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<FONT COLOR="#01B0F0">Enquête Med’in Marseille sur les rapports femmes-hommes : Qu’en pensent les jeunes à Marseille ?

15 novembre 2011

La nouvelle génération est-elle ouverte à la parité hommes-femmes ou est-elle adepte du machisme et du féminisme ? A-t-elle des discordances ou des similitudes avec ses ainés ? Va-t-elle suivre le parcours parental ou, à l’inverse, en dévier ? L’équipe de Med’in Marseille a proposé à des jeunes - âgés de 16 à 20 ans -, issus de différents quartiers de la ville et de milieux sociaux divers, de répondre à un questionnaire sur les modèles et stéréotypes régissant les rapports entre les deux sexes, avec en filigrane, leur propre perception.
Première étape, direction le centre de Marseille où Joséphine et Pierre ont accepté de partager leur vision de la vie et du futur, enchantés de donner leur point de vue sur un sujet éloquent.


 

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Joséphine et Pierre

- Joséphine, 19 ans, élève en prépa de psychomotricienne, a fait ses études au Collège et Lycée Longchamp et vit dans le 1er arrondissement de Marseille.
- Pierre, 19 ans a effectué ses années de primaire dans un collège privé au Sacré-Chœur, à côté de la Plaine, puis au Collège Longchamp, au Lycée Saint Charles et enfin au Lycée Diderot, à côté de Malpassé. Aujourd’hui il est en CAP de cuisine.

Que pensez-vous des filles ou des garçons de votre âge ?

Pierre : J’ai l’impression que les filles essaient de s’habiller pour montrer qu’elles sont plus grandes, qu’elles ont plus de responsabilités. Je pense qu’il commence à y avoir un certain équilibre entre les garçons et les filles au niveau des études, même s’il y a encore quelques
disparités.
Joséphine : Je trouve les garçons moins matures que les filles. Je trouve qu’on se ressemble beaucoup quand même.

Qu’est-ce que selon vous représente principalement les caractéristiques féminines ?

P : Pour moi, une fille doit faire attention à son corps. Une fille ça doit être doux ; elles ont une autre approche que celle des garçons de ce qui se passe en général dans la vie. Elles vont voir les choses avec beaucoup plus de recul, je pense. Elles sont plus posées, plus calmes que les garçons.
J : Dans un couple, les filles se prennent beaucoup plus la tête que les garçons, la fille veut résoudre le problème maintenant, alors que le garçon laisse passer et voudrait que ça s’arrange comme ça. Les filles se prennent plus la tête sur les vêtements, la coiffure, la mode, le paraître.

Qu’est-ce que selon vous représente principalement les caractéristiques masculines ?

P : Les mecs aujourd’hui essaient beaucoup de s’affirmer en montrant leurs muscles, en oubliant un peu ce qu’ils ont dans le cerveau, ce n’est pas mon cas du tout. Les garçons essaient de se montrer supérieurs aux filles, se croient plus intelligents et beaucoup mieux, alors que ce n’est pas forcément le cas. Les gars sont beaucoup plus rentre-dedans que les
filles, ils vont oublier de réfléchir et foncer.
J : Les bandes de copains sont des caractéristiques masculines.

Y-a-t-il pour vous des comportements spécifiquement masculins ou féminins ?

P : Pour les comportements masculins : les hommes n’ont aucune patience, ils veulent avoir tout, tout de suite et maintenant. Fonceurs, paraître forts, montrer sa force par rapport aux autres mecs pour essayer de s’imposer. L’homme veut être le plus fort pour pouvoir attraper la fille, et ça depuis des générations.
J : Je ne vois pas.

Pensez-vous avoir été élevés différemment d’une fille ou d’un garçon ?

J : Je trouve qu’une fille a beaucoup moins de liberté qu’un garçon. Moi par rapport à mon frère, j’ai pu sortir plus âgée que lui, en étant beaucoup plus surveillée et ayant plus de limites que mon frère. Parce que ma mère voulait me protéger.
P : Oui il y a des différences, on me laissait beaucoup moins de droit à l’erreur. Dès qu’il y avait des choses qui n’allaient pas, ça n’allait pas du tout. Je pense qu’on soutient un peu plus les filles, qu’on les pousse plus en avant, parce qu’on pense que les garçons vont toujours se débrouiller. Mais les choses changent quand même un petit peu, on essaie de rapprocher
dans l’éducation le garçon et la fille.

Comptez-vous travailler toute au long de votre vie active ?

P : Je ne pense pas travailler toute ma vie. Je compte travailler le moins possible en essayant de monter une entreprise derrière. Parce que travailler est assez pénible. Mais j’aime quand même mon travail.
J : Je pense travailler toute ma vie, mais en laissant une grande part aux loisirs, aux week-ends, aux vacances.

Etes-vous pour la parité homme-femme en politique, dans les entreprises et pensez-vous que les femmes soient assez représentées dans les postes à responsabilité ?

J : Je ne pense pas que les femmes soient assez représentées dans les postes à responsabilité, je suis pour la parité en politique et dans les entreprises. Je ferais autant confiance à une femme qu’à un homme si elle était ma supérieure.
P : Moi aussi, je suis pour, mais le problème vient surtout des hommes qui ont peur d’avoir une femme en tant que supérieur et ont du mal à accepter d’être dirigé par une femme. Moi, en le disant, je n’aurais aucun problème, mais après je ne sais pas ce que ça me ferait d’être dirigé par une femme.

Pensez-vous que dans une famille les hommes doivent rapporter de l’argent ?

