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Erwan Redon : faux procès et vrai scandale

23 septembre 2009 - Dernier ajout 24 septembre 2009

Mutation d’office, voici la délibération rendue par la commission de discipline devant laquelle comparaissait jeudi dernier Erwan Redon, professeur à l’école des Convalescents de Marseille appartenant au mouvement des « désobeisseurs ». Lors de la commission de nombreux manifestants étaient regroupés devant les portes de l’inspection académique pour encourager celui qui semble payer pour l’exemple, et depuis l’annonce de cette délibération, le comité de soutien à Erwan Redon dénonce les conditions d’iniquités dans lesquelles s’est tenu ce procès.


 

Fonctionnaires et ministère : l’impossible dialogue

Après les rappels à l’ordre, les retraits de salaires et le blocage de promotions, le ministère de l’Education nationale a choisi de réprimer la rébellion en sanctionnant plus durement ses mauvaises troupes. Isabelle Huchard et Bastien Cazals, tous deux directeurs d’écoles, ont notamment été démis de leur fonction. Mais rien y fait, les contestataires semblent toujours plus déterminer. Lors de l’Université des Désobeisseurs qui s’est tenue fin août, Alain Refalo, l’initiateur du mouvement, déclarait « le nouveau ministre espère écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement ».

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L’appel lancé par ce professeur de Haute Garonne, en novembre 2008, réuni aujourd’hui 3000 enseignants. Ces derniers refusent d’appliquer certaines réformes voulu par l’Education nationale dont ils contestent le bien fondé et l’efficacité. Parmi celles-ci : la suppression de postes des Réseaux d’Aides Spécialisés aux Elèves en Difficultés (RASED) qui accompagnaient les enfants autant socialement que scolairement, remplacés par l’aide personnalisée tenue par les professeurs, le passage de 26h de cours à 24h, les évaluations nationales dès le CM2, la mise en place d’un logiciel « base élève » qui ressemble à s’y méprendre à un système de fichage.

Les contestataires dénoncent ces réformes qui d’après eux alourdissent la journée des élèves, permettent un soutien moins efficace et mettent en concurrence les écoles. Diane Combes, professeure à Eguilles qui est entrée en désobéissance en décembre dernier et qui a été sanctionnée par des retraits de salaires, était également présente pour soutenir Erwan Redon. Elle explique que les enseignants contestataires ont rédigé une chartre cet été dans le but de structurer le mouvement et d’assurer la défense des désobeisseurs. D’après cette chartre, la résistance pédagogique des enseignants est un devoir car ces réformes « ne permettent pas de construire une école équitable, humaine et respectueuse de tous les enfants. Elles conduisent à la déconstruction de l’école publique en vue de l’ouvrir au secteur marchand ». Nous sommes donc loin d’une simple velléité de fonctionnaires que d’aucun jugerait comme éternellement insatisfaits. Au contraire, au refus d’appliquer les mesures s’est substituer la mise en place d’autres activités et surtout une réelle réflexion et des discussions de fond qui n’ont malheureusement lieu qu’entre enseignants.

Les problématiques soulevées par Erwan Redon à Marseille ont trouvé des échos chez les parents d’élèves qui l’ont soutenu à plusieurs reprises mais pas auprès de l’inspection académique qui ce jeudi demandait sa comparution devant le conseil de discipline pour « manquement à ses obligations professionnelles ». Gérard Trève, l’inspecteur d’académie des Bouches-du-Rhône en charge de ce dossier, se défend de poursuivre celui qui apparaît désormais comme la figure locale du militantisme, en raison des son positionnement éthique et politique. Quand bien même, du manquement aux obligations professionnelles à l’outrageuse désobéissance civile, la limite est trop fine pour duper les manifestants présents.

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Procès bâclé et lourde sanction

La séance a débuté à 15h, la plupart des manifestants étaient décidés à attendre la sortie d’Erwan Redon mais le conseil a siégé jusqu’à presque 4h du matin dans des conditions que la défense et le comité de soutien à Erwan Redon jugent anormales. Ces derniers dénoncent le fait que Gérard Trèves, l’inspecteur qui a instruit le dossier, a dans cette affaire une position qui serait impartiale. Et pour cause, il est dans ce cadre à la fois l’autorité disciplinaire et le président de la Commission Paritaire. Par ailleurs, la défense a été desservie par les horaires de la séance. Le comité de soutien relate que l’audition des témoins n’a commencé qu’à 22h, elle s’est poursuivie jusqu’1h45, quand à la plaidoirie elle a lieu à 2H30 « dans des conditions d’écoute déplorables, les auditeurs étaient gagnés par le sommeil ». La délibération a tout de même eu lieu alors que trois quart d’heures après le début du plaidoyer, la défense quittait la séance car elle refusait de plaider dans ces conditions. Le déplacement d’office a été votée.

Pour ceux qui soutiennent Erwan Redon, il n’existe aucune preuve de faute professionnelle à son encontre et c’est bien pour un délit d’opinion que celui-ci est sanctionné. Tous attendent maintenant la décision de l’Inspecteur d’Académie car la commission n’a qu’un rôle consultatif. Si le vote est validé, le seul recours pour Erwan Redon sera de faire appel devant le Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat et le Tribunal administratif.

 



 

 

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