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Economie sociale : « la formation, élément essentiel dans une société de changement »

9 mai 2011

A l’issue de son assemblée générale à Marseille, ce 5 mai, le Crédit Coopératif organisait un débat sur l’économie sociale « Regards croisés sur mixité et diversité ». Animée par Stéphane Salord, président du Comité régional PACA du Crédit Coopératif, la rencontre a réuni trois intervenants, Jeanne Laffitte, libraire éditeur, Jean Viard, écrivain, sociologue, Nadine Richez-Battesti, économiste, maître de conférences à l’Université de la Méditerranée. Selon cette dernière, l’économie sociale, « c’est bien mais peut mieux faire ».


 

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« On est dans une société de changement. On est jeune, vieux, femme, musulman. On change de partenaire, de métier, de maison, de région. Notre problème est de penser cette société de discontinuité » résume Jean Viard, directeur de recherches CNRS au Centre d’Etude de la Vie Politique Française. Aujourd’hui, « il y a un kit d’entrée dans la société : savoir lire et écrire. Alors que des jeunes sont illettrés. Comment on crée un terreau culturel, social plus solidaire dans la société ? » poursuit-il.

Le contexte favorise l’intérêt pour les organisations de l’économie sociale et solidaire (OESS) « de par leur gouvernance démocratique et l’absence d’appropriation individuelle du profit » (réf introduction « Pour une approche multidimensionnelle de la qualité de l’emploi en ESS » de juillet 2009 de « Revue d’économie financière »). L’ESS développe une dynamique importante dans la création d’emplois et l’insertion professionnelle, dans sa capacité d’innovation sociale pour résister à la crise. L’un des coauteurs de cet article est justement Nadine Richez-Battesti.

Un auto diagnostic (janvier 2010) sur la lutte contre les discriminations et promotion de la diversité a été réalisé par le CJDES, Centre des jeunes dirigeants et des acteurs de l’économie sociale. L’influence du statut juridique sur les pratiques est évidente. Les organismes publics et para-publics obtiennent les meilleurs résultats en matière d’égalité de traitement (6.2/10). Suivent ensuite les entreprises de l’économie sociale avec 5.6/10. Concernant les discriminations, les meilleurs résultats concernent les considérations physiques notamment l’âge. Les moins bons touchent les origines avec cependant une tendance positive (4.9 à 5.6 point). Néanmoins, le débat à Marseille s’est focalisé principalement sur la discrimination liée au genre et donc l’égalité Homme/Femme.

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Une économie sociale à définir

Souvent apparaît un problème de définition. Ce sont des coopératives, mutuelles, fondations, associations qui partagent entre elles des valeurs autour des questions de solidarité et de démocratie. « On essaie d’inventer des solutions pour s’adapter à la société » souligne Nadine Richez-Battesti, coresponsable du programme de LEST (Laboratoire d’économie et de sociologie du travail) à l’Université de la Méditerranée. Néanmoins, la frontière entre entreprise sociale et business social peut sembler très mince parfois.

L’ESS pèse de tout son poids sur le marché économique. Le secteur représente 10 % des emplois, la moitié des créations d’emplois en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mme Richez-Battesti parle d’une grande diversité très méconnue. Plus de 60 % des postes sont occupés par des femmes, « surtout à la base, moins à l’encadrement et à la direction ». L’ESS « fait mieux (que le monde du travail traditionnel) mais ne va pas jusqu’au bout. On ne peut pas s’en satisfaire ». Souvent, il est reproché aux associations de l’ESS d’être subventionnées. Elles sont cofinancées « ce n’est pas la même chose. L’Etat fait un achat de service. Si ce service n’est pas assuré par l’association, alors il serait donné à une entreprise de services » précise-t-elle. Autre source méconnue est le bénévolat, « nous avons une dimension de proximité ancrée sur le territoire ».

« Ecart de richesse insupportable »

Selon M. Viard, depuis 2002, la grande peur est le chômage, les résultats sont stables sur les rapports relatifs au racisme. Même s’il ne faut pas se contenter de ces chiffres, avoue le sociologue. La société a surtout des problèmes de sens et de justice, « on a besoin de reconstruire, de valeurs positives, de faire des choses utiles. L’écart de richesse est devenu insupportable. Et l’intégration est devenue le bouc émissaire », observe l’écrivain. « La France n’a pas su accompagner l’augmentation des salaires », affirme Jean Viard. Le SMIC réclamé à 1 500 € en 2007 est toujours de 1 000 € aujourd’hui.

