 3400 euros, une peinture d’AS2PEACK a été adjugée 3700, et le marteau est tombé à 4600 euros pour un magnifique catcheur tatoué siglé Dran. A ce niveau encore, rares pourtant sont les graffiti artistes à vivre de leur passion. En général, ils essaient de trouver un job dans leur branche, le graphisme ou l’illustration. Bien souvent, ils exercent un boulot alimentaire.

Ultra réalisme, univers fantastique, psychothérapie sociale ou imaginaire florissant, le graff est un art « à part entière ». Ceux qui y auront investi aujourd’hui n’auront peut-être pas à le regretter demain. On conseille le filon... Avis aux boursicoteurs ruinés !

 

 

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