P : C’est ce qu’on pense en général, mais en ce moment, dans la société dans laquelle on est, la place de la femme n’est plus comme avant. Elle n’est plus là à faire le ménage, à s’occuper des enfants, elle a plus de travail intellectuel. Je pense, moi, que les femmes doivent travailler comme les mecs. Après ça dépend du choix de vie de la famille. Je pense qu’on peut
aussi trouver des pères au foyer. Les hommes et les femmes doivent travailler, ça les enrichit, ça leur apprend des choses.
J : Je pense aussi que les femmes doivent autant travailler que les hommes, surtout pour une question d’indépendance.

Pierre, si votre femme gagne plus d’argent que vous cela vous pose-t-il un problème ?

P : Non, pas du tout, moi je suis considéré comme ouvrier, je vais faire partie de la classe moyenne, je ne vais pas gagner énormément d’argent, mais ça ne me dérange pas que ma femme rapporte plus d’argent à la maison. Je trouve cela normal si elle a un métier plus valorisé que le mien, qu’elle gagne plus que moi.

Compterez-vous sur votre conjoint pour votre subsistance ?

J : Non, on m’a appris à ne pas penser comme ça, et j’espère vraiment avoir un boulot qui me permette d’être indépendante.
P : Je pense qu’il faut savoir se débrouiller tout seul dans la vie. Mais avoir un conjoint sur qui on peut compter, ça peut toujours servir pour se relever s’il y a eu un problème ou quoi. Mais je ne pense pas qu’il faille compter sur son conjoint pour vivre.

Etes-vous pour la répartition des tâches ménagères dans un couple ?
J : Oui.
P : Oui.

Selon vous les jeunes filles ont-elles le droit de sortir ?

J : Moi, je pense qu’elles ont le droit de sortir, mais c’est important de les protéger.
P : Les filles ont le droit de sortir selon moi, mais c’est souvent le père qui a peur que quelque chose arrive à sa fille. Donc il pose des règles et des limites. Je comprends les sentiments de peur que peuvent avoir les parents, puisqu’à Marseille, la nuit, il se passe plein de choses. Mais en général, il n’arrive pas grand-chose aux filles. Je trouve que les mecs quand ils sortent, il leur arrive plus de bêtises, soit ils ont des problèmes avec la police, soit ils
vont se battre, soit ils vont rentrer complètement saouls.

Où faites-vous vos rencontres amoureuses ?

J : Sur mon lieu de travail, sur le lieu des études, sur mon lieu du lien social.
P : Avant, c’était au lycée. Maintenant c’est plus en sortant à des concerts, des soirées, dans des bars.

Où pensez-vous rencontrer votre compagne ou compagnon ?

J : Dans un lieu que je fréquente beaucoup, un bar par exemple où je vais souvent, à l’école, etc…
P : Par des amis, par des connaissances, sur mon lieu de travail. Mais je ne pense pas la trouver en sortie ou dehors.

Comment envisagez-vous votre vie amoureuse ?

J : J’espère être la plus heureuse possible, en le rendant le plus heureux possible.
P : J’ai du mal à l’envisager. Mais je me vois avec un poste stable, ma copine aussi, en essayant de vivre dans le respect mutuel.

Voulez-vous vous marier, avoir des enfants ?

J : J’espère avoir deux enfants.
P : Pour le moment, je n’ai pas l’envie d’avoir des enfants, mais ça peut arriver plus tard.

Si vous avez des enfants, prendrez-vous un congé paternité-maternité ?

J : Oui bien sûr, jusqu’à ce que mon enfant aille à la crèche, je prendrais le plus de temps possible avec mes enfants, si c’est possible.
P : Si j’en ai, ça dépendra de qui des deux prendra un congé, mais je pense que ce sera une décision à prendre sur le coup, selon les travails de chacun.

Etes-vous pour une contraception ?

J : Oui.
P : Complètement pour. Les filles, parce que ça concerne surtout les filles, nous, les garçons on est concernés surtout pour les maladies. Les filles doivent avoir le droit de renoncer ou pas à une grossesse et je suis outré que le pape soit contre.

A quel âge pensez-vous qu’il est normal pour les filles d’avoir leurs premiers rapports sexuels ?

J : Je ne pense pas que ce soit une question d’âge, mais de choix. Ca doit être un moment où on en a envie. On ne doit pas être dicté par un âge, comme se dire « j’ai 17 ans, il faut que je le fasse maintenant ». C’est un choix, avec quelqu’un d’important.
P : Je crois que la moyenne, c’est 17 ans pour les filles. La plupart des filles que je connais l’ont fait un peu plus tôt, mais d’autres plus tard. Après ça dépend vraiment du milieu social dans lequel évoluent les filles. Mais elles préfèrent bien choisir leur premier partenaire avant de faire le grand saut. Ce n’est pas le cas pour les garçons.

A quel âge pensez-vous qu’il est normal pour les garçons d’avoir leurs premiers rapports sexuels ?

J : Pour les garçons, comme pour les filles, je trouve très important que ce soit un vrai choix.
P : Je suis gêné dans la question par le mot « normal ». En général, pour les garçons cela se fait aux alentours de 15 ans, ou à l’entrée au lycée.

Connaissez-vous les infections sexuellement transmissibles ? En avez-vous peur ?

J : Moi, j’en ai peur, mais je sais ce qu’il faut faire pour ne pas en avoir, et je fais en sorte de ne pas en avoir.
P : Je connais les IST. Je n’ai pas peur si je me protège, elles nous tombent pas dessus comme cela d’un coup, il y a forcément un facteur déclencheur, si on contrôle cet élément, il n’y a pas besoin d’avoir peur.

 

 

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