Jeanne Laffitte revient sur la mixité dans le monde du travail. Avec seulement un bac philo, elle a su se faire un nom dans le milieu de l’édition très masculin. Selon elle, l’entrepreneuriat au féminin a bien évolué, « les femmes doivent se battre pour se réaliser, pas pour gagner leur indépendance. C’est une question de volonté, c’est plus facile aujourd’hui qu’hier ». Le premier salon international des femmes à Marseille en novembre prochain n’est pas une bonne initiative selon elle. En effet, dans la salle, un retraité par ailleurs membre du club Business Angels expliquait son soutien à un groupe de femmes à monter ce projet qui aura lieu début novembre. Jeanne Laffitte « est complètement opposée au communautarisme quel qu’il soit. Tout juste bon à créer des problèmes ».

Pour Nadine Richez-Battesti, un positionnement différent doit s’instaurer car les discriminations existent. Certes, « Stéphane Heissel dit « Indignez-vous » mais ça ne suffit pas » affirme-t-elle. Il est nécessaire de tendre vers un développement durable, « de s’inscrire dans l’intergénérationnel, l’interdépendance ».

Quelles formations ?

La question de formation était au centre des discussions. Elle constitue un véritable enjeu pour la pérennisation des emplois. L’Europe a fait le choix de la formation tout au long de la vie. « C’est un peu mieux qu’avant mais on peut toujours mieux faire » insiste Mme Richez-Battesti. Dans la salle, un directeur d’entreprise travaille dans le champ de l’insertion professionnelle. Il ne cache pas son découragement devant l’ampleur de la tâche et se pose la question de la place du travail dans la société. Jean Viard le rejoint dans ses propos, « la formation est un élément absolument essentiel. Car la société se scinde entre l’hyper technique et l’hyper simple ». Un autre réplique dans l’assistance, « la question n’est pas de faire des formations mais laquelle ? La meilleure serait une formation pour les porteurs de projet, à créer leur propre emploi, des emplois. Qui la porte ? Qui la fait ? ». Une réflexion des plus judicieuses, effectivement. Mme Richez-Battesti reconnaît qu’il existe « beaucoup d’appui à l’amorçage, à la création mais peu à la pérennisation, à la professionnalisation ». La formation peut aussi répondre à des besoins de mobilité. Autre suggestion dans ce débat serait de créer un observatoire pour anticiper les besoins du marché. Actuellement se déroulent les Etats Généraux de l’ESS en PACA, à l’issue desquels sera rédigée une synthèse régionale avant le rendez-vous national du 17 au 19 juin, rappelle Michèle Trégan, conseillère régionale déléguée à l’Emploi. Nul doute que la formation figurera dans les propositions, intitulées « Cahiers d’Espérance ».

Initiatives en économie sociale récompensées

En clôture de la rencontre du Crédit Coopératif, remise du prix de l’initiative en économie sociale de la fondation d’entreprise. Les trois associations lauréates concourent aux prix nationaux du 6 octobre à Paris, remis lors de la 31e rencontre nationale du Crédit Coopératif.

1er prix : Remise en jeux (4 000 €). 2e prix : Semailles (3 000 €). 3e prix : Lire la Ville (2 000 €)

Taxe « Tobin » au Crédit Coopératif

Le Crédit Coopératif a décidé le 5 mai à Paris de mettre en place un CVTC (contribution volontaire aux transactions de change) de 0,01%, soit, ce que l’économiste TOBIN avait qualifié de taxe nécessaire sur les mouvements financiers pour financer réellement des opérations de solidarité internationales. Le crédit Coopératif est donc le premier établissement bancaire à volontairement la mettre en place. Cette taxe permettra de collecter chaque année entre 100 et 150 000 euros consacrés exclusivement à des projets de développement vers le Sud, dans le cadre notamment du Millénaire du développement de l’ONU et de l’UNESCO.

 



 

 

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