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Devant le consulat tunisien de Marseille : scènes de liesse teintées de tristesse

15 janvier 2011 - Dernier ajout 16 janvier 2011

La « Révolution des jasmins » essaime jusqu’à Marseille. Tunisiens, Franco-Tunisiens et Français d’origine tunisienne se sont rassemblés hier soir spontanément devant la représentation consulaire de Tunisie à Marseille. Ils ont ainsi signifié leur joie de voir Zine El Abidine Ben Ali quitter le pouvoir, leur espoir de voir naître « une vraie démocratie » en Tunisie. Et rendu hommage aux victimes des révoltes sociales qui continuent de secouer le pays, où l’état d’urgence a été décrété. Vidéo.


 

Ils sont plusieurs dizaines, vendredi soir, campant d’un pied ferme devant le consulat de Tunisie à Marseille, boulevard d’Athènes. Marseillais d’origine tunisienne, Tunisiens de Marseille... Peu importe finalement. Tous sont venus spontanément se réjouir du départ précipité du président tunisien Ben Ali. De l’ex-président Ben Ali. A leurs côtés d’ailleurs, des Algériens, et des Marocains, « solidaires ».

Témoignages :

 

Beaucoup étaient suspendus aux informations en provenance du pays, quand ils pouvaient en avoir, pour connaître la tournure prise par les événements. Et la plupart s’attendait à la fuite du « dictateur ». La joie cède devant l’espoir de voir naître en Tunisie une démocratie où les libertés ne seraient plus brimées. Mais l’inquiétude aussi, face à la situation toujours très tendue là-bas. Les manifestations du jour se poursuivent et - malgré la défection de Zine El Abidine Ben Ali - la répression aussi. Au moment même où les Franco-Tunisiens manifestent leur allégresse, des tirs à balle réelle retentissent à Tunis. Tous ont encore en mémoire le sacrifice de Mohamed Bouazizi, décédé après qu’il se soit immolé, pour protester contre la confiscation de sa marchandise. Lui qui - surdiplômé - était devenu vendeur ambulant pour faire vivre sa famille. Tout un symbole.
Un Tunisien originaire de Sidi Bouzid justement, qui vit depuis trente-six ans à Marseille balaye l’idée d’une récupération religieuse du mouvement. « Ici ce n’est que politique. Dans les manifestations, vous avez vu quelqu’un de barbu, vous avez entendu "Allah Akbar" ? Non. Il n’y a que la jeunesse, qui est perdue. Ils ont tellement de niveau et ils ne trouvent rien, ni travail ni rien ».

Lorsqu’ils apprennent que Ben Ali se dirige vers la France, les manifestants grondent : «  Ben Ali assassin, Sarkozy complice ». Et de promettre des manifestations « 24 heures sur 24 » si l’avion dans lequel se trouve le président déchu se pose sur le tarmac français. Raouya Belbouli, femme du boxeur Taoufik Belbouli (champion du monde de boxe poids lourds-légers en 89) serait « déçue » si la France recevait Ben Ali. Elle accueillerait alors pour la jeune femme « quelqu’un qui a encore du sang sur les mains ». Finalement, l’information tombe : la France refuse de couvrir l’exil de Ben Ali. D’aucun pense qu’il s’est envolé vers Dubaï. Il atterrira finalement à Djeddah, en Arabie Saoudite.

Le premier ministre tunisien, puis le président du parlement ont pris les manettes du pays, assurant l’intérim. Mais les Franco-Tunisiens réclament la démission du gouvernement également, l’assimilant clairement au régime défait. Beaucoup disent qu’ils ne reconnaissent pas ce gouvernement, qu’ils qualifient d’« illégitime ». « Le premier ministre est un Caliméro. C’est une marionnette, un guignol ! », lance Mounir Abassi. D’autres demandent aussi aux puissances occidentales, Etats-Unis en tête de « ne pas intervenir », de les laisser «  régler les problèmes [eux]-mêmes ».
Les deux mois d’attente pour voir la tenue d’élections paraît une éternité à la majorité. Cependant, personne ne sait vraiment qui porter au pouvoir en lieu et place de Ben Ali. Les partis d’opposition sont pour ainsi dire inexistants, muselés qu’ils ont été durant tant d’années. Tout le monde se refuse au pessimisme. Mais est méfiant, à l’image de Meijri, qui étudie à Marseille depuis quatre ans. « Nous sommes un peuple qui est assez cultivé, assez formé. Mais chez nous, il y a une forte influence des occidentaux. Il va falloir faire attention à ça ».
Il commente ce qui a causé la chute de l’ancien président tunisien : « Ben Ali a accumulé les erreurs depuis dix ans. Il a géré sa famille dans la politique, il a géré sa famille dans les affaires. Chaque année qui passe, il essaye de résoudre chaque problème, qu’il soit éducatif, social ou politique, par la force. Il n’y a jamais eu de tentative stratégique de résoudre les problèmes des Tunisiens. Il a favorisé seulement la côté tunisienne, jamais les régions intérieures. Alors que s’il connaissait l’histoire de la Tunisie, c’est notamment grâce aux départements de l’intérieur que nous avons accédé à l’indépendance ».

Aujourd’hui, il s’agit de fêter la chute d’un régime autoritaire et autocratique. Demain est un autre jour : il sera temps de s’interroger sur les suites à donner à ce moment historique. Pour son pays, Mounir Abassi souhaite « un bel avenir. Nous sommes fiers d’être Tunisiens. C’est un peuple qui marche avec le coeur. Et avec le coeur on va relever le pays, doucement et doucement ». Pour l’instant, voilà ce que l’on entend : « Vive la Tunisie libre ! ».

Les Franco-Tunisiens de Marseille ont manifesté cet après-midi depuis les Mobiles, en haut de la Canebière, jusqu’à la Porte d’Aix puis le consulat tunisien. En Tunisie, les scènes de pillage se sont poursuivies, des hélicoptères de l’armée ont tiré à vue, la résidence secondaire de Ben Ali à Hammamet a été mise à sac. Les magasins sont restés fermés, comme depuis plusieurs jours, créant des situations difficiles, où il devient parfois impossible de s’alimenter. Les touristes français devraient être rapatriés d’ici demain soir. Le chaos règne toujours...

 

 